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Quand le livre parle de sexe, on aime aussi. Pour ce qui concerne la littérature érotique, voir aussi les collections livre érotique et l'enfer du blog sexe de Flu.
Le manga pour les filles qui aiment les garçons qui aiment les garçons...
A y regarder de plus près cependant, le style utilisé est le même que celui des mangas pour fille : des personnages androgynes, un trait fin et souple, des fleurs qui surgissent de nulle part pour exprimer l'motion des personnages... Le yaoi est en fait fait par et pour des jeunes filles. Comme les jeunes hommes occidentaux s'émeuvent volontiers d'histoires lesbiennes, les japonaises elles sont de plus en plus nombreuses à se délécter des émois homosexuels de jeunes éphèbes. Le fait que l'idéal masculin représenté dans les mangas soit très effeminé ne fait que rajouter à la confusion des genres.
La toute nouvelle revue Manga, 10 000 images disponible en librairie, offre dans son premier numéro un regard très complet (bien que teinté d'amateurisme) sur ce phénomène encore peu connu en France. Il faut saluer la création en France d'une revue critique aussi poussée sur le manga auquel elle manquait jusqu'ici cruellement. Espérons juste que les numéros suivants ressemblent un peu moins à un bulletin de fan. A la découverte de la littérature érotique
Dans le Valais, nous avons rencontré ma chimère, c'est-à-dire la femme à trois tétons ; mais le troisième était un goitre et c'était le seul dur. Je n'ai pas été tenté de demander à cette Isis suisse si elle avait le con en travers, fantaisie chinoise qui m'affriole. Dans l'auberge du Simplon, dont le papier représente les Anglais en Chine, comme un roman de Méry, un parapilla ailé et monstrueux s'introduit dans la bouche de Lady Bentinck, qui s'écrie "Very delicious !" Les canons sont transformés en membres qui déchargent, les roues forment les couilles, les canons, la pine, et la fumée simule la mousse éjaculatoire : ces embellissements priapiques sont dûs au crayon libidineux de jeunes rapins français. Snatch : Pornographie avec un grand P
Aujourd'hui, la "perversion" qui semble gêner le plus de gens, c'est l'assexualité. La zoophilie, la pédophilie et autres "-philie" plus ou moins étranges, restent choquantes, mais on a plutôt l'habitude. On sait plaisanter sur le sujet, on sait comment réagir. L'assexualité, voilà le vrai tabou. Ces vieux Crumb ont donc perdu beaucoup de leur puissance dans une société aussi ouvertement libidineuse que laotre et pour tout dire je leur préfère franchement ses travaux un peu plus "intellectuels" des années 1970, mais on tient tout de même là les débuts de la formation d'un personnage fascinant et, malgré tous les suiveurs qui se sont dessinés en train de se masturber depuis, peu (aucun?) n'a exposé tous les caprices de sa libido avec le même acharnement obsessionel et le même talent. La suite a sans doute rendu ces BD plus intéressantes, mais elles l'étaient déjà pas mal au début. Yapou, le pire manga du monde ?La Cité de Verre de Paul Auster, adapté par Paul Karasik et David Mazuchelli, voilà le contre-exemple que tout le monde cite quand on parle de l'inintérêt uniforme des adaptations de romans en BD. Je l'ai lu il y a quelques années. C'était effectivement très très bon. Et, mis à part quelques oeuvres plus obscures qui existent certainement et qui me surprendront peut-être un jour, je peux me permettre d'aborder les autres adaptations de ce type sans m'attendre à grand chose.
Le roman de Numa racontait l'histoire d'un couple composé d'une Allemande et d'un Japonais, qu'une voyageuse temporelle égarée dans le XXe siècle rammène chez elle, dans un futur dominé par des femmes blanches. Leurs époux leur sont soumis, mais le pire sort a été réservé aux Japonais, devenus les "yapous", sous-hommes utilisés comme animaux de compagnie, repose-pied et/ou sex toy. Je n'ai pas lu le roman, mais ce que j'ai pu en deviner, d'après cette, c'est que tout comme pour Sade, passée la révélation de la justesse de la vision sociale (ici le masochisme du Japon vis-à-vis des vainqueurs de 1945), si on n'a pas un vif intérêt personnel pour la description du dressage des êtres humains et des diverses humiliation qu'on leur fait subir, on s'ennuit bien vite.
Publié dans la "sérieuse" collection Kami, l'importation de Yapou chez nous laisserait perplexe même dans une collection érotique moins prétentieuse. C'est en fait si mauvais que la lecture en devient divertissante, un peu comme une "fan fiction" Harry Potter, Tome 1 : Harry Potter à l'école des sorciers érotique ou un film de Steven Seagal . Pour ma part, je me lasse assez vite de la médiocrité et je ne regarde jamais les séries Z plus de quelques minutes. Bref, si vous croisez ce manga : passez votre chemin.
Alan Moore revient sur la pornographie
Si on revient une fois encore sur Lost Girls, c'est que Moore l'a fait aussi en se fendant d'un petit essai sur l'histoire de la pornographie pour l'excellent mais défunt magazine américain Arthur. Son contenu est résumé par l'auteur lui même : "Des cultures sexuellement progressives nous ont données les mathématiques, la littérature, la philosophie, la civilisation et le reste quand des cultures sexuellement répressives nous ont donné le moyen âge et l'holocauste. Ce n'est pas que j'essaye de donner du poids à mon argument, bien sûr." Pour en arriver là Moore dresse une histoire de la sexualité et de sa représentation de la Vénus de Willendorf à nos jours en passant par la grèce antique, les oeuvres pornographiques perdues d'Aubrey Beardsley et William Blake et Traci Lords. Tout cela est écrit sur un ton discursif très digeste, autrement plus en tout cas que ne l'est Lost Girls, d'autant que Moore n'a pas ici à avoir honte d'être didactique. Se pose pourtant un problème récurrent chez l'anglais, de plus en plus apparent dans la croissance exponentielle de l'universalisme de ses ambitions : il est et reste anglais et anglo-centriste. Lui qui ne quitte jamais sa ville de Northampton prétend n'en avoir pas besoin puisqu'il serait capable d'invoquer n'importe quel lieu dans son living room. Une idée séduisante qu'on est prêt à croire venant de lui mais qu'il n'a pas l'air très soucieux de mettre à l'épreuve. 100 coups de brosse...
Mellissa P donc raconte l'histoire d'une jeune fille (tendance ado 14-15 ans) qui découvre que les hommes confondent sexe et amour (les méchants bonhommes !) et décide de se donner frénétiquement à eux dans l'espoir de voir un jour une lueur d'amour dans leurs yeux, ou dans deux. S'en suit un parcours sexy et amusant à la Justine de Sade, où la petite (qui en profite pour découvrir sa sexualité, façon téléfilm de M6, brouillard et main dans la culotte, c'est toujours émouvant) va de désillusion (grosses désillusions) en désillusion (petites désillusions flétries). Mélissa P alterne les scènes réellement violentes pour son héroïne et celles où elle s'en sort plus gentiment sur le mode picaresque, réussissant au fil des aventures à nous attacher à ce personnage. Mais ne risque-t-elle pas de se perdre en agissant de la sorte telle qu'elle agit en faisant ça ? (voilà tout l'enjeu très Feux de l'Amour de ce livre). Depuis les 100 coups de brosse, l'auteur a publié deux autres romans dont un pamphlet sur les travers de l'Eglise ayant provoqué, paraît-il, un beau scandale. Il ne serait pas étonnant compte tenu de tout ça qu'on découvre un de ces jours que se cachait derrière cette jeune narratrice et écrivain un vieux monsieur libidineux. Mais c'est une autre histoire. En attendant, le coup de brosse avant d'aller dormir ne fera de mal à personne. Et viva italia ! Mademoiselle Rose dans la bibliothèque![]() Belle idée du magazine Vice que de publier un shooting de mode de bibliothécaires suédoises, délicieusement bourgeoises et sexys. Ceux qui comme moi ont des fantasmes assez primaires d'infirmières nues sous leur tenue, de femmes de notaires abonnées à la salle de gym et à la nymphomanie, ou justement, de bibliothécaires moins puritaines, je vous conseille ceci. Via Gatsu Gatsu Black Hole : L'adolescence est un trou noir Après la parution du dernier numéro il y a quelque mois, Delcourt sort pour Noël l'intégrale de Black Hole en un gros pavé bien plus joli que l'édition précédente,et la lecture d'une traite est autrement plus satisfaisante que le morcellement par épisodes subit depuis 1995.Black Hole raconte l'histoire d'une bande d'adolescents infectés par une mystérieuse MST qui provoque des mutations plus ou moins horribles (une queue, une bouche ou des palmes leurs poussent aux pires endroits). On pense évidemment immédiatement au SIDA, mais l'histoire se passe dans des années soixante-dix dessinnées façon sixties avec des références aux EC Comics des années cinquante. En fait, cette chose que ces ados se refilent, qui les poussent à se cacher, à se craindre les uns les autres et à vivre dans les bois, c'est simplement le sexe. Le sexe est partout dans la BD, sans doute la plus freudienne que vous trouverez en dehors des mauvaises histoire de super héros qui tuent leur père. Aucune grotte, aucune plaie, aucun passage dans les bois ni aucun serpent ou aucun flingue ne laisse la place au doute quand à ce qu'il figure vraiment. Ce n'est pas subtil, mais l'adolescence ne l'est pas non plus. Les transformés ne font qu'extérioriser leur image intérieure et, alors qu'ils se croient devenus des parias pour le reste de leur vie, la maladie ne les affectera que quelques mois. Si Black Hole est une histoire d'horreur, l'horreur y est celle de l'adolescence. Le soin apporté à chaque détail sordide, des pustules sur le visage d'un ado contaminé aux premiers poils de moustache dun autre, justifie bien les années passées. Le contraste violent du noir et blanc donne au dessin un côté très statique, figeant chaque case dans un moment de gêne éternel, exactement comme un souvenir d'adolescence. Pendant dix ans Charles Burns a exorcisé les siens, et nous a attiré dedans comme un trou noir ou nous même nous revivions nos pires moment. Dieu merci, c'est fini. Black Hole Charles Burns Delcourt Quatuor X : polar porno chez les bourgeois bruxellois Je continue d'explorer avec bonheur les polars récents de la collection Métaillié Noir. Après Au fond de l'Oeil du Chat, très classique dans la forme et le fond, voici un Quatuor X à dévorer d'une traite et sans modération. Jean-Baptiste Baronian, Belge d'Anvers, est un auteur de genre très réputé et président de l'association des amis de Georges Simenon. Cela se sent : son détective privé, héros de ce roman, n'a pas l'allure d'un Maigret mais joue de l'histoire du métier, empruntant l'âge, le look, le moral désabusé, la culture classique, les femmes de tous ceux qui l'ont précédé.Dans Quatuor X, le privé est embauché par un producteur de films X bruxellois, bien comme il faut, pour rechercher sa fille disparue depuis une quinzaine de jours après s'être mise à la colle avec un mystérieux producteur de musique. L'amant, mal vu par son beau-père, est très vite retrouvé mort dans son appartement (égorgé et à poil), le cul posé sur une lettre suggestive signée d'une certaine Jeanne Mansfield (ne pas confondre avec Jane Mansfield, l'actrice). L'enquête va progresser dans le brouillard, à la façon d'un Derrick haletant où ce sont les indices qui viennent au privé plutôt que l'inverse. Les morts s'enchaînent et l'on plonge peu à peu dans les eaux troubles des partouzards amateurs d'orchestres à cordes (tranchantes) de Bruxelles : d'où ce Quatuor X dont je tairai tout. L'ambiance créée par Baronian, mélange de déambulations gastronomiques dans la cité bruxelloise, de réflexions inspirées sur la vie, la mort, l'amour et de critique voilée de la Bonne Bourgeoisie (on se croirait dans un bon Chabrol ou chez... Simenon justement) est tout à fait réussie et enivrante. Le seul reproche qu'on fera à l'auteur est de nous donner trop vite envie d'arriver à la résolution de l'énigme, celle-ci étant servie un peu brutalement et trop simplement à notre goût. C'est évidemment l'une des qualités du polar que de nous faire lire à la vitesse de la lumière mais on aurait aimé cheminer quelques dizaines de pages de plus en compagnie des personnages de ce Quatuor (et plus si affinités). Quatuor X JB Baronian Métailié
Confession d'une jeune fille
Confession d'une jeune fille J'ai lu Lost Girls Apparement, je suis le premier ici, et j'ai de la chance. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, je vous parle d'une BD pornographique d'Alan Moore et Melinda Gebbie dans laquelle trois femmes nomées Alice, Wendy et Dorothée se retrouvent dans un hotel suisse à la veille de la première guerre mondiale pour se raconter leur biographies sexuelles. C'est une oeuvre très ambitieuse censée réconcilier le lecteur avec son imagination sexuelle. Lost Girls est déjà un succès critique et commercial, et pas encore la victime d'un procureur américain bien pensant (ce qui ne saurait tarder, n'en doutons pas). C'est effectivement une oeuvre hautement recommandable à tout lecteur majeur, mais ce n'est pas le chef d'oeuvre absolu annoncé. Premier problème, Lost Girls n'est pas une révélation. C'est peut-être la différence culturelle, puisqu'en tant que français nous avons la réputation d'une attitude éclairée vis a vis du sexe, mais je n'ai pas attendu cette lecture pour savoir que l'imagination sexuelle est une chose formidable, que la pornographie peut-être de l'art ou que la guerre n'est jamais que l'expression de pulsions homosexuelles refoulées (ou "les soldats, c'est tous des pédés"). Ce n'est pas un crime, mais Lost Girls ne fait jamais que répéter (avec un très bon sens de la formule), des idées pas si originales que ça. Beaucoup plus grave, l'écriture de Moore ruine souvent l'efficacité de son propos. Plutôt qu'une vraie BD, Lost Girls ressemble trop souvent à l'un de ces livres illustrés que lisent ses personnages. Moore répète volontiers que selon certaines études, en stimulant en même temps les deux hémisphères de notre cerveau via le texte et l'image, la BD serait le plus efficace moyen de communiquer une information. Ici, avec ces deux éléments mis en parallèle plutôt qu'entremêlés, le lecteur adopte un rythme mécanique (je regarde l'image, je lis le texte, je regarde l'image suivante...).Mon cerveau monopolisait donc mes flux sanguins au détriment de mes corps caverneux. Sans doute chez d'autres l'effets sera-t-il inverse. L'important c'est que, contrairement à Gebbie qui a apporté tout son art au dessin des actes les plus bestiaux (voir à ce sujet Dorothée et le lion du Magicien d'Oz), Moore ne réussi pas à marier l'art et la pornographie, juste à les faire cohabiter. Lost Girls Alan Moore et Melinda Gebbie Fraise et chocolat de Aurelia Aurita![]() Cette bande dessinée ne raconte rien d'autre qu'une histoire de cul. Celle qu'une jeune fille va vivre au Japon de manière ultra-décomplexée. Pas de discours pour envelopper, légitimer, intellectualiser la simple envie de baiser. Rien sur le Japon, le choc des cultures, les atermoiements d'une jeune fille qui donnerait son corps. " Je voudrais réserver mon âme à un seul homme mais avoir plein d'amants", dit notre sympathique hédoniste. Côté graphisme, un trait simple, lui aussi libéré des contraintes, le tout au service d'un livre léger et troublant. " Tu sens bon comme les Japonaises mais tu te fais enculer comme les Françaises", lui balance l'amant quelques pages plus loin. Une jolie formule qu'elle a raison de prendre comme un super compliment. Féminisme new generation ? Fraise et chocolat. Aurelia Aurita Impressions Nouvelles. Les clichés de l'été (2) : le sexe partoutPosté par Easywriter le 31.07.06 à 10:00 | tags : sexe et littérature
Après les bouquins pour décérébrés, voici le sexe à tous les étages : c'est bien connu, la chaleur troublante, les chairs qui se dénudent, multiplient par dix les opportunités sexuelles et tout le monde se retrouve casté dans un érotique italien. A la vérité, les spécialistes du blog sexe (épaulés par Libé) ont expliqué hier que la chaleur était plutôt dissuasive et génératrice de stress. Alors pourquoi persister à remplacer les "unes internationales" des hebdos par des enquêtes babyloniennes sur la fidélité des Françaises ? Mais pour générer de la frustration les amis : dans No sex last year, le journaliste David Fontaine interroge justement l'abstinence comme une réaction à la société du tout sexuel, qui hiérarchise la valeur accordée à chaque individu en fonction de ses capacités en la matière. Outre la débauche d'imagerie sexuelle dans la pub et les medias, les études statistiques ont également un rôle normatif (mais où suis je situé par rapport à la moyenne nationale ?). ![]() Dans ce contexte, la sexualité -forcément un rien anxiogène en soi- devient usante et les non pratiquants éprouvent tous (dans le livre de Fontaine en tout cas) d'abord une forme de soulagement. Bien sûr, leur abstinence n'est pas un choix politique de contestation de l'emprise de l'industrie sur leur vie et leur comportement s'explique surtout par des raisons personnelles. Il n'empêche que nombre d'entre eux retrouvent une sexualité plus harmonieuse après cette période d'abstinence. Pourquoi ? Parce que d'une certaine manière, ils ont récupéré leur sexualité, leur rytme, leur motivation et la volonté de prendre l'autre en compte, plutôt que de l'utiliser comme faire-valoir dans le cadre d'une sexualité finalement instrumentalisée. Car au fond, en mettant en avant le désir et le frustrant immédiatement pour le détourner vers un autre désir (la consommation) , ce que fait l'industrie s'apparente à la définition exacte de la perversion. No sex last year David Fontaine. Les petits Matins. La position du lecteur couché (ou debout)Posté par Easywriter le 29.07.06 à 10:01 | tags : sexe et littérature
Dire que certains croient que la lecture est une activité solitaire d'onaniste agoraphobe...Mais bon, on savait que sexe et littérature font bon ménage depuis notre adolescence grâce à Henry Miller et que mêmes les auteurs classiques de nos années lycée type Verlaine étaient de sacrés chaudards. Si cet été, vous voulez être érudit et sexy, lisez Anne Archet qui analysent ses curiosa préférés sur le blog sexe. Sinon, on a piqué cette superbe illustration ici. Romain Slocombe, ayant chanté tout l'été (japonais)...... se trouva fort dépourvu, lorsque la bise fut venue.
Regrets d'hiver de Romain Slocombe, Fayard Noir. Kathy Acker : les grandes espérancesPosté par Easywriter le 03.07.06 à 13:00 | tags : rentrée littéraire, extrait, sexe et littérature, log out
![]() A part ça je n'étais qu'une ratée. J'étais trop sensible. Mes membres émotifs ressortaient comme s'ils étaient brisés et qu'on ne pouvait pas les soigner. J'embrassais trop gentiment les amis de ma mère quand ils jouaient à la canasta. J'étais trop intrigué par le sexe. Je n'étais pas jolie au sens classique du terme. Je ne me comportais pas comme Penelope Wooding. Quand je lavais un plat je ne lavais pas. Puisque je en savais pas si ma mère était dieu, je ne savais pas si je m'aimais. Mes amis me disaient que je percevais les choses en terme trop manichéens. "Le monde est plus complexe", disaient-ils. Je disais : "j'ai des A à l'école". Kathy Acker ou la littérature qui ne démissionne pas. On en a déjà dit beaucoup de bien. Ce n'est que le début. Les grandes espérances. de Kathy Acker. Réédité par (merci merci) les éditions Desordre/Laurence Viallet. Sorti le 21 août. Erik Rémès ou la position de l'homo deboutPosté par Myosotis le 26.06.06 à 10:07 | tags : web, livre, autofiction, sexe et littérature, autobiographie
"J’ai commencé par les animaux. Éventrer – étriper – dépecer : je me masturbe toujours en pensant à cet continuité de mouvements, toujours forts excitants. Lorsque arrive la puberté, vers l’âge de douze ans, pervers, un nouvel élément vient s’insinuer dans mon fantasme et l’idée de manger finit par s’ajouter tout naturellement à mon rituel. Pendant des années, j’ai rêvé de consommer de la chair humaine, sans jamais me laisser aller à le faire, sans même oser penser que cela puisse vraiment se produire un jour. C’est très difficile de devenir un homme libre, de se débarrasser de ses peurs et de ses préjugés. Et peut-être même n’est-ce pas totalement souhaitable. Si ce n’est que moi, je l’ai fait". Journal d'un cannibale. Erik Rémès. A suivre sur le site de l'auteur.
Serial fucker. Editions Blanche Le retour du roi Moore: les filles perdues
Généralement très discret, Moore semble avoir mis le paquet pour assurer la promotion de cet ouvrage invraisemblable et qu'on imagine mal se vendre autrement que sous le manteau. Qui voudra d'une BD porno dans ses rayons ? Les grandes surfaces ? Les sex-shops ? Les magasins spécialisés ? Toujours est-il qu'on peut lire ici la quasi-intégralité des interviews annonçant et commentant l'ouvrage qui ont commencé à hanter le net. Moore y fait de nombreuses professions de foi, pas toujours rassurantes, mais qui prêchent dans la longueur sa philosophie de la Liberté Ultime, soit un monde où l'homme n'aurait pour seule contrainte que lui-même et l'identification du bon plaisir de l'autre. Sous ses airs de gourou, Moore ne fait jamais que rabacher les principes du vieil Emmanuel Kant. Alan Moore et Melinda GelindaFilles Perdues Delcourt En savoir plus sur Topshelfcomix Comme un robinet qui goutte![]() Margaret Atwood la Servante Ecarlate. Connaissez-vous Anne Archet ? D'Anne Archet on ne sait rien et on ne veut rien savoir.De sa prose on dira juste ce qu'elle dit elle-même des chansons de Bilis : "Le style simple de l’ouvrage, sa justesse de ton et surtout sa grande force d’évocation sont mises au service de la sensualité." Anne Archet vous invite dans sa bibliothèque idéale de curiosa. Anne Archet (illus et oui je sais...) a carte blanche sur le blog Sexe, Love.. jusqu'au 21 juin. Cette année, on espère pour la première fois que l'été n'arrivera pas trop vite. Sylvère Lotringer : A satiété
- Ou quelque chose comme : 'Vous tenez un petit garçon par derrière. Vous faites entrer et sortir votre bite de son trou du cul.' - Je vois." Il faut s'appeler Sylvère Lotringer pour rester impassible face aux énormités que l'on invente pour traiter les délinquants sexuels ces jours-ci. A moins qu'il ne s'agisse que d'un truc pour faire parler les Dr. Folamour de la rééducation sexuelle ? La réponse dans le mag Société. A Satiété , Sylvère Lotringer. Editions Désordres Unlucky Pierre
Literotica.com, oasis libidineuxJe me souviens d'une citation de Sade qui disait à peu près ceci : "trouver le bonheur, c'est identifier sa perversion et les moyens de ne pas y répondre". Parmi les millions de sites porno et érotiques de la toile, il n'est pas si simple de trouver son bonheur. Après avoir cherché du côté des amateurs de fétichistes des sables mouvants (un réservoir de photos et de vidéos qui rappelle les combats de catch à seins nus dans la boue), perversion sur laquelle je travaille actuellement pour mon éventuel prochain roman (sic), j'aime à me reposer sur l'un des classiques US du littéro-porno, le très fameux Literotica.com. Il y a depuis peu sur le site une section française d'histoires érotiques, récits mais j'ai un faible pour les rubriques Audio et poésies où des nanas (et des mecs) exaltées racontent des histoires torrides ou des poèmes façon Gysin sous ecsta en poussant des hurlements. Les forums sont plutôt bien fréquentés et complètement décents pour ce type de propos. En fait, c'est un oasis libidineux extraordinaire pour ceux qui sont stimulés par l'écrit plutôt que par le visuel.Globalement, les réservoirs d'histoires sexy ou porno sont peu nombreux et de mauvaise qualité. Literotica est mon préféré. Un moyen vaguement classieux de se monter la tête et le reste en bonne intelligence. Le site a sorti récemment un livre de nouvelles tiré des interventions web qui a bénéficié d'une préface d'un autre fan des forums, l'écrivain William T. Vollmann, l'un des auteurs les plus fameux du pays et de la période, auteur entre autres du sublime La Famille Royale et du non moins fameux Des putes pour Gloria.
Wilde Life![]() En cette période où le positionnement du citoyen par rapport au juge est mis en cause, on assiste au travers de pages succulentes, à une sorte d'anti-Outreau où l'auteur brillantissime aligne les bons mots, humilie le juge toutes les deux secondes pour le plaisir de "faire son show". Ainsi, pris au piège de sa propre flamboyance et de sa supériorité évidente, quand les accusés d'Outreau peinaient par manque d'éloquence et de partage des codes sociaux à parler la langue judiciaire, Wilde se retrouve pareillement condamné pour avoir mal ou trop dit. Le crime devient, dans ce rapport de forces, moins le délit lui-même que la façon dont on le raconte et dont l'autre l'entend. Pierre Verger, l'antipornographe
Dans un entretien publié récemment sur Flu, le cinéaste Jean-Pierre Gorin regrettait le développement de la pornographie à la télévision et ses conséquences sur les régimes d'images aujourd'hui. Par pornographie, il entendait non pas une débauche explicite de sexe, mais un tournage qui va "au plus centré, tout de suite". "On perd quelque chose d'essentiel, là", ajoutait-il, espérant que l'ordinateur et la multiplication des couches d'expérience qu'il induit - les diverses fenêtres logiciel ou web ouvertes sur l'écran - allaient permettre de recréer une profondeur de champ.Pierre Verger, a contrario, c'est un peu l'antipornographe. Alors que le photographe-ethnologue mort en 1997 fait l'objet d'une expo au Jeu de Paume-site Sully, il est urgent de rouvrir son Dieux d'Afrique paru en 1995 aux éditions Revue Noire. L'ouvrage rend compte des continuités du culte yoruba en Afrique occidentale et au Brésil, textes et photos à l'appui. Mais là où on attendrait que la photo "documente" l'image, elle donne au contraire à voir bien davantage que le seul objet ethnographique dont il est question. Toutes prises en format 6x6, les images carré sont constamment décentrées, laissant apparaître derrière les danseurs, tambours et autres objets de culte, une riche matière graphique (sable, mur, pierre...) qui donne de la profondeur à l'image et fait toute la densité du cliché noir et blanc. Par comparaison, les textes, descriptifs, semblent un peu plats. On se dit alors que le Jeu de Paume a bien fait de ne présenter que les photos de Pierre Verger, puisque ce sont essentiellement elles qui produisent le sentiment de connaissance et de rencontre avec la société visitée. Dieux d'Afrique peut être considéré comme un catalogue de substitution de l'exposition, qui se termine dans quelques jours et qui, hélas, n'en dispose pas. Dieux d'Afrique Pierre Fatumbi Verger éd. Revue Noire, 1995 (p.s. : une discussion comparable sur le centré-décentré en photo sur ce fil : c'est la même question, même si ce n'est pas le même sujet...) |
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