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30 JANVIER 2006, DEUX HEURES DU MATIN, LA CHAMBRE DE MICHELINE

C'est l'heure, Petit, c'est l'heure, dit Micheline, regarde !

Je ferme ta valise, alors, dit Joseph, si c'est l'heure.

Ferme ma valise, oui, dit Micheline.

Elle n'est pas grosse, non, dit Joseph. Est-ce qu'il y a tout, enfin, tu n'as rien oublié ? Parce que, regarde, là, c'est presque vide enfin.

Eh bien, elle est bien assez pleine, dit Micheline.

et pour ce qui est, dit Micheline, de ne rien oublier...

Mais bon, tu as raison peut-être après tout, dit Micheline. Car il ne faudrait pas être à peine arrivée, et puis il me manque quelque chose. C'est si loin, dit Micheline.

Parce qu'il faut ce qu'il faut malgré tout, dit Joseph.

Et une valise bien faite c'est déjà la moitié du voyage, dit Joseph.

Et donc, reprends pour voir, avant que je ferme la valise, dit Joseph, non ?

Eh bien donc, pose-la là, dit Micheline.

Sur le lit, dit Micheline.

Mais bien sûr, dit Joseph, c'est toi qui as raison. Peut-être bien enfin que c'est toi, dit Joseph. Parce qu'il faut ce qu'il faut mais pas trop, dit Joseph. Parce que enfin, dit Joseph, tu es tellement petite, tellement maigre. Comment tu ferais, oui, d'abord, pour la tirer, enfin, tu ne pourrais pas la tirer... Et qui t'aiderait d'abord ? Chacun tire son barda et pas celui des autres, non ? Et le barda des autres on n'en veut pas bien sûr. On en a bien assez de son propre barda et c'est bien naturel, dit Joseph.

Oui, oui, oui, dit Micheline.

Parce que après, dit Joseph, il faudra la tirer. Et si elle est trop lourde... Tu regardes ?

Oui oui, petit, oui oui, je regarde, dit Micheline. Fais-moi vite un café. J'ai envie d'un café. Fais-le chaud.

Parce qu'il va bien falloir y aller, dit Micheline. Puisque c'est l'heure et puis, puisqu'il est là, à quai, dit Micheline, tu regardes ?