| . | Entretien avec Hannah Tinti |
| . | Entretien avec Simon Liberati |
| . | Entretien avec Colson Whitehead |
| . | Entretien avec Andrew Sean Greer |
| . | Entretien vidéo avec Marie Ndiaye |
| . | Les interviews Livres |
| . | Entretien avec les traducteurs de Dan Brown |
| . | Les Belles étrangères |
| . | Top des livres apocalyptiques |
| . | Berlin selon Jean-Yves Cendrey |
| . | Les écrivains à la télévision |
| . | Articles Livres |



Sur cette trame simplissime, une ligne droite et quelques révélations assénées comme autant de coups au plexus, J Eric Miller lâche son bolide sans se soucier des feux rouges, un roman d'une crudité et d'une justesse inouïes où les sentiments sont disséqués, désincrustés à grands coups de scalpel : attention, ça va gicler.
Par suite, et tandis que notre jeune femme dévide avec un courage insensé le fil barbelé d'une existence de victime, l'amour moderne est traité comme il le mérite : sous l'angle des désirs forcés et de l'inéluctable désillusion, de la pourriture nécessaire et des contradictions intrinsèques. La mécanique du conte s'emballe, les mots pétaradent, l'horreur se mêle de beauté et c'est le crash assuré, avec tout ce que cette certitude recèle pour le lecteur de compassion et d'excitation malsaine.
On a parlé de miroir à propos de ce livre : un rétroviseur, plutôt, sur lequel l'auteur aurait déjà craché avant de nous laisser la place du mort, et l'angoisse de la destination incertaine. Sa magnifique héroïne, elle, est déjà loin, au pays de Thelma et Louise et du Patrick Bateman d'American Psycho. "Quel pénible voyage vers la clarté", soupire-t-elle dans les dernières pages. "Mais me voici".
- Voir toutes les chroniques de la rentrée littéraire
- Le site des éditions du Masque
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z