Je m'appelle François de Charles Dantzig



Critique Lecteurs Votre note

Editeur : Grasset  Année : 2007   Genre : Roman



Je m'appelle François est peut-être la seule phrase où je n'aie jamais menti dans ma vie. Elle m'a servi de digue. Tout le monde a besoin de mentir à un moment ou l'autre. J'ai voulu être un autre moi, un moi meilleur, le monde ne l'a pas permis.
Né prés de Tarbes, entre un père qui a déserté la maison et une mère un peu plus que volage, avec qui il aura un compte de tendresse à régler toute sa vie, François Darré apprend tôt que la vie sourit aux audacieux. Alors, ce jeune homme trop sensible sera séducteur, jouant de son physique de brun aux dents si blanches, empruntant les identités les unes derrière les autres, faisant peau neuve, conservant comme un talisman ce prénom de François. Fuir Tarbes, d'abord. Puis à Paris ensorceler une famille aristocratique crédule et riche. A Los Angeles, s'appeler François Depardieu, rouler en décapotable, pratiquer l'escroquerie d'envergure. Tenter d'aimer avant de se faire arrêter comme un malfrat, triompher de la prison par une revanche médiatique, un livre, des émissions, des compliments et des insultes, devenir le voyou qu'on voudrait recevoir chez soi. Jusqu'où ira-t-il ? Jusqu'au meurtre, vraiment ? Enfin, qu'ira-t-il faire à Dubaï, dans une mer que surplombent les gratte-ciels construits en une nuit, « le nez vers les étoiles pour oublier notre passé de boue » ? Charles Dantzig nous donne son meilleur roman, le plus ouvert, le plus moderne, le plus émouvant aussi. Son héros ressemble au Zélig des époques médiatiques, à l?aise devant une caméra ; cet enfant des années 80 a la débauche élégante des personnages de Truman Capote, frayant avec la pègre, couchant avec la bourgeoisie, lui qui n'appartient à aucun milieu. François joue et se joue de nous, dans un roman virtuose, beau comme le chagrin.


Geli Oli (invité)  le 19 Décembre 2007 à 16:28  

Un ouvrage passionnant qui nous livre l'histoire d'un dénommé François se libérant de son milieu médiocre en usant de tous les artifices que le mensonge lui offre. Il n'y a pas de mal à mentir pour François. En mentant, même à leurs dépens, il offre à ses victimes le plaisir de l'instant, fût-il médiocre, où ils y ont cru et, à lui, celui d'avoir jouer pleinement le jeu de celui que l'on croyait...mais jusqu'où peuvent aller ces cascades de réussites bâties sur un paraître si profond qu'il peut plus lui être étranger... Qui est donc ce François si fort de ses personnages qu'il paraît invincible...Est-il heureux à se réinventer à chaque défaite...Jusqu'où peut-il aller ? Peut-il entièrement se défaire ?...Où en est la lassitude à n'être jamais soi ? Et tout simplement : qu'est ce qu'être soi ? Beaucoup d'inventivité chez cet auteur que je découvrais même si l'ouvrage comporte encore des "coquilles" provenant d'une lecture rapide avant sa mise en page.