Duong Thu Huong



Duong Thu Huong Nationalité : vietnamienne
Naissance : 1947 à Vietnam
Age : 62 ans
Métier : écrivain

Duong Thu Huong est une romancière, nouvelliste et scénariste très populaire dans son pays. Très engagée, elle n'a de cesse de lutter, par le biais de sa plume, pour la défense des droits de l'homme et pour la démocratie. Ses oeuvres sont considérés comme subversives au Vietnam, et elle-même est perçue comme une dissidente.

 

Né en 1947 d'une mère institutrice et d'un père ingénieur, elle reçoit une éducation stricte. A l'âge de vingt, alors qu'elle dirige une troupe d'animation artistique, elle est engagée comme "soldat-chanteuse" sur le front de Binh Tri Thien, dans la province de Quang Binh, une des régions les plus bombardées pendant la  guerre du Viêt-nam. Pendant une dizaine d'année, jusqu'à la fin de la guerre, elle a pour rôle de remonter le moral des troupes, de mobiliser l'opinion contre les Américains, mais également d'évacuer morts et blessés.

 

Les premiers poèmes de Duong sont de véritables odes à la révolution. Adhérente au parti communiste, l'écrivain voit dans le marxisme la seule solution contre l'injustice. Dans tous les textes qu'elle écrit, elle demande l'abolition de la dictature du prolétariat et appelle à davantage de démocratie. Son premier roman, Histoire d'amour racontée avant l'aube, date de 1986, mais c'est avec Au-delà des illusions, publié en 1987, qu'elle se fait connaître comme romancière. "Chevet de toute une génération", ce livre dénonce les effets de la guerre sur la société vietnamienne. Lorsque Duong Thu Huong publie l'année suivante Les Paradis aveugles, autre succès littéraire, les autorités vietnamiennes commencent à la surveiller de près en raisons de ses attaques contre l'appareil politique vietnamien. Elle décide cependant de poursuivre son combat, et finit par être exclue en 1990 de l'Union des écrivains vietnamiens et du Parti communiste. En 1991, son arrestation à Hanoï déclenche l'émoi général et lui vaut le soutien d'Amnesty International et de l'Association internationale d'écrivains (P.E.N). 

 

Libérée sept mois plus tard, elle est désormais interdite de publication au Vietnam. Elle ne renonce pas pour autant et envoie ses manuscrits aux éditeurs parisiens, qui acceptent de la traduire et de la publier en français. Roman sans titre paraît ainsi en 1992 aux Éditions des Femmes, et Myosotis en 1998  aux Éditions Philippe Picquier. Ses romans dénoncent toujours le système totalitaire du Vietnam, la déchéance du statut d'intellectuel sous le règne communiste, les camps, la misère subie pendant des années par le pays. Mais ils sont aussi empreint d'une poésie nostalgique, de souvenirs d'enfance, qui en font de véritables invitations au voyage. 

Duong Thu Huong est traduite en français, en allemand et en anglais. Elle est aujourd'hui le seul écrivain vietnamien dont l'œuvre a été intégralement traduite en français. Elle a vécu quelques temps sous surveillance à Hanoï, mais lassée de ne plus pouvoir avoir de vie privée, elle a élu depuis 2006 Paris comme ville de résidence.

Duong Thu Huong : dossiers et critiques

Duong Thu Huong, l'anti-communiste vietnamienne

Duong Thu Huong : vos commentaires

nbukova   23 Janvier 2009 à 15:46   

je trouve que Mme Duong Thu Huong a un style assez proche de celui du guide Routard, lorsqu'elle décrit le paysage vietnamien : "Le blanc virginal de la fleur d'abricotier, le blanc diaphane de la fleur de prunier, la brume du matin du printemps, les nuages sans tâche et la vapeur des ruisseaux offrent une impression magique et un concert de transparence et de pureté. C'est un tableau qui insuffle au spectateur force, pureté et renaissance". Quelle carte postale ! Merci Mme Duong Thu Huong de m'avoir donné envie d'aller au Vietnam!

pham   17 Janvier 2009 à 08:06   

J'ai lu le dernier roman de Duong Thu Huong et j'avoue que, malgré ma sympathie quant à son engagement politique, j'avais du mal à m'accrocher : des descriptions pompeuses (paysages, odeurs, parfums, pagodes, ... tous les clichés du Vietnam), des personnages schématiques (méchants/gentils), deux catégories de femme (fidèle, amoureuse, vertueuse/ infidèle, menteuse, calculatrice). Surtout, je ne comprends pas le sens de son discours. Elle cherche à montrer un Ho Chi Minh patriote, honnête, révolutionnaire, intègre ! Mais c'est le discours officiel du parti communiste ! Depuis 50 ans, le régime ne cesse d'idéaliser l'Oncle Ho, alors que c'était quand même lui qui était très impliqué, avec Truong Chinh, dans la Réforme agraire qui a provoqué la mort de 50000 personnes dans le Nord du Vietnam de 1953 à 1956 et la répression des intellectuels à travers le mouvement Nhan Van (les "Cent fleurs" vietnamiennes pour faire vite). Connaissez-vous sa phrase célèbre prononcée en 1957 dans le Nhan Dan (le Quotidien du Peuple) : "Il faut arracher la mauvaise herbe de droite" ! Il suffit de lire les historiens français comme D.Hemery ou P.Brocheux pour le savoir. Or, en parlant de cette période, la romancière travaille uniquement sur son drame intime : l'assassinat de sa jeune femme, en plaidant l'innocence de Ho Chi Minh ? Cette histoire a été racontée depuis des années dans différents ouvrages et sites internet. Certains sont allés encore plus loin en demandant : Qui sait d'ailleurs qu'il avait été vraiment innocent dans cette affaire ? Pourquoi Madame Duong Thu Huong n'a dit aucun mot sur le rôle de Ho Chi Minh dans la Réforme agraire et dans le procès des intellectuels ? N.Pham

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