La peur de la mort est l'unique source des religions. ”
Claude Lévi-Strauss étudie tout d'abord la philosophie à la Sorbonne, et y passe brillamment l'agrégation en 1931. Il change de trajectoire à partir de 1934 quand il est nommé professeur de sociologie à l'Université de São Paulo et décide de se consacrer à l'anthropologie. Il vit au Brésil jusqu'en 1939 et organise plusieurs missions de recherche auprès des populations indiennes caduveo, bororo et nambikwara (cette dernière étant le sujet de
Tristes Tropiques, publié en 1955). Entre 1941 et 1948, il séjourne régulièrement aux Etats-Unis et enseigne à New-York au sein de New School for Social Research. C'est à cette période qu'il rencontre Roman Jakobson et s'initie à son contact à la linguistique structuraliste.
Il prend conscience que l'analyse structurelle peut également s'appliquer à l'étude sociologique et ethnologique. De retour en France, il enseigne à l'École pratique des hautes études, et n'a de cesse d'approfondir sa découverte. Elle est formalisée en 1958 lors de la publication de
l'Anthropologie structurale. Il entre
en même temps au Collège de France et occupe jusqu'en 1982 la chaire d'anthropologie sociale. Il applique par la suite le structuralisme à l'étude des mythes, dans les quatre volumes des
Mythologiques qui paraissent entre 1964 et 1973. Il est élu la même année à l'Académie Française, sur le fauteuil d'
Henry de Montherlant. On reconnaît aujourd'hui en lui le fondateur du structuralisme, mais aussi et surtout celui qui a su donner un élan audacieux, voire révolutionnaire, aux sciences humaines et sociales.
Claude Lévi-Strauss s'éteint dans la nuit du 1er novembre 2009, laissant derrière lui un travail qui alimente aujourd'hui encore des recherches dépassant largement les domaines de l'anthropologie et de l'ethnologie.