Mais où sont les neiges d'antan ?
(Ballade des dames du temps jadis)
Biographie de François Villon
François Villon est le poète le plus célèbre du Moyen Age, autant par son œuvre que par sa vie dissolue. Né dans une famille pauvre, il est très tôt recueilli par un chanoine aisé, Guillaume de Villon, qu’il appelle son « plus que père ». Grâce à celui-ci, François de Montcorbier, dit Villon, peut commencer des études de théologie après sa maîtrise. Il les abandonne, sans doute à la suite des querelles entre le roi et l’Université et des troubles estudiantins qui agitent à ce moment-là la Sorbonne. Comme d’autres étudiants prolétaires en rupture de ban, il rejoint le milieu criminel de Paris. En 1455, condamné pour avoir blessé à mort un prêtre, il est contraint de fuir Paris et doit faire appel au soutien de son protecteur le chanoine. La Ballade des contre-vérités et Le Lais, parodies et contre-maximes, sont composés à l’usage des jeunes criminels cultivés qu’il fréquente . Il semble être l’auteur, pendant cette période, de plusieurs cambriolages.
En 1457, il reçoit l’amnistie de Charles d’Orléans et participe à des joutes poétiques organisées à sa cour. Mais il perd cet appui, et ne cessera par la suite de composer des poèmes à l’adresse de la cour, pour retrouver la faveur des puissants. A nouveau emprisonné, il est bien décidé à abandonner son orgueil de truand, mais ses espoirs de réinsertion sont déçus et le rendent amer. Le Testament, sans doute commencé en novembre-décembre 1461, contient en quelque sorte l’essence de sa vie : il se repent de ses fautes, rappelant avec émotion et ironie son passé tourmenté, puis évoque un legs imaginaire et ses dernières volontés.
C’est probablement après le Testament, au cours de l’année 1462, qu’il compose onze Ballades composées dans l’argot des truands, comme pour s’identifier définitivement à leur monde. A nouveau emprisonné et condamné à mort, Villon, dans l’attente de sa pendaison, compose la célèbre Ballade des Pendus pour exorciser son angoisse. Ayant fait appel, il échappe finalement à la pendaison en janvier 1463, mais est condamné au bannissement. Il n’a probablement pas survécu longtemps à son départ forcé de Paris en plein hiver.
Après une certaine notoriété jusqu'en 1533, année de la réédition critique de son œuvre par Clément Marot, Villon connaîtra trois siècles d'oubli. Il faut attendre 1832 pour qu’une nouvelle édition suscite l’engouement des Romantiques envers celui qu’ils considèrent comme le premier « poète maudit ».
Métro, amour, boulot...
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