« La littérature est une machine à fabriquer des souvenirs et de la mort, une manufacture de testaments. Aucun roman n'a jamais fait de projet d'avenir. » L'Avenir
Camille Laurens naît à Dijon en 1957. Après une agrégation de lettres elle enseigne à Rouen, puis au Maroc à partir de 1984.
Elle commence à écrire avec son mari, un polar à quatre mains sans ambition de publication. Elle continue seule et son troisième manuscrit paraît finalement en 1991. Il s'agit d'
Index, premier tome d'une tétralogie dont les autres volets,
Romance, Les Travaux d'Hercule et
L'Avenir sortent respectivement en 1992, 1994 et 1998.
La cadence de publication est interrompue en 1995 par son accouchement et la mort de son bébé, qu'elle raconte dans
Philippe, récit autobiographique. C'est le point de départ d'une nouvelle orientation dans son écriture : « Après ce récit où j'avais touché le réel, l'intime, il me devenait difficile de revenir à de la pure fiction. Je pense que la fonction de la littérature est de donner de soi. »
Et elle donne d'elle, dévoilant tout dans cette veine autofictionnelle tellement française qu'elle approfondit dans ses récits suivants :
Quelques-uns, Dans ces bras-là, L'Amour, pour finir avec
Ni toi ni moi. La littérature de Laurens part du moi, alors le moi se doit d'être exposé, dénudé, examiné dans tous ses désirs et ses contradictions.
Fidèle à son époque, elle emploie une forme resserrée, des phrases courtes, peu nombreuses, formant des chapitres courts eux aussi. Elle dit le désir autofictionnel, se plaçant dans la même catégorie que des écrivaines telles que
Catherine Breillat,
Christine Angot ou
Catherine Millet.
Et pour certains c'est bien le problème. En effet, Camille Laurens est largement critiquée, que ce soit pour un certain conformisme bourgeois dans la description des sentiments, pour un solipsisme émotionnel sans issue, ou pour des thèmes et une écriture que
Pierre Jourde s'est plu à pasticher dans
La Littérature sans estomac.
Ce qui n'a pas empêché Camille Laurens d'obtenir un Femina pour
Dans ces bras-là et d'être nominée pour le Goncourt des lycéens 2006 avec
Ni toi ni moi.
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