Tout est globalement ici une question de justesse et de... sensibilité. Julien Parme (pour le peintre Julien de Parme ou plus probablement un mélange de Julien Sorel et de la Chartreuse) est un petit enculé de fils à papa (à maman, en fait) de 15 ans qui veut devenir écrivain romantique et exprimer sa singularité dans la rebellion et l'affirmation de son amour pour une fille. Le livre raconte les aventures malheureuses et "extraordinaires" (en fait, pas trop) de Julien qui - [ATTENTION SPOILER] - tombe amoureux d'une autre nana bourge (Mathilde - de la Mole ? - voir le Rouge et le Noir), la séduit, fugue, pique la carte bleue Mastercard Gold de son beau-père Français, blesse sa soeur dans un club hippique et puis retournera tout con chez lui à la fin du bouquin en espérant retrouver l'amour de sa mère. [/FIN DU SPOILER]

1) Zeller écrit pour, par et depuis sa classe sociale. Son adolescent est, si on se coupe de la sympathie qu'il inspire naturellement, un petit con comme on en rencontre uniquement dans les livres de l'Ecole de Versailles (Beigbeder, Rey & co), avec des problèmes de petit con et des aspirations de petit con : sorties en boîte, arrosage au champagne, virée en Italie,... Son modèle n'est en aucune façon générationnel et n'a aucune portée en dehors de son milieu.
2) L'histoire est globalement et partiellement pour cette même raison inintéressante : à titre personnel, je me fous complètement du mal-être des gosses de riches qui font du cheval, souffrent dans leur boîte à bac et fuguent entre le 17ème et le 14ème arrondissement pendant 48 heures. Zeller parle de familles recomposées où le seul trouble est que le beau-père aime l'opéra et pas le théâtre, est plus ou moins catho que le reste de la famille etc. Il y a donc un problème plus global (que ne lui reprochent pas ses lecteurs assidus) qui est : de quoi on parle et surtout qu'est-ce qu'on veut lire en tant que lecteur ?
3) Zeller n'a pas assez pensé le rapport écrit/parlé de sa langue pour réussir pleinement dans sa tentative de raconter depuis cet ado. J'y reviendrai en appui de l'extrait. Du coup, Julien Parme fait parfois toc, ce qui nuit à l'énergie que le roman dégage dans l'ensemble.
En bref, je pense qu'il vaut mieux lire Julien Parme que de consulter le blog de Florian Zeller (www) ou d'aller voir ses pièces. Tant quà faire tout de même, mieux vaut lire les témoignages rustiques d'une enfance d'autrefois par Guy Goffette : Un Eté autour du cou (2001) et une Enfance Lingère (mars 2006)
Julien Parme
Florian Zeller
Edition Flamarion
Sortie : 18 août 2006
ROCK || HIP HOP || REGGAE || ...
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