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Editeur : Grasset Année : 2009 Genre : Roman
Le hussard prend du poids La critique de flu Repousser les avances d'un écrivain sincère compte parmi les choses les plus difficiles à faire. Un Roman Français a beau être le livre le plus juste, le plus attendrissant et vraisemblablement le plus proche du corps/coeur de Frédéric Beigbeder, il n'en reste pas moins une offrande impossible à recevoir. | lire la suite
"C'est l'histoire d'une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres.
C'est l'histoire d'un homme devenu un jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que son coeur était brisé.
C'est l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère.
C'est l'histoire d'un garçon mélancolique parce qu'il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l'échec de leur mariage.
C'est l'histoire d'un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance.
C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment de catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés.
Telle est la vie que j'ai vécue : un roman français."
F.B.
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jarnobourre
le 27 Août 2009 à 12:26
je viens juste de finir ce roman français, ha, et en arrive à la conclusion qu'il existe deux beigbeder, dont un seul d'entre eux est convaincant. le beigbeder polémiste, tentant au cours du récit de nous convaincre de l'iniquité de la justice française et du manque de considération de cette même instance envers les détenus manque effectivement un peu de souffle. Il me laisse l'impression d'un homme dont la colère est un peu factice, surjouée. Une colère de salon de thé. Manquent une véritable mauvaise foi et un intense sentiment de paranoïa qui rendent le tout crédible. N'est pas dantec ou léon bloy qui veut, deux écrivains qui ne sont pas exempts de tout reproche mais dont la verve est beaucoup plus entraînante. L'autre beigbeder, l'homme mélancolique et superficiel, est beaucoup plus convaincant. J'ai beaucoup aimé sa façon de décrire l'enfance, sa façon d'intercaler souvenirs et leur interprétation par l'adulte qu'il est devenu. Il a heureusement su, à mon avis, conserver le beigbeder superficiel à la vie nocturne inégalée, le récit de sa garde à vue, entre interventions policières, récit de l'arrestation et intervention du personnage du poète, est assez réjouissant. Les deux récits entremêlés forment l'image d'un homme aux multiples contradictions, à la fois mélancolique et jouisseur. J'ai finalement bien aimé ce roman, d'où il ressort une volonté de dépasser son statut d'écrivain VSD, devenir sérieux, même si l'on sent un véritable attachement à cette vie dissolue dont il est le chantre. |
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