|
rOXANA (invité)
le 17 Juin 2008 à 22:23
CENT ANS DE SOLITUDE (1967)
Quand j’avais 17 ans, mon professeur de littérature nous avait parlé de cette oeuvre. Il avait dit qu’une personne qui n’a pas lu Cent ans de solitude ne pouvait se considérer latino-américaine. Donc j’ai cherché le livre à la Bibliothèque municipale et j’ai passé des longues heures à le lire. J’ai perdu la notion du temps, rien n’était plus important que connaître les aventures de la famille Buendia. Quand j’ai fini, j’avais l’impression d’avoir lu un des meilleures livres de l’histoire de la littérature.
Cent ans de solitude est une véritable pièce maîtresse, c’est l'épopée de la fondation, de la grandeur et de la décadence du village de Macondo, un petit village perdu quelque part dans une jungle de l'Amérique du Sud, et de sa plus illustre famille, les Buendia.
Macondo c’est aussi, à mon avis, le monde de l’enfance dans son isolement, le monde de l’illusion, le monde de la pureté. Macondo est un univers orienté vers la magie sous l'influence des gitans qui détiennent le savoir. Tout est magique et possible.
Cent ans de solitude est comme un conte qu’on transmet de génération en génération. Cette histoire commence avec la fondation de Macondo par José Arcadio Buendia, qui a deux enfants. Après il y a une suite de révolutions, de guerres civiles, de destructions. L’Histoire, c'est la civilisation qui vient bouleverser Macondo avec l'implantation d'une compagnie bananière, invasion de la civilisation industrielle américaine. Une civilisation qui se croit supérieure, et ce sera le déclin, l'échec; condamnée dès les origines par le culte de la solitude où elle s'enferme, la famille Buendia s'éteindra et finalement un déluge détruira le village de Macondo.
Cent ans de solitude, c'est aussi et surtout la chronique des histoires personnelles des membres de la famille Buendia car tous participent, à leur manière, à la perte tragique du paradis. Le fondateur qui rêvait de prouver l'existence de Dieu en le photographiant. Un fils guerrier, qui perdit toutes ses guerres et fit 17 enfants, tous des mâles. Une fille, la plus belle femme du monde qui fait mourir tous les hommes, seulement en la regardant, et plusieurs autres personnages assez compliqués et incroyables.
Fidèle au mode de narration du récit mythique, García Márquez boucle ainsi son roman par la répétition de l'inceste initial et l’allégorie de l’arbre de la connaissance, Aureliano déchiffre enfin le manuscrit de Melquiades, tout était écrit. C’est une histoire sur le mode de la spirale : les descendants sont dotés des mêmes défauts et qualités que leurs ancêtres, les événements procèdent par répétition.
Il y a des personnes qui considèrent que Cent ans de solitude est un livre dense, compliqué et philosophique. C’est vrai qu’il y a de la philosophie et de la poésie. Néanmoins je considère que c’est une histoire accessible car on peut s’identifier aux personnages. Et même si les personnages ont des noms composés qui se recoupent, et s’il y a de nombreux retours en arrière, on peut finalement, avec de la concentration, arriver à suivre l’histoire et on y prend vraiment du plaisir. On peut aussi faire un arbre généalogique pendant la lecture pour s’aider à comprendre la suite des événements. Finalement je crois que c’est une histoire familiale sur la vie, la mort, la solitude et l’amour.
Le livre est un théâtre de la vie, une de ces histoires universelles, comme chez Homère ou Cervantès. C'est l'épopée symbolique de tout le continent latino-américain à travers la fabuleuse saga d'un village perdu.
ROXANA GHIGLINO
|
|