Boule de suif et autres nouvelles de Guy de Maupassant



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Cette nouvelle fut lue en janvier 1880 par Maupassant lui-même, devant le cercle de Médan, avant d’être publiée la même année dans le recueil collectif « Les soirées de Médan », manifeste des naturalistes, guidés par leur chef de file Emile Zola. L’auteur de Nana avait fait l’acquisition d’une résidence secondaire à Médan, un « trou charmant » où vont se rencontrer les nouveaux talents de la littérature française, entre autres, Flaubert, Huysmans, Zola bien évidemment, sans oublier Maupassant. « Boule de suif » s’inscrit pleinement dans la veine naturaliste théorisée par Zola et illustrée dans les Rougon-Macquart. L’armée française en déroute est décrite avec un réalisme exceptionnellement cru pour l’époque, et les différences sociales qui opposent les dix passagers de la diligence sont exposés sans autre précaution que stylistique. Maupassant, fidèle à lui-même, fait de la fille de « mauvaise vie » le seul personnage positif de son histoire, et fustige morgue et la supériorité des puissants, l’hypocrisie des religieuses et la lâcheté du démocrate. Le procédé auquel il a recours pour ce faire est éminemment naturaliste : il ne choisit pas la forme du pamphlet, n’explique pas en détail les tenants et les aboutissants de ces attitudes répréhensibles, mais se contente de les exposer aux lecteurs. Sa charge n’en est que plus violente encore, et son style plus acéré. « Boule de suif », consacrée depuis, a donné son nom à un grand nombre de recueils de nouvelles de Maupassant.
Le 24 janvier 2008