Oeuvres érotiques de Giorgio Baffo



Critique Lecteurs Votre note

Editeur : La Musardine  Année : 1884   Genres : enfer livre érotique


"L'obscénité pleine de noblesse" La critique de flu | lire la suite


Contemporain de Casanova et Goldoni, Zorzi Baffo (1694-1768) appartient à la Venise du siècle des lumières. Il affirme, dès l'introduction, écrire avant tout pour divertir son lecteur . S'enchânent ainsi quatre-vingt sonnets " à la gloire du con ", puis quarante-trois " éloges du vit ". Enfin, dans une visée subtilement pédagogique suivent soixante-deux " leçons pour bien foutre ", qui sont surtout, dit le poète, des recettes pour se faire bien aimer... Ce panorama ne serait pas complet sans le dernier et indispensable chapitre concernant une histoire politique, religieuse, sociale et sexuelle de Venise. Encensée ou vilipendée, " la Venise de Baffo " se souvient des rois, des princes de toute l'Europe qui venaient y chercher la douceur de vivre ; elle se souvient aussi des grandes putains, des grandes cérémonies, des foires et des carnavals. Apollinaire reconnaissait en Baffo " le plus grand poète priapique qui ait jamais existé ". Enfin disponibles dans leur meilleure traduction, ses oeuvres érotiques offrent aujourd'hui, selon Pascal Dibie, une " ethnologie radicale " de la sexualité, de notre sexualité, dont on ne sort pas indemne, mais qui peut aussi servir de revigorant universel.

Avec ce deuxième et dernier volume, les Œuvres érotiques de Zorzi Baffo sont enfin complètes dans la traduction intégrale d'Alcide Bonneau, publiée chez Liseux en 1884 dans une magnifique édition (reproduite ici en fac-similé), tirée seulement à 100 exemplaires, et jamais réimprimée depuis. Ces deux volumes forment désormais un des fleurons de notre collection.
Rappelons simplement ici, entre autres les appréciations de Casanova sur Baffo : " Sublime génie, poète dans le plus lubrique des genres, mais grand et unique ". Apollinaire : " Baffo, ce fameux vérolé, que l'on peut regarder comme le plus grand poète priapique qui ait jamais existé, et en même temps comme l'un des plus lyriques ". Robert Desnos : " Maître en amour aussi bien qu'en poésie, il révolutionne semble-t-il l'un et l'autre. L'extrême aristocratie de l'image et l'égalité du lyrisme, promettent Baffo à une place élevée aussi bien dans la littérature érotique que dans l'histoire de l'esprit humain ".