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Demandons l'impossible

Sous les pavés, le feuilleton

Sous les pavés, le feuilleton

Personne n'a pu passer à côté : on célèbre les 40 ans de mai 68. Là où d'autres ont analysé, témoigné, filmé, chanté..., Hervé Hamon a préféré donner une place à l'imagination. Pour parler de cet événement qu'on évoque toujours avec tant de sérieux (alors qu'il a été vécu par beaucoup comme une grande fête), lui a choisi la fiction. Demandons l'impossible fait et tient le pari de réactualiser la légèreté revigorante du roman-feuilleton, sans évincer pour autant cette touche de réalisme propre à la fresque historique.

Mai 68. La famille Duvergnon virevolte au gré des événements qui secouent Paris. Mélina, la mère, ne supporte plus d'être cantonnée à la cuisine et aux tâches ménagères pendant que le reste de la famille fait l'histoire. Son mari Bernard, cheminot syndicaliste (ex-PC), est emporté dans l'effervescence des AG. Son fils Antoine, brillant étudiant, abandonne sa carrière de normalien pour suivre les actions d'un groupuscule maoïste. Sa petite Nadine prend son indépendance comme une chenille se transforme en papillon, milite sereinement pour la condition des femmes et choisit de vivre en communauté. Serge, l'aîné, médecin interne, se tient à distance de l'agitation généralisée, tout reconnaissant qu'il est envers la hiérarchie de l'hôpital.
Il y encore les deux frères de Bernard : l'un est un curé qui va se marier, l'autre un grand admirateur de De Gaulle.

Dans ce joyeux tourbillon de pensées, d'opinions, de revendications, les membres de la famille Duvergnon se confrontent, s'affrontent, pour finalement mieux se retrouver. Soixante-huitard ou pas, tous se battent pour la même chose : leur liberté.

A l'heure où certains politiques parlent de "liquider mai 68", Hervé Hamon choisit un parti rare pour parler de cet événement : celui de la tendresse. Demandons l'impossible a l'avantage d'être plus reposant qu'un essai, moins illusionniste qu'un discours, et aussi instructif que le serait une petite leçon sur la révolution.

Céline Ngi.