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Philip Roth remixé : la nouvelle sensation électro ?![]() C'est peut-être la sonnerie pour mobile branchée de cet été, ou alors, juste une bonne blague : le mix d'un cri et d'un rire de Philip Roth est désormais disponible en téléchargement !
C'est au journaliste James Marcus que l'on doit cette petite création. Au cours d'un entretien avec Philip Roth en septembre dernier pour le Los Angeles Times, Marcus lui avait demandé son avis sur l'adaptation ciné de son roman Portnoy et son complexe. L'écrivain avait répondu qu'il trouvait le film « indescriptible ». « C'est un film basé un hurlement. Un hurlement Juif », explique-t-il avait d'en donner un « bref et comique exemple ». Cette performance frappe alors le journaliste, qui y voit « un morceau d'anthologie de l'histoire littéraire, au même titre que Thoreau expliquant comment retirer l'écorce d'un bouleau ». Le mix réalisé par Marcus a ensuite été mis en ligne par l'éditeur indépendant Melville House, qui est, selon lui, toujours à la recherche « d'objets littéraire » qui secouent un peu. Sur son blog, le journaliste promet également d'élaborer, si son petit mix rencontre du succès, une version longue de 15 minutes, qui comprendra notamment les cris des écrivains Bernard Malamud et Isaac Bashevis Singer. Le détour vaut le coup, estime le Guardian, ne serait-ce que pour vérifier si « le rêve de voir des clubbers new yorkais agiter leur derrière pour le cri d'un romancier de 76 ans peut être réalisé ».
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Photo : © DOUGLAS HEALEY/AP/SIPA Persepolis 2.0 : une nouvelle version de la bd dénonce le régime iranien![]() « 2.000 personnes ont été arrêtées et sont actuellement en détention » en Iran, a déclaré Karim Lahidji, président de la Ligue iranienne de défense des droits de l'Homme, à l'AFP. Comment en est-on arrivé là ? Une version réactualisée de Persepolis, la célèbre bd de Marjane Satrapi, entreprend de retracer très clairement les événements qui agitent le pays depuis la réélection supposée truquée d'Ahmadinejad.
Nous ne sommes plus en 1979 mais trente ans plus tard, en juin 2009. Ce n'est plus de la chute du Chah qu'il s'agit, mais de la réélection d'Ahmadinejad contre Moussavi. La résistance s'organise désormais sur Twitter. Les images restent mais le texte change. L'histoire est-elle destinée à se répéter inlassablement, les opposants à se taire ? C'est ce que semble dire ce Persepolis 2.0, édité par Payman & Sina, et qui invite tous leurs lecteurs à diffuser leur bd.
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Gainsbourg par Joann Sfar : après le film, la bd (ou presque)
Il faut dire qu'après Persepolis ou Les Beaux gosses les producteurs français doivent penser que les auteurs de BD indépendante sont bankables. De notre côté on constate surtout que la bande dessinée française est un petit microcosme amusant, où ce qui tient lieu "d'alternative" et de "BD d'auteur" dans les librairies fait au box office jeu égal avec le mainstream (le film Largo Winch, par exemple). Sfar, en tout cas, est le premier à qui l'on confie un film qui n'a rien à voir avec son oeuvre BD mais il n'oublie tout de même pas d'où il vient, et pour assurer la promo du film qui devrait sortir l'an prochain, il a demandé à son ami Mathieu Sapin (auteur du Journal de la Jungle et de Supermurge) de tenir un journal en BD du tournage. Les premières pages sont déjà lisibles sur le site du film et le résultat, avec ses traits d'encre noir griffonnés et ses lavis de couleurs approximatifs fait beaucoup penser à... du Sfar. Que le maître ait été trop occupé importe peu, c'est presque du Sfar et c'est sur Sfar, ça devrait suffir aux fans.
Lire aussi : La Genèse de Crumb dans Télérama Twitterature : Dante, Shakespeare ou Harry Potter en 20 lignes Twitter, ou comment se faire remarquer avec... rien du tout. Deux étudiants de Chicago, qui ont eu l'idée de publier des morceaux de grands classiques via cet outil, verront ainsi leurs travaux d'ultra-synthèse publiés par Penguin à l'automne prochain.Emmett Rensin et Alex Aciman, 19 ans, racontent avoir développé leur idée "de génie" après avoir identifié la littérature, d'un côté, et Twitter de l'autre, comme les deux grandes caractéristiques de leur époque. On mixe le tout et on obtient : la twitterature, qui a pour but de « réunir une bonne fois pour toute les deux grands piliers de notre génération »... Hum... Pas si naïfs cependant, les deux compères affichent clairement les ambitions liées à leur initiative : tous deux rêvent de devenir écrivain, riche et célèbre.
Le journaliste du Guardian qui rapporte l'affaire, reste, lui, assez critique à l'égard de la dite Twitterature. Rappelant le rôle politique qu'a joué par exemple le réseau dans les événements iraniens, il estime que l'on a pu voir, en une semaine, deux facettes de l'outil Twitter : l'une, sublime, l'autre, ridicule.
Suivez l'actu de Flu sur Twitter Ou encore : l'actu de Twitter sur Flu
Lire aussi : Des auteurs de bd lancent un manifeste en faveur du webcomics![]()
Aujourd'hui 18 juin, un appel vient d'être lancé : des auteurs de bd, réunis autour du site Webcomics, entendent faire découvrir à un maximum de lecteurs la bande-dessinée en ligne.
Plateforme gratuite permettant aux auteurs confirmés ou amateurs de diffuser leurs oeuvres, Webcomics, avec son interface très simple d'utilisation, propose donc de tout : à chacun donc de faire son choix parmi les différents genres : récit, humour, autobiographie... Le Manifeste du 18 juin, lui, n'a qu'une ambition : inviter les lecteurs à profiter de la bd numérique, qui, nous le savons, a l'avantage d'occuper tous ceux qui vivent mal les heures creuses de leur journée au bureau... Voir également sur Fluctuat : Lord of light, le roman qui ne reste qu'un roman Le journal Pilote revient avec un numéro sexy La Bible satirique de Robert Crumb dans Télérama
Sin Titulo : la bd à suspense qu'il faut lire...![]() Nominé en 2007 aux prestigieux Eisner Awards pour The Other Side, une bd traitant de la guerre du Vietnam, le canadien Cameron Stewart a également fait ses preuves en matière de suspense. Depuis juin 2007, il publie sur le site Transmission X un polar, Sin titulo ("sans titre"), qui mérite d'être découvert à l'occasion de sa traduction par Random sur Webcomics. Ça se lit comme on regarde une série : c'est par ici.
Les 100 écrivains les plus cités de la blogosphère![]() Qui sont les écrivains les plus populaires de la blogosphère ? Sur son blog Technologies du langage, Jean Véronis a conçu un nuage regroupant les noms des 100 auteurs les plus cités dans les blogs du top littérature Wikio.
Paul Auster et Jane Austen arrive largement en tête de cette étude qui s'étale sur deux mois. Ce n'est pas encore ultra-précis, mais cela donne bien une idée des écrivains qui ont "buzzé" ces derniers temps. Jane Austen par exemple : en plus du "challenge Jane Austen" lancé sur Happy Few, il y a eu la sortie - et le succès - du roman Orgueil et préjugés en version zombie... Du coup, malgré ses deux et quelques siècles, Jane Austen est passé devant les plus actuels écrivains-blogueurs François Bon, Eric Chevillard, Pierre Assouline...
Lire aussi : La bibliothèque 2.0 de l'UNESCO a ouvert ses portes Quand le blog devient papier : Chevillard, Assouline et les autres Le prix de la liberté peut-il être celui d'un livre ? Surfant sur la vague promotionnelle du PWYW (Pay What You Want) - concept typiquement anglais instauré par Radiohead - l'éditeur britannique indépendant Faber & Faber propose le texte digital de l'historien Ben Wilson au prix décidé par l'internaute, quelques semaines avant la sortie papier de l'ouvrage (en vente le 2 juin prochain pour 14,95£). Pourtant, le choix de la gratuité (potentielle) n'est pas... gratuit ! Il fait écho au livre lui-même, sagement intitulé What Price Liberty ? (Quelle prix pour la liberté ?)...Le bénéfice du doute L'ouvrage interroge cette notion fondamentale, souvent bafouée ou ignorée en Grande-Bretagne : l'opération peut laisser supposer que l'intégrité de l'auteur et son idéal de liberté ont eu raison des intérêts économiques et des méchants barons de l'édition. Sauf qu'à en croire une étude réalisée par le Journal of Marketing et publiée dans Les Echos, la formule "Pay what you want", si elle semble donner du pouvoir au consommateur, permet surtout de faire parler soi, et donc d'augmenter son chiffre d'affaires. L'étude portait cependant sur le marché de l'hôtellerie : l'expérience menée par Faber & Faber permettrait, elle, de tester l'élasticité du prix du livre numérique sur lequel les éditeurs hésitent encore. L'auteur place en quelque sorte le lecteur dans la peau d'un cobaye (ou d'un participant à une émission de télé française populaire aujourd'hui disparue...) à qui l'on présente un produit dont il doit évaluer correctement le prix. Les gains sont libres et croissants (pas de montant minimum ni maximum). Du coup, Ben Wilson, prudent, préfère ne pas s'avancer sur la réussite... ou l'échec de cette tentative. "Sur le plan personnel, ça pourrait être un choc, dit-il, ou (au contraire) plutôt gratifiant. Les écrivains ne sont en général pas confrontés (...) à l'idée que les clients paient pour leur production".
Lire aussi : Un top 40 des romans les plus vendus en Europe Ultimex, l'amour du mauvais goût Voilà quelques années que l'ignoble et génial Ultimex et Steve le faire-valoir prodige sévissent sur le web, si bien qu'ils en sont arrivés à leur 100ème épisode aujourd'hui même ! A base de blagues scatophiles, homophobes, misogynes ou nazies, Gad dessine un personnage de connard ultime (d'où son nom) qui est une sorte de Cartman puissance 10, d'autant plus infâme qu'il est adulte, riche et séduisant.
Son but ? Boire, baiser et écraser le monde. Un oeil énorme à la place de la tête (en référence aux Residents ?) n'empêche pas cet agent de courtage de se saper avec les derniers costards en vogue et de se foutre de la gueule des hippies. Son "wingman" Steve est un vicieux qui a tour à tour des airs de loser, de sadique ou d'homosexuel refoulé, voire de pédophile. Bref, de la BD tout sauf politiquement correct, qui crache sur toutes les bonnes moeurs pour mieux nous faire marrer.Au fil de ces cent épisodes, le style graphique et les personnalités des personnages (notamment de Steve) varient au fil des épisodes, ce qui peut déstabiliser mais apporte aussi un peu de fraîcheur lorsqu'on se les tape tous à la suite (ce qui arrive immanquablement si l'on y prend goût). Le blog consacré à Ultimex connaît un franc succès, si bien que ses aventures vont être éditées en BD par les éditions Warum cet été. Pour l'occasion, Gad arrangera les dessins sommaires qu'on peut lire on line pour avoir un rendu plus soigné. Le premier tome d'Ultimex étant sorti de manière très confidentielle, il sera réédité pour sortir en même temps que le tome 2. De l'amour selon Hunter S. Thompson, Sade et Alain Badiou L'amour, le sentiment amoureux, exprime t-il une vérité universelle ? Eprouvons-nous le même amour selon que l'on soit homo, hétéro ou bisexuel ? L'amour est-il synonyme de fidélité ? Doit-on forcément être fidèle quand nous sommes amoureux ? Existe-il une éthique de l'amour ? A contrario, existe-t-il des lieux où cette éthique et nulle et non avenue ? Des lieux où l'amour et l'infidélité sont la norme ? Ces lieux eux-mêmes sont-ils le reflet d'une vérité universelle plus probante ou d'une réelle évolution des moeurs à l'ère du simulacre ?
Ce sont à ces questions, et à bien d'autres encore, que nous propose de réfléchir Graham Potts, doctorant en sciences sociales et pensée politique, dans "Love Hurts", un texte publié sur C-Theory, le fameux site philosophique des époux Kroker. A l'aune des textes d'Hunter S. Thompson (Las Vegas parano), des philosophes Alain Badiou et Jean Baudrillard, ainsi que ceux du Marquis de Sade, Potts étudie les rites amoureux contemporains, cherchant à en définir une éthique. Hilarant, Potts s'envole pour Las Vegas où il rejoue un parfait simulacre (Baudrillard toujours) de l'épopée de Thompson tout en tentant de démontrer à la lumière des excès de notre époque (drogues, sexe et rock'n'roll) que la versatilité contemporaine n'est pas forcément acquise socialement (ni forcément souhaitable selon Badiou). Il compose ainsi une fabuleuse et drolatique analyse des investissements pulsionnels et idéologiques qui ont façonné notre société, jusqu'à la mener à l'ère du divertissement et à l'absence totale de morale qui la caractérisent aujourd'hui.
A noter que ce texte, comme beaucoup d'autres, est offert gratuitement par C-Theory, célèbre site de pop-philosophie (en ligne depuis 1993) fondé par les Canadiens Arthur et Marilouise Kroker. Indécrottables net addicts toujours sur la brèche, gourous cyber à l'affût du moindre phénomène émergent, Arthur et Marilouise s'imposent comme les observateurs respectés de la révolution de l'information née avec les médias électroniques, et étendent aujourd'hui leur réflexion à d'autres pans de la société et de la pensée. Présents sur tous les fronts, ils unissent cyberculture et street culture, musiques électroniques, arts numériques, nouvelles technologies, philosophie et sociologie iconoclaste en invitant de grands penseurs à venir s'exprimer en ligne sur leur site. Les visiteurs désireux de recevoir mensuellement - et gratuitement - une pleine page de pensée "virtuelle" sont invités à s'inscrire, ils pourront ainsi profiter des lumières de philosophes et metaphysiciens de notre temps (attention, pour anglophones seulement).
Lire aussi : Hunter S. Thompson, la biographie en ligne Alain Badiou, le soldat philosophe
Norman Spinrad se moque des fans de SF dans son dernier roman
Plutôt satirique, Il est parmi nous pose également de nombreuses questions inhérentes au fait d'être arrivé, en tant qu'espèce, à un carrefour dangereux qui risque de nous projeter dans le néant si nous prenons la mauvaise direction. Disparition des combustibles fossiles, crise massive de notre système économique, remise en cause de nos valeurs, destruction de notre biosphère, possession à grande échelle d'armes de destruction massive : l'humanité telle que nous la connaissons aujourd'hui se dirige tout droit dans une impasse au risque de se prendre le mur qui est au fond. "Une période de crise, que toute civilisation évoluée doit traverser avant de prendre son envol vers les étoiles", selon les propres mots de l'écrivain, à qui l'on doit notamment Jack Baron et l'éternité, Rock Machine ou Rêve de Fer. Pourtant, au-delà de ses réflexions plutôt pessimistes, Norman Spinrad a voulu faire de ce roman, un livre drôle, et même subtilement moqueur envers les fans de science-fiction eux-mêmes.
Pourquoi ce choix ? Il s'en explique longuement, tout en répondant à d'autres questions, en détaillant les principaux personnages de son nouveau roman, en dissertant sur les rapports entretenus par la philosophie New Age et la science (voir la "science-fiction"), ainsi que la place de la rue et des sub-cultures dans ceux-ci, avant d'évoquer sa carrière, ses débuts en tant qu'auteur, sa vision du monde et des Etats-Unis. La première partie de cette interview fleuve est donc visible en ligne. La Bibliothèque 2.O de l’UNESCO a ouvert ses portes Imaginez-vous des dizaines de milliers d'archives issues des plus grandes bibliothèques (comme celle d'Alexandrie !) et de 19 instituts culturels du monde entier numérisées et disponibles gratuitement, pour tous, en sept langues (pour l'instant)... Avec un jour d'avance sur le calendrier annoncé, la Bibliothèque numérique proposée par l'UNESCO ouvre aujourd'hui ses portes sur le web.Elle vient ainsi compléter les trois grandes bibliothèques déjà en ligne, "Europeana", son ennemi américain "Google Book Search" et "the Library of Congress", avec une finition proche de la perfection. Livres, manuscrits, cartes, documents sonores, films, enregistrements, autant de joyaux sont à découvrir dès maintenant en ligne. La richesse d'un tel édifice se lit dans la diversité des documents proposés et la qualité du site. Ingénieux, le système de navigation permet de se déplacer d'un continent à l'autre via une frise chronologique, en fonction de l'époque choisie (de 8 000 ans avant JC à aujourd'hui), de l'espace géographique sélectionné (tous les continents sont représentés) ou des centres d'intérêt (photographie, revues, cartes, etc). Multilingue, la recherche peut s'effectuer aussi bien en anglais qu'en russe, arabe, chinois, français espagnol ou portugais ! On peut donc passer de la photo d'un auto-stoppeur (et de son chien « Tripper ») prise en Arizona en 1972 par le photographe Charles O'Rear sur la célèbre Route 66 (dans le cadre d'un programme de protection de l'environnement) à une peinture africaine vieille de 8.000 ans... La réalisation d'un rêve James Billington, ancien professeur d'histoire à l'université de Harvard et initiateur du projet y a mis tout son cœur. A ses yeux, cette bibliothèque 2.0 représente la concrétisation d'un accès universel au savoir et au patrimoine culturel de l'humanité. "Nous espérons que la BNM va accroître la compréhension internationale ainsi que la curiosité du monde dans lequel nous vivons pour les merveilles culturelles de l'humanité, explique-t-il. La beauté de ce système est qu'il ne vise pas tel ou tel groupe en particulier mais est réellement destiné à tous". Voilà donc un formidable outil pédagogique à disposition de tous les acteurs de l'éducation, des parents aux professeurs... Lire aussi : Madame Bovary est sur le web ou l'Internationale flaubertienne C'est le fruit d'un gigantesque travail coopératif. 130 passionnés de Flaubert issus des quatre coins de la planète ont transcrit et numérisé les 4 500 feuillets manuscrits de son roman Madame Bovary, controversé à l'époque.Les brouillons du célèbre ouvrage sont donc visibles en ligne depuis mercredi, et ceci grâce à un minutieux travail d'équipe qui a mis à contribution des personnes issues d'une douzaine de pays différents. La transcription du texte était à l'origine réservée aux spécialistes, professeurs de lettres et autres thésards, mais les directeurs du projet ont vite compris l'intérêt de recruter des transcripteurs bénévoles sur la toile. Dur labeur quand on sait que les feuillets de Flaubert étaient recouverts de ratures, de reprises, de notes rendant quasi-illisible le texte... Deux ans et demi ont été nécessaires à la numérisation des archives. Des internautes cosmopolites et motivés L'équipe compte entre autres une femme de ménage, des étudiants... ou un prospecteur de pétrole. Seul mot d'ordre : être un vrai mordu d'Emma. Les passionnés de tout poil, âgés de 16 à 76 ans, ont travaillé à partir de documents déposés en 1914 à la Bibliothèque municipale de Rouen par la nièce de Flaubert. De la Colombie à la Côte d'Ivoire, en passant par le Portugal ou la Nouvelle-Zélande, ces internautes ont réalisé là un bel effort participatif, qui devrait permettre aux lecteurs une plongée archéologique dans les méandres de l'élaboration flaubertienne. L'édition numérique permet, en outre, l'actualisation de certains passages particulièrement difficiles à traduire. L'aventure continue... Combien de livres faut-il pour faire un arbre ?Combien d'arbres faut-il abattre pour faire un livre ? se demandent les écolos les plus torturés. Surtout si le livre en question a une chance sur deux de finir au pilon... La sculptrice Kylie Stillman ne manque pas, dans ses oeuvres, de rappeler l'origine - naturelle - de nos bienveillants ouvrages. La question est alors inversée : combien de livres faut-il pour faire un arbre ?
![]() Voir aussi : Encarta, coulé par Wikipédia, ferme définitivement ses pages
Lancée en 1993, Encarta avait pourtant bien démarrée. Déclinable en différents supports - CD, DVD, web - et en différentes langues - français, anglais, allemand, espagnol, italien ou même néerlandais et japonais -, l'entreprise payante avait de quoi séduire les curieux. Mais c'était avant l'arrivée de Wikipédia...
En 2001, cette nouvelle encyclopédie, gratuite et alimentée par les internautes eux-même - faisait déjà figure de Titan. Face au mode participatif du journalisme citoyen Wiki, lancé par Jimmy Wales, les contenus propriétaires d'Encarta ne font plus le poids. Et ceci malgré les actualisations et l'accès gratuit à des versions très allégées des articles : contrairement à Larousse, la formule encyclopédique de chez Microsoft n'a pas vraiment envisagé de renouveler son modèle. A l'exception du Japon qui bénéficie d'un délai jusqu'au 31 décembre 2009, Encarta ne sera donc déjà plus qu'un souvenir dans sept mois jour pour jour. Toutes les déclinaisons de l'encyclopédie disparaîtront sans exception. Les abonnées qui avaient souscrit au service "Premium" au-delà du 30 avril 2009 seront remboursés au prorata de la période de disponibilité des contenus. L'éthique Microsoft ? Dans un communiqué posté sur le site MSN Encarta annonçant la fermeture de sa gamme, Microsoft reconnaît que les modes de transmission de l'information ont changé. "Nous ne recherchons plus aujourd'hui l'information dont nous avons besoin comme nous le faisions il y a seulement quelques années", peut-on y lire. C'est presque un aveu d'impuissance face aux contenus gratuits en ligne. Jouant la carte de l'éditeur fairplay, la multinationale de l'informatique nous livre un message digne des plus grands humanistes. "Chez Microsoft, nous pensons que chaque être humain sur la Terre doit pouvoir accéder à des ressources éducatives de qualité. C'est notre vision."... Allons, on parle quand même de Micro$oft. Big Numbers d'Alan Moore : le troisième épisode enfin retrouvé !![]() Au début des années 1990, Alan Moore avait perdu tout l'argent de Watchmen dans une infortunée tentative de publication indépendante. Il se lançait alors dans trois des projets les plus ambitieux de sa carrière, dont l'incroyable From Hell, le décevant Filles Perdues, et enfin Big Numbers, projet maudit dessiné par Bill Sienkiewicz, qui n'a jamais été complété et ne le sera jamais, mais dont le troisième épisode a été retrouvé. Les deux premiers épisodes fascinants de cette bande dessinée décrivaient les effets de la construction d'un centre commercial dans la ville de Northampton sur la vie d'une série de personnages. Toute la construction de l'histoire y était régie par la théorie des fractales de Benoît Mandelbrot. Big Numbers devait être le chef d'oeuvre de Moore, plus abouti même que From Hell, avec sa recherche historique incroyablement poussée, son approche holistique du Londres de 1888 et de l'histoire anglaise en générale, et plus complexe même que Watchmen avec son histoire construite comme une horloge atomique. A vrai dire, Big Numbers était sans doute trop compliqué pour tout le monde sauf pour Alan Moore, puisqu'au cours de la réalisation du troisième numéro (sur douze de prévus) le dessinateur Bill Sienkiewicz a lâché l'éponge, et que son assistant Al Columbia, qui avait repris le flambeau, a perdu les pédales en dessinant le quatrième épisode, brûlant même, selon la rumeur, l'intégralité de ses planches.
Deux numéros seulement de Big Numbers ont donc été publiés. Bien qu'achevé, le troisième n'avait jamais vu le jour. Aujourd'hui pourtant, un internaute a mis la main sur des photocopies de ce numéro inédit, et les a uploadées sur son blog, pour qu'enfin l'on puisse tous lire ce troisième et malheureusement dernier numéro de Big Numbers. La lecture des deux premiers numéros (légalement téléchargeables sur les réseaux peer to peer) nous avait déjà permis de comprendre un peu mieux la réaction des dessinateurs, mais de la regretter aussi. Le génie et la monstruosité de ce nouveau numéro ne fait qu'ajouter à notre regret. Crééz vos comic strips avec Strip GeneratorUn logiciel peut-il remplacer Shakespeare ou Tolstoï ? Un ordinateur capable de rédiger poèmes et romans : hantise des écrivains ou fantasme d'informaticiens ? Quoiqu'il en soit, cette idée, qui ne date pas d'hier, fait l'objet de plusieurs expérimentations. En voici quelques exemples.En 1952, afin de tester les capacités de l'ordinateur "Mark One Baby", le scientifique Christopher Strachey avait déjà conçu un logiciel capable de composer des textes, à partir d'un lexique de mots romantiques préalablement intégrés. Intitulé « Loveletters », ce programme correspondrait donc au premier générateur informatique de poésie amoureuse... Aujourd'hui l'informaticien allemand David March, qui s'est récemment intéresser à logiciel, en propose sa propre version sur son site.
L'année dernière, un article du Courrier International nous apprenait également le projet d'une maison d'édition de Saint-Pétersbourg : publier un roman généré par un logiciel baptisé PC Writer 2008. Il n'aura fallu que trois jours à la machine pour pondre le premier jet d'un roman inspiré en grande partie d'Anna Karénine, mais également de treize autres ouvrages russes et étrangers...
On signalera, enfin, l'idée développée par un certain David Nygren et mentionnée sur le site Teleread : rédiger un roman à partir d'un fichier Excel. Le principe : "Colonne A=actions, colonne B=dialogues, colonne C=pensées des personnages". Bon, ce n'est encore pas très clair, mais il y a de l'idée.
Lire aussi : Et si le livre numérique était né en 1968 ? Une liste de course de Burroughs vendue 400 dollars sur ebay Frédéric Beigbeder choisit de vivre et quitte Facebook Frédéric Beigbeder n'aime pas (ou plus) les relations virtuelles : l'écrivain a annoncé vouloir fermer sa page Facebook, en prenant soin d'expliquer cette décision dans sa chronique pour le magazine Voici, qu'il a rejoint le mois dernier après quatre ans d'absence.
En fin (?) sociologue, Beigbeder analyse les dérives du virtuel, qui est « l'empire des fakes et des frustrés, ou simplement des losers tristes et seuls, timides et respectables auxquels on offre un mensonge, en échange d'une surveillance orwellienne de leurs habitudes de consommation. » Le réseau Facebook « drogue au narcissisme » ses jeunes utilisateurs, qui, on le sait, aiment y afficher maints détails de leur vie privée, au point que l'auteur de 99 francs considère qu'à côté de ceux-ci, les photos de Voici sont « pudiques »... Beigbeder, qui se demande également si nous avons « vraiment besoin de retrouver les gens que nous avons volontairement perdus de vue » (sa réponse est évidemment non), conclut sa diatribe sur une comparaison assez radicale : « Il y a la même différence entre le réel et le virtuel qu'entre la vie et la mort. Or moi je viens de prendre une grave décision : vivre. » Mais tant d'autres utilisateurs, tous condamnés.
Source : Buzz littéraire
Lire aussi : Iggy Pop s'est inspiré de Houellebecq pour son nouvel album Chomsky expliqué aux enfants par le coloriage Lire au bureau c'est possible avec Readatwork
Entrez dans le Bodyworld de Dash Shaw![]() L'imposant Bottomless Belly Button de Dash Shaw n'a à notre grande surprise pas reçu de prix à Angoulême. Si on avait pu déplorer le manque de portée social de ce huis clos (lire la chronique sur Fluctuat), cela ne sera pas le cas avec BodyWorld, l'excellent webcomic de Shaw qui vient de s'achever et qui a déjà été acheté par un éditeur américain pour une sortie album l'an prochain.
Bodyworld nous introduit dans la ville science fictionnelle de Boney Borough, une ville nouvelle créée après une guerre dont on ne sait pas grand chose, comme une tentative de paradis écologique. On y suit le séjour d'un type qui se fait appeler "professor panther", envoyé par les éditeurs de "l'encyclopédie des hallucinogènes américains" pour y fumer une nouvelle plante mystérieuse qui vient d'être découverte sur le sol de l'école locale. Evidemment à partir de là il se passe tout un tas de choses bizarres, ou plutôt de choses racontées bizarrement puisqu'au moment de les résumer je me rends compte qu'elles sont tout à fait ordinaires : Panther tombe sur une prof un peu chaude, l'histoire d'amour de deux élèves modèles tourne au vinaigre le soir du bal de promo, Panther se rappelle de son ex dans un flashback...
Bottomless Belly Button était un huis clos familial étouffant, Bodyworld est l'examen psychédélique d'une communauté fermée elle aussi mais à plus grande échelle. On y retrouve les mêmes névroses, les mêmes obsessions et le même talent mais, contrairement aux sept cent pages de Bottomless Belly Button, celles-là sont gratuites. Un designer propose la version adulte des couvertures d'Harry PotterSi J.K. Rowling est officiellement considérée comme un auteur pour la jeunesse, l'expérience a pourtant montré que tout le monde lit Harry potter. C'est pourquoi un designer a décidé de concevoir, pour les sept tomes de la saga, de nouvelles couvertures plus "sérieuses", davantage destinées aux adultes. Designer agé de 24 ans, MS Corley propose donc sur son blog sa série de couvertures Harry Potter : une couleur unique et un dessin assez sobre sur chacune d'entre elles, le but étant de les faire ressembler aux classiques de Penguin Books. Le graphiste/blogueur affirme avoir déjà contacté Scholastic, l'éditeur américain de Rowling. N'a-t-il pas cependant plus de chances d'être entendu par des avocats en colère que par des éditeurs enthousiastes ? s'interroge une journaliste du Guardian. Le site de MS Corley présente plusieurs de ses autres travaux, notamment les couvertures des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire de Daniel Handler et des Chroniques de Spiderwick de Holly Black, elles aussi re-designées façon Penguin Books. ![]()
Problem Sleuth : MS Paint Adventures !MS Paint Adventures est un webcomic plus ou moins intéractif qui s'inspire des jeux d'aventures textuelle des années 1980. Le principe est le suivant : l'auteur Andrew Hussie a dessiné une première page (celle que vous voyez reproduite ici même) et a ensuite attendu les suggestions des internautes pour dessiner la suite. On avance ainsi de page en page, de suggestions - ou "ligne de commande"- absurdes en conséquences innatendues et on se retrouve l'air de rien très vite pris au "jeu", même si on met des heures et des heures avant d'en arriver au point de l'aventure où on peut effectivement entrer sa propre suggestion.
Très simplement, "Problem Sleuth", qu'on pourrait traduire par "chasseur de problèmes", est un webcomic bizarre et drôle, qui rappellera pas mal de souvenir à tous ceux qui ont passé du temps sur un jeu d'aventures exaspérant de difficulté (ma référence personelle en la matière est l'impossible SRAM) sauf que dans celui là, on ne reste jamais coincé très longtemps. Si toutefois vous lancer dans l'aventure "Problem Sleuth" vous intimide, Hussie a aussi lancé deux autres quêtes sur son site : Bard's Quest, une aventure à choix multiples, et Jailbreak qui sur le même mode que Problem Sleuth offre l'avantage d'avoir une fin. On vous conseille tout de même de commencer par Problem Sleuth, c'est la meilleure des trois. Quand le blog devient papier : Chevillard, Assouline et les autres Ce n'est pas le premier, et sûrement pas le dernier : après Didier Jacob et Pierre Assouline, c'est au tour de l'écrivain Eric Chevillard de publier un ouvrage reprenant les contenus de son blog, L'Autofictif. En même temps, des titres alimentés par le contenu de blogs ont fait leur apparition dans la presse. L'adaptation des blogs sur papier est-elle devenue tendance ?"Les 328 premiers billets de L'autofictif, publiés entre le 18 septembre 2007 et le 17 septembre 2008, sont désormais disponibles en librairie comme cela se faisait jadis" annonce Chevillard à ses lecteurs. Et peut-être sans trop les surprendre. De la fenêtre web au papier ? Mais oui, cela commence à se faire très bien : en septembre dernier, deux blogs tenus par des critiques littéraires de renom ont donné lieu à des publications. Les éditions Héloïse d'Ormesson ont ainsi réuni dans La Guerre littéraire les chroniques souvent vitriolées de Didier Jacob (Nouvel obs), tandis que Les Arènes proposent dans Brèves de blog une anthologie de commentaires d'internautes sélectionnés par Assouline lui-même sur son blog La République des livres.
La bonne nouvelle : ces publications peuvent apparaître comme la preuve de la vitalité et de la créativité de la blogosphère. En revanche, à l'heure où l'on discute e-book, bibliothèque numérique supra-optimale, mobiles transformés en readers, peut-on vraiment imaginer que le web ait un avenir dans le papier ? Certains y croient fort en tout cas. Aux Etats-Unis, Joshua Karp, fondateur du journal Printed Blog, projette de lancer un quotidien papier gratuit de six pages, qui serait alimenté par le contenu de blogs. Un numéro test sera distribué le 27 janvier dans des quartier de Chicago et de San Francisco. Ambitieux, l'initiateur du projet espère attirer la publicité locale et le faire paraître deux fois par jour. En France, l'hebdomadaire papier Vendredi, lancé par Jacques Rosselin (fondateur de Courrier International) en octobre dernier, et qui propose une sélection de billets et de commentaires sur l'actualité généralement politique, n'a pas atteint les ventes escomptées. Les lecteurs de blogs ne préfèreraient-ils pas garder la liberté d'aller butiner eux-mêmes ici et là, au gré des liens et des favoris, plutôt que de voir le tout définitivement aligné sur papier ?
Lire aussi : Gary Larson en vrai...
![]() Des petits malins se sont réunis sur Flickr, pour proposer chacun leur réinterprétation photographique d'un dessin de Gary Larson, auteur de "The Far Side". La qualité du dessin n'ayant jamais véritablement été l'attrait principal des vignettes surréalistes de Larson, les photos dépassent parfois leurs inspirations en étrangeté (et donc drôlerie) comme sur les deux exemples ci-dessus. Reste bien sûr quelques dessins qui demanderaient beaucoup, beaucoup de travail sous Photoshop pour être recréees, comme celui-ci, pour la recréation duquel j'offre une sucette chupa chups au parfum de votre choix : ![]()
Y a-t-il un éditeur pour publier les mémoires de George W. Bush ?
Il en ressort une image désastreuse d'un Bush complètement inculte, voire idiot et surtout, terriblement incompétent. L'idiot du village Etonnamment, Perseus Books group, qui publie en ce moment l'ouvrage critique Big Boy Rules America's Mercenaries Fighting in Iraq de Steve Fainaru, sur les sociétés privées de sécurité engagées en Irak, décline poliment mais fermement la généreuse offre de Bush : le président propose en effet à l'éditeur de lui pardonner la publication le "paquet de mensonges de Scott McClellan". Pour rappel, McClellan a été chargé des relations avec la presse durant la campagne Bush-Cheney de 2004 et à la Maison Blanche de 2003 à 2006, et a publié en mai 2008 le très à charge What Happened: Inside the Bush White House and Washington's Culture of Deception . L'éditeur avoue cependant avoir été intrigué par le titre proposé par le président, "Hope and Audacity" (Espoir et Audace) et le pitch qu'il en a fait, qui a "quelque chose à la Marley & Me" (comédie romantique mettant en scène Jennifer Aniston et un chien, sortie française prévue en mars 2009) mais avec Barney (le nom du chien de Bush)." Enfin l'éditeur lui conseille de vérifier l'orthographe de "mémoires", "Guantanamo", "Condoleezza" et "FEMA" (Federal Emergency Managment Agency) ! L'incompétence faite président L'éditeur Penguin regrette de ne pouvoir donner suite à la proposition du président, qui ne correspond pas à leurs besoins du moment, mais apprécie le papier artisanal fait à partir d'une carte d'état major, ainsi que la transformation du sud de Kaboul en un parcours de golf de 54 trous. Même refus de la maison Farrar, Straus and Giroux, qui publie A World of Trouble: The White House and the Middle East from the Cold War to the War on Terror de Patrick Tyler. Ce journaliste, correspondant au Moyen Orient pour le New York Times et le Washington Post, y évoque "la catastrophe Bush en Irak". L'éditeur, lui, avoue sa perplexité quant au titre proposé par le président : "Mes premiers deux mandats", tout en se disant flatté que "Dieu lui-même" lui ai soufflé le nom de la maison d'édition pour ce projet de mémoires et son idée de "fan fiction" à la West Wing. Enfin Random House, qui édite le best seller d'Obama, Les Rêves de Mon Père, remercie Bush de l'effusion de compliments adressée à l'égard de leur série de bd Garfield, mais ne peut accepter de publier les mémoires du président. L'éditeur n'est pas "convaincu que le recueil de ses blagues préferées sur les pets" ait sa place "dans des mémoires présidentielles", et ne trouve pas du meilleur goût sa vision "optimiste" de la tragédie de Katrina - nom de l'ouragan qui a quasiment noyé la ville de la Nouvelle-Orléans sous le regard indifférent de la Maison Blanche - dans laquelle il évoque la ville submergée comme "un verre à moitié plein". Enfin, Random House ne pense pas que le titre "Guerre et Paix" soit "tellement vieux que les gens ne feront pas le rapprochement" avec l'oeuvre de Léon Tolstoï.Source: Vanity Fair
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