Bret Easton Ellis



Bret Easton Ellis Nationalité : américaine
Naissance : 07 mars 1964 à Los Angeles
Age : 45 ans
Métier : écrivain
Cette idéalisation de la beauté et de la gloire dans nos cultures rend en quelque sorte fous les gens: nous l'éprouvons, nous la voulons, nous l'aimons, nous la détestons. Et la place qu'elle occupe à l'intérieur de notre psyché est énorme. [...] La mode - et ce qui nous attire à elle - se nourrit d'insécurité.
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Bret Easton Ellis naît à Los Angeles en 1964. Il est le fils d'un promoteur immobilier et d'une mère au foyer, qui divorcent en 1982.

Il fuit la Californie parentale pour la côte Est, étudie dans un lycée du Vermont dont il s'inspire pour le Camden College des Lois de l'attraction. Parallèlement à ses études, il joue dans des groupes mineurs des années 80.

Miroir de la jeune Amérique

Son premier roman, le très remarqué Moins que zéro, paraît alors qu'il a 21 ans. Il s'en vend 50 000 la première année. Ellis y pose une écriture minimaliste et objective, franchement behavioriste. Il dépeint la vie de gosses de riches désoeuvrés, pas très futés, qui vivent pleinement la décadence de la décennie 80. La dialectique qui régit toute son oeuvre se pose déjà : Ellis incarne parfaitement ce qu'il critique, entre observation participante d'un côté et complaisance de l'autre. Dans Les Lois de l'attraction (1987) et Zombies (1994), il poursuit son exploration de cette société de consommation qui mange ses enfants, divinité vaine qui forge des adolescents à la sexualité et à la toxicomanie compensatoires. Ces livres dévoilent la vision sombre qu'Ellis a de l'adolescence, bien loin de celle d'un âge de découverte idéalisé.

Dans la laideur des années 80

En 1991, American Psycho paraît, après son abandon par son éditeur initial sous le poids des groupes de pression qui s'opposaient au côté misogyne du roman. C'est une plongée dans la laideur des années 80, sous la forme du récit des meurtres commis par Patrick Bateman, un golden boy dont on ignore l'activité exacte. Les personnages se ressemblent, se pourchassent sur le circuit de la réussite en forme de primes, de dîners dans les meilleurs restaurants, de costumes, chemises, crèmes de soin, cartes de visites, conquêtes griffées. La consommation des biens et des personnes y atteint un point rarement atteint, jusque dans l'horreur des meurtres commis par Bateman. Ici aussi, le style est détaché, sec et froid, nevrotiquement descriptif.
Ellis poursuit son démontage des années Reagan sept ans plus tard avec Glamorama, roman (anti-)spectaculaire dans lequel des top models pervers font leur catharsis sous forme d'attentats. Comme dans American Psycho, il introduit des personnages réels en arrière-plan de la fiction, brouillant de plus en plus les pistes. Alors que ses lecteurs avaient du mal à séparer l'autobiographique de l'invention dans ses premiers romans, il renforce l'intimité entre réalité et fiction.

Lunar Park: Ellis en banlieue

Ce jeu de miroirs complices s'approfondit encore dans Lunar Park, son dernier roman en date. Après un premier chapitre en forme de courte autobiographie critique, Ellis lâche la bride à toutes ses obsessions et les laisse construire le roman. On y retrouve son infidélité, sa bisexualité, son rapport conflictuel au père, à l'argent, à la drogue, mais dans un nouveau cadre : celui d'un Bret Easton Ellis marié et père, qui enseigne à l'université et habite en banlieue. Les zones obscures sont encore plus présentes, sa vie saccagée par lui-même, des jouets maléfiques, le fantôme de son père et l'irruption de Pat Bateman. Lunar Park est une somme de l'oeuvre d'Ellis, condensé de sa vie et de ses romans, mais aussi son livre le plus expérimental, terrifiant et sensible. Il se pose à la fois comme une conclusion et une introduction, une porte dont l'auteur n'a pas encore construit l'autre côté. Nihiliste pour certains, moraliste pour lui-même, Ellis est un auteur fascinant et agaçant qui tend à la fois vers le kitsch et le sublime.

Symbole de la Génération X, résonnant avec Agueev, il a d'une certaine manière décomplexé la littérature des années 80 et a ouvert la porte à Mc Inerney mais aussi à de nombreux écrivains qui se ruent avec plus ou moins de succès dans la posture trash-hype initiée par celui qui l'a depuis abandonnée.

Lire aussi le portrait de Bret Easton Ellis par Benjamin Berton.

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Bret Easton Ellis : vos commentaires

Nathalie (invité)   23 Novembre 2007 à 11:22   

Moi aussi, j'ai été frappée très vite dans le roman par des rappels de films de D. Lynch. Certainement parce qu'il pose lui aussi la question du rapport à l'autre, comme leurre (double imaginaire persécutant) et / ou comme réalité et point d'ancrage. Je me suis surpise à pleurer en lisant les dernières pages de Lunar Park : un tel constat de solitude, enveloppé de douceur dans ses dernières pages, c'est rare. Nathalie.

bruce (invité)   17 Octobre 2007 à 16:19   

salut à tous j'ai toujours adoré ce qu'écrivait ellis et avec lunar park j'ai encore pris beaucoup de plaisir.Plus que tout c'est bel et bien son style que je trouve puissant.La première personne employé constament (ou presque) nous rapproche tant des ses sensations que j'ai souvent l'impression d'etre à sa place.J'ai trouvé dans ce récit délirant d'une tristesse folle une dimension de tendresse, d'impossibilité à vivre, bouleversante.Plus encore que le récit linéaire il faut bien voir encore une fois une critique acerbe de cette société trés riche américaine (qui semble ne plus avoir les pieds sur terre et c'est peu dire) et donc d'une autocritique, d'une confusion des sentiments qui mène à se perdre soi même, à perdre tous ses repères sur ce qui est nécessaire, vital en terme de rapport à l'autre.Cette errance passe par des passages fous voire ridicules qui touchent à l'irréel au pseudo fantastique souvent teintés d'un humour des plus noir mais toujours en lien direct avec un seul sentiment bien souvent douloureux et triste car innaccessible, le sentiment du lien à l'autre.Je pense que ce livre est un bel exemple des difficultées de pouvoir prendre conscience de soi, de se berner soi même en se faisant croire des choses qui n'ont jamais étées ou qui ne seront jamais....en tout cas essayer d'y voir plus clair.Je trouve une ambiance à la lynche dans lunar park et vous?

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