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Il y a une langueur et un érotisme somptueux dans Le Dernier Nabab qui font de ce livre dont il manque un bon tiers (celui-ci a été reconstitué à partir des plans de l'auteur si bien qu'on connaît la fin et qu'on peut en lire un résumé) une sublime balade introspective. Le personnage de Monroe Stahr est d'une épaisseur dramatique impressionnante et sûrement le plus beau personnage de Francis Scott Fitzgerald, le plus crédible, le plus incroyablement américain qu'il ait jamais inventé.
Comme souvent chez l'auteur, il n'y a que cette histoire de l'Amérique qui compte vraiment. Après avoir l'âge du Jazz, l'écrivain le referme et peint, comme Pasolini le fera avec l'Italie trente ans plus tard, l'épuisement d'une société, l'asséchèment d'une dynamique sociale. Fitzgerald ne raconte pas la mort ou la naissance d'Hollywood, mais le passage fondamental d'une économie proto-capitaliste à l'économie libérale. Dans le grand saut, des éléments survivent et d'autres non. Le drame du Dernier Nabab (ce qui explique, sur le fond, pourquoi il n'est pas fini), c'est que son auteur sait qu'il ne fera pas partie du Nouveau Monde.
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A noter que Le dernier nabab (The last tycoon) a été adopté par Elia Kazan
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