De loin, on dirait une île de Eric Holder



Critique Lecteurs Votre note

Editeur : Le Dilettante  Année : 2008   Genre : Roman



On s’en doutait depuis ses débuts comme coursier (Nouvelles du Nord ), mais la chose, là, devient claire : Eric Holder est un héros de western. Manière d’éperonner amoureusement les paysages, de humer la tension d'un village en s’invitant dans ses bars, d’en capter le charme par la voix des femmes, le regard des hommes, de dénicher au repli d’une dune, au recès d’un abribus des figures hors norme, des communautés étranges, de surfer sur la violence d’un lieu, la captant, la déjouant. Sa petite caravane familiale a décidé de se poser en Médoc, à la pointe de la Gascogne, entre Gironde et Atlantique, et tout dès lors de s’organiser selon : aérer le jardin à la faux, mener le fils à l’école, apprivoiser les comptoirs, prendre les natifs au rets d’amitiés vraies, orchestrer les jeux des chats, jouer les paratonnerres souriants (notre homme, parmi d’autres activités, est un grand friseur d’incidents). Holder nous conte les aléas de son implantation pionnière par scènes rapides, à la foulée brève, nourries de dialogues taillés juste. Mais le Médoc est une terre rongée par la mer, placée face à la voracité tranquille de l’océan : le geste des Holder y gagne alors une gravité sourde qui donne au récit un caractère d’éternelle fin d’été. La mort est en terrasse et ne semble sommeiller. Profitons-en.

Briigitte (invité)  le 14 Septembre 2008 à 11:30  

Au risque de déplaire à Eric Holder, j'affirme que la Médoquine lit, achète ses livres que l'on trouve en vente à Bordeaux (comme quoi on n'y vend pas que du shit à la mode soufi). La Médoquine lit et trouve qu'Eric Holder, qui s'était fait prendre un peu trop vite par les courants de baïne, a appris à faire son vin. Sans doute son expérience des vendanges lui a-t-elle enseigné que pour faire un bon vin, il ne suffit pas d'un terroir et d'un savoir faire, mais qu'il faut aussi de temps. Les quelques années maintenant qu'Eric Holder a passé en barrique lui ont permis de s'imprégner des différents tanins de cette presqu'île a priori hostile et il nous livre aujourd'hui une cuvée 2008 subtile, plus longue en bouche, infiniment plus savoureuse. Merci.




“ C’était en février, le mois le plus court, le plus dur. La route qui relie La Ferté-Gaucher à Montmirail, Marne, était givrée au passage des forêts. Un soleil boréal allumait des plaques de neige pelées au-dessus des pâtis désertés par les vaches, remisées à l’étable. D....
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