Flaubert commence l’écriture de ce roman en 1851, et y travaillera près de cinq ans.
Madame Bovary sera publié en feuilletons dès octobre 1856, et vaudra au directeur de la publication, à l’imprimeur ainsi qu’à
Gustave Flaubert un procès pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs », qui se soldera par un acquittement, et participera grandement au succès du roman.
Sorte de
Don Quichotte de la bourgeoisie provinciale du XIXème siècle,
Madame Bovary est sans doute l’une des œuvres les plus connues de Gustave Flaubert. Adaptée plusieurs fois au cinéma, elle met en scène la chute d’une femme sans relief dont les lectures et les aspirations apportent la ruine, tant dans sa vie que dans celles de son époux et de sa propre fille. Comme à son habitude (ce procédé est également à l’œuvre dans
L’éducation sentimentale et
Bouvard et Pécuchet), Flaubert utilise l’ironie pour décrire l’existence et le destin misérables de son personnage principal. Il ne s’agit pas d’une leçon moralisatrice, mais d’un exemple grinçant de sottise humaine, décrit dans un ton faussement neutre, et véritablement pince-sans-rire. Gageons que bien plus que les infidélités d’Emma, c’est cette liberté de ton qui déplut et valut à Flaubert un procès, dont il ne sortit que plus grandi encore.
Petite anecdote : il est de bon ton d’attribuer à Flaubert les mots « Madame Bovary, c’est moi », pour sous-entendre une obscure relation biographique entre l’écrivain et son personnage principal. C’est oublier le contexte de cette déclaration de Flaubert, qui prononça ces mots lors d’une réception. Un petit groupe de convives discutait du roman, du scandale qu’il avait soulevé et de son auteur. Flaubert se rapprocha, et informa de la sorte l’assistance : « Madame Bovary, c’est moi ».