Faites-nous la bise de Daniel Woodrell




Je la suivais comme si elle était un coyote resplendissant. Elle m'avait entraîné dans son conte de fées. Sa main ne quittait pas la mienne une seconde. Niagra me conduisait à travers une forêt épaisse, hantée, me faisait grimper une colline et contourner une marre. Les moustiques étaient méchants et c'était la seule chose qui, dans la nature, rompait le charme.

Il nous fallut un quart d'heure à mon avis et Tararum apparut. Le palais de la volaille était tout illuminé au rez-de-chaussée, et des bougies à la citronnelle tremblotait dans le patio et autour de la piscine. On voyait des ombres se déplacer, on entendait des voix et, de temps en temps, un plongeon.

- C'est beau, hein ? dit Niagra.
- Oui, je suppose.