Délectations moroses de Frédéric Schiffter



Critique Lecteurs Votre note

Editeur : Le Dilettante  Année : 2009   Genre : notes



Au nombre des vices enfantés par l’oisiveté, saint Augustin déplore la delectatio morosa, qu’il définit comme la « longue et complaisante rumination de pensées que l’âme devrait rejeter sitôt qu’elle en est effleurée ».

Or, Frédéric Schiffter cultive coupablement cette passion triste. Échoué à Biarritz depuis des années où il jouit sans entraves de ses temps morts, le « philosophe sans qualités » – selon sa carte de visite – a tout loisir de noter des cogitations, des souvenirs, des regrets et des humeurs dont l’acidité, même diluée dans les larmes, n’épargne rien, ni le monde ni son ego.