L'homme qui tombe de Don DeLillo



Critique Lecteurs Votre note

Titre original : Falling Man   Editeur : Actes Sud  Année : 2008   Genre : roman


Don DeLillo, L'Homme qui tombe La critique de Fabrice Colin Quelques semaines à peine après le 11 septembre, Don DeLillo fait paraître dans Harper’s Magazine un article d’une surprenante chaleur. Transpercé d’élucubrations intimes, In the ruins of the future analysait pourtant la tragédie sous le seul angle rétrospectivement possible : celui de la géopolitique. Trois ans plus tard, au... | lire la suite


En cette matinée du 11 septembre 2001, il y a, dans la main de Keith, masqué de cendres, criblé d'éclats de verre et revenu d'entre les morts dans l'appartement de son ex-femme, Lianne, une mallette qui ne lui appartient pas et que sa main de rescapé serre, mécaniquement, de toutes ses forces. Tandis que Keith se rapproche et s'éloigne d'une autre femme rencontrée dans l'enfer des tours, avant de décider de finir sa vie assis devant une table de jeu dans le désert de Las Vegas, Lianne dérive entre l'inquiétude que lui causent l'attitude farouche et réticente de son propre fils, l'atelier d'écriture pour malades d'alzheimer dont elle a la charge, l'Homme qui Tombe, ce performeur que la police traque, la santé de sa mère qui vit depuis des années une incompréhensible liaison avec un mystérieux Européen, marchand d'art toujours entre deux avions, entre deux univers...

Affrontant, avec les seules armes de son art, un monde en morceaux dont la représentation s'est perdue avec les attentats du 11 Septembre, Don DeLillo donne à voir les ressorts brisés de la belle machine humaine - psychisme, langage et corps impuissant confondus. Voyage au cœur de l'ADN de notre histoire commune, exploration magistrale des effets et des causes d'une catastrophe, ce roman fraye le chemin d'une catharsis qui autorise à regarder en face le Mal dans tous ses inévitables et fulgurants avènements.


Véro (invité)  le 24 Juin 2008 à 10:46  

J’avais lu la chronique de « l’homme qui tombe » il y a déjà quelque temps, je ne me souvenais plus de son contenu. J’y suis revenue maintenant que j’ai achevé le roman et il faut le dire, tout y est… au mot près ! Dans ce roman, il n’y a pas d’explications sur les pourquoi et les comment ; on ne décortique pas les sentiments et plus étonnant on ne trouve pas une once d’agressivité ou de colère qui aurait pu paraître légitime. Ce roman décrit un vide ! Une sorte de vide temporel, émotionnel entre les attentats du 11 septembre et le moment où les personnages parviennent tant bien que mal à sortir de leur torpeur, de retrouver un sens à leur vie… ou de s’apercevoir qu’aucune vie n’a de sens ! Il est vrai que le style est très froid, totalement désincarné. D’un côté cela permet de bien appréhender cette hébétude qui frappe les personnages du roman –ils ressemblent à des corps vidés de leur substance ; ils ne savent plus ce qu’ils sont, où ils vont…- mais d’un autre côté il nous tient à distance ! J’ai eu du mal à me sentir concernée, à éprouver de l’émotion… en dehors d’une certaine tristesse pour ce qui n’était pas de la fiction mais une épouvantable réalité. C’était peut-être volontaire de la part de l’auteur mais je dois avouer qu’à un moment j’ai forcé le rythme de lecture pour en finir et pouvoir passer à autre chose ! Finalement c’est Hammad, un des terroristes, qui m’a le plus touchée ; la manière dont il décrit ce « projet » où il joue un des rôles principaux... (Je ne devrais pas en parler car ce passage détourne en quelque sorte de l’essence du roman, mais que voulez-vous, les attentas du 11 novembre m’ont suffisamment marquée que pour vouloir comprendre –même si c’est impossible pour quelqu’un d’aussi rationnel que moi- ce qui se passe dans la tête des extrémistes religieux) Ce passage est assez fort : C’est en Afghanistan, dans un camp d’entraînement, que Hammad avait commencé à comprendre que la mort est plus forte que la vie. C’est là que le paysage le consuma, des cascades gelées dans l’espace, et le ciel qui n’en finissait pas. Tout n’était qu’islam, les rivières et les torrents. Ramasse une pierre et tiens-la dans ta main, et c’est l’islam. Le nom de Dieu sur toutes les lèvres d’un bout à l’autre du pays. Il n’avait jamais rien ressenti de tel dans toute sa vie. Il portait un gilet conçu pour porter les bombes et savait qu’il était un homme maintenant, enfin, prêt à mettre un terme à sa distance d’avec Dieu. Quelques jours avant les événements, il mangeait des hot-dogs, écrivait à ses parents, déchirait les lettres, payait pour coucher avec des filles, sans s’en venter, et se demandait s’il était vraiment nécessaire de mourir pour accomplir quelque chose dans le monde… Et moi je me demandais : Qu’as-tu ressenti aux commandes de l’avion lorsque tu as vu la tour se rapprocher de toi... De la peur ? Non ! Non, pas de la peur, mais une joie immense, qu’il m’aurait répondu, car ce n’est pas la mort qui m’attendait mais Dieu, enfin ! Que faut-il en penser ?!!! C’est terrifiant… et en même temps… en même temps… Hum… terrain trop glissant !!! J’ai terminé la lecture de ce roman avec impatience… mais aussi glacée pour ce que l’auteur me laisse entrevoir… l’espace d’un roman ! (Autrement on ne voit rien, on est comme les personnages du roman, perpétuellement hébétés !)

Tornade (invité)  le 02 Juin 2008 à 20:11  

J'ai rien à dire

Ariel (invité)  le 02 Juin 2008 à 20:07  

Prochainement... mon avis !!! (c'est juste une expérience)