Le cure-dent de Jean-Yves Lacroix



Critique Lecteurs Votre note

Editeur : Allia  Année : 2008   Genre : Récit


Grandeur et décadence d'un poète persan La critique de flu Pour son premier roman, Le cure-dent , Jean-Yves Lacroix s'intéresse à une figure aussi brillante que mystérieuse : celle d'Omar Khayyam, poète persan musulman né au XIe siècle. En jouant avec les codes de la narration, il offre ainsi à la rentrée littéraire une biographie atypique, qui explore ce qu'une... | lire la suite


Décrivant avec érudition la vie du savant et poète perse du xie siècle Omar Khayyam, Jean-Yves Lacroix brouille le genre de la biographie. Les faits avérés deviennent des jalons entre lesquels il n’hésite pas à laisser parler son imagination ou à s’identifier à cet hédoniste triomphateur.

Né à Nishapour, l’éminent Khayyam réforme le calendrier en 1079. Cette contribution majeure à l’unification du pouvoir lui assure la protection de l’Empire. Génie indocile, il se retire de la vie publique après avoir écrit des traités capitaux. Il a trouvé mieux à faire : boire inconsidérément, louer l’ivresse, célébrer la beauté. Sa ville natale devient le lieu privilégié de ses déambulations. Il fréquente le quartier des artisans, les tavernes. Blasphémateur inspiré, à une époque où l’orthodoxie religieuse s’intensifie, il écrit les Rubaï’yat, quatrains considérés comme “des serpents venimeux pour la loi divine” !

Il se réclame de son maître, Avicenne, alcoolique méthodique, et s’emploie à l’égaler. C’est dans une taverne que se noue une aventure fusionnelle avec une poétesse… promise à un autre. Cet amour contrarié bouleversera Khayyam. Un cure-dent en or, trouvé dans un bazar, symbolisera sa “résurrection”.

Décrire, c’est toujours inventer, et Jean-Yves Lacroix le fait fort bien. D’hypo­thèses volatiles en bonheurs d’écriture, il achève son récit par un autodafé, le plus beau pied de nez que l’on puisse faire au “savoir”.

Mireille (invité)  le 30 Août 2008 à 16:16  

je trouve cette critique un peu courte: le livre est mince mais le style est grand!




“ Allongé sur l'horizon, le corps lié par le corps de l'aimée, Omar, au fil des jours et des saisons, observait le cours de la lumière, pauvre le matin, rasante l'après-midi, brutale le soir, une lampe pour la nuit, pour l'aurore un flambeau : la computation du temps la plus fine jamais élaborée. Elle disait : "Te te vois,...
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