Je sais que je parle de choses très humbles, mais ne sommes-nous pas désespérés de chercher en vain le bonheur avec des moyens orgueilleux ? ”
Jean Giono est né à Manosque où il passera l'essentiel de sa vie. En 1911, il doit arrêter ses études et travailler pour aider sa famille. Ainsi, il devient employé de banque et le restera jusqu'en 1929. En 1914, mobilisé, il participe à de nombreux combats dont la bataille de Verdun. Il est horrifié par la guerre et devient un pacifiste convaincu. Son père meurt peu de temps après son retour à Manosque et il épouse une enseignante quelques mois après (1920).
Autodidacte, Giono est un lecteur passionné :
Virgile,
Homère,
Sophocle, mais aussi
Victor Hugo, Stendhal,
Fedor Dostoïevski… Il commence à écrire et, en 1929, il décide de se consacrer entièrement à la littérature en abandonnant son emploi. Après avoir refusé un premier roman, Grasset publie
Colline, qui connait un succès immédiat auprès du public et reçoit un prix littéraire.
L'année suivante, en 1930, c'est son roman
Regain qui est récompensé. Lors de la déclaration de guerre de 39, Giono est arrêté à cause de son engagement pacifiste. Il est de nouveau arrêté à la Libération mais cette fois-ci on lui reproche la publication de textes dans des journaux d'extrême droite. Un de ses romans les plus célèbres,
Le Hussard sur le toit, est publié en 1951, et, en 1954, il est élu membre de l'Académie Goncourt. Ensuite, Giono voyage un peu et va écrire des textes très divers (comme cet essai sur l'affaire Dominici) avant de se remettre au roman dans les dernières années de sa vie. Il meurt d'une crise cardiaque en 1970.
Giono n'a pas seulement célébré la nature et la Provence, il a aussi dit son horreur de la guerre (
Le Grand Troupeau) et écrit pour la Paix. Son style s'est encore modifié avec le cycle du hussard (
Le Hussard sur le toit), d'une facture toute stendhalienne.
Beaucoup de films ont été réalisés à partir des œuvres de Jean Giono, notamment
Angèle et
Regain de
Marcel Pagnol et, récemment,
Le hussard sur le toit de Jean-Paul Rappeneau et
Les Âmes fortes réalisé par Raoul Ruiz.