Honecker 21 de Jean-Yves Cendrey



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Editeur : Actes Sud  Année : 2009   Genre : Roman


Se souvenir de Berlin La critique de flu Jean-Yves Cendrey en aurait-il fini avec son cycle autobiographique cruel, mais salvateur ? Avec son nouveau roman en tout cas, Honecker 21 , il revient à une fiction plus burlesque, qui a pour cadre la ville de Berlin. Ce qui ne veut pas dire que l'écrivain a délaissé ce cynisme que l'on aime tant retrouver sous sa plume. | lire la suite


Berlin, de nos jours, veille d'une année nouvelle. Matthias Honecker, cadre dans une prédatrice entreprise de téléphonie mobile, est las d'un monde où le trahissent sa voiture, sa machine à café et ses couronnes dentaires. Sans même parler d'un climat délétère avec sa femme, une intellectuelle parfaitement présentable et "tendance", qui vient de lui faire inopinément cadeau de leur premier enfant avant de sombrer dans la dépression. Crise conjugale, premières affres d'une maturité redoutée, sursaut de révolte désespéré ? Ce trentenaire à la dérive, que seul son patronyme relie à une grande Histoire dorénavant aux abonnés absents, doit d'un même élan déménager et faire honneur au réveillon faussement festif qu'un patron capricieux impose à ses employés, bien loin de Berlin, aux confins improbables de la Poméranie...

Furieux de s'y soumettre, en état d'insurrection maritale et existentielle, Honecker se précipite dès lors dans une épopée déglinguée, vers le rendez-vous inattendu que le hasard lui assigne, en apothéose d'une existence jetée en pâture aux Temps modernes...

Portrait grinçant, jubilatoire, libérateur de notre semblable, le roman de Jean-Yves Cendrey est servi par une langue d'une efficacité et d'une rigueur mordantes. Tel le mythique Charlot de Chaplin, Matthias Honecker nous donne à sa manière des nouvelles de notre société telle qu'elle se débat, aujourd'hui, par-delà les murs qu'elle a éradiqués et pourtant reconstruits, dans l'espace immatériel, postmoderne et tragicomique de son libéralisme en déshérence.


jyg2  le 21 Septembre 2009 à 18:53  

Vraiment un bon livre à l'écriture brulante, parfois violent, émouvant, toujours caustique dans la description précise et imagée de situations dans lequel le héros Honecker perdu au milieu de l'absurdité de la société contemporaine nous ressemble souvent




“ C'est bien sa chance. Le ciel le lâche. Il était à quoi cet homme ? Deux petites heures de route, et le ciel le lâche. Il est parti il faisait gris. C'était voilé. C'était fi lamenteux et terne. Il faisait moche, c'était tout. Et puis sur le coup de midi ça s'est mis en paquets. C'est devenu bleu sale. Et...
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