Une Fille du Feu de Emmanuelle Bayamack-Tam



Critique

Note du livre Trashi-comique

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Trashi-comique



Charonne, vingt ans, héroïne du roman d'Emmanuelle Bayamack-Tam, Une Fille du Feu, est-elle (vraiment) la fille de Dieu ? Ou bien est-elle la fille d’un type nommé José Dieu ? Ne serait-elle pas plutôt la fille de sa tante ? Le mystère plane sur ses origines. Sa vie quotidienne oscille entre l’extraordinaire improbable et le sordide. Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Cette chronique est proposée par une lectrice dans le cadre de la rentrée littéraire des lecteurs.

Charonne grandit emprisonnée entre sa mère et sa tante « les forgeronnes », au-dessus d’un magasin d’antiquités et de coquillages. Entre deux ventes, sa mère vient la torturer. Charcutage, gavage, mutilations. « Pitié pour moi jamais » est le leitmotiv de Charonne. Excision et infibulation sauvages nous sont contées dans des termes crus, avec un humour cru et cruel. Pas de pitié pour le lecteur non plus. Après deux décennies de dressage maternel, Charonne-Cendrillon est solitaire, obèse, et elle se prend pour une fille du feu. Gardienne auto-proclamée du bon goût et de l’élégance, elle donne des « leçons » aux inconnues croisées dans le métro.

Il ne manque plus qu’une bonne âme pour l’arracher aux griffes des deux mégères, bonne âme qui prend les traits d’un homo culturiste répondant au doux nom d’Arcady. Oh, les délices d’Arcadie ! Après une séance de strip-tease mémorable au beau milieu des coquillages, antiquités et autres horreurs, Charonne laisse tomber la pelisse d’ours et ne tarde pas à apprendre quel projet Arcady nourrit pour elle… « Rien ne s’arrange » est le second leitmotiv de Charonne ; en tout cas il se passe des choses, des choses rarement banales, tout au long de ce roman.

Est-ce que l’ordinaire et les silences amenuisent l’attrait d’un récit ? Pas sûr. Fallait-il absolument que l’histoire de Charonne nous soit contée de manière quasi-mythologique ? Evènements ahurissants et adjectifs hypertrophiés se succèdent : métamorphoses, miracles et détails anatomiques sont la base de ce récit. C’est généralement drôle et souvent grinçant ; reste que cette accumulation peut provoquer une crise de foie. Charonne serait plus sympathique si elle était plus humaine. Mais peut-on demander à une fille du feu d’être autre chose que foudroyante ?

Avis aux amateurs de fables contemporaines : c’est trash, c’est comique, c’est trashiquement comique.

Elobru

Le 15 July 2008

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