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Polémique d'enfant gâté au salon du livre ?

Posté par Céline le 11.03.08 à 12:26 | tags : salon du livre 2008, festival, roman, société

A quelques heures de l'ouverture du Salon du livre de Paris, le boycott organisé par les pays arabes et musulmans se poursuit. Au cœur du débat : Israël, invité d'honneur. Une façon de cautionner la politique d'occupation de cet Etat ?

Selon l'AFP, la plupart des écrivains israéliens sont hostiles à la politique de leur pays, mais considèrent que le boycottage de l'événement revient à s'opposer à l'existence même de l'Etat hébreu. C'est l'avis par exemple d'Amos Oz, l'un des invités.

Plusieurs autres personnalités (littéraires ou politiques) sont conviées à s'exprimer sur le sujet car la polémique fait beaucoup de bruit en France. Mais l'affaire du Salon du livre est-elle si urgente que ça, au regard de l'Histoire Israël-Palestine, faite de sang et de larmes, pour un peuple comme pour l'autre ?

 

Dans un entretien paru dans Les Inrocks de cette semaine, Etgar Keret, autre écrivain invité, semble presque sourire de cette discussion qui lui paraît purement médiatique : "C'est vraiment un truc pour les pays qui vont bien. Ici, on a d'autres vrais problèmes que votre liste pour le Salon du livre : les infrastructures laissées l'abandon dans les municipalités arabes, ou la quasi-absence de représentants arabes au gouvernement". Il ajoute ensuite, entre provoc et lucidité : "on arrête pas de voir des journalistes français en ce moment. On parle de vous entre nous. Les écrivains sont un peu comme des putes : on est prêt à mettre une perruque et à faire les chiennes si le client veut. Et les journalistes français, on sait leur faire notre numéro d'écrivains israéliens".
Serions-nous à ce point incapable de nous départir de notre regard d'enfant gâté ? Peut-être bien.

 

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Chuck Klosterman autopsie la culture pop

Posté par Maxence le 12.11.07 à 12:34 | tags : société, naïve editions

Dans l'ensemble j'avais apprécié Je, la mort et le rock'n'roll : Une histoire vraie à 85% de Chuck Klosterman, un recueil d'articles écrits sur la route et évoquant la mort du point de vue des personnalités et des célébrités.
Klosterman ciblait principalement les rock-stars et c'était plutôt plaisant. D'autant qu'il s'agissait surtout d'un prétexte pour explorer les obsessions de l'auteur qui posait la question du poids d'une vie au regard des mythes vivants (et donc morts, vous suivez toujours ?) engendrés par la culture musicale populaire. Klosterman usait du style gonzo inventé par Hunter S. Thompson (Las Vegas Parano, La Grande Chasse aux Requins), pour un road movie existentiel sur fond de rock'n'roll. Voilà en gros ce qu'était Je, la mort et le rock'n'roll et ce n'était pas si mal. Naïvement, je prévoyais que le prochain serait encore mieux...

Autant dire que la déconvenue fut à la hauteur des espoirs que j'avais placés dans ce critique américain. Hélas, trois fois hélas, dès le titre racoleur, Sexe, drogues et pop-corn annonce la couleur. Télé réalité (The Real World), univers vidéoludique (dit simplement : "jeux vidéos". Où Klosterman fixe en particulier sur le phénomène des Sims), apologie de l'horreur rock FM Billy Joel (si si, vous lisez bien !), analyse de la vidéo porno de Pamela Anderson, re-apologie de Guns N' Roses cette fois (comme si avec Billy Joel, la coupe n'était pas déjà assez pleine...), base-ball, football, voilà les sujets abordés par les chroniqueurs américains dans ce qui n'est finalement qu'une compilation d'articles. Même si certains papiers valent le coup (le chapitre sur les Sims est tout bonnement hilarant), la plupart des tirades de l'auteur agacent au plus haut point. On sent bien à quel point Chuck Klosterman adorerait vraiment être méchant, mais qu'il est bien trop américain pour cela.

Finalement, hormis une prétention sans borne et un ton qui laisse penser que beaucoup de gens dans le monde "devrait" s'intéresser d'avantage à ce que Chuck Klosterman pense des enfants, des animaux, des groupes que les autres aiment et pas lui, du football français, et en fait, de tout ce qui ne touche pas son petit univers de music geek prostré dans le posture classique du déni anal et régressif, "moi, ma petite collec' de disque, ma TV, mon PC", le principal défaut de l'Américain est sa manière de jouer les esthètes et les critiques indulgents envers l'inculture des autres. Une pose difficile à assumer quand sa culture se borne à Star Wars, Sauvés par le gong, Happy Days, les céréals Cocoa Puffs, et côté musique (puisque tel est son métier après tout)  Nirvana, Radiohead, les Monkeys, Elvis Costello, pour les plus pointu, quand ce n'est pas Axl Rose, Kiss, Eagles, Duran Duran, Eurythmics, Molly Hatchett (argh !) ou U2.

 

Au final, Klosterman possède un sens de l'humour tellement surévalué, et surtout des goûts tellement douteux, qu'on croirait lire une version sérieuse des encadrés musicaux ironiques de Bret Easton Ellis dans American Psycho. Comme le dit la citation de la quatrième de couv' : "Lire Sexe, drogues et pop corn c'est comme regarder la TV avec la télécommande d'un autre". Or, il n'y a rien de plus énervant au monde !
A lire si vous aimez la culture populaire, et uniquement populaire, servie réchauffée par un binoclard prétentieux, sûr de vous être supérieur juste parce que sa discothèque compte plus de 50 CD, et qui déclare sans sourire que Appetite for Destruction de Guns N' Roses est "peut-être le 1er album le plus fort de l'histoire du rock" !

Sexe, drogues et pop-corn,
Chuck Klosterman
Editions Naïves


Indigènes d'hier et d'aujourd'hui

Posté par Easywriter le 25.09.06 à 13:08 | tags : société

En même temps qu' Indigènes , le film de Rachid Bouchareb,  sort également le livre complémentaire "Noirs blanc beurs libérateurs de la France" (toutes les illus de cette notule en sont tirées)qui retrace notamment l'épopée de De Gaulle en Afrique du Nord et subsaharienne pour recruter des résistants. Le refoulé colonial refait doncune énième fois surface et même Chirac fait semblant de découvrir le problème des anciens combattants étrangers dont les pensions ont été gelées en 1959.
C'est dans ces années-là et suivantes qu'une autre génération d'Indigènes, issue des mêmes colonies du Mahgreb et d'Afrique subsaharienne viendra grossir les effectifs de l'industrie française du bâtiment. Dans les années 1970, le groupe Bouygues a employé jusqu'à 88% d'immigrés sur ses chantiers. Francis Bouygues expliquait qu'ils n'étaient pas chers, peu qualifiés et n'hésitant pas à travailler douze à seize heures par jour pour pouvoir retourner rapidement au pays. ( voir quelques uns de ces propos sur le site de l'INA).
Le plus gros des maçons ne faisait rien d'autre que résumer la philosophie tacite du pays : lier cette immigration exclusivement au travail et donc à un accueil de type provisoire. Mais les foyers créés dans les années 195O, pour parquer la chair à truelle et effectuer plus aisément  le contrôle social, sont devenus des résidences permanentes et la plupart de ces ouvriers ne sont jamais repartis,  sans jamais être intégrés dans les structures ordinaires de la vie sociale.
C'est seulement aujourd'hui qu'on commence à mesurer les effets de cette nonchalance sur fond de retour du refoulé colonial : arrivés à l'âge de la retraite, isolés et avec peu de ressources, ces immigrés vont connaître un vieillissement plus dur que les nationaux (vous me direz c'est cohérent) : années de travail non déclaré, et périodes difficiles de chomage  pour une main d'oeuvre vieillissante et usée, difficulté à constituer un dossier de retraite, absence de mutuelle complémentaire....
Unique source de revenus pour leur famille restée au pays, ces immigrés ont eux-même du mal à imaginer « leur inactivité nouvelle »et encore plus de mal à financer leur entrée dans une maison de retraite, et plus généralement leur dépendance croissante au fil du temps. Les chercheurs en sciences sociales ne se sont intéressé au vieillissement de ces populations qu'à partir de la fin des années 1970. L'Etat français ne s'en préoccupe pas vraiment pour l'instant. Qui pour faire un film sur un Algérien de 70 ans qui meurt seul dans un foyer Sonacotra de la banlieue parisienne ?
Noirs, blancs, beurs, libérateurs de la France par Charles Oana. Editions Duboiris.
NB : Un excellent numéro de Retraite et société, le vieillissement des immigrés (N44 janvier 2005) qui détaille avec précision la situation des isolés aujourd'hui.


Le travail est intenable

Posté par Easywriter le 26.07.06 à 10:32 | tags : news, société

A force de répondre aux incessantes demandes patronales de souplesse et de flexibilité, les salariés se sont bousillés le dos.  Car ,dans sa version contemporaine, l'exploitation a su conserver quelques règles utiles : travail répétitif - que vous enchainiez le calibrage de boulons ou la rédaction de "posts" - cadence élevée, efforts physiques... Outre les habituels troubles musculo-squelettiques, stress et démotivation sont les conséquences ordinaires de ces pratiques.
Tout cela on le savait déjà, mais l'équipe de syndicalistes et de chercheurs qui s'est penchée pendant 18 mois sur la massive intensification du travail, explique aussi que le discours de responsabilisation et  d'autonomisation des salariés est un leurre : en France, les réorganisations - toutes "verticalisantes"- se succèdent sans grande cohérence et fixent les salariés à leur poste. Leur intelligence étant rarement invitée à la noce, ces derniers culpabilisent et finissent par avoir honte de ce qu'ils produisent.
"Or les syndicalistes, focalisés sur le maintien de l'emploi, ont longtemps sous-estimé ces problèmes, a expliqué à l'AFP le sociologue Bernard Dugué: le défi est de renouer le lien avec les salariés pour agir, avec eux et en amont, sur les projets d'organisation du travail. Sauront-ils faire leur mue ?"
"Le travail intenable, Résister collectivement à l'intensification du travail", ouvrage collectif sous la direction de Laurence Théry. Editions La Découverte.

La Ludd finale

Posté par Easywriter le 28.06.06 à 16:24 | tags : société
 
Angleterre, début du 19 ème siècle : les débuts de l'industrialisation suscitent une réaction violente dans le monde ouvrier. Les luddites - qui tirent leur nom de Ludd , un destructeur de machines textiles du siècle précédent - brisent les nouveaux outils.
Souvent associé à une révolte anachronique, le luddisme fut un mouvement complexe qui prit des visages différents selon les régions et le contexte social  où il s'est développé.
Bon vous l'aurez compris, on n'a pour l'instant pas digéré -ni même fini - l'excellent livre Les Luddites, publiées par les éditions Ere. On regarde parfois avec circonspection dans ces colonnes -jugez plutôt des lointaines crapules que nous sommes - la multiplication des petites maisons d'édition. Les editions E®e publient de passionnants ouvrages qui ne verraient probablement jamais le jour sans elles.
Déjà éditeur de la cultissime "controverse pieds/mains", elles publient donc Les luddites, bris de machines, économie politique et histoire, encore un ouvrage érudit qui ouvre des pistes de réflexion inouïes.
On y revient abondamment cet été à moins que d'ici là, on décide de balancer notre ordinateur par la fenêtre et de foutre le feu à notre borne Wi-fi.
Les luddites, bris de machines, économie politique et histoire
de Vincent Bourdeau, François Jarrige et Julien Vincent. Les editions E®e

La Divine Mimesis

Posté par Myosotis le 19.06.06 à 10:23 | tags : essai, société, arts visuels

Après une discussion un peu idiote avec un ami sur le conformisme, j'ai relu l'autre jour la Divine Mimesis de Pier Paolo Pasolini.  Petit livre inachevé constitué de notes pour des chants/poèmes sur le modèle de Dante, la Divine Mimesis n'en reste pas moins un ouvrage précieux, qui véritable "matière en fusion" selon son auteur, est plus percutant qu'il n'est long.
L'idée de Pasolini sur la Divine Mimesis est, tout en "copiant" Dante (les extraits ne portent que sur quelques chants et principalement sur l'Enfer) de proposer une transposition de l'Enfer médiéval, avec ses vieilles peines, en un Enfer néocapitaliste, avec ses peines modernes et ultramatérielles. En même pas 100 pages, PPP donne une vision encore une fois présciente de ce qui nous a attendu quelques trente années après sa mort .
Sur le conformisme, justement, ce qui me ramène au début, voilà ce qu'il dit (on connâit dans Salo sa lecture du phénomène).

"Dans cette zone - me dit mon guide, honteusement, comme toujours, par crainte de tomber dans les vulgaires données de fait - ce qui entravait en lui la Langue de la Haine et la lui émiettait dans la gorge -, tu ne verras pas de peine au sens figuré spectaculaire ou symbolique... Les conformistes petits-bourgeois ont commis des pêchés bien plus atroces que celui d'être conformiste.... Le conformisme fut simplement la base nécessaire de leurs péchés, la prémisse indispensable. Par conformisme, ils furent... par exemple.... des catholiques pratiquants.... des bien-pensants tout entiers dévoués au travail et à la famille... qui finirent par se faire faire des housses de fauteuil avec la peau de leurs victimes...." (...)
"Ceux qui sont condamnés ici, sous ces écriteaux, expliqua-t-il, ne furent pas des petits-bourgeois, si ce n'est par naissance, par définition sociale, etc. En réalité, ils avaient, comme on dit, les instruments nécessaires pour connaître leur "péché" : ils surent comment ne pas être conformistes et ils le furent. (...) Dans ce lieu, ajouta laconiquement le Guide - la seule peine est d'y être."

Il y a toujours chez Pasolini ce regard glaçant sur notre société et sur notre vie même qui me fait l'effet d'avoir un couteau assorti d'une microcaméra (au bout de la lame) planté entre les omoplates.

 

 


François De Closets : poujadisme, démagogie et plus encore

Posté par Myosotis le 12.06.06 à 10:44 | tags : média, société

Ce sont De Closets et Fayard qui remportent haut la main le prix du livre le plus creux et le plus engagé du moment. Avec Plus Encore, François de C met le doigt sur ce qui fâche dans notre beau pays (faisandé) : des patrons qui sont trop payés (les enculés de leur mère), roulent dans des grosses voitures et vivent dans de grandes maisons, alors que leur productivité n'est pas extraordinaire; aux fonctionnaires qui se planquent dans leurs bureaux moisis en attendant  de rentrer chez eux en plein après-midi pour se branler la nouille pendant leurs RTT, De Closets est un mec qui a le nez fin et qui connaît la France.
Dans la série raffarinesque des livres (de gauche et de droite) qui nous disent qu'il faut nous remettre au travail pour conserver notre standing, De Closets fait quelque chose de plus toc et nauséabond. Son livre ressemble à un mélange de Sans Aucun Doute pour la recherche du spectaculaire (ah, ses exemples subtilement choisis) et de Combien Ca Coûte pour le côté vaguement populolibéral. Au final, il faut lire ce livre pour sentir la seule chose qui est présente ici : on y sent le vent dans le cerveau qui pense. On y sent le vent qui souffle et essaie désespérément de rabattre une idée neuve. Le vent qui souffle dans le cerveau et donne l'ordre à la main de penser. Le vent qui souffle et ne suffit pas à rafraîchir la puanteur expulsée par les neurones embourgeoisés du journaliste qui n'a pas mis le nez sur le terrain depuis des années. Misère du journalisme, encore.


Une campagne pour la transparence administrative

Posté par Easywriter le 26.04.06 à 16:03 | tags : média, news, société

Bonne nouvelle : depuis quelques semaines, un nombre croissant de citoyens s'attaque à la vieille tradition française d'opacité étatique. Sous le parrainage de Paul Moreira et Luc Hermann qui dirigent la cellule enquête de Canal Plus,  la campagne Liberté d'informer, activement coordonnée par le journaliste Augustin Scalbert et des étudiants de Sciences-Po Paris, propose d'offrir un mécanisme de contre-pouvoir citoyen à cette culture du secret.
En clair : proposer au Parlement un texte de loi qui faciliterait réellement l'accès aux documents administratifs.  Cette démarche est inspirée de la Freedom of information act adoptée en 1966 aux USA et plus récemment en Angleterre. La loi  de 1978 ,toujours en vigueur dans notre pays, est de son côté soumise à une telle débauche d'exceptions qu'elle s'apparente à une coquille vide. La plupart des documents intéressants - rapports d'enquête judiciaire ou documents de travail ayant servi au processus décisionnel - sont classés "confidentiels".
Outre qu'elle empêche les journalistes d'exercer correctement leur métier, cette situation handicape sérieusement  le travail des chercheurs qui ne peuvent consulter les archives les plus sensibles de notre histoire ( la plupart d'entre elle est tenue secrète pendant 120 ans). " La France est dans le peloton de queue des démocraties modernes" résument les auteurs de cet appel déjà signé par plusieurs milliers de personnes. Et par nous même dès qu'on a fini cette brève.
Le site de Liberté d'informer
A noter que le site héberge également une pétition de soutien en faveur de Denis Robert, actuellement poursuivi par Clearstream devant la justice luxembourgeoise.
Maj : dans le mag société, entretien avec Paul Moreira et Luc Hermann + article liberté d'informer

David Garcia : Le pays où Bouygues est roi

Posté par Easywriter le 25.04.06 à 14:34 | tags : média, extrait, société
"Loin des critiques abstraites sur le capitalisme et la mondialisation, l'aventure de Bouygues au Turkmenistan a pour ambition de révéler en quoi consiste concrètemenr le travail d'une multinationale dans un pays antidémocratique. On verra que ce travail n'est à l'honneur de personne. Mais on verra aussi que l'honneur n'a rien à faire là-dedans. Les actions de Bouygues au Tukmenistan ne sont pas immorales : elles sont dénuées de toute considération morale. On veut mettre en place une télévision de propagande digne de 1984? Bouygues mobilise sa filiale TF1, ses présentateurs, ses grands reporters et ses techniciens, au service de Big Brother."

Quitte à se payer une tranche de TF1, autant y aller franco. Après la soupe Pernaut, voici l'indigeste aventure de la chaîne des maçons au Turkmenistan. Le journaliste David Garcia a enquêté sur la manière de travailler de Bouygues dans cette dictature d'Asie Centrale inconnue du grand public. Pour obtenir des contrats, le géant du béton met sa chaîne au service de Sparmourad Niazov et remonte sa vitre électrique quand une femme d'opposant enfermé lui crie son désespoir. Promis, on reparlera de tout cela très vite.
Mise à Jour du 02/10 : l'entretien avec David Garcia dans le dossier Turkmenistan

Le pays  où Bouygues est roi (Editions Danger Public)

Génération "crevards"

Posté par Easywriter le 19.04.06 à 09:58 | tags : news, société
Avec la fight anti-CPE on en aurait presque oublié nos amis stagiaires qui avaient débrayé en septembre dernier.
Les abonnés de la photocopieuse et du panini à tous les repas s'étaient mobilisés à la suite d'un appel à la grève lancé par Cathy ( 32 ans au compteur tout de même) sur le net. Munis de masques blancs pour ne pas se griller et symboliser l'anonymat dans lequel les entreprises les tiennent, ils avaient manifesté à Paris, rappelant à leurs aînés une  vérité crue : en France 800 000 personnes travaillent pour rien ou presque, prennent parfois des responsabilités, ne suivent aucune formation et sont corvéables à merci.
Le Collectif "Générations précaires" publie des témoignages ahurissants aux éditions de la Découverte. L'éditeur ne précise pas si c'est un stagiaire qui a fait la mise en page.

Sois stage et tais toi! Editions de la Découverte.

Ronald Wright : La fin du progrès

Posté par Easywriter le 17.04.06 à 14:34 | tags : société, naïve editions, extrait
"Depuis le début des années 90, la population mondiale s'est multipliée par quatre, et son économie (mesure brute du fardeau que l'homme impose à la nature) par plus de quarante. Nous avons atteint un stade où il nous faut soumettre l'expérience à un contrôle rationnel et nous prémunir contre les dangers actuels et potentiels. Il n'en tient qu'à nous. Si nous échouons - si la biosphère ne peut plus assumer notre subsistance parce que nous l'avons dégradée ou pulvérisée - la nature haussera simplement les épaules en concluant que laisser des singes diriger un laboratoire était amusant pour un moment, mais que, en fin de compte, c'était une mauvaise idée ".


Partant du principe que la plupart des civilisations ont bati leur propre perte, le Canadien Ronald Wright met à jour une logique du progrès qui part du développement d'une société hiérarchisée et va au pilage intensif des ressources naturelles après avoir mis en oeuvre une minorité qui surconsomme au détriment de tous les autres. Erudit et simplement écrit, la fin du progrès est un nouvel exemple de ce que les penseurs nord-américains sont capables de faire. On en reparle dans le mag dès qu'on a trouvé un truc intelligent à ajouter.

La fin du progrès
, Ronald Wright. Naïve Editions.


Psychasoc : un site à découvrir

Posté par Myosotis le 17.04.06 à 10:00 | tags : web, société


Je ne me souviens plus comment j'ai découvert le site de l'Institut Européen "Psychanalyse et Travail Social" mais j'y suis

toujours revenu faire un tour avec beaucoup de plaisir.

Animé par un psychanalyste, Joseph Rouzel, et alimenté régulièrement de chroniques de spécialistes et professionnels, le site est aussi riche pour ses contributions théoriques que pour ses récits "incarnés" du monde de l'éducation, de la psychanalyse et du travail social.  Ceux qui ont des dissertations à faire pourront y glaner également quelques trucs intéressants, mais c'est surtout les curieux d'analyse pluridisciplinaire que ce lien ravira. Articles sur "violence et prostitution", ou "la fonction paternelle", les "méthodes éducatives", il y en a pour tous les goûts et du plutôt très bon.

Ceux qui pensent que les assistantes sociales ont toutes 55 ans, des pantalons en velours, des pulls en pilou et des cheveux noirs et blancs en seront aussi pour leur frais. "Le social, ça bouge!"


Rapport secret du Pentagone sur le changement climatique

Posté par Easywriter le 30.03.06 à 14:34 | tags : société, extrait, essai

- " 2012 : la sécheresse et le froid poussent les populations scandinaves vers le sud, l'Union Européenne tente de juguler cet afflux de population. / 2015 : des conflits à l'intérieur de l'Union pour les questions d'approvisionnement en nourriture et en eau entraînent des échauffourées et des tensions diplomatiques. / 2018 : migration des populations du nord, venant par exemple des Pays-Bas et d'Allemagne, vers l'Espagne et l'Italie. /.../ 2020 : les escarmouches se multiplient au sujet de l'eau et de l'immigration. / 2025 : l'Union est proche de la désintégration."


Ce n'est pas le non au referendum qui nous a amené là mais le bouleversement climatique qui arrive à grands pas. Les cauchemars cafardeux des auteurs du Rapport secret du Pentagone sur le changement climatique sont dans le mag.

Rapport secret du Pentagone sur le changement climatique (Allia)
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