Des jeunes, pas loin de leurs vingt-cinq ans ; ils sont quatre, saisis à un moment critique de leur vie.
On les entend tous les quatre, pris en temps réel sur les trois jours d'une fin de semaine : l'un est guitariste de rock, en concert un samedi soir ; le second est dessinateur industriel, un matin ; le troisième chômeur ; un quatrième enfin joue au foot avec son équipe d'usine.
Des types comme les autres, mais que la vie a rassemblés et pris dans une même histoire, alors poussée à terme de sa dimension tragique. Aux antipodes du " social ”, Limite a cherché à mettre en fiction le matériau de son temps, ce qu'il a de “ dur ”, pour retrouver une force plus traditionnelle du roman.
Les quatre voix se croisent, immergées dans un double mouvement narratif : d'une part ces quatre récits, chacun marque par un élan qui les enlève au temps ordinaire ; d'autre part l'histoire qui les relie, et qu'implacablement on voit se restituer pour finalement venir coïncider avec ce temps “ en direct ”.
La limite ici ne serait pas d'abord dans les conditions imposées par une époque à ceux qui doivent en prendre le relais, mais - parce que ces conditions les ont rejetés en eux-mêmes un peu plus loin qu'il n'aurait fallu – le fossé creusé entre eux et ce relais un monde comme une seule plaque, à la limite du basculement.