Mes parents de Hervé Guibert




Le 8 septembre je vais fêter l'anniversaire de Suzanne, retournée de Gisors. Dans le jardin, assise sur son fauteuil de rotin, après le déjeuner, elle qui n'est pas chrétienne, elle parle de faute et de punition, de châtiment, d'expiation. Cela remet sur le tapis l'ignominie commise par ma mère, qu'elle n'a toujours pas voulu m'avouer. Je lui dis que j'aime l'infamie. Elle me dit « Alors c'est toi qui écriras ce livre sur l'infamie que je n'ai pas pu écrire. » Je lui demande si c'est avec un de leurs chiens que ma mère a fauté, je lui demande le nom des victimes que son geste a produites, elle me dit qu'il n'a pas fait de victimes, mais, avec le plus grand des dégoûts, qu'il était seulement sale. Elle me dit qu'elle me le décrira à mon retour du Mexique...