Publié en 1890, le dix-septième volume des Rougon-Macquart plante son décor sur la ligne ferroviaire Paris – Le Havre. L'histoire paraît à une époque où le train est en plein développement et fascine autant qu'il terrifie : le progrès technique, qui doit délivrer l'homme, s'accompagne d'accidents meurtriers. Comme deux rails parallèles,
La bête humaine dédouble les intrigues (le versant policier se mêle au récit de la vie de Claude) et les personnages principaux. On considère souvent que la Lison, la locomotive, tient une place aussi importante que Claude dans le roman, et la mort de celui-ci entraîne le « dérèglement » de l'autre, désormais prise dans une course folle dont l'issue ne peut être que fatale. Là encore, le déterminisme est mis en démonstration par l'auteur : Claude n'échappe pas à son hérédité, ses pulsions assassines se mêlent à ses pulsions amoureuses et le mènent, inexorablement, vers le meurtre.
Le 24 janvier 2008