Dernières lueurs de Christina Mirjol



Critique Lecteurs Votre note

Editeur : Mercure de France  Année : 2008   Genres : roman Théâtre


Et le banal devient poésie La critique de flu Les romans de Christina Mirjol suivent un projet bien précis : celui d'explorer la polyphonie, dans tout ce qu'elle a de plus poétique et de théâtral. Avec Dernières lueurs , l'auteur confirme qu'elle maîtrise ce projet : dans une langue sensible et épurée, son roman à plusieurs voix rappellent très... | lire la suite


Le docteur n’y croit pas. Et puis il fait semblant, dit Micheline.

« Vous êtes folle, il me dit. Mais après tout, oui, il me dit, vous avez raison, il me dit. Puisque ça va en somme, vous êtes plutôt bien ces temps-ci. »
Et puis comment mourir, enfin, sans être allée une fois, puisque c’est mon rêve, dit Micheline, dans les îles Lofoten ? Au Spitzberg ? Comment mourir ? docteur, sans avoir parcouru l’interminable façade déchiquetée des fjords ?

Puisque c’est mon rêve, dit Micheline.

Ce projet de voyage vers le grand Nord, Micheline, âgée de plus de quatre-vingts ans, l’a conçu de longue date. Mais elle le fera seule, car son mari Joseph est trop fatigué pour l’accompagner. La valise est bouclée, le départ imminent : Micheline s’imagine déjà sur le pont du bateau, elle s’est projetée maintes fois vers cette croisière magnifique, par avance éblouie par les paysages et les uniformes des membres de l’équipage. Mais l’embarquement rêvé aura-t-il jamais lieu…

 

Le récit de Christina Mirjol plonge au plus profond de l’âme humaine avec force et lucidité.



“ 30 JANVIER 2006, DEUX HEURES DU MATIN, LA CHAMBRE DE MICHELINE C'est l'heure, Petit, c'est l'heure, dit Micheline, regarde ! Je ferme ta valise, alors, dit Joseph, si c'est l'heure. Ferme ma valise, oui, dit Micheline. Elle n'est pas grosse, non, dit Joseph. Est-ce qu'il y a tout, enfin, tu n'as rien oublié ? Parce que, regarde, là,...
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