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Neil Cohn et le langage visuel

Posté par 2goldfish le 05.05.08 à 11:09 | tags : web, manga, bd, comics


Neil Cohn est un expert mondial, une sommité dans le domaine de la théorie de la bande dessinée. Ce n'est pas très difficile, me direz vous avec raison, puisqu'il n'y a pas tant de concurrence que ça. Certes, il y en a de plus en plus mais il suffit d'avoir écrit quelques bouquins mal fichus comme Scott McCloud et ça y est, vous êtes à l'avant-garde d'un champ d'étude encore largement inexploré.

Neil Cohn est un étudiant en linguistique, et sa théorie, c'est que ce que nous appelons bédé, comics, manga, art séquentiel, graphic novel ou autre, utilisent un Langage Visuel qui au-delà de toute considération "artistique" de style et d'esthétique est avant tout un moyen de communiquer, un langage avec sa syntaxe, sa grammaire, ses coutumes et ses figures de style.

Sur son site emaki.net on trouve toute une série d'essais en PDF généralement passionnants mais qui demandent pour certains un sacré bon niveau d'anglais (le jargon sémiologique est déjà bien assez difficile à suivre en français pour moi). Il a aussi un blog qui est heureusement assez facile à lire et toujours très instructif. On peut y suivre sa participation dans certaines discussions théoriques de la blogosphère, des exemples de "langage visuel" trouvés au dos des sièges dans un avion ou au bas des pistes de ski, et surtout le raffinement en direct de ses théories.

L'un des éléments les plus distinctifs de sa théorie par rapport à celles de McCloud et Will Eisner (qui, pour toutes bancales qu'elles me semblent, sont les mieux connues par tout le monde, moi le premier) c'est son refus de l'équation case = moment qui implique que la bédé est un découpage du temps en petites cases, un peu comme une série d'images statiques piochées dans la bobine d'un film. Les cases seraient plutôt comme les mots d'une phrase, certaines tenant lieu de sujet, d'autres de verbe, de conjonction etc... Ironiquement, les bédés théoriques de McCloud en sont un bon exemple : elles ne présentent pas une histoire avec un déroulement narratif dans le temps mais plus une série d'idées découpées en case pour être mieux articulées. Les planches de Chris Ware sont elles aussi une bonne preuve : souvent, au milieu de ses dessins il insère une case remplit d'une simple conjonction "et", "mais", "cependant".

Commencer à penser comme ça peu transformer votre façon de lire la bédé et de la percevoir. Loin d'être le simple storyboard que la conception trop répandue de "l'espace temps" suggère, la bédé est un véritable langage visuel, qui comme un autre langage peut dès lors être évalué avant toute chose selon la capacité à communiquer clairement de l'émetteur d'un message plutôt que sur sa capacité à dessiner des muscles saillants aux barbares et des seins ronds aux elfes.

Mai 68 : les pavés sont ramollis

Posté par Céline le 01.05.08 à 11:30 | tags : web, média

Quarante plus tard, que signifie Mai 68 ? L'initiative du collectif Le Pavé en mousse (diffusée à plusieurs reprises par Marianne2) laisse sceptique. Même si elles partent d'un bon sentiment, les diverses opérations organisées restent isolées et tristouillettes.

 

 

Ils font ça pour rire. Et au fond, cette histoire d'anniversaire doit-elle vraiment être prise plus au sérieux ?

Comme le dit Hervé Hamon dans son entretien avec Fluctuat, "il ne s'agit pas de se moquer de mai 68". Ces "événements" ont marqué l'histoire, bouleversé les mentalités, marqué un tournant, etc... Seulement, la façon dont les écrivains, penseurs, politiques, médias, un peu tout le monde, choisissent de commémorer ce moment n'a-t-elle pas un côté cérémonieux qui entre en totale contradiction avec l'esprit mai 68 ?

Nous autres jeunes qui ne l'avons pas vécu, à notre tour d'être out, parce qu'on ne peut pas bien en parler, et pas autrement que comme d'un mythe révolu et digéré. En général, ceux qui l'ont fait, ils nous laissent plutôt imaginer que mai 68, c'était trop cool.

N'empêche qu'on est pas encore tout à fait au clair, là dessus. D'un côté il y a le président de la république qui annonce vouloir "liquider mai 68" (il veut liquider plein de trucs), et de l'autre, une avalanche d'ouvrages et de dossiers qui redonne à ce printemps un petit goût de révolution.

Flu prend le parti de participer à l'éboulement, et souffle quand même les bougies avec un dossier mai 68.


Livres de foire

Posté par 2goldfish le 29.04.08 à 11:00 | tags : web, livre
Ce blog est le blog « livres » de Fluctuat mais, avouons le, il ne couvre qu'une infime partie du sujet : en dehors de l'occasionnelle élucubration de Myosotis, nous nous limitons généralement aux romans, essais et bédés. Les livres de cuisine gay des sixties, éditions illustrées de Don Quichotte du XVIIIème siècle et revue du travestissement américain vintage, vous trouverez plutôt ça sur le blog Room 26 Cabinet Of Curiosity de la bibliothèque Beinecke de l'Université de Yale.

Spécialisée dans les livres rares et les manuscrits, cette bibliothèque vient d'ouvrir un blog pour faire partager au monde entier les curiosités de son immense fond. On hésite encore à vendre les livres comme de la lessive, du moins les romans, mais les montrer comme des bêtes de foire n'a jamais posé de problème à personne.


Les freaks, c'est chic

Posté par 2goldfish le 23.04.08 à 14:41 | tags : comics, web, lectures de bureau, vo

Freakangels est un nouveau webcomic hebdomadaire scénarisé par rien moins que Warren Ellis. Ce n'est sans doute pas anodin de voir un scénariste aussi réputé et "bankable" (il devrait très prochainement hériter du principal titre x-men à la suite de Grant Morrisson et Joss Whedon) se lancer dans un ambitieux projet de comic gratuit pour le web. Il a l'appui de l'éditeur américain Avatar Press (une version papier est bien sûr prévue plus tard) et le site comme la bédé ont la marque d'un professionnalisme que les webcomics n'acquièrent en général qu'après plusieurs années (ou plus souvent jamais). Il y a un forum déjà très actif, un flux RSS (youpi !), une interface simple et claire et des lecteurs, déjà beaucoup de lecteurs (77 000 la première semaine, dieu sait combien aujourd'hui).

 

Pour ce qui est de la bédé elle même, il n'y a pas encore grand chose à en dire. Elle s'ouvre sur l'image d'une Londres a demi immergée et ces mots "Il y a vingt-trois ans , douze étranges enfants sont nés en Angleterre exactement au même instant. Il y a six ans, le monde a touché à sa fin. Ceci est l'histoire de ce qui arrive ensuite".

Ce qui arrive ensuite, pour l'instant, c'est qu'on est introduit à une ribambelle de personnages, tous autant de clichés "ellis-éen" cyniques et râleurs... Mais on ne va pas se mettre à regarder dans la bouche d'un cheval offert, n'est-ce pas ? D'autant plus que Paul Duffield au dessin s'avère plutôt talentueux. Son style mélange habilement l'influence des mangas pour filles avec un côté plus européens et des couleurs à tomber.

 

On pourra regretter de voir que, offert une telle occasion, Ellis produise un peu toujours la même chose mais son idée semble plus être pour l'instant de changer le "contenant" plutôt que le "contenu". On peu espérer que Freakangels ouvre la voie à d'autres auteurs de comics "traditionnels", loin des offres online moyenâgeuses de DC Comics et Marvel.


Des planches, des marteaux et des requins

Posté par 2goldfish le 17.04.08 à 11:33 | tags : bd, web

Entre 4 Planches, le court-métrage/superproduction des Requins Marteaux qui a fait le tour des festivals de BD est enfin visible online sur le site Monsieur Ferraille. Ce film raconte l'histoire de Sami, celèbre auteur de Poupinou et Ratafiolle, bédé à succès qui repose sur une démarche autoriale nouvelle ("être créatif tout en étant innovant").

Entre 4 Planches est une satire du monde de la bédé, un film noir et une production aux valeurs remarquable. Nul doute que les scénaristes ont eux aussi cherché à "être créatifs tout en étant innovants". Oui bon, c'est sympa quoi. Pensez surtout à aller faire un tour au Supermarché Ferraille en sortant.

 

 


Natalie Dee est drôle

Posté par 2goldfish le 10.04.08 à 11:58 | tags : web, lectures de bureau, bd, vo

natalie dee

Je pourrais écrire tout un tas de trucs pour vous expliquer en quoi les dessins quotidiens de Natalie Dee sont excellents et pourquoi vous devriez les lire. Je ne sais vraiment pas ce que j'écrirais au delà de "drôle", "inventif", "coloré" et quelques autres adjectifs que j'ai toujours sous la main mais je trouverais sans doute. Sauf que franchement, même si je suis censé habiller un minimum les liens que je balance ici, ça vous ennuierait vous et moi et nous ne sommes pas là pour ça : nous sommes là pour que vous ayez quelque chose à lire au bureau.

Natalie Dee, donc... elle est drôle.


Radio Crumb

Posté par 2goldfish le 05.04.08 à 18:32 | tags : web, comics

Vendredi sur France Culture l'émission "Surpris par la nuit" était consacrée à Robert Crumb. L'interessé lui même n'était pas audible mais entre Edmond Baudoin, Florence Cestac, Jean-Louis Gauthey, Gilbert Shelton et Art Spiegelman il y avait largement assez de beau monde pour remplir l'heure impartie.

En tant qu'introduction à Crumb, c'est sans doute assez bancal, on recommandera aux auditeurs d'avoir lu quelques bédés et d'avoir vu le film de Terry Zwygoff avant de s'intéresser à ce que tous ces gens ont à dire sur un homme et une oeuvre à la fois assez aisés à saisir pour peu qu'ils soient attaqués par le bon bout et trop riche et complexe pour être résumée en quelques mots. Restent des témoignages et des observations qui intéresseront celui qui croit avoir déjà à peu près cerné la personnalité de Robert Crumb.

Ecoutez le podcast tant qu'il est là.


Larousse vs Wikipédia : la fin de l'encyclopédie papier ?

Posté par Céline le 01.04.08 à 10:25 | tags : news, web

Depuis que tout le monde a pris la fâcheuse habitude de wikipédier pour un oui ou pour un non (c'est si rapide, si facile, si pratique, si gratuit), les pros traditionnels du dico et de l'encyclopédie souffrent peut-être de voir s'entasser dans leurs stocks les gros volumes qu'on ne commande plus pour Noël.

Du coup, le géant Larousse décide donc de contre-attaquer, en se lançant à son tour à la conquête du terrain illimité (et apparemment ravageur) qu'est le web.

Il proposera dans les jours à venir les quelques 150 000 articles de son encyclopédie en accès libre. A côté de ces contenus validés par Larousse, figureront également les contributions des internautes, qui sont invités à créer leur espace personnel sur le site, à noter les articles, etc... On reconnaît là le modèle de Wikipédia, qui s'est construit, rappelons-le, à partir des apports des internautes bénévoles et anonymes.

Mais Larousse s'y frotte sans s'y piquer : d'abord, les contributions devront obligatoirement être signées, et gérées uniquement par ses auteurs (contrairement à Wikipédia, ou chacun peut mettre du sien pour améliorer un article qu'il juge incomplet). Ensuite, Larousse établit une nette distinction entre ses contenus validés (censés faire autorité en matière de savoir encyclopédique) et les textes ajoutés par les internautes.

 

Nombreux sont les éditeurs d'encyclopédie qui testent l'accès sur le web, gratuit, ou payant, ou les deux au choix (Le Robert, Hachette, Encarta).

 

Encore une fois, il y a là de quoi mesurer la stupéfiante évolution de nos pratiques de lecture et de nos méthodes de recherches avec Internet. Symboliquement, l'encyclopédie est cet énorme ouvrage, en plusieurs volumes (qu'on va plus souvent consulter en bibliothèque, faute d'un gros héritage), dont les articles méritent d'être lus linéairement et attentivement.

Avec l'ami Wikipédia et ses nouveaux copains, le lecteur a évidemment plus tendance à parcourir l'article, à ne repérer et retenir qu'un minimum, une date, un nom ou un lieu.
Et si on ne peut pas renier les avantages de ce type de recherches, il faut reconnaître cependant que celles-ci ont bien peu à voir, la plupart du temps, avec l'érudition traditionnellement associée à l'encyclopédie. Qu'en penseraient Diderot et d'Alembert ?


Zig et Puce... et votre souris

Posté par 2goldfish le 10.03.08 à 11:17 | tags : bd, web

Bonne nouvelle : le Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image s'est lancé dans un grand programme de numérisation de ses archives et les premiers résultats se font voir. Vous pouvez consulter en ligne le fonds Alain Saint-Ogan, c'est à dire principalement des albums de Zig et Puce et les carnets de leur auteur qui collectionnait tous les articles et illustrations de sa plume jamais publiés ainsi que toute sa correspondance. Ca fait beaucoup et ça n'intéressera presque personne : c'est ce qu'on appelle un musée.


Ironie mise à part, Zig Et Puce c'est un important bout de culture populaire de l'entre-deux guerres et une étape importante dans la bédé franco-belge : Alain Saint-Ogan a systématisé l'usage de la bulle et tout un tas d'autres petits trucs qui ont fait pour le meilleure et pour le pire la bédé telle qu'on l'a connu depuis. Non, si on a à se plaindre, c'est de l'interface de lecture des albums qui est loin de valoir une bonne vieille lecture sur microfilm. Espérons que ce sera corrigé pour les prochaines bédés mises en ligne par le CNBDI.

 


Lecture de Labo : Dresden Codak

Posté par 2goldfish le 28.12.07 à 10:31 | tags : lectures de bureau, web, comics, science-fiction, bd

 

Passons en revue si vous le voulez bien les défauts traditionnels du webcomic moyen : un auteur qui maîtrise mieux Photoshop que les bases du dessin ; des références obscures pour tout non-spécialiste dans telle ou telle ténébreuse niche ; des compositions ambitieuses mais qu'on ne sait pas dans quel sens lire ; un auteur qui après une poignée de strip perd la terre de vue et se lance dans de grandes fresques à suivre beaucoup trop ambitieuses...
Dresden Codak cumule tout ça : des couleurs informatiques bien plus réussies que le dessin dessous ; des pages labyrinthiques ; de nombreux gags incompréhensibles de presque tous, en dehors de la communauté scientifique ; et la série de gags originelle a même laissé place dernièrement à une histoire à suivre de voyageurs temporels et d'OVNI/robot.


Bref, ça devrait être mauvais. Mais franchement, si vous aimez les couleurs qui pètent, les blagues sur l'interprétation de Copenhague et Carl Jung, vous serez certainement prêt à passer outre les pages mal construites et les faiblesses du dessin des premières. Toutefois, les choses s'améliorent petit à petit, et les dernières pages sont presque lisibles.

 


A la découverte de la littérature érotique

Posté par Myosotis le 21.11.07 à 11:11 | tags : web, sexe et littérature

Ceux qui aiment la littérature érotique et qui trouvent l'ami Robbe-Grillet un peu trop cavalier et sauvage pour eux, pourront aller faire un tour sur l'un des sites français de référence en la matière, le mal nommé http://www.eros-thanatos.com/.
Le site qui s'appuie sur une mise en page peu ragoûtante est une vraie caverne d'ali-baba de la littérature érotique avec en réserve quelques pépites de textes issus des bonnes plumes du genre Sade évidemment, mais aussi les moins connus Restif de la Bretonne ou encore, comme ici, ce bon Théophile Gautier. Dans cet extrait, tiré d'une Lettre à la Présidente écrite en 1850, l'auteur du Roman de la momie, augure une sorte d'excursion touristique qui, à la manière d'un Jean-Pierre Pernaud priapique, nous emmène dans un tour des cons, des culs et des enculades qui n'est pas sans charme. On peut, au fil des lectures, s'émerveiller des tournures de phrases de ces grands écrivains des XVIIIe et XIXe siècles, dont la langue, avec le recul, sonne à la fois kitsch et parfois quasi-administrative. Lorsque l'érotisme est envisagé sous le prisme de la raison, on voit bien qu'il a tendance à s'emballer.   

Dans le Valais, nous avons rencontré ma chimère, c'est-à-dire la femme à trois tétons ; mais le troisième était un goitre et c'était le seul dur. Je n'ai pas été tenté de demander à cette Isis suisse si elle avait le con en travers, fantaisie chinoise qui m'affriole. Dans l'auberge du Simplon, dont le papier représente les Anglais en Chine, comme un roman de Méry, un parapilla ailé et monstrueux s'introduit dans la bouche de Lady Bentinck, qui s'écrie "Very delicious !" Les canons sont transformés en membres qui déchargent, les roues forment les couilles, les canons, la pine, et la fumée simule la mousse éjaculatoire : ces embellissements priapiques sont dûs au crayon libidineux de jeunes rapins français.

À Domo d'Ossola, les lieux, que quinze heures de route nous faisaient un devoir de visiter pieusement, pour y déposer nos libations, présentaient un aspect enchanteur et féerique ; ils étaient peints à fresque et représentaient des bouquets de roses qui s'épanouissaient comme des trous du cul de blondes, avec une touche de pourpre au milieu. Il est fort agréable de s'accroupir, ayant l'oeil sur ces anus fleuris, ou sur ces fleurs anales, dépliant leurs pétales : les fronçures d'un sphincter, prêt à boire une pine, ou à vomir un étron.


Grand Papier, petit écran

Posté par 2goldfish le 15.10.07 à 15:27 | tags : web, bd

 

Suite au débat dans les commentaires de mon billet sur webcomics.fr, je vais vous parler aujourd'hui d'un autre site de publication de BD en ligne, celui de la maison d'édition L'Employé Du Moi, j'ai nommé Grand Papier.
On apprend sur la page "à propos" que Grand Papier est la suite donnée à deux projets de l'EdM : le Journal de l'EdM, qui était une série de BD réalisées par une dizaine d'auteurs et publiées quotidiennement sur le site de l'éditeur (puis pour certains imprimés, reliés et vendus en librairie), et 40075km-comics.net, un site ouvert à toute personne désireuse de proposer une BD sur le thème du voyage et qui a aboutit à la publication en librairie d'une anthologie-pavé au début de l'année.

Grand Papier offre donc une plateforme de publication à des auteurs séléctionnés pour la qualité de leur travail et leur correspondance avec la ligne éditoriale de l'Employé du Moi (comprendre : c'est de la BD d'auteurs, les enfants, pas Lanfeust). La qualité est effectivement au rendez-vous, il y a indéniablement plus de choses intéressantes à lire que sur webcomics.fr. La différence fondamentale avec ce dernier site réside dans le fait que Grand Papier ne se veut pas une finalité en soi, mais plutôt un tremplin vers une édition papier. C'est peut-être à cause de ça que la lecture sur le web est si inconfortable : la navigation d'une page à l'autre n'est pas intuitive, et surtout, souvent les pages sont trop petites pour êtres lues et on doit ouvrir une nouvelle fenêtre pour pouvoir zoomer. Fenêtre démunie de tout lien vers la page suivante.

On peut très bien utiliser Grand Papier pour découvrir "en gros" des auteurs et leurs oeuvres, mais pour les lire, il faut s'armer de patience, ou plutôt d'un bon de commande. Dommage.


Lecture de bureau : Demian5

Posté par 2goldfish le 08.10.07 à 11:28 | tags : web, bd, lectures de bureau

 

 

Cette nouvelle lecture de bureau que je vous propose a la particularité intéressante d'être payante. Bon, vous pouvez lire gratuitement la première BD, When I Am King celle qui a rendu célèbre son auteur Demian5. Mais, vous aurez certainement envie, comme moi, de verser trois dollars pour lire la suite (surtout au cours actuel du dollar).

When I Am King raconte les amours contrariées d'un chameau pervers et les mésaventures d'un roi d'Egypte, dont le dit chameau mange les vêtements. Personne ne reconnait le roi nu et il se voit refuser l'entrée de son palais. La suite est cartoonesque, psychédélique et émouvante (il est vraiment touchant ce chameau). Le dessin évoque un flyer pour une soirée éléctro du début des années zéro, ce qui n'est guère étonnant vu que c'est de cette époque que datent la plupart des travaux de Demian5. Ce qui importe plus cependant, c'est la forme de cette BD, principalement racontée en très longs strips horizontaux parfaitement adaptés au web (pour une fois, ça nous change) et plein de petites idées : quelques gifs animés, une séquence 3D et tout un tas de trouvailles intéressantes.

Les BD de la section payante sont au moins aussi intéressantes, mais malheureusement, abandonnées depuis quelques années, certaines semblant ne jamais devoir être terminées. Il n'empêche que vous en avez largement pour vos trois dollars (ou deux euros dix-sept cents au cours d'aujourd'hui).


Allez sur le site de Demian5


Steve Ditko, l'autre papa de Spiderman

Posté par 2goldfish le 24.09.07 à 09:56 | tags : alan moore, comics, web, vo
Steve Ditko, co-créateur de Spider Man avec Stan Lee (enfin, est-ce vraiment le cas ?) a récemment fait l'objet d'un documentaire sur la BBC réalisé par Johnathan Ross. L'intégralité du documentaire est visible sur youtube, mais vous pouvez commencer avec cet extrait, une bonne introduction pour ceux qui ignoreraient tout de Ditko. De comment il est grave talentueux et complètement ouf d'Ayn Rand et de son objectivisme (une "philosophie" de l'égoïsme), de pourquoi c'est Stan Lee seul qui apparaît dans les films Spiderman et de quoi ont l'air Neil Gaiman et Alan Moore en vrai :

 

Dans leur chambre

Posté par Easywriter le 22.09.07 à 09:50 | tags : web, photo

The Guardian dont on ne dira jamais assez de bien publie des photos de chambre d'écrivain, de bons écrivains même. Jonathan Safran Foer se la pète évidemment et Will Self (illus) a un coin sympa.

More

 


Concours : La sorcière expérimentale

Posté par Solaris le 21.09.07 à 17:18 | tags : web, news

La sorcière de Porto Bello sera prochainement adaptée au cinéma. Réalisation d'un film sous la direction de 15 réalisateurs sélectionnés via Internet. Paulo Coelho souhaite ainsi permettre à ses lecteurs de participer à ce projet. Il leur suffit de filmer l'histoire d'Athéna. A l'issue d'un examen par un jury de quatre indépendants, dont les identités ne sont pas encore connues, 15 réalisateurs seront retenus. Au final, les 15 séquences seront montées par un réalisateur professionnel en un seul long-métrage.
"Athéna, l'héroïne, sera interprétée par différentes actrices. Elle peut être africaine dans l'un des films et blonde dans un autre. Cette variété reflète fidèlement l'intention du livre puisque la même histoire est racontée de points de vue différents", précise Paulo Coelho. "Une fois le film terminé, nous le montrerons dans les festivals du monde entier tout en essayant de le diffuser par le circuit traditionnel."

Les candidats qui souhaitent participer doivent se rendre sur le site consacré au concours, et choisir un personnage. Ils recevront un e-mail de confirmation ainsi que les modalités d'envoi de leur court-métrage (dans toutes les langues). Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 19 mars 2008 et la proclamation des résultats aura lieu le 25 juillet 2008. Les réalisateurs gagnants recevront un prix de 3 000 € et les compositeurs 1 500 €.


Webcomics.fr : BD à lire et à faire

Posté par 2goldfish le 19.09.07 à 10:11 | tags : web, lectures de bureau, bd

Webcomics.fr est unportail francophone à publier des BD en ligne qui offre aux auteurs un hébergement ainsi qu'une interface adaptées à la bande dessinée sous toutes ses formes (et pas juste celle de blog-bd). L'interface est même bien plus complète et pratique que celle des anglo-saxons, comme Comic Genesis ou Webcomics Nation, offrant la gestion des tags, la possibilité de lier la BD avec un blog, de faire une BD interactive en flash, etc...

Il n'y a pour l'instant que quelques BD sur le site, parmi lesquelles les plus remarquables sont Deo Ignito, une histoire de démons infernaux aux magnifiques couleurs signée Doc Folaweb, et Ka, la toute nouvelle BD du tout nouvellement célèbre Everland. Pour le reste, ça va du pire au meilleur de l'amateurisme (enfin, pas tout à fait le pire, il y a une sélection à l'entrée).
Il y a donc des "itérations iconiques (bd avec une seule image, seul le texte change), des mangas d'héroic fantasy, des BD improvisées et d'autres trucs plus ou moins intéressants.

Pour tout dire, mis à part Ka et Deo Ignito, il n'y a pas grand chose à lire sur webcomics.fr. Le portail a pour l'instant sans doute autant besoin d'auteurs que de lecteurs. Puisque j'ai appliqué le tag "lectures de bureau" à ce billet, puis-je vous suggérer de gribouiller un strip sur un coin du vôtre ou sur une table de réunion, peut-être avec un chien qui fait des observations décalées sur la vie des humains qui l'entourent ? C'est un genre très populaire et votre glandouille pourrait devenir productive.

 


Creased, pro-dépresseur

Posté par 2goldfish le 17.09.07 à 10:54 | tags : bd, vo, lectures de bureau, web

La lecture au bureau a un nouveau nom officiel, la glandouille. La glandouille n'est en effet pas le propre du sauvageon prompt à l'incivilité et de l'immigré qui ne peut aller au boulot parce qu'il n'y a pas de bus. La glandouille concerne aussi tout un tas d'employés livrés à eux même dans des bureaux non vidéo-surveillés.
Pour glandouiller au bureau cette semaine, je vous propose donc Creased Comics, l'oeuvre d'un certain Brad Neely. Ces gags surréalistes en une case sont plutôts laids, souvent incompréhensibles (mais pas moins drôles) et tristes, très tristes.

 

Ça ne vous remontra probablement pas le moral si vous bossez dans une de ces usines automobiles où tout le monde se suicide, mais si vous vous faites prendre en flagrant délit de lecture, ils fonctionneront parfaitement comme appel à l'aide et on vous accordera enfin le droit de prendre une heure de pause pour aller voir le psy comme tous vos collègues. Quand le Prozac commencera à faire effet, vous pourrez retourner travailler heureux, et par peur de vous "pousser de l'autre côté", tout le monde vous laissera tranquille quand vous lirez Creased, BD qui fonctionne d'autant mieux lue dans un état émotionnel chimiquement contrôlé.



creasedcomics.com 


Lecture de bureau : Perry Bible Fellowship

Posté par 2goldfish le 11.09.07 à 11:17 | tags : vo, bd, web, lectures de bureau

Selon toute vraissemblance, vous devez être nombreux à lire Fluctuat au bureau. Et avec la croissance si proche du zéro, c'est peut-être irresponsable de notre part de faire davantage de mal à votre productivité, mais nous ne sommes pas votre mère ni votre patron. Aussi ce billet inaugure-t-il une série sur les lectures de bureau. Des lectures divertissantes, consommables par petites doses, furtives et faciles à cacher dans un onglet anonyme de votre ordinateur.

 

Pour commencer cette entreprise de sape de l'économie française, il n'y a pas mieux que le célèbre Perry Bible Fellowship, un strip hebdomadaire à l'humour universel. Contrairement à la plupart des webcomics, PBF est très bien dessiné (ne vous fiez pas à l'exemple du dessus qui date un peu), le plus souvent dans un style naïf rappelant les livres d'enfants, mais parfois aussi dans toute une variété de styles allant de l'estampe japonaise au pixel-art selon les besoins du gag. Globalement, ceux-ci tournent à peu près toujours autour du sexe, de la mort ou de la stupidité, trois thèmes éternellement porteurs. Les archives sur le site ont été récemment raccourcies pour accorder l'exclusivité des meilleurs vieux strips à un bouquin sorti il y a peu aux Etats-Unis mais il reste tout de même quelques dizaines de très bons strips.
Il n'y a rien de pire que d'expliquer une blague, si ce n'est peut-être de décrire à quelqu'un ce qu'il est tout à fait capable de voir lui même, aussi je vous laisse parcourir vous-même les archives de Perry Bible Fellowship. Faites juste bien attention qu'on ne vous voit pas.


William Gibson présente Spook Country

Posté par Maxence le 09.08.07 à 10:52 | tags : vo, média, science-fiction, web
Il en est aujourd'hui des livres comme des films. Ils ont leurs trailers, leurs bandes annonces, leur making off, bientôt leurs illustrations qui seront vendues à part dans les librairie avec la mention sur la couverture : "cet ouvrage comporte des photos, en vente séparément, renseignez vous auprès de notre personnel pour les acquérir".
Une idée que William Gibson a déjà fait sienne avec son dernier roman Spook Contry (ainsi que mes amis du Cafard Cosmique l'ont rapidement noté) puisque des rues, des places, bref, des lieux du livre sont bien évidemment disponible sur internet par le biais de google map, streetwiew and so on. On apprend beaucoup de chose dans cet interview et sa présentation, pour ce que j'en sais, est véritablement révolutionnaire puisqu'on a droit ici à un véritable petit film. Ceci étant, il ne s'agit bien sûr que du sommet de l'iceberg médiatique qui se met en place autour de Spook Contry. La preuve, quelques jours plus tard, il était en conférence lecture sur Second Life. Et preuve que nous sommes bien dans le domaine de la science-fiction, quand il répond, Gibson n'ouvre pas la bouche...

Naturellement, je ne saurais trop vous conseiller de suivre le lien du Cafard, vous aurez droit à la liste non-exhaustive des interviews/reviews de l'auteur et de son oeuvre sur le net (et oui, les cafards sont bien utiles parfois... ce post leurs est tout naturellement dédié)

Manga-légo

Posté par 2goldfish le 19.07.07 à 11:06 | tags : web, manga

 

S'il est quelque chose de pénible pour celui qui aime un peu de formalisme dans sa BD, c'est de devoir justifier son goût en trouvant d'autres qualités soi disant moins superficielles dans une oeuvre qui à nos yeux n'en a pas forcément besoin. Il y a encore quelques jours je lisais ces mots "Je trouve ça super qu'il y est un chapitre symétrique dans Watchmen mais ça n'a aucun putain de rapport avec la façon dont le monde tourne en réalité" et je me disais que je pourrais essayer de démolir l'argument mais j'ai en fait surtout envie de dire : "et alors ?". 

Le formalisme en BD, avec ces petites cases qu'on peut réarranger comme des légos (ou des clipos pour les moins doués), c'est souvent super ludique. Ca a peut-être aussi quelque chose à voir avec la relative jeunesse de cet art ou avec le fait qu'il est en grande partie l'oeuvre de gros geeks, mais peu importe, le résultat c'est qu'il y a en général plus de fun dans une BD "expérimentale" que dans la moyenne des films/romans/poteries auxquels ont peut appliquer cet adjectif.

Tout ça pour vous dire, donc, que je ne chercherais pas à vous embrouiller avec des explications stupides sur "ce qui se passe entre ou derrière les cases" de ce court manga trouvé sur un blog anglophone et qui s'appelle "Abstraction" sans doute juste parce que ça sonne plutôt cool. Vous devez lire ce truc, puis faites touner le lien, c'est du bon.


La malédiction de la sitcom

Posté par 2goldfish le 30.06.07 à 10:42 | tags : web, bd
J'ai longtemps eu une relation conflictuelle avec Questionable Content, le premier webcomic que j'ai jamais lu. Le truc c'est que je l'ai découvert dans ses premiers mois en 2003 ou 2004, que je l'ai trouvé plutôt sympathique mais que je n'avais guère de point de comparaison à l'époque et que je sais aujourd'hui qu'il existe d'autres choses bien meilleures dans l'univers du webcomic, certaines que je lis et d'autre pas. J'ai donc souvent envisagé de laisser tomber la lecture quotidienne du strip de Jeph Jacques sans jamais m'y résoudre.

 

Questionable Content a commencé comme un strip mal dessiné (cf l'illustration à gauche) dans lequel un jeune homme, double assez transparent de l'auteur, passait son temps à se plaindre de son boulot à son anthro-PC, un robot/ordinateur anthropomorphique, et à faire des blagues que seuls les lecteurs de Pitchfork pouvaient comprendre. Au fil des mois pourtant le dessin s'est amélioré (pouvez vous croire qu'entre les deux illustrations de ceux billet l'évolution a été continue, sans aucun bouleversement brutal ?) et le strip s'est transformé en une sorte de sitcom à la friends à l'humour pas vraiment transcendant mais sympathique et au casting large qui passe son temps à discuter les vies amoureuses des uns et des autres. L'auteur lui a abandonné le boulot dont il se plaignait constamment pour travailler sur sa BD à plein temps, vivant des revenus de la publicité sur son site et de la vente de t-shirts qu'il promeut grêce à son strip. J'ai développé une certaine sympathie pour lui grâce aux petits messages qui accompagne chaque nouvel épisode, un peu comme s'il était lui même un personnage de plus de son histoire, peut-être le plus intéressant.

Comme pour une série télé, même quand on est pas passionné il est parfois difficile de décrocher et j'ai depuis quelques mois seulement accepté ma dépendance à ce strip. Je me moque de savoir si Marten finira avec Dora ou Faye, je ne souris pas toujours mais je ne m'ennuie pas vraiment non plus. J'imagine que la fin viendra quand l'auteur en décidera, moi je n'ai qu'a patienter et continuer à le lire une minute chaque jour, impuissant.


Alan Moore revient sur la pornographie

Posté par 2goldfish le 11.05.07 à 11:59 | tags : sexe et littérature, alan moore, vo, web

Maintenant que la poussière de la campagne médiatique préventive autour de Lost Girls est retombée, un certain consensus critique semble s'être établi autour du fait que toutes les bonnes intentions et les grandes ambitions d'Alan Moore et Melinda Gebbie, pour louables qu'elles sont, le mariage de la pornographie et de l'art n'a pas fonctionné. Le nom du fautif étant le point sur lequel le consencus se brise, j'avais pour ma part de l'art et de la pornographie choisi de blâmer les deux également, et de Moore et Gebbie accuser le premier surtout de lourdeur didactique. Peu importe puisque la campagne de soutien au livre a marché : il s'est vendu en grande quantité et surtout il a jusqu'ici évité presque tous les ennuis juridiques qu'on lui prédisait.

Si on revient une fois encore sur Lost Girls, c'est que Moore l'a fait aussi en se fendant d'un petit essai sur l'histoire de la pornographie pour l'excellent mais défunt magazine américain Arthur. Son contenu est résumé par l'auteur lui même : "Des cultures sexuellement progressives nous ont données les mathématiques, la littérature, la philosophie, la civilisation et le reste quand des cultures sexuellement répressives nous ont donné le moyen âge et l'holocauste. Ce n'est pas que j'essaye de donner du poids à mon argument, bien sûr." Pour en arriver là Moore dresse une histoire de la sexualité et de sa représentation de la Vénus de Willendorf à nos jours en passant par la grèce antique, les oeuvres pornographiques perdues d'Aubrey Beardsley et William Blake et Traci Lords.

Tout cela est écrit sur un ton discursif très digeste, autrement plus en tout cas que ne l'est Lost Girls, d'autant que Moore n'a pas ici à avoir honte d'être didactique. Se pose pourtant un problème récurrent chez l'anglais, de plus en plus apparent dans la croissance exponentielle de l'universalisme de ses ambitions : il est et reste anglais et anglo-centriste. Lui qui ne quitte jamais sa ville de Northampton prétend n'en avoir pas besoin puisqu'il serait capable d'invoquer n'importe quel lieu dans son living room. Une idée séduisante qu'on est prêt à croire venant de lui mais qu'il n'a pas l'air très soucieux de mettre à l'épreuve.


Le Destin d'Eddie Campbell

Posté par 2goldfish le 15.03.07 à 10:33 | tags : web, bd, alan moore, vo, blogosphère livres

Il n'a commencé que depuis quelques mois, mais Eddie Campbell est déjà l'un des blogueurs les plus intéressants pour tout amateur de BD. Les détails de sa vie intime servant déjà de matière première à ses BD, The Fate Of The Artist (c'est le nom du blog et de son dernier album) sert plutôt à son auteur à parler de son art.
Il revisite ainsi page par page le script d'Alan Moore pour From Hell, dont seuls les premiers chapitres avaient été publiés. C'est l'occasion de constater que, comme Moore le disait dans ses propres annotations à son chef d'oeuvre, si lui nous imposait un appendice conséquent, les notes qu'Eddie Campbell peut produire sur son travail de documentation sont beaucoup plus fournies encore. On découvre aussi que, comme on le soupçonnait, il est l'un des seuls (si ce n'est LE seul) à avoir été plus loin que les scénarios particulièrement détaillés d'Alan Moore.

Plus intéressant pour qui ne nourrit pas une fascination excessive pour tous les détails de From Hell, Campbell se livre aussi à un exposé de quelques "règles" de son invention pour une narration non mélodramatique pour la bande dessinée. Il réfute notament l'existence généralement admise du temps dans la page de BD et établit la nécessité de l'autonomie dramatique de la case dans la planche.

Il est aussi question de BD en général, de musique, de peinture et de geckonidés, autant de sujets sur lesquels Campbell se montre toujours aussi éloquent et cultivé. A cet instant, je ne vois pas ce que ce type pourrait faire pour que je l'aime plus.


Les Vingt-quatre heures de la BD

Posté par 2goldfish le 26.01.07 à 11:09 | tags : web, bd, angoulême

On dira ce qu'on voudra de la présidence d'Angoulême par Trondheim, il a avant même son début eu une excellente idée : organiser les "Vingt-quatres heures de la BD". Sur le principe du 24H Comic de Scott McCloud, une vingtaine d'auteurs se sont réunis pour réaliser vingt-quatre planches de BD en vingt-quatre heures. Un excellent exercice pour dérouiller la créativité et la productivité et se foutre en l'air son horloge interne.

Parmi les auteurs réunis pour l'événement (qui a eu lieu mardi et mercredi), on retrouve Trondheim, forcément, mais aussi Boulet, Mathieu Sapin... Soit il y a eu un pic incroyable de zeitgeist et de synchronicité, soit ils se sont tous mis d'accord pour tourner ensemble autour du thème du réchauffement planétaire et des boules de neiges. Les planches sont visibles sur ce site (même si, malheureusement, il est plein de scripts paranoïaques qui font tout ramer). Ce ne sont sans doute pas les meilleures conditions possibles pour produire une bonne BD, mais c'est un bon moyen pour obtenir des auteurs quelque chose d'inatendu, voire un coup d'oeil plus direct dans leur subconscient qu'à l'accoutumé. Malheureusement, à ce niveau là, j'ai trouvé que tout le monde est resté très professionnel. Sans doute sont-ils habitués à travailler sous la pression des deadlines.




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