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Par-delà le caractère provocateur du titre, dont d’innombrables pastiches et déclinaisons ultérieurs attestent l’efficacité, c’est un double mode d’emploi que propose le livre. En premier lieu, à travers (ou contre) l’histoire, le droit et la littérature, c’est à un usage philosophique et libertaire de l’idée du suicide, symbole du libre arbitre individuel, qu’invite l’ouvrage : la certitude de pouvoir choisir le jour, l’heure et le moyen de sa mort, sans souffrances inutiles, apporte une part de la sérénité et de l’énergie nécessaires au combat quotidien. Seul le dixième et dernier chapitre, intitulé « Éléments pour un guide du suicide » fournit, sur l’intoxication médicamenteuse, des indications techniques adaptées de brochures associatives étrangères, rédigées par des médecins militant pour « le droit de mourir dans la dignité ». Unique apport de la science moderne à la technique du suicide, les médicaments offrent une possibilité de mort moins « violente », en garantissant un délai de réflexion de plusieurs heures après le geste suicidaire (ils sont d’ailleurs responsables d’une minorité des décès suicidaires).
Diffusé jusqu’en 1990, malgré une dizaine de procédures judiciaires et les appels à la censure de tout le pays institutionnel (Académie de médecine, Églises, partis, syndicats, etc.) le livre s’est vendu à cent mille exemplaires et a donné lieu à une abondante production journalistique (environ cinq cents articles, dont un franchement favorable). Un jugement de la seizième chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris (11 avril 1995) a condamné Alain Moreau pour avoir réimprimé Suicide, mode d’emploi postérieurement à la promulgation de la loi de 1987 visant la « provocation au suicide », loi de circonstance réintroduisant le suicide dans le Code pénal deux cent ans après la Révolution française, et visant notre ouvrage au premier chef. Impossible à imprimer et à diffuser Suicide, mode d’emploi est donc interdit de fait.
Des volumes d'occasion se négocient à partir de 250 euros.
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