« Depuis le 1er avril 1992, je commence et j’achève, chaque jour, un poème.
Navet, linge, oeil-de-vieux représente les quatre premières années de cette activité, du 1er avril 1992 au 31 mars 1996.
Sous mes yeux, pendant ces quatre ans, j’avais posé, sur un linge jaune et carré, premièrement un navet frais qui mettait environ un mois à sécher (sans jamais pourrir) - une fois sec, je le remplaçais par un tout neuf -
deuxièmement un oeil-de-vieux. Un oeil-de-vieux est une petite lentille carroyée de peintre paysagiste, qui rapetisse ce qu’elle vise.
C’était là mon sujet, ma nature morte, dans quoi les poèmes creusent, autour de quoi les poèmes tournent en s’en éloignant parfois de façon centrifuge.
Navet, linge, oeil-de-vieux est dédié aux peintres.
Dans le livre,
il y a des poèmes-croquis sur ce motif,
il y a des poèmes adressés,
il y a des poèmes de circonstance,
il y a des poèmes à forme fixe et d’autres non
il y a un long poème en alexandrins et terza rima de rimes berrichonnes, qui se déroule à intervalles irréguliers,
il y a l’amorce des poèmes de métro (poèmes composés dans le métro pendant le temps d’un parcours),
il y a des poèmes de nombril,
il y a des poèmes d’amour...
c’est-à-dire, au bout du compte, une assez grande quantité de poèmes. »