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Mais au-delà des absurdes prétentions universelles et trop kantiennes des institutions internationales, Di Nota dénonce avant tout l'incapacité des sociétés contemporaines à regarder en face le « tragique » qui les habite. Et quel meilleur moyen que la littérature pour ré-exploiter, en l'actualisant, la notion de tragique ? L'auteur de Bambipark fait d'ailleurs appel à Corneille, maître du genre, et lui pose la question suivante : « comment concilier héroïsme et raison d'Etat, s'il devait apparaître que la moralisation de l'Etat est un leurre ? ». La pièce de théâtre qui suit le roman, Têtes subtiles et têtes coupées, est elle aussi à lire comme l'actualisation d'une grande tragédie politique : « Antigone est de retour, elle travaille comme procureur à la Haye. Son but est de faire en sorte que les victimes de Srebrenica soient enterrées dans la dignité. » L'Histoire se répète sans cesse, avec ses guerres irrésolues et ses massacres impunis, et Di Nota, non sans distance et humour, pointe du doigt « notre petite époque éprise de Justice internationale », incapable cependant de tirer leçon des erreurs passées.
David Di Nota, Bambipark suivi de Têtes subtiles et têtes coupées, Gallimard, 2009.
Céline Ngi
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