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Le Prix Nobel de Littérature 2007 revient dans son dernier ouvrage sur un épisode clé de son enfance et du siècle dernier : la Première Guerre mondiale. Son père, Alfred Taylor, blessé à la jambe par des éclats d'obus, fut amputé et obligé de porter une jambe de bois ; sa mère, Emily McVeagh, soigna pendant quatre ans, en tant qu'infirmière puis infirmière en chef du St Georges's Hospital, les blessés de la guerre.
Seule la littérature pouvait lui permettre de défendre un héritage aussi lourd. Aussi Lessing imagine-t-elle un monde dans lequel cette guerre n'aurait pas eu lieu et nous propose un livre en deux temps. D'abord le roman en tant qu'entreprise de réhabilitation du passé : la vie rêvée que n'ont pas eue ses parents. Puis elle revient aux faits et montre l'envers du décor : les clés de son écriture ainsi que des anecdotes biographiques qui viennent éclairer son entreprise romanesque.
Le livre se présente donc comme un gant qui se retourne ; cette schizophrénie littéraire offre un formidable terreau de questions sur le genre romanesque. Où comment la littérature ? Qu'est-ce que la fiction ? Peut-on imaginer une vie comme un roman ? Et, finalement, l'autobiographie n'est-elle rien d'autre qu'une fiction ? Bien que Doris Lessing ne se prétende pas théoricienne de la littérature, elle a voulu tester les limites de la frontière fictionnelle, jouant avec le cadre de l'autobiographie, se faisant à la fois auteur et critique de son oeuvre.
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