Le nom de Jan Neruda apparaît souvent familier même à ceux qui ne le connaissent pas, pour avoir servi de pseudonyme au poète chilien
Pablo Neruda.
Poète lui aussi, Jan Neruda est né à Prague, où il vivra toute sa vie. Après avoir obtenu son baccalauréat, il échoue à l'examen d'entrée de la faculté de droit, puis de philosophie. Il exerce alors plusieurs emplois de bureau sans grand intérêt, et collabore à quelques journaux. Avec Halek, il fondera le magazine
Lumir et introduira le genre du roman-feuilleton dans la presse tchèque.
Ses voyages fréquents, en Allemagne, en France, en Italie, en Grèce et en Egypte font l'objet de récits très précis, aussi bien au niveau des descriptions que de l'expression. Ces déplacements lui vaudront d'être déclaré traître de la nation.
Dans ses écrits, Jan Neruda se montre engagé. Il critique notamment l'évolution de la culture tchèque, et particulièrement celle de la petite bourgeoisie pragoise dans son recueil de nouvelles le plus célèbre,
Les Contes de Mala Strana (1878). Cette oeuvre est aujourd'hui considérée comme l'un des chefs d'oeuvre de la littérature tchèque.
Proche d'un poète à la verve critique comme
Heinrich Heine, Neruda participa cependant à la fondation de l'Ecole de mai, dont il est l'un des piliers. Trop peu connu en France, Jan Neruda est l'image même du poète soucieux des intérêts de sa nation, dont chaque texte relève d'une importance aussi politique que poétique.