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Moeurs, environnement, économie, vie urbaine...le monde dans lequel on vit, décrit, analysé, conspué...
Entretien : Jean-Yves Cendrey raconte deux facettes de Berlin![]() Au début des années 90, Jean-Yves Cendrey s'installe à Berlin : il n'en découvre alors qu'une atmosphère brutale et les habitants résignés. Aujourd'hui, bien que la capitale allemande soit redevenue "aimable" à ses yeux, l'écrivain s'avoue tout de même "inquiet" des commémorations qui se préparent pour les 20 ans de la chute du mur. Entretien.
On le sait depuis… Principes du cochon, son premier livre. Jean-Yves Cendrey hait les concessions. Le dérèglement des hommes, les dérives du système, la médiocrité contagieuse des petit bourgeois. Tout ça le met hors de lui. Alors, il l'écrit. On pense souvent à deux de ses livres qui ont frappé très fort – là où ça fait mal : Les Jouets Vivants et Corps enseignant. Mais il y a aussi, en 1994, Oublier Berlin, témoignage d’une Allemagne brutale et résignée, où « les vieux démons se sont fait des têtes de skinhead ».(...) Lire l'entretien : Berlin selon Jean-Yves Cendrey
Voir aussi : Garcia Marquez accusé de faire l'apologie de la prostitution infantile Les deux affaires se suivent, ne se ressemblent pas tout à fait, mais un peu quand même. Une semaine après le retour de l'affaire Polanski, l'écrivain nobélisé Gabriel Garcia Marquez se voit aujourd'hui accusé par une ONG de faire l'apologie de la prostitution infantile, à travers l'adaptation à l'écran en cours de son roman Mémoires de mes putes tristes.
Dans le roman, il est notamment question d'un vieil homme de 90 ans qui décide de s'offrir une vierge de 14 ans pour son anniversaire. En cédant les droits de cette histoire pour une adaptation mexicaine, l'écrivain se rendrait coupable « d'un délit d'apologie d'un délit ». Selon Terez Ulloa, directrice de la Coalition régionale contre le Trafic de Femmes et de Fillettes en Amérique latine et aux Caraïbes, le film « banalise le phénomène et place en situation de risque tous les enfants, filles ou garçons pauvres de notre Amérique latine et des Caraïbes », et c'est pourquoi il faut « empêcher le tournage », initialement prévu entre octobre et novembre. Outre Garcia Marquez, la plainte concerne également les entreprises mexicaines Femsa et Televisa, qui co-produisent le film, ainsi que Mario Marin, gouverneur de l'état mexicain de Puebla, où doit se dérouler le tournage. En 2005, ce dernier avait été accusé d'avoir fait arrêter illégalement la journaliste Lydia Cacho, auteur d'un livre sur un réseau de prostitution infantile, avant d'être blanchi par une décision de la Cour Suprême mexicaine. Une enquête révèle qu'un français sur trois rêve d'écrire
Mais qui sont tous ces écrivains potentiels ? Eh bien, ils peuvent être n'importe qui. Le Figaro souligne que toutes les catégories de personnes sont touchées par le phénomène, sans aucune discrimination liées au sexe, à l'âge, au métier exercé ou au niveau social. Seule tendance notable : les 50-59 ans sont plus représentés que la génération des 18-24 ans. Et de quoi parlent-ils ? D'eux, surtout. Neuf textes sur dix relèvent du récit autobiographique. Interrogés sur leurs motivations, 41% des sondés choisissent les options "Pour entretenir la mémoire/l'histoire de ma famille", et "l'envie de raconter mon histoire, mon expérience". 15% voient également dans l'écriture une forme de thérapie. Ecrire, oui. Lire, moins. Mais si beaucoup de Français sont séduits par l'écriture, ils le sont toujours moins pour la lecture. Parmi les personnes interrogées, une sur cinq n'a lu aucun livre ces douze derniers mois, un tiers a lu entre un et cinq livres dans l'année, et 28% lisent plus de dix livres par an. Des chiffres qui ne tiennent pas compte, cependant, du genre des ouvrages lus. Se faire éditer à tout prix. A défaut de lire, les auteurs de manuscrits veulent être lus. Ils sont nombreux à se tourner vers l'auto-édition, recours qui les oblige parfois à payer pour être publié. Aux Etats-Unis, les livres imprimés à la demande sur Internet connaissent un franc succès. Les Français semblent aujourd'hui suivre ce chemin, au risque de tomber sur de prétendus « Net éditeurs » qui ressemblent davantage à des imprimeurs, et dont les tarifs sont bien souvient injustifiés... Harry Potter et Don Quichotte à Guantánamo![]() Lors d'un reportage à la prison de Guantánamo, un journaliste du quotidien panarabe Al-Hayat a interrogé le bibliothécaire sur les ouvrages les plus empruntés par les 229 détenus qui se trouvent derrière les murs du centre de détention. Parmi les 13 500 livres que contient la bibliothèque, la série des Harry Potter connaît le plus de succès, suivie de Don Quichotte de Miguel de Cervantes, et de l'essai de Barack Obama, Dreams from my father (Les rêves de mon père en français). Au top 3 donc : un best-seller, un grand classique, et un ouvrage politique. Si le succès d'Harry Potter et de Barack Obama, deux superstars dans leur domaine, n'étonne guère, la présence sur ce podium du roman culte (et joli pavé) de l'espagnol Cervantes était moins prévisible. Sur les rayons de la bibliothèque du camp militaire, des ouvrages en arabe côtoient des publications en langues asiatiques et européennes. Déjà en 2007, un avocat des prisonniers racontait une conversation qu'il avait eue avec un de ses clients, lecteur d'Harry Potter. Celui-ci voyait des ressemblances entre Lord Voldemort (le grand méchant de chez J.K. Rowling) et George Bush, entre la forteresse d'Azkaban où sont enfermés les sorciers criminels, et le centre de Guantánamo.
Voir aussi : le diaporama des écrivains en danger En images : les auteurs les plus menacés du monde, de Saviano à SoyinkaA moins de trente ans, il a témoigné devant des journalistes du monde entier. Vendu des millions et des millions d'exemplaires de son livre, Gomorra. Dans une tribune publiée dans le Times, Roberto Saviano avoue pourtant ne pas pouvoir s'en satisfaire. Recherché depuis trois ans par la mafia napolitaine, il souffre. De la peur, de la solitude, du regret.
Une situation d'exil qui rappelle que, dans d'autres pays et d'autres contextes, nombreux sont les écrivains qui ont risqué - parfois donné - leur vie pour défendre leurs idée. En lutte contre la dictature, l'injustice, l'obscurantisme, l'oppresion et la censure en tout genre, ils ont tous brandi leur plume au nom de la liberté, au point d'être assassinés, emprisonnés, chassés. Retour en images sur quelques-unes de ces grandes figures résistantes, avec notre diaporama des écrivains en danger. Mort de Thierry Jonquet, pilier du polar social Digne héritier de Manchette et de Giovanni, il était l'un des auteurs phares du polar français. Thierry Jonquet est mort dimanche à Paris, à l'âge de 55 ans, ont annoncé aujourd'hui les éditions du Seuil.Engagé - même s'il détestait ce mot - généreux, prolifique, l'écrivain avait signé une vingtaine de romans, variant le plus souvent ses thèmes d'un livre à l'autre, mais imprimant à chacun la même noirceur : « Des intrigues où la haine, le désespoir se taillent la part du lion et n'en finissent plus de broyer de pauvres personnages auxquels je n'accorde aucune chance de salut », écrivait-il dans Rouge, c'est la vie (1998). Son expérience de travail dans le milieu hospitalier, notamment en gériatrie et dans un établissement psychiatrique, auront sans doute orienté son écriture vers les motifs sans issue que sont la mort, la folie.
Sur Fluctuat : lire un entretien avec Thierry Jonquet réalisé en 1999. Photos © BALTEL/SIPA Tender Morsels : jusqu’où peut aller la littérature jeunesse ?
Tender Morsels est sorti ce mois-ci aux éditions Random House, et des parents se sont aussitôt indignés qu'un tel récit soit publié dans une collection qui s'adresse à la jeunesse, sans que la couverture n'informe sur la violence du contenu. Les éditeurs ont en effet opté pour un avertissement à l'intérieur de l'ouvrage. Tender Morsels est en outre publié dans deux collections : la première, destinée aux adolescents, la seconde, pour les adultes. Un même texte pour deux publics ; seule l'image de couverture change. Selon l'écrivain Philip Pullman, auteur de la trilogie A la croisée des mondes, nul besoin de prévenir le lecteur, la première page d'un livre suffit à donner une idée de son contenu. Il va même plus loin et explique que pour lui, « il ne devrait pas y avoir de thématiques interdites à la littérature jeunesse. Les enfants font face à des réalités bien plus fortes : le divorce, le trafic de drogue, la sexualité. » Quel adolescent en mal de sensations n'a pas d'ailleurs pioché, un jour, parmi les oeuvres les plus transgressives de la littérature ? (celles, notamment, qui sont présentées dans notre diaporama des livres les plus trash.) Persepolis 2.0 : une nouvelle version de la bd dénonce le régime iranien![]() « 2.000 personnes ont été arrêtées et sont actuellement en détention » en Iran, a déclaré Karim Lahidji, président de la Ligue iranienne de défense des droits de l'Homme, à l'AFP. Comment en est-on arrivé là ? Une version réactualisée de Persepolis, la célèbre bd de Marjane Satrapi, entreprend de retracer très clairement les événements qui agitent le pays depuis la réélection supposée truquée d'Ahmadinejad.
Nous ne sommes plus en 1979 mais trente ans plus tard, en juin 2009. Ce n'est plus de la chute du Chah qu'il s'agit, mais de la réélection d'Ahmadinejad contre Moussavi. La résistance s'organise désormais sur Twitter. Les images restent mais le texte change. L'histoire est-elle destinée à se répéter inlassablement, les opposants à se taire ? C'est ce que semble dire ce Persepolis 2.0, édité par Payman & Sina, et qui invite tous leurs lecteurs à diffuser leur bd.
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Des ados lisent des livres contre... une canette de Coca De quoi un adolescent est-il capable pour obtenir gratuitement une canette de Coca ? D'aller très loin, paraît-il, et même : de lire des livres...C'est ce que croit, en tout cas, l'équipe pédagogique d'un établissement de Wellington, Nouvelle-Zélande, qui a décidé de mettre en place un nouveau système pour inciter ses jeunes élèves à la lecture. Le barème est le suivant : pour deux livres lus, l'ado se voit offrir une canette de coca. Pour cinq livres lus : un bon de transport. 10 livres valent une place de ciné, et enfin, jackpot : un bon pour un téléphone mobile récompensera le petit champion qui saura prouver qu'il a lu 10 livres. Selon le lycée Rongotai, le nombre de livres empruntés à la bibliothèque aurait doublé depuis le lancement de cet étrange concept. Un carnet de notes de lectures et les témoignages des parents doivent ensuite attester de la lecture effective des ouvrages empruntés... Autant le programme qui proposait à des prisonniers de s'engager à lire des livres contre remise en liberté apparaissait comme une belle initiative, autant celui-ci laisse plus perplexe. « Je suis la première personne à reconnaître que c'est du soudoiement, avoue Kit Norman, en charge du programme, mais les résultats parlent d'eux-mêmes ». Certains d'entre nous se souviennent s'être forcés à lire du Stendhal ou un Maupassant dans le cadre d'un exercice scolaire. Forcé. Pour avoir une bonne note. Et déjà que la moitié des mots nous filaient entre les doigts. Alors vous pensez bien, pour une canette de Coca... Lire aussi : Une étude révèle les inégalités des franciliens face à l'accès au livre![]() Est-il plus difficile de trouver en librairie le dernier Marc Levy en Seine-Saint-Denis qu'en Seine-et-Marne ou à Paris ? Une étude publiée hier par le MOTif - l'observatoire du livre et de l'écrit en Ile-de-France - qui révèle de nombreuses inégalités face à l'accès aux livres, tend à montrer que oui. Exemple : à Paris, on compte au total 739 points de vente et 1 librairie pour environ 4000 habitants. Dans le 93 : 64 points de vente, soit 1 librairie pour environ 46 000 habitants... Des chiffres qui n'ont rien d'étonnants : les entrepreneurs fuient évidemment les espaces les plus éloignés de Paris, défavorisés ou ruraux. A Sevran (93), à Cergy (95), ou sur tout un axe de Sarcelles à La Courneuve, on ne trouve tout simplement aucune librairie. La raison ? « C'est là où le revenu moyen est le plus bas d'Ile-de-France », explique Vincent Monadé, le directeur du MOTif. Comment procéder alors pour réintroduire la librairie dans les secteurs les plus délaissés ? A Aubervilliers en 2005, la mairie a pris une initiative originale, en rachetant la librairie-papeterie de propriétaires qui partaient à la retraite, et en la confiant à un libraire afin « d'éviter que cet emplacement ne se transforme en kebab », précise le maire PS Jacques Salvator (!). Si la remarque n'est pas forcément du meilleur goût, toutes les pistes sont aujourd'hui bonnes à explorer pour relancer le commerce du livre là où il n'y en a plus... L'étude complète du MOTif sera intégralement publié sur son site cette semaine. Lire aussi : Tout le monde veut Debord à son bord Afin d'aider l'Etat à réunir les fonds nécessaires pour acquérir et conserver les archives de Guy Debord, le président de la BNF Bruno Racine a organisé, lundi dernier, un dîner de gala auquel il a convié de potentiels donateurs : 500 euros par couvert, et plus si affinités...Tout a commencé en janvier dernier, au moment où Christine Albanel déclare "trésor national" les archives de Debord. Le fonds précieux, qui regroupe tous les manuscrits de l'écrivain, dont celui de La Société du spectacle, devait rejoindre le centre de recherche sur l'avant-garde de l'Université de Yale. Pas moyen. La France veut garder ses agitateurs aussi. Mais pour cela, il faut payer. Plusieurs centaines de milliers d'euros, et dans moins de trente mois, sans quoi les archives fileraient direct à l'autre bout du monde. D'où l'idée de faire appel à des mécènes. La veille du dîner, Alain Beuve-Méry cite dans un article du Monde d'éventuels participants : Total, Veolia ou Roeder ont réservé des tables, tout comme Sotheby's, les galeries d'art Ropac ou Templon. De nombreux autres donateurs habitués de la BNF devraient également être de la partie : Nahed Ojjeh, la veuve du marchand d'armes Akram Ojjeh, Pierre Bergé, cofondateur de la maison de couture Yves Saint Laurent, Pierre Leroy, collectionneur et cogérant du groupe Lagardère. Alors, tous ces gens-là seraient des admirateurs de Debord ? Alain Beuve-Méry glisse une remarque qui pourraient expliquer l'intérêt de certains des convives : « pour les entreprises qui font des bénéfices, l'opération est intéressante, car les dons sont fiscalement déductibles à hauteur de 90 % ; pour les particuliers, le seuil est fixé à 60 %. » Le très radical site du Jura Libertaire s'insurge et dénonce « une extravagante récupération étatique », reprenant les termes employés par l'écrivain lui-même au sujet de l'usage, en 1986, d'une photo de Lautréamont sur les billets de loterie nationale. Debord espérait alors voir les « invités du Comte de Lautréamont » venir troubler « les grandes satisfactions » des responsables de l'opération, faisant référence au saccage organisée par les surréalistes dans une boîte de nuit ouverte en 1930, et trop hâtivement appelée le Maldoror. "Nous sommes les invités du comte de Lautréamont" avait clamé la bande à Breton en faisant littéralement péter le champagne et fuir les invités en tenue de soirée. Pour l'auteur de l'article, les similitudes sont évidentes entre le souper mondain du Maldoror et le dîner organisé par Bruno Racine, qui « réunira autour de la princesse Alice Debord au pays des merveilles spectaculaires et marchandes, quelques marchands de canons, quelques trafiquants d'art (à moins que ce ne soit le contraire), et la représentante d'un gouvernement dont le chef a pour programme explicite la liquidation de mai 68 ». Les "invités de Debord" sont-ils alors, comme promis, venus troubler la tranquillité de cette petite société du spectacle ? MAJ : Libération propose un compte-rendu du dîner, qui selon le Jura libertaire aurait rapporté 180.000 euros, "soit moins du dixième de la somme que la France doit réunir dans les deux ans et demi qui viennent." La lecture ou la prison ? ou comment résoudre la délinquance par les livres Imaginez : des taulards remis en liberté, à la seule condition qu'ils acceptent... de lire des bouquins et d'en discuter ! Et ça marche... C'est une bien belle histoire vraie que nous raconte Philippe Boulet-Gercourt dans un article paru dans le dernier numéro du Nouvel Obs. Massachusetts, 1991. Un juge et son copain prof de littérature discutent. Le premier confie au second être frustré par le système judiciaire qui lui renvoie sans cesse les mêmes récidivistes. Le prof, Robert Waxler, propose alors d'essayer quelque chose avec les livres. Bientôt, huit cobayes à la peau dure (qui totalisent ensemble 142 condamnations) se voient réunir sur le campus de Dartmouth pour des sessions-lectures. Des sessions, qui, 18 ans plus tard, continuent à fonctionner.
Le principe du programme : « en acceptant de lire six livres en douze semaines, et d'en discuter, le prévenu échappe à la prison ferme ou sort de prison avant terme. » Mais attention, le juge Michael Leahy précise : « Certains, pour ne pas avoir lu un livre, ont été renvoyés en prison. » Ce programme n'est donc pas un programme pour rire. Les participants eux-mêmes ne déconnent pas. Ils se prennent des claques en lisant Steinbeck et Jack London. Le juge n'oubliera jamais Larry Bird, un héroïnomane pendant longtemps incarcéré, qui passa les dernières années de sa vie à dévorer un stock de livres achetés aux puces... Les résultats de ce programme aurait dû en faire un véritable modèle : deux fois moins de récidivistes parmi les participants, et plus économique que l'incarcération systématique. Mais alors, pourquoi seules quelques villes s'en sont inspiré ? Car bien sûr, Le « tout-répressif » est « tellement plus simple », rappelle le journaliste à la fin de son article. Finalement, pas tout à fait un conte de fées...
Source : Bibliobs
Voir aussi : Les 10 livres à planquer en cas de perquisition La biz-lit, de Zola à Bret Easton Ellis C'est sans doute la faute à cette crise qu'on a pu manger à toutes les sauces, mais beaucoup de lecteurs se sont récemment découvert un certain intérêt pour le monde des affaires. Du coup, les parutions autour de ce sujet ont proliféré ces derniers mois, rappelant à l'occasion que de nombreux livres de golden boys ont déjà fait date.Sophie Vouteau, des éditions Max Milo (qui ont récemment publié Le Loup de Wall Street de l'ex-trader Jordan Belfort), rappelle ainsi que « depuis toujours, l’argent, le sexe, la drogue fascinent les lecteurs ». En l’occurrence, ce sont là trois ingrédients que l’on retrouve généralement dans la biz-lit. Et qui attirent davantage, semble-t-il, la gente masculine : « la réussite, l’excentricité, les excès : il y a là quelque chose qui relève de la testostérone ». Mais pas seulement : plus accessibles qu’un cours d’éco, certains titres de biz-lit peuvent également être abordés comme des ouvrages de vulgarisation financière. Un tel nous raconte les ficelles de la bourse, un autre les coulisses de la pub, cet autre encore celles de la banque : et nous voilà prêt à investir ou à déjouer les pièges de méchants requins… Arnaqueurs géniaux, traders psychopathes ou repentis : voici un petit rappel des figures qui ont fondé une "biz-lit", de Zola à Bret Easton Ellis... Lire aussi : Les auteurs de science-fiction se prononcent contre la loi Hadopi
Intitulé « Qui contrôlera le futur ? » et publié sur le blog Génération Science-fiction, cet appel souligne le danger de la loi, qui, sous couvert de défendre les droits des artistes, « apparaît surtout comme un cheval de Troie employé pour tenter d'établir un contrôle d'Internet, constituant par là même une menace pour la liberté d'expression dans notre pays. » Ont déjà signé, entre autres : Pierre Bordage, Martin Winckler, Thomas Day, Pierre Pelot...
Interviewé par Ecrans, Wagner reconnaît que « les écrivains de science-fiction ne sont pas très portés sur l'action collective ». Ce qui l'a poussé, à la veille de la seconde lecture à l'Assemblée nationale, à enfin réagir contre Hadopi, c'est la découverte d'un certain "Paul Atréides" - nom du héros du roman Dune - dans la pétition de la Sacem en faveur de la loi. « J'ai alors ressenti une violente impression de récupération et d'instrumentalisation d'un personnage d'un roman de science-fiction au profit d'une "cause" très similaire à ce que nombre d'auteurs de SF ont fort souvent dénoncé. » D'ailleurs, la loi Hadopi pourrait constituer, selon l'écrivain, un excellent point de départ pour un scénario de science-fiction : "on pourrait écrire d’excellentes dystopies en extrapolant à peine ses conséquences sur notre société, comme par exemple la disparition de la notion la vie privée, ou du simple droit de prêter une œuvre pour la faire découvrir." Et ce n'est bien évidemment pas parce que l'on dénonce l'absurdité du dispositif Hadopi que l'on est pas attaché au droit d'auteur, rappelle aussi le texte des auteurs de SF. Roland Wagner, par exemple, promeut la mise en place d'une licence globale, permettant de diffuser librement la culture, sur le modèle des Creative Commons. MAJ : La loi Hadopi a été adoptée cette après-midi par l'Assemblée à 296 voix contre 233.
Suivez toute l'actu de la loi Hadopi sur le blog société de Fluctuat.
Photo : Roland C. Wagner, DR
Peter Weir n'adaptera pas le roman de William Gibson Le Top 5 des mots les plus recherchés aux Etats-Unis
Qui a dit que les américains n'avaient pas de vocabulaire? Si c'est le cas, nos amis de chez l'Oncle Sam se soignent et cherchent à maîtriser perfaitement les termes clés de l'actualité... Ainsi, le dictionnaire en ligne gratuit Merriam-Webster qui recense 125 millions de pages vues par mois et 10 consultations par seconde a rendu public son palmarès 2008 des mots les plus recherchés.
Top five des "mots que les Américains ont entendus et lus tous les jours en 2008 et dont ils ne sont pas sûrs de connaître l'exacte définition": Terriblement d'actualité, ce terme se réfère bien sûr au contexte économique - les Etats-Unis sont officiellement entrés en récession hier - et au plan de 700 milliards de dollars proposé par le secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson, destiné à sauver les banques de la faillite.
2: "(to) Vet" (vérifier) Ce verbe qui signifie également "apporter des soins vétérinaires" se réfère ici au processus de vérification auquels sont soumis les candidats aux plus hautes responsabilités exécutives avant que leur nomination ne soit soumise au vote du Sénat. L'équipe du président élu Barack Obama a procédé récemment à la vérification de l'irréprochabilité morale de son prochain attorney general (ministre de la justice), Eric Holder. Une telle transparence démocratique dans le processus de nomination paraît très exotique pour nous, Français. Notre régime monarcho-présidentiel ne prenant pas la peine de vérifier les diplômes de sa Garde des Sceaux ou si le directeur de cabinet de sa Ministre au Logement n'occupe pas abusivement un logement HLM...
3: "Socialism" (socialisme) Les américains se sont-ils passionnés pour la laborieuse désignation du Premier Secrétaire du Parti Socialiste français au congrès de Reims pour s'intéresser subitement à la définition de ce mot diabolisé depuis le maccarthysme? Of course not. Il semblerait qu'enfin, nos amis yankees cherchent à connaître la réelle définition de ce mot, utilisé à tort et à travers par les opposants au plan Paulson qui s'insurgeaient contre la nationalisation des banques menacées de faillite.
4: "Maverick" ( franc-tireur, éléctron libre) Voilà un mot rigolo, difficilement traduisible en français. Son origine est liée au baron Samuel A. Maverick, pionnier texan du XIXe siècle qui avait la particularité de ne pas marquer ses moutons. Ce mot a été utilisé pendant toute la campagne présidentielle américaine pour définir le candidat républicain malheureux John McCain. Celui-ci s'est en effet distingué des néo-conservateurs dominant le parti républicain pendant toute sa carrière par des positionnements "centristes" (pro-choix par exemple). Ce qui était alors son plus grand défaut est devenu son argument clé pour se désolidariser de la politique execrée du président sortant, George Bush.
5: "Bipartisan" (bi-partisan) Cet adjectif, en référence à la situation politique bipolaire des Etats-Unis, est utilisé pour désigner une commission ou un groupe de travail où Républicains et Démocrates sont équitablement répartis. C'était le cas de la commission chargée de valider le plan Paulson.
Dans un genre beaucoup plus léger, rappelons que le mot "cassoulet" a enregistré un pic d'interrogations sur Google et fait l'objet d'une création de fiche Wikipédia après que l'équipe du petit journal de Yann Barthès sur Canal+ ait brandi une pancarte "cassoulet" sur Times Square le soir de l'élection... > Photo: Henry Paulson, secrétaire au Trésor U.S. Son plan de sauvetage des banques a véritablement été au centre des préoccupations sémantiques des Américains en 2008.
Que lisent les fans d'Obama en pleine déprime post-électorale ? La déprime postélection est un mal dont on ne parle pas souvent. Pourtant, selon le Wall Street Journal, cette version politique du baby-blues touche depuis quelques semaines ceux qui, pendant la campagne électorale américaine, ont soutenu Barack Obama avec le plus de ferveur.Après son élection le 4 novembre, le victorieux démocrate a, semble-t-il, laisser un vide douloureux auprès de ses plus insatiables fans. Moins de vidéos, moins de discours, moins d'anecdotes : les accrocs ont dû se trouver des produits de substitution, parmi lesquels... des livres. Alors, que trouve-t-on sur le chevet des Obamaniaques ? D'abord, les livres que lit le nouveau président lui-même. Parfois qualifié de « nouvel Oprah », en référence à la très influente présentatrice Oprah Winfrey, Obama est devenu un gros prescripteur en matière de lecture. Le mois dernier, il n'avait eu qu'à mentionner deux ouvrages sur Franklin Roosevelt - The Defining Moment: F D R's Hundred Days and the Triumph of Hope de Jonathan Alter, et une biographie de Jean Edward Smith - pour que les éditeurs concernés espèrent voir grimper les ventes de ces deux titres. Ensuite, les livres qui parlent du nouveau président, qu'ils soient signés de sa main ou non. En France, l'effet Obama agit aussi sur l'édition, de façon certes plus atténuée que dans le premier pays concerné, mais remarquable quand même : la version en poche de son autobiographie, Les Rêves de Mon Père (Points), occupe la 5e place dans les meilleures ventes de livres de poche (classement Ipsos/Livres Hebdo). Son essai De la race en Amérique (tiré de son discours donné le 18 mars en réponse au pasteur Wright), paru chez Grasset, a quant à lui été tiré à 65 000 exemplaires et se trouve en 20e place des meilleures ventes d'essais. Il est suivi de près par Obama : Les secrets d'une victoire, paru chez Fayard (24e place). Selon l'éditrice Sophie de Closets, ce livre, signé Guillaume Debré, « ressemble à la saison sept de West Wing (A la Maison Blanche) », série pleine de rebondissements retraçant le quotidien d'un président démocrate. La déprime postélection, c'est par les livres qu'on la combat. (Source : Livres Hebdo du 28 novembre 2008) Polémique d'enfant gâté au salon du livre ?A quelques heures de l'ouverture du Salon du livre de Paris, le boycott organisé par les pays arabes et musulmans se poursuit. Au cœur du débat : Israël, invité d'honneur. Une façon de cautionner la politique d'occupation de cet Etat ? Selon l'AFP, la plupart des écrivains israéliens sont hostiles à la politique de leur pays, mais considèrent que le boycottage de l'événement revient à s'opposer à l'existence même de l'Etat hébreu. C'est l'avis par exemple d'Amos Oz, l'un des invités. Plusieurs autres personnalités (littéraires ou politiques) sont conviées à s'exprimer sur le sujet car la polémique fait beaucoup de bruit en France. Mais l'affaire du Salon du livre est-elle si urgente que ça, au regard de l'Histoire Israël-Palestine, faite de sang et de larmes, pour un peuple comme pour l'autre ?
Dans un entretien paru dans Les Inrocks de cette semaine, Etgar Keret, autre écrivain invité, semble presque sourire de cette discussion qui lui paraît purement médiatique : "C'est vraiment un truc pour les pays qui vont bien. Ici, on a d'autres vrais problèmes que votre liste pour le Salon du livre : les infrastructures laissées l'abandon dans les municipalités arabes, ou la quasi-absence de représentants arabes au gouvernement". Il ajoute ensuite, entre provoc et lucidité : "on arrête pas de voir des journalistes français en ce moment. On parle de vous entre nous. Les écrivains sont un peu comme des putes : on est prêt à mettre une perruque et à faire les chiennes si le client veut. Et les journalistes français, on sait leur faire notre numéro d'écrivains israéliens".
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Chuck Klosterman autopsie la culture pop
Au final, Klosterman possède un sens de l'humour tellement surévalué, et surtout des goûts tellement douteux, qu'on croirait lire une version sérieuse des encadrés musicaux ironiques de Bret Easton Ellis dans American Psycho. Comme le dit la citation de la quatrième de couv' : "Lire Sexe, drogues et pop corn c'est comme regarder la TV avec la télécommande d'un autre". Or, il n'y a rien de plus énervant au monde ! Indigènes d'hier et d'aujourd'huiPosté par Easywriter le 25.09.06 à 13:08 | tags : société
Le travail est intenable![]() Tout cela on le savait déjà, mais l'équipe de syndicalistes et de chercheurs qui s'est penchée pendant 18 mois sur la massive intensification du travail, explique aussi que le discours de responsabilisation et d'autonomisation des salariés est un leurre : en France, les réorganisations - toutes "verticalisantes"- se succèdent sans grande cohérence et fixent les salariés à leur poste. Leur intelligence étant rarement invitée à la noce, ces derniers culpabilisent et finissent par avoir honte de ce qu'ils produisent. "Or les syndicalistes, focalisés sur le maintien de l'emploi, ont longtemps sous-estimé ces problèmes, a expliqué à l'AFP le sociologue Bernard Dugué: le défi est de renouer le lien avec les salariés pour agir, avec eux et en amont, sur les projets d'organisation du travail. Sauront-ils faire leur mue ?" "Le travail intenable, Résister collectivement à l'intensification du travail", ouvrage collectif sous la direction de Laurence Théry. Editions La Découverte. La Ludd finalePosté par Easywriter le 28.06.06 à 16:24 | tags : société
![]() Souvent associé à une révolte anachronique, le luddisme fut un mouvement complexe qui prit des visages différents selon les régions et le contexte social où il s'est développé. Bon vous l'aurez compris, on n'a pour l'instant pas digéré -ni même fini - l'excellent livre Les Luddites, publiées par les éditions Ere. On regarde parfois avec circonspection dans ces colonnes -jugez plutôt des lointaines crapules que nous sommes - la multiplication des petites maisons d'édition. Les editions E®e publient de passionnants ouvrages qui ne verraient probablement jamais le jour sans elles. Déjà éditeur de la cultissime "controverse pieds/mains", elles publient donc Les luddites, bris de machines, économie politique et histoire, encore un ouvrage érudit qui ouvre des pistes de réflexion inouïes. On y revient abondamment cet été à moins que d'ici là, on décide de balancer notre ordinateur par la fenêtre et de foutre le feu à notre borne Wi-fi. Les luddites, bris de machines, économie politique et histoire de Vincent Bourdeau, François Jarrige et Julien Vincent. Les editions E®e La Divine Mimesis
"Dans cette zone - me dit mon guide, honteusement, comme toujours, par crainte de tomber dans les vulgaires données de fait - ce qui entravait en lui la Langue de la Haine et la lui émiettait dans la gorge -, tu ne verras pas de peine au sens figuré spectaculaire ou symbolique... Les conformistes petits-bourgeois ont commis des pêchés bien plus atroces que celui d'être conformiste.... Le conformisme fut simplement la base nécessaire de leurs péchés, la prémisse indispensable. Par conformisme, ils furent... par exemple.... des catholiques pratiquants.... des bien-pensants tout entiers dévoués au travail et à la famille... qui finirent par se faire faire des housses de fauteuil avec la peau de leurs victimes...." (...)
"Ceux qui sont condamnés ici, sous ces écriteaux, expliqua-t-il, ne furent pas des petits-bourgeois, si ce n'est par naissance, par définition sociale, etc. En réalité, ils avaient, comme on dit, les instruments nécessaires pour connaître leur "péché" : ils surent comment ne pas être conformistes et ils le furent. (...) Dans ce lieu, ajouta laconiquement le Guide - la seule peine est d'y être." Il y a toujours chez Pasolini ce regard glaçant sur notre société et sur notre vie même qui me fait l'effet d'avoir un couteau assorti d'une microcaméra (au bout de la lame) planté entre les omoplates.
François De Closets : poujadisme, démagogie et plus encore
Une campagne pour la transparence administrative![]() Outre qu'elle empêche les journalistes d'exercer correctement leur métier, cette situation handicape sérieusement le travail des chercheurs qui ne peuvent consulter les archives les plus sensibles de notre histoire ( la plupart d'entre elle est tenue secrète pendant 120 ans). " La France est dans le peloton de queue des démocraties modernes" résument les auteurs de cet appel déjà signé par plusieurs milliers de personnes. Et par nous même dès qu'on a fini cette brève. Le site de Liberté d'informer A noter que le site héberge également une pétition de soutien en faveur de Denis Robert, actuellement poursuivi par Clearstream devant la justice luxembourgeoise. Maj : dans le mag société, entretien avec Paul Moreira et Luc Hermann + article liberté d'informer David Garcia : Le pays où Bouygues est roi "Loin des critiques abstraites sur le capitalisme et la mondialisation, l'aventure de Bouygues au Turkmenistan a pour ambition de révéler en quoi consiste concrètemenr le travail d'une multinationale dans un pays antidémocratique. On verra que ce travail n'est à l'honneur de personne. Mais on verra aussi que l'honneur n'a rien à faire là-dedans. Les actions de Bouygues au Tukmenistan ne sont pas immorales : elles sont dénuées de toute considération morale. On veut mettre en place une télévision de propagande digne de 1984? Bouygues mobilise sa filiale TF1, ses présentateurs, ses grands reporters et ses techniciens, au service de Big Brother."Quitte à se payer une tranche de TF1, autant y aller franco. Après la soupe Pernaut, voici l'indigeste aventure de la chaîne des maçons au Turkmenistan. Le journaliste David Garcia a enquêté sur la manière de travailler de Bouygues dans cette dictature d'Asie Centrale inconnue du grand public. Pour obtenir des contrats, le géant du béton met sa chaîne au service de Sparmourad Niazov et remonte sa vitre électrique quand une femme d'opposant enfermé lui crie son désespoir. Promis, on reparlera de tout cela très vite.
Mise à Jour du 02/10 : l'entretien avec David Garcia dans le dossier Turkmenistan Le pays où Bouygues est roi (Editions Danger Public) |
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