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Quand le livre parle de sexe, on aime aussi. Pour ce qui concerne la littérature érotique, voir aussi les collections livre érotique et l'enfer du blog sexe de Flu.
Entretien : Zep raconte le zizi sexuel... des adultesZep ne s'est pas endormi sur les lauriers du phénomène Titeuf (BD, série animée, Guide du zizi sexuel, expo à la Villette). Dans sa nouvelle bd, Happy Sex, le dessinateur s'adresse cette fois aux adultes, et comme à son habitude, outrepasse les tabous, avec bienveillance et humour. "Certaines personnes font de la BD érotique avec un sentiment de culpabilité, comme si c'était quelque chose d'interdit ou de caché. Or pour moi, le sexe est un sujet sain, central dans nos vies d'adultes. Pourquoi pourrait-on parler de travail, de politique, et pas de sexe ?" Lire des extraits de Happy Sex : extrait 1 / extrait 2 / extrait 3 (© Zep 2009 - Guy Delcourt Productions) La sélection des bd de la rentrée sur Fluctuat Tender Morsels : jusqu’où peut aller la littérature jeunesse ?
Tender Morsels est sorti ce mois-ci aux éditions Random House, et des parents se sont aussitôt indignés qu'un tel récit soit publié dans une collection qui s'adresse à la jeunesse, sans que la couverture n'informe sur la violence du contenu. Les éditeurs ont en effet opté pour un avertissement à l'intérieur de l'ouvrage. Tender Morsels est en outre publié dans deux collections : la première, destinée aux adolescents, la seconde, pour les adultes. Un même texte pour deux publics ; seule l'image de couverture change. Selon l'écrivain Philip Pullman, auteur de la trilogie A la croisée des mondes, nul besoin de prévenir le lecteur, la première page d'un livre suffit à donner une idée de son contenu. Il va même plus loin et explique que pour lui, « il ne devrait pas y avoir de thématiques interdites à la littérature jeunesse. Les enfants font face à des réalités bien plus fortes : le divorce, le trafic de drogue, la sexualité. » Quel adolescent en mal de sensations n'a pas d'ailleurs pioché, un jour, parmi les oeuvres les plus transgressives de la littérature ? (celles, notamment, qui sont présentées dans notre diaporama des livres les plus trash.) La galerie des romans qu'on n'ose pas lire en publicCe n'est pas parce qu'un livre s'intitule Trash qu'il l'est forcément. Celui de Clara Chaal par exemple, paru le mois dernier chez Flammarion, semble abuser d'un terme qui attire au moins l'attention quand il ne fait pas vendre. Ici, une jeune fille catholique se tape tout un tas d'hommes sans en avoir envie - par politesse, dit-elle - et sans capote en plus : est-ce que c'est trash, ça ? Mouais... On a déjà été un peu plus loin dans la transgression, quand même. D'ailleurs, un petit tour dans notre galerie des livres les plus trash qui ont fait date achèvera de vous convaincre : du Marquis de Sade à Virginie Despentes, l'histoire regorge d'auteurs qui ont trempé leur plume dans le sang, le stupre, le vomi - et dieu sait quelles autres semences... Voir aussi : Le top 10 des livres à planquer en cas de perquisition Venez parler des romans trash sur le forum livres Le journal Pilote revient pour un numéro sexy![]() Le magazine de bande-dessinée Pilote, également appelé depuis 2003 « le journal qui s'amuse à revenir » en raison de l'irrégularité de sa parution (3 numéro en 5 ans), change de surnom pour son prochain numéro et devient : « Pilote, le magazine qui va et qui vient »... Non, votre concupiscence ne vous joue pas des tours : la référence est bien sexuelle, puisque ce nouveau numéro - parution le 25 juin - fête les 40 ans de 1969 en jouant la carte de l'érotisme. De nombreux auteurs de bd se sont donc amusés avec le sujet : Alex Varenne (qui a signé la couverture), Moebius, Milo Manara, Blutch, Manu Larcenet, Claire Bretécher, Bastien Vivès, pour n'en citer que quelques-uns... Source : Bodoï Julia Palombe danse la poésie érotiquePosté par Myosotis le 10.05.09 à 10:30 | tags : littérature en vidéo, elucubration, sexe et littérature, poésie
L'Internet n'est pas le paradis de l'érotisme et encore moins des littératures érotiques. Il faut faire de réels efforts pour tomber sur quelque chose d'intéressant : des vieux textes, des ouvrages littéraires, rarement illustrés, des conversations et des écrits qui ne sombrent pas directement dans le graveleux, le porno et le hardcore, devenus depuis... hum... tout le temps, l'alpha et l'omega de l'offre en ligne. Sur Youtube, la censure régnant, on peut peut-être plus facilement trouver son compte si on ne recherche pas les sensations fortes et s'offrir quelques réels frissons innocents. Quelques lectures de texte en ligne, du Baudelaire, du Crébillon (en cherchant bien), quelques images volées, beaucoup d'adolescentes qui lisent, déclament.... cela ne va généralement pas très loin. Et puis, il y a cette étrange vidéo promotionnelle, un teaser énigmatique pour un spectacle (un pestacle, un sex live show) de littérature érotique : Baudelaire (encore lui) et d'autres, lus, chantés, dansés par Julia Palombe. Spectacle de poésie érotique, striptease littéraire, crée par Julia Palombe et réalisé par le légendaire John B. Root. Oh bon sang ! Il y a le numéro de téléphone. Je laisse un massage,.... un message. Voici que la littérature érotique est sauvée. Mieux que Lucchini, mieux que Robert Hossein en Angélique, mieux que Daniel Pennac en Bartleby, que les interminables Monologue du Vagin qui ont plombé des générations d'amateurs de théatre, Julia Palombe ? Sûrement, peut-être. Il ne s'agit pas de ça (la chose) mais bien d'une véritable danseuse, une vraie, avec des chaussons, au service des arabesques littéraires et caresses versifiées, qui a déjà dansé Neruda et Cervantes, rien que ça. A voir sûrement, si on vous en laisse le temps, ou à recevoir en spectacle privé, à domicile et en bon bourgeois. Désolé. Les illustrations SM du créateur de Superman Secret Identity, un livre de Craig Yoe qui vient de paraître outre-Atlantique, révèle ce qu'il est advenu de Joe Shuster, le co-créateur de Superman qui a revendu ses droits sur l'homme d'acier pour une bouchée de pain.Shuster, dont la vue diminuait, a dû travailler quelques années comme livreur pour joindre les deux bouts avant de retrouver un job dans l'illustration pour un obscur magazine nommé "Nights Of Horror". Dans ce magazine, Shuster illustrait d'abracadabrants scénarios sado-masochistes dans le même style graphique que Superman. Pire encore, il donnait à ses personnages les traits de Superman/Clark Kent, Lois Lane, Lex Luthor et autres héros de la bande dessinée qui l'a rendu célèbre. Nombreux ont été les dessinateurs de comics contraints à accepter ce genre de jobs "honteux", sans parler de ceux qui l'ont fait par choix. Craig Yoe en avait déjà révélé plusieurs dans son livre "Clean Cartoonist's Dirty Drawings", qui compilait des travaux érotiques peu connus de dizaines d'artistes parmi lesquels Carl Barks (créateur de Picsou), Steve Ditko (Spiderman) ou Chuck Jones (Bugs Bunny).
Aujourd'hui, la plupart des artistes connus qui s'adonnent à l'érotisme, voire la pornographie, ne se cachent même plus. En matière d'érotisme pourtant, on peut se prendre à regretter l'apparente naïveté du passé, à l'époque où dessiner une femme en petite tenue brandissant un fouet relevait du sulfureux et de l'interdit, plutôt que de la banalité du quotidien de nombreux graphistes qui créent aujourd'hui des sites web érotiques par milliers.
Lire aussi : Robert Crumb a fini de dessiner Dieu Big Numbers d'Alan Moore : le troisième numéro enfin retrouvé
Faut-il condamner les images à caractère pédophile... virtuelles ?![]() Chez nos voisins d'outre-Manche la loi vient d'être modifiée pour permettre aux juges de punir les détenteurs d'images "pédo-pornographiques" même quand celles ci ne sont pas des photos. Cette modification aurait pour but de lutter contre un phénomène qui prend de l'ampleur sur le net : la création par des pédophiles de modèles 3D d'enfants mis dans des situations érotiques dans de courts films ou sur des images fixes. N'importe qui peut en effet prendre quelques heureus pour apprendre à se servir d'un logiciel de modélisation 3D et parvenir à partir de modèles pré-existant à faire faire ce qu'il veut à des marionettes virtuelles à peu près convaincantes. C'est bien pour la création et la possession de telles images 3D qu'un britannique a été condamné en Octobre à dix-huit mois de travaux d'intérêt général et à suivre une thérapie. Les images étaient si réalistes, selon le jury, qu'elles pouvaient passer pour des photos.
Bien sûr le condamné n'était probalement pas totalement innocent. Il aurait déclaré n'avoir jamais eu l'intention de violer la loi et ne pas être attiré par les enfants. Cette dernière affirmation est quelque peu surprenante venant de la part de quelqu'un qui détenait des milliers d'images dessinée d'enfants que le juge a qualifiée de "mauvais goût et dégoûtantes mais parfaitement légale". On ne va pas pleurer sur le sort du condamné mais on est en droit de se poser quelques questions : quel mal a-t-il fait exactement ? Aucun enfant n'a été sa victime. Sans l'enquête de la police, cette histoire serait vraissemblablement restée entre lui et son disque dur. Et où le juge décidera-t-il à l'avenir de placer la ligne entre le légal et l'illégal ?
Les images incriminées ont été décrites comme ayant "des bulles, presque comme une bande dessinée". Si le problème est là, je suis coupable autant que le condamné pour la possession d'un exemplaire de Snatch Comics de Robert Crumb (dont j'ai ici reproduit l'illustration coupable dans une version subtilement censurée) et pour une séquence du Filles Perdues d'Alan Moore et Melinda Gebbie. En quoi une représentation picturale non "réaliste" de la pédophilie est-elle moins "grave" ? Pourquoi pourrait-on tout décrire avec des mots mais pas avec des images ? Où se trouve la limite entre pornographie et art ? Plutôt que de débattre de ces questions, on ferait mieux de très pragmatiquement s'inquiéter du fait que ce genre de loi (qu'on supposera si on le veut comme "bien intentionnée") finit toujours tournée ou détournée en outil de censure. N'allez pas croire qu'aucune association de famille bien pensante n'a repéré le potentiel qu'elle représente pour elle. Les cahiers de vacances érotiques sont-ils excitants ?On connaissait parmi les marronniers de l'été le numéro spécial sexe des Inrocks, les quizz érotiques de la presse magazine féminine, le supplément tarot du sexe de Marie-Claire, Isa, Babou ainsi qu'évidemment l'astrologie coquine de Elle et, plus sérieusement, le numéro spécial été de Echanges magazine (ou comment échanger ta nana de 20 ans contre une de 40 ans au profit d'un notable de Bourg-en-Bresse chaud comme la braise pour un plan baise à 4, 5 ou plus si affinités à Valras Plage). On connaissait bien sûr pour s'y être collés (ou y avoir collé les enfants) les cahiers de vacances, aussi chers qu'inutiles, mais qui peuvent aisément nous déculpabiliser quand le petit dernier foire complètement sa rentrée en 4ème ou tombe pour trafic de shit ("pourtant, il avait fait son cahier de vacances comme il faut cet été, madame le proviseur/monsieur l'inspecteur !").
Les sympathiques éditions de la Musardine, pas contre un peu d'argent facile ces derniers temps et depuis le succès de leur révoltante collection "Osez..." (la bisexualité, la sodomie, faire l'amour à 3, à 4, beurk), lancent cet été, dans toutes les maisons de la presse et librairies, une opération crossover qui mêle les deux genres : le recueil de jeux idiots et le cahier de vacances. Pour 9 euros 90 (soit la peau des fesses pour une quarantaine de pages), vous trouverez ainsi un petit manuel de jeux vaguement teintés d'érotisme : quizz sur la biologie du sexe (le point G, les seins,...), des jeux portant sur les citations érotiques, l'histoire du cinéma érotique ou encore la littérature érotique. Comme lorsqu'on se tape les problèmes de mathématiques, on a droit à des mots croisés, fléchés, à des devinettes ou à des sortes de problèmes dont la solution est donnée (bien sûr et heureusement) à la fin du volume.
Etrangement, de la part d'un éditeur qui généralement ose véhiculer des messages stimulants assez directs et aborder la question frontalement, il faut avouer que ces cahiers sont clairement décevants et assez peu excitants, pas assez coquins et beaucoup trop sérieux. Le cahier ne comporte aucune recommandation érotique, aucune photo cochonne (d'adultes ou d'ados) et n'exploite pas complètement son support. On aurait pu imaginer que certaines planches glissent vers des propositions de jeux sexuels, qu'on monte parfois un degré sur l'échelle du coquin : on ne trouvera à la place que des conseils bêta pour nous aider à mieux faire l'amour en vacances. Pas d'extraits à proprement parler érotiques mais juste des allusions superficielles qui, même sous un climat porteur, ne devraient pas suffire à échauffer des personnes normalement constituées. Sur ce type de promesses, le cahier de vacances tombe court et mal, même si on lui accorde des vertus distrayantes. L'illustration de couverture est finalement ce qu'on a trouvé de plus sexy dans ce mini-recueil. C'est maigre mais c'est toujours mieux que rien (pas sûr, en vérité).
Malgré ces défauts majeurs (on vient ici s'amuser, pas se donner la gaule en slip de bains, c'est entendu, ni se consoler d'une peine de coeur), on imagine que les cahiers de vacances érotiques peuvent servir de prolégomènes à des conversations coquines, à des échanges badins et pourquoi pas au final, contribuer à la libération de la libido. D'aucuns pourront s'émouvoir du fond de perversité qui commande à la con-fusion d'un modèle développé pour les écoliers (le cahier de vacances) et d'un appareil érotique. C'est dans ce jeu sur les apparences qu'il faut traquer l'audace de l'éditeur. En pervertissant le modèle du cahier de vacances, on satisferait ainsi une revanche sur le temps où nos parents s'enfermaient dans la chambre du gîte rural (ou la tente) pour une sieste crapuleuse tandis que nous étions invités à travailler pendant une heure. Pendant que certains s'occupent à ces devoirs de vacances, d'autres ont fait leur choix et privilégieront l'action érotique plutôt que les mots croisés de l'amour....
Le manga pour les filles qui aiment les garçons qui aiment les garçons...
A y regarder de plus près cependant, le style utilisé est le même que celui des mangas pour fille : des personnages androgynes, un trait fin et souple, des fleurs qui surgissent de nulle part pour exprimer l'motion des personnages... Le yaoi est en fait fait par et pour des jeunes filles. Comme les jeunes hommes occidentaux s'émeuvent volontiers d'histoires lesbiennes, les japonaises elles sont de plus en plus nombreuses à se délécter des émois homosexuels de jeunes éphèbes. Le fait que l'idéal masculin représenté dans les mangas soit très effeminé ne fait que rajouter à la confusion des genres.
La toute nouvelle revue Manga, 10 000 images disponible en librairie, offre dans son premier numéro un regard très complet (bien que teinté d'amateurisme) sur ce phénomène encore peu connu en France. Il faut saluer la création en France d'une revue critique aussi poussée sur le manga auquel elle manquait jusqu'ici cruellement. Espérons juste que les numéros suivants ressemblent un peu moins à un bulletin de fan. Sexe, censure et tribunaux Il faudrait pouvoir s'insurger à chaque fois que sévit injustement la censure.Nouvel exemple en Indiana, (état du centre des Etats-Unis), où les élus siégeant au Congrès ont décidé de mettre en place un flicage anti-porno. Une loi votée fin mars oblige désormais les commerces susceptibles de vendre des "contenus sexuellement explicites" à se faire enregistrer auprès des autorités de l'Etat, afin de faciliter leur contrôle. Les sex-shops sont les premiers à être touchés par le nouveau dispositif. Le problème, c'est que la loi est énoncée de façon si vague, si vaste, qu'elle peut tout à fait s'appliquer aux libraires, quand bien même ceux-ci ne feraient que diffuser des œuvres littéraires ou des manuels d'éducation sexuelle. Après tout, qu'est-ce qu'un "contenu sexuellement explicite" ? Selon la Constitution de l'Indiana : "Tout ce qui décrit et représente la nudité, un comportement ou une excitation sexuels". Les puritains ont parlé. Le diable habite les pages dangereuses de romans blasphématoires, il faut protéger nos jeunes de la perdition. Les libraires, qui se verront désormais dans l'obligation de payer de nouvelles charges à l'Etat pour assurer leur suivi par les autorités locales, ont de quoi être furieux. D'abord, ils se retrouvent là face à une violation du premier amendement, qui défend la liberté d'expression. Et puis, depuis quand un dealer de livres est-il réputé pour être dangereux ? L'American Booksellers For Free Expression prévoit de porter l'affaire devant les tribunaux. La loi, parfois, c'est quand même bizarre. Au fond, ne suffit-il pas d'avoir un peu d'imagination, doublée d'une once de paranoïa, pour voir le mal partout... En version française : vous ne trouvez pas que dans Martine à la plage, la jupe de la fillette est un peu courte, et fait par conséquent de l'ouvrage un exemple de mauvaise vertu à l'égard des petites filles ? D'autant plus aberrant que si nous devions retirer d'une librairie tous les ouvrages comportant des allusions sexuelles, il ne resterait sans doute pas grand-chose. Pas même la Sainte Bible. (Sur le rapport entre sainteté et sexualité, vous pouvez lire un billet sur le blog sexe) A la découverte de la littérature érotique
Dans le Valais, nous avons rencontré ma chimère, c'est-à-dire la femme à trois tétons ; mais le troisième était un goitre et c'était le seul dur. Je n'ai pas été tenté de demander à cette Isis suisse si elle avait le con en travers, fantaisie chinoise qui m'affriole. Dans l'auberge du Simplon, dont le papier représente les Anglais en Chine, comme un roman de Méry, un parapilla ailé et monstrueux s'introduit dans la bouche de Lady Bentinck, qui s'écrie "Very delicious !" Les canons sont transformés en membres qui déchargent, les roues forment les couilles, les canons, la pine, et la fumée simule la mousse éjaculatoire : ces embellissements priapiques sont dûs au crayon libidineux de jeunes rapins français. Snatch : Pornographie avec un grand P
Aujourd'hui, la "perversion" qui semble gêner le plus de gens, c'est l'assexualité. La zoophilie, la pédophilie et autres "-philie" plus ou moins étranges, restent choquantes, mais on a plutôt l'habitude. On sait plaisanter sur le sujet, on sait comment réagir. L'assexualité, voilà le vrai tabou. Ces vieux Crumb ont donc perdu beaucoup de leur puissance dans une société aussi ouvertement libidineuse que laotre et pour tout dire je leur préfère franchement ses travaux un peu plus "intellectuels" des années 1970, mais on tient tout de même là les débuts de la formation d'un personnage fascinant et, malgré tous les suiveurs qui se sont dessinés en train de se masturber depuis, peu (aucun?) n'a exposé tous les caprices de sa libido avec le même acharnement obsessionel et le même talent. La suite a sans doute rendu ces BD plus intéressantes, mais elles l'étaient déjà pas mal au début. Yapou, le pire manga du monde ?La Cité de Verre de Paul Auster, adapté par Paul Karasik et David Mazuchelli, voilà le contre-exemple que tout le monde cite quand on parle de l'inintérêt uniforme des adaptations de romans en BD. Je l'ai lu il y a quelques années. C'était effectivement très très bon. Et, mis à part quelques oeuvres plus obscures qui existent certainement et qui me surprendront peut-être un jour, je peux me permettre d'aborder les autres adaptations de ce type sans m'attendre à grand chose.
Le roman de Numa racontait l'histoire d'un couple composé d'une Allemande et d'un Japonais, qu'une voyageuse temporelle égarée dans le XXe siècle rammène chez elle, dans un futur dominé par des femmes blanches. Leurs époux leur sont soumis, mais le pire sort a été réservé aux Japonais, devenus les "yapous", sous-hommes utilisés comme animaux de compagnie, repose-pied et/ou sex toy. Je n'ai pas lu le roman, mais ce que j'ai pu en deviner, d'après cette, c'est que tout comme pour Sade, passée la révélation de la justesse de la vision sociale (ici le masochisme du Japon vis-à-vis des vainqueurs de 1945), si on n'a pas un vif intérêt personnel pour la description du dressage des êtres humains et des diverses humiliation qu'on leur fait subir, on s'ennuit bien vite.
Publié dans la "sérieuse" collection Kami, l'importation de Yapou chez nous laisserait perplexe même dans une collection érotique moins prétentieuse. C'est en fait si mauvais que la lecture en devient divertissante, un peu comme une "fan fiction" Harry Potter, Tome 1 : Harry Potter à l'école des sorciers érotique ou un film de Steven Seagal. Pour ma part, je me lasse assez vite de la médiocrité et je ne regarde jamais les séries Z plus de quelques minutes. Bref, si vous croisez ce manga : passez votre chemin.
Les clichés de l'été (2) : le sexe partout Après les bouquins pour décérébrés, voici le sexe à tous les étages : c'est bien connu, la chaleur troublante, les chairs qui se dénudent, multiplient par dix les opportunités sexuelles et tout le monde se retrouve casté dans un érotique italien. A la vérité, les spécialistes du blog sexe (épaulés par Libé) ont expliqué hier que la chaleur était plutôt dissuasive et génératrice de stress. Alors pourquoi persister à remplacer les "unes internationales" des hebdos par des enquêtes babyloniennes sur la fidélité des Françaises ? Mais pour générer de la frustration les amis : dans No sex last year, le journaliste David Fontaine interroge justement l'abstinence comme une réaction à la société du tout sexuel, qui hiérarchise la valeur accordée à chaque individu en fonction de ses capacités en la matière. Outre la débauche d'imagerie sexuelle dans la pub et les medias, les études statistiques ont également un rôle normatif (mais où suis je situé par rapport à la moyenne nationale ?). ![]() Dans ce contexte, la sexualité -forcément un rien anxiogène en soi- devient usante et les non pratiquants éprouvent tous (dans le livre de Fontaine en tout cas) d'abord une forme de soulagement. Bien sûr, leur abstinence n'est pas un choix politique de contestation de l'emprise de l'industrie sur leur vie et leur comportement s'explique surtout par des raisons personnelles. Il n'empêche que nombre d'entre eux retrouvent une sexualité plus harmonieuse après cette période d'abstinence. Pourquoi ? Parce que d'une certaine manière, ils ont récupéré leur sexualité, leur rytme, leur motivation et la volonté de prendre l'autre en compte, plutôt que de l'utiliser comme faire-valoir dans le cadre d'une sexualité finalement instrumentalisée. Car au fond, en mettant en avant le désir et le frustrant immédiatement pour le détourner vers un autre désir (la consommation) , ce que fait l'industrie s'apparente à la définition exacte de la perversion. No sex last year David Fontaine. Les petits Matins. Alan Moore revient sur la pornographie
Si on revient une fois encore sur Lost Girls, c'est que Moore l'a fait aussi en se fendant d'un petit essai sur l'histoire de la pornographie pour l'excellent mais défunt magazine américain Arthur. Son contenu est résumé par l'auteur lui même : "Des cultures sexuellement progressives nous ont données les mathématiques, la littérature, la philosophie, la civilisation et le reste quand des cultures sexuellement répressives nous ont donné le moyen âge et l'holocauste. Ce n'est pas que j'essaye de donner du poids à mon argument, bien sûr." Pour en arriver là Moore dresse une histoire de la sexualité et de sa représentation de la Vénus de Willendorf à nos jours en passant par la grèce antique, les oeuvres pornographiques perdues d'Aubrey Beardsley et William Blake et Traci Lords. Tout cela est écrit sur un ton discursif très digeste, autrement plus en tout cas que ne l'est Lost Girls, d'autant que Moore n'a pas ici à avoir honte d'être didactique. Se pose pourtant un problème récurrent chez l'anglais, de plus en plus apparent dans la croissance exponentielle de l'universalisme de ses ambitions : il est et reste anglais et anglo-centriste. Lui qui ne quitte jamais sa ville de Northampton prétend n'en avoir pas besoin puisqu'il serait capable d'invoquer n'importe quel lieu dans son living room. Une idée séduisante qu'on est prêt à croire venant de lui mais qu'il n'a pas l'air très soucieux de mettre à l'épreuve. 100 coups de brosse...
Mellissa P donc raconte l'histoire d'une jeune fille (tendance ado 14-15 ans) qui découvre que les hommes confondent sexe et amour (les méchants bonhommes !) et décide de se donner frénétiquement à eux dans l'espoir de voir un jour une lueur d'amour dans leurs yeux, ou dans deux. S'en suit un parcours sexy et amusant à la Justine de Sade, où la petite (qui en profite pour découvrir sa sexualité, façon téléfilm de M6, brouillard et main dans la culotte, c'est toujours émouvant) va de désillusion (grosses désillusions) en désillusion (petites désillusions flétries). Mélissa P alterne les scènes réellement violentes pour son héroïne et celles où elle s'en sort plus gentiment sur le mode picaresque, réussissant au fil des aventures à nous attacher à ce personnage. Mais ne risque-t-elle pas de se perdre en agissant de la sorte telle qu'elle agit en faisant ça ? (voilà tout l'enjeu très Feux de l'Amour de ce livre). Depuis les 100 coups de brosse, l'auteur a publié deux autres romans dont un pamphlet sur les travers de l'Eglise ayant provoqué, paraît-il, un beau scandale. Il ne serait pas étonnant compte tenu de tout ça qu'on découvre un de ces jours que se cachait derrière cette jeune narratrice et écrivain un vieux monsieur libidineux. Mais c'est une autre histoire. En attendant, le coup de brosse avant d'aller dormir ne fera de mal à personne. Et viva italia ! Mademoiselle Rose dans la bibliothèque![]() Belle idée du magazine Vice que de publier un shooting de mode de bibliothécaires suédoises, délicieusement bourgeoises et sexys. Ceux qui comme moi ont des fantasmes assez primaires d'infirmières nues sous leur tenue, de femmes de notaires abonnées à la salle de gym et à la nymphomanie, ou justement, de bibliothécaires moins puritaines, je vous conseille ceci. Via Gatsu Gatsu Black Hole : L'adolescence est un trou noir Après la parution du dernier numéro il y a quelque mois, Delcourt sort pour Noël l'intégrale de Black Hole en un gros pavé bien plus joli que l'édition précédente,et la lecture d'une traite est autrement plus satisfaisante que le morcellement par épisodes subit depuis 1995.Black Hole raconte l'histoire d'une bande d'adolescents infectés par une mystérieuse MST qui provoque des mutations plus ou moins horribles (une queue, une bouche ou des palmes leurs poussent aux pires endroits). On pense évidemment immédiatement au SIDA, mais l'histoire se passe dans des années soixante-dix dessinnées façon sixties avec des références aux EC Comics des années cinquante. En fait, cette chose que ces ados se refilent, qui les poussent à se cacher, à se craindre les uns les autres et à vivre dans les bois, c'est simplement le sexe. Le sexe est partout dans la BD, sans doute la plus freudienne que vous trouverez en dehors des mauvaises histoire de super héros qui tuent leur père. Aucune grotte, aucune plaie, aucun passage dans les bois ni aucun serpent ou aucun flingue ne laisse la place au doute quand à ce qu'il figure vraiment. Ce n'est pas subtil, mais l'adolescence ne l'est pas non plus. Les transformés ne font qu'extérioriser leur image intérieure et, alors qu'ils se croient devenus des parias pour le reste de leur vie, la maladie ne les affectera que quelques mois. Si Black Hole est une histoire d'horreur, l'horreur y est celle de l'adolescence. Le soin apporté à chaque détail sordide, des pustules sur le visage d'un ado contaminé aux premiers poils de moustache dun autre, justifie bien les années passées. Le contraste violent du noir et blanc donne au dessin un côté très statique, figeant chaque case dans un moment de gêne éternel, exactement comme un souvenir d'adolescence. Pendant dix ans Charles Burns a exorcisé les siens, et nous a attiré dedans comme un trou noir ou nous même nous revivions nos pires moment. Dieu merci, c'est fini. Black Hole Charles Burns Delcourt Quatuor X : polar porno chez les bourgeois bruxellois Je continue d'explorer avec bonheur les polars récents de la collection Métaillié Noir. Après Au fond de l'Oeil du Chat, très classique dans la forme et le fond, voici un Quatuor X à dévorer d'une traite et sans modération. Jean-Baptiste Baronian, Belge d'Anvers, est un auteur de genre très réputé et président de l'association des amis de Georges Simenon. Cela se sent : son détective privé, héros de ce roman, n'a pas l'allure d'un Maigret mais joue de l'histoire du métier, empruntant l'âge, le look, le moral désabusé, la culture classique, les femmes de tous ceux qui l'ont précédé.Dans Quatuor X, le privé est embauché par un producteur de films X bruxellois, bien comme il faut, pour rechercher sa fille disparue depuis une quinzaine de jours après s'être mise à la colle avec un mystérieux producteur de musique. L'amant, mal vu par son beau-père, est très vite retrouvé mort dans son appartement (égorgé et à poil), le cul posé sur une lettre suggestive signée d'une certaine Jeanne Mansfield (ne pas confondre avec Jane Mansfield, l'actrice). L'enquête va progresser dans le brouillard, à la façon d'un Derrick haletant où ce sont les indices qui viennent au privé plutôt que l'inverse. Les morts s'enchaînent et l'on plonge peu à peu dans les eaux troubles des partouzards amateurs d'orchestres à cordes (tranchantes) de Bruxelles : d'où ce Quatuor X dont je tairai tout. L'ambiance créée par Baronian, mélange de déambulations gastronomiques dans la cité bruxelloise, de réflexions inspirées sur la vie, la mort, l'amour et de critique voilée de la Bonne Bourgeoisie (on se croirait dans un bon Chabrol ou chez... Simenon justement) est tout à fait réussie et enivrante. Le seul reproche qu'on fera à l'auteur est de nous donner trop vite envie d'arriver à la résolution de l'énigme, celle-ci étant servie un peu brutalement et trop simplement à notre goût. C'est évidemment l'une des qualités du polar que de nous faire lire à la vitesse de la lumière mais on aurait aimé cheminer quelques dizaines de pages de plus en compagnie des personnages de ce Quatuor (et plus si affinités). Quatuor X JB Baronian Métailié
Confession d'une jeune fille
Confession d'une jeune fille J'ai lu Lost Girls Apparement, je suis le premier ici, et j'ai de la chance. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, je vous parle d'une BD pornographique d'Alan Moore et Melinda Gebbie dans laquelle trois femmes nomées Alice, Wendy et Dorothée se retrouvent dans un hotel suisse à la veille de la première guerre mondiale pour se raconter leur biographies sexuelles. C'est une oeuvre très ambitieuse censée réconcilier le lecteur avec son imagination sexuelle. Lost Girls est déjà un succès critique et commercial, et pas encore la victime d'un procureur américain bien pensant (ce qui ne saurait tarder, n'en doutons pas). C'est effectivement une oeuvre hautement recommandable à tout lecteur majeur, mais ce n'est pas le chef d'oeuvre absolu annoncé. Premier problème, Lost Girls n'est pas une révélation. C'est peut-être la différence culturelle, puisqu'en tant que français nous avons la réputation d'une attitude éclairée vis a vis du sexe, mais je n'ai pas attendu cette lecture pour savoir que l'imagination sexuelle est une chose formidable, que la pornographie peut-être de l'art ou que la guerre n'est jamais que l'expression de pulsions homosexuelles refoulées (ou "les soldats, c'est tous des pédés"). Ce n'est pas un crime, mais Lost Girls ne fait jamais que répéter (avec un très bon sens de la formule), des idées pas si originales que ça. Beaucoup plus grave, l'écriture de Moore ruine souvent l'efficacité de son propos. Plutôt qu'une vraie BD, Lost Girls ressemble trop souvent à l'un de ces livres illustrés que lisent ses personnages. Moore répète volontiers que selon certaines études, en stimulant en même temps les deux hémisphères de notre cerveau via le texte et l'image, la BD serait le plus efficace moyen de communiquer une information. Ici, avec ces deux éléments mis en parallèle plutôt qu'entremêlés, le lecteur adopte un rythme mécanique (je regarde l'image, je lis le texte, je regarde l'image suivante...).Mon cerveau monopolisait donc mes flux sanguins au détriment de mes corps caverneux. Sans doute chez d'autres l'effets sera-t-il inverse. L'important c'est que, contrairement à Gebbie qui a apporté tout son art au dessin des actes les plus bestiaux (voir à ce sujet Dorothée et le lion du Magicien d'Oz), Moore ne réussi pas à marier l'art et la pornographie, juste à les faire cohabiter. Lost Girls Alan Moore et Melinda Gebbie Fraise et chocolat de Aurelia Aurita![]() Cette bande dessinée ne raconte rien d'autre qu'une histoire de cul. Celle qu'une jeune fille va vivre au Japon de manière ultra-décomplexée. Pas de discours pour envelopper, légitimer, intellectualiser la simple envie de baiser. Rien sur le Japon, le choc des cultures, les atermoiements d'une jeune fille qui donnerait son corps. " Je voudrais réserver mon âme à un seul homme mais avoir plein d'amants", dit notre sympathique hédoniste. Côté graphisme, un trait simple, lui aussi libéré des contraintes, le tout au service d'un livre léger et troublant. " Tu sens bon comme les Japonaises mais tu te fais enculer comme les Françaises", lui balance l'amant quelques pages plus loin. Une jolie formule qu'elle a raison de prendre comme un super compliment. Féminisme new generation ? Fraise et chocolat. Aurelia Aurita Impressions Nouvelles. La position du lecteur couché (ou debout)Posté par Easywriter le 29.07.06 à 10:01 | tags : sexe et littérature
Dire que certains croient que la lecture est une activité solitaire d'onaniste agoraphobe...Mais bon, on savait que sexe et littérature font bon ménage depuis notre adolescence grâce à Henry Miller et que mêmes les auteurs classiques de nos années lycée type Verlaine étaient de sacrés chaudards. Si cet été, vous voulez être érudit et sexy, lisez Anne Archet qui analysent ses curiosa préférés sur le blog sexe. Sinon, on a piqué cette superbe illustration ici. Romain Slocombe, ayant chanté tout l'été (japonais)...... se trouva fort dépourvu, lorsque la bise fut venue.
Regrets d'hiver de Romain Slocombe, Fayard Noir. Kathy Acker : les grandes espérancesPosté par Easywriter le 03.07.06 à 13:00 | tags : extrait, log out, rentrée littéraire, sexe et littérature
![]() A part ça je n'étais qu'une ratée. J'étais trop sensible. Mes membres émotifs ressortaient comme s'ils étaient brisés et qu'on ne pouvait pas les soigner. J'embrassais trop gentiment les amis de ma mère quand ils jouaient à la canasta. J'étais trop intrigué par le sexe. Je n'étais pas jolie au sens classique du terme. Je ne me comportais pas comme Penelope Wooding. Quand je lavais un plat je ne lavais pas. Puisque je en savais pas si ma mère était dieu, je ne savais pas si je m'aimais. Mes amis me disaient que je percevais les choses en terme trop manichéens. "Le monde est plus complexe", disaient-ils. Je disais : "j'ai des A à l'école". Kathy Acker ou la littérature qui ne démissionne pas. On en a déjà dit beaucoup de bien. Ce n'est que le début. Les grandes espérances. de Kathy Acker. Réédité par (merci merci) les éditions Desordre/Laurence Viallet. Sorti le 21 août. |
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