Hannah Arendt est née dans une famille juive à Hanovre. Elle suit les cours de
Heidegger et Husserl aux universités de Marbourg et de Fribourg et soutient à 22 ans sa thèse
Le concept d'amour chez Saint Augustin sous la direction de Karl Jaspers, qui restera d'une grande influence dans son parcours.
En 1933 elle vient en France pour fuir la montée du nazisme et milite dans des cercles sionistes. Elle y rencontre
Jean-Paul Sartre,
Stefan Zweig,
Raymond Aron, ainsi que Heinrich Blücher qu'elle épousera. Elle émigre ensuite aux États-Unis en 1941, où elle enseigne entre autres à Columbia et Princeton. En 1951 elle devient citoyenne américaine et publie son œuvre majeure
Les Origines du totalitarisme. À partir de 1955, elle enseigne la philosophie et les sciences politiques, donnant de nombreuses conférences ("
Mon métier est la théorie politique."). En 1961 elle couvre le procès d'Adolf Eichmann pour le
New Yorker qui donnera naissance à un livre très discuté :
Eichmann à Jérusalem (sa thèse sur la banalité du mal sera souvent mal comprise).
Elle enseigne jusqu'à la fin de sa vie à la New School for Social Research de New York. Elle meurt en 1975 sans avoir achevé son essai
La vie de l'esprit.
Les origines du totalitarisme est un livre important et fondateur pour l'élaboration du concept de totalitarisme. Elle y croise les périodes et idéologies de l'impérialisme européen du XIXe siècle, du nazisme et du régime stalinien et souligne la terreur en tant "
qu'essence de la domination totalitaire". Dans La crise de la culture, Hannah Arendt démontre comment le concept de culture est en opposition avec celui de loisirs. Elle est une des premières à parler de loisirs plutôt que de "culture de masse".