Issu d’une famille d’intellectuels, Mikhaïl Boulgakov entre à la faculté de médecine de Kiev en 1909. Une fois ses examens obtenus, en 1916, il s’engage comme volontaire de la Croix-Rouge sur le front. Deux ans après, libéré de ses obligations militaires, il revient à Kiev où il ouvre un cabinet médical, puis, toujours en tant que médecin, il est réquisitionné par l’Armée blanche en 1920.
Parallèlement, il commence à écrire des textes fortement inspirés par ses fonctions et le contexte politique : notamment une première version de
Morphine, Carnets d’un jeune médecin et
La Garde blanche. C’est en 1921 que Boulgakov abandonne la médecine pour se consacrer à l’écriture. C’est aussi le début des soucis. Divers emplois se succèdent : il écrit plusieurs articles guettés par la censure, collabore plus régulièrement à divers organes de presse en y publiant des récits et travaille à des adaptations scéniques (de ses propres textes mais aussi de
Gogol,
Tolstoï,
Cervantès…).
À partir de 1926, date à laquelle son appartement est perquisitionné, Boulgakov ne cesse d’être persécuté par le régime stalinien : ses œuvres sont retirées de la vente, ses pièces interdites. Il commence malgré tout à écrire
Le Maître et Marguerite, son chef-d’œuvre, qui connaîtra un sort difficile : réécrit six fois en dix ans, en secret, puis mis au ban par les autorités, ce texte foisonnant, aux tonalités fantastiques, ne sera publié qu’en 1973 en Russie, où il deviendra très vite un roman culte. Il est aujourd’hui traduit dans de nombreux pays.