| . | Entretien avec Hannah Tinti |
| . | Entretien avec Simon Liberati |
| . | Entretien avec Colson Whitehead |
| . | Entretien avec Andrew Sean Greer |
| . | Entretien vidéo avec Marie Ndiaye |
| . | Les interviews Livres |
| . | Entretien avec les traducteurs de Dan Brown |
| . | Les Belles étrangères |
| . | Top des livres apocalyptiques |
| . | Berlin selon Jean-Yves Cendrey |
| . | Les écrivains à la télévision |
| . | Articles Livres |



Avis aux initiés, il nous arrive pour cette rentrée littéraire un recueil de nouvelles inédites de Murakami. On y retrouvera toute la saveur d'un style inimitable, à mi-chemin entre le zen et l'absurde.
Pressenti depuis quelques années pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami n’en finit heureusement pas de dévider des contes zen à la face du monde ébahi. Zen ou shinto, puisqu’il est nippon, mais qu’importe, puisque chaque histoire, le présent ouvrage est un recueil de 23 nouvelles, fonctionne sur le même principe d’une minutieuse description d’un moment anodin qui va s’avérer rapidement problématique et trouver sa résolution par un biais inattendu et souvent issu du domaine du rêve ou d’un état de conscience modifié. Murakami travaille sur la reliance, sur le passage entre les mondes et les états de conscience, usant de la science du rêve ou de la méditation comme d’un art divinatoire. Et tous ses livres sont comme autant d’exercices spirituels qui délivrent des petits moments de magie anodins.
Qu’il s’agisse, dans « l’Année des spaghettis » de ne froisser personne, tout en évitant de trahir qui que ce soit, ou encore comme, dans la « Tante pauvre » de parler d’une situation familiale qui bloque toute relation, en devenant manifestation ultra-présente de blocage vers l’extérieur, l’auteur va proposer la parade idoine pour défaire l’emprise et éviter la méprise. Dans le premier cas, il arguera de la cuisson des spaghettis pour éviter de révéler un numéro de téléphone compromettant et, dans la seconde, finira par se débarrasser de l’idée de cette tante pauvre qui l’obsède et l’empêche de voir plus loin que l’univers qu’elle assombrit. Le recueil oscille du bon au très bon, en variant les éclairages et les malaises, les situations et les manières de les résoudre… De l’impermanence, considéré comme un des beaux-arts. Superbe !
J.P Simard
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z