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Si tu lis ça, je couche pas

Posté par Céline le 04.04.08 à 16:18 | tags : elucubration, média, sociologie
Le Libé daté d'hier a soulevé une question amusante, et qui peut aussi, si on est vraiment sensible, s'avérer assez épineuse. Peut-on coucher avec quelqu'un dont les goûts littéraires laissent à désirer ?
C'est la Sunday Book Review du New York Times qui a d'abord consacré une page entière au sujet, dans un article titré «It's not you, it's your books», et signé Rachel Donadio. Le truc aurait pu tout aussi bien venir de l'agaçante Carrie Bradshaw de Sex and the City.

Un peu de vocabulaire : le literary dealbreaker est donc une "rupture pour cause littéraire". Si ce motif peut paraître complètement futile, il n'est pas si aberrant que ça. Au contraire, il renvoie plus généralement au problème de savoir si deux personnes aux goûts culturels complètement opposés peuvent être amoureusement compatibles. Agnès Jaoui en avait fait le moteur de son film Le Goût des autres, avec Bacri en chef d'entreprise pas très branché culture.

L'auteur de l'article de Libé, Edouard Launet, a surtout relevé les réactions des lecteurs du NY Times.

D'un côté, il y a ceux qui n'ont pas compris que la question vaut seulement pour un happy few, vivant principalement dans "le sud de Manhattan ou quelques arrondissements centraux de Paris", et qu'elle peut bien évidemment être considérée comme une grosse blague. Ceux-là s'insurgent contre l'intolérance d'un partenaire qui vous préférerait plutôt en passionné(e) de Proust que de Danielle Steel (oui, là on fait dans l'extrême).

Ensuite, il y a ceux qui classent assez catégoriquement certains ouvrages comme potentielles causes littéraires de rupture. Trio vainqueur : le Da Vinci Code de Dan Brown, L'alchimiste de Paulo Coelho et Les Cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini.

Enfin, une autre école, à laquelle Edouard Launet n'adhère pas du tout, qui voudrait, en gros, que "les filles qui aiment James Joyce ne sont pas nécessairement super au lit". C'est vrai qu'il faut, d'abord, en trouver assez pour pouvoir comparer.

Jean-Luc Delarue dirait : "si vous avez déjà rompu avec un partenaire en raison de ses goûts littéraires, ou si vous choisissez vos partenaires en fonction de ses goûts littéraires, venez témoigner."
(pardon, ceci est un dérapage).

 

Lire l'article d'Edouard Launet : "Rupture littéraire, on achève bien d'imprimer" dans Libération

Lire l'article de Rachel Donadio : "It's Not You, It's Your Books" dans le New York Times.


Jean-Loup Amselle : Penser la colonie

Posté par Sandor le 13.12.05 à 10:31 | tags : conférence, sociologie
Une petite notule sans images, austère comme son objet, pour annoncer le cycle de conférences "Penser la colonie" qui se tient actuellement, un mardi par mois, au Collège international de philosophie. Si la conférence de ce soir 18h30, consacrée à Pierre Mendès-France et l'Algérie, revêt un intérêt tout historique, il en ira sans doute autrement de la suivante, programmée le 10 janvier à 18h30 : l'anthropologue et africaniste "pop" Jean-Loup Amselle y proposera une réflexion sur "Le Post-colonial : et après", sans doute plus à même d'aider à penser la crise identitaire que traverse la société française contemporaine.

Agone : bouillabaisse et luttes sociales...

Posté par Lech le 03.11.05 à 22:46 | tags : essai, revue, édition, sociologie, philosophie
Agone n° 34 © AgoneMarseille, terre de luttes... Le mot est facile, surtout à l'heure où les traminots de la RTM mènent la vie dure à Gaudin. La ville a l’humeur un brin insurrectionnelle et il ne fait pas bon la chatouiller de trop près… Logiquement, c’est dans cette cité familière des luttes sociales que les pirates d’Agone ont choisi de s’établir. Rien d’étonnant, non plus, à en juger par le catalogue (résolument « critique » et solidement ancré à gauche) que cette (jeune) maison d’édition, patiemment, étoffe : Pierre Bourdieu, Jacques Bouveresse, Max Weber, Karl Kraus, Noam Chomsky, Guy Hocquenghem, Serge Halimi, Loïc Wacquant (même si…) Mise en page soignée et originale, appareils de notes ultra complets, variété des formats et des collections… Du travail d’orfèvre pour une politique éditoriale d’une grande qualité.
Agone édite également une revue éponyme, agone, dont la dernière livraison, «Domestiquer les masses», vient de paraître. Sur le mode de Manières de voir (mais en plus « feuillu »), agone n°34 se présente comme une compilation d’articles, récents ou plus anciens (Chomsky, Pasolini, Orwell...), sur la question de la communication de masse et des manipulations qu’elle véhicule. Plusieurs objets d’étude (« Lille 2004 », la falsification de la critique des médias, la télévision, le développement durable, les Nations unies…) pour différents aspects d’un même phénomène. Précis, rigoureux, militant.
La prochaine parution, prévue pour le printemps 2006, sera consacrée aux Guerres de Karl Kraus. Il est fort probable que Flu en touche (au moins) deux mots…

 

 

 




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