Elfride Jelinek passe son enfance à Vienne. Son père, tchèque juif et socialiste, rescapé des camps de concentration, meurt dans un hôpital psychiatrique. Sa mère, très catholique, l’oblige à faire de la danse classique et souhaite la voir devenir musicienne.
En révolte contre cette situation familiale, Elfride Jelinek développe une œuvre très sombre, violente et parfois pornographique, qui s’attaque aussi bien aux névroses familiales qu’au conservatisme de l’Autriche. Paru en 1975, (en 1998 en France),
Les Amantes est rapidement devenu le livre de référence de toute une génération. Parodie de roman populaire exaltant le terroir, ce texte remet en question, par son style syncopé et son ironie, la société de consommation et l’aliénation qu’elle provoque. En 1983,
La Pianiste, récit d’une relation amoureuse sado-masochiste, est un succès international, adapté au cinéma (
La Pianiste, 2001) par
Michael Haneke, avec
Isabelle Huppert dans le rôle principal.
Elfride Jelinek reçoit le
prix Nobel de littérature en 2004, et refuse qu’il devienne "une fleur à la boutonnière de l’Autriche".
Très ancrée à l’extrême gauche, elle avait interdit en février 2000 qu’on joue ses pièces en Autriche pour protester contre l'entrée de l'extrême droite au gouvernement autrichien. Depuis que Jörg Haider, leader de l'extrême-droite autrichienne, a ouvertement reconnu son oeuvre comme "vile" et "immorale" en 1996, la romancière s'est retiré de la vie publique.