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L'actu de l'édition 2008 du Salon du Livre dont l'invité d'honneur est Israël.

Le Libé des écrivains : surprise journalistico-littéraire

Posté par Céline le 13.03.08 à 15:46 | tags : news, salon du livre 2008
A l'occasion du Festival d'Angoulême, Libé avait sorti un numéro spécial bd assez plaisant. Eh bien, en ce jour d'inauguration du Salon du livre (Gagnez des invitations pour le salon du livre sur Fluctuat), vous pouvez trouver en kiosque "Le Libé des écrivains", un numéro pour lequel il a été demandé à 50 écrivains de traiter chacun un sujet d'actualité.

On y trouve ainsi une foule de noms, souvent entendus et par conséquent plutôt attendus. Eric Reinhardt, l'auteur du très remarqué Cendrillon, interviewe Laurence Parisot. Vincent Delecroix (La chaussure sur le toit) présente un documentaire sur "la destruction des individus par l'entreprise". L'éminente Julia Kristeva livre une analyse sur la Chine, que les Etats-Unis viennent de retirer de leur liste noire des droits de l'homme.

Citons encore Gilles Leroy, primé au Goncourt pour son roman Alabama Song (il revient sur l'affaire des municipales de Neuilly), ou Le Clézio, Bergounioux et Pierre Péju qui se font critiques littéraires d'un jour.

Si certains des écrivains se plient parfaitement à l'exercice - au point qu'on ne note pas vraiment de différence entre leurs articles et celui d'un rédacteur lambda - il est vraiment réjouissant d'en lire d'autres qui alternent des morceaux de bravoure stylistiques et des... tics journalistiques !

En tout cas, ces regards croisés d'écrivains sur l'actualité révèlent surtout ceci d'important (et de rassurant) que l'engagement en littérature est toujours au goût du jour. Camus disait d'ailleurs : "L'écrivain n'est pas engagé, il est embarqué". Et on embarque volontiers avec lui le temps de lire ce numéro très spécial.

 

A noter : France 5 diffuse ce soir un making of réalisé en un temps record, sur la table ronde des écrivains qui a permis la réalisation de cette édition spéciale de Libé, et qui a duré toute la journée d'hier (Le Libé des écrivains, France 5, 22:25).

 


Aharon Appelfeld : l'école de la sérénité

Posté par Céline le 13.03.08 à 12:24 | tags : roman, news, autobiographie, salon du livre 2008

Parmi les écrivains israéliens invités au salon du livre, il y aurait comme une distinction à faire entre la Nouvelle et l'Ancienne génération. Les p'tits jeunes, ce sont des Etgar Keret, Orly Castel-Bloom, Zeruya Shalev, dont le travail n'est pas de prendre nécessairement pour thème central l'histoire conflictuelle de leur peuple.

Aharon Appelfeld, lui, relève assurément de la tradition des anciens. D'ailleurs, il fait partie de ces vétérans dont le port du béret impose le respect. Dans un entretien paru sur Bibliobs, il reconnaît aimer ces jeunes écrivains, mais venir d'"une autre perspective".

Dans la plupart de ses romans, Appelfeld s'inspire de sa propre expérience pour évoquer la réalité quotidienne de la population juive avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.
La chambre de Mariana, son dernier roman, rappelle à la fois Tsili et Histoire d'une vie, deux ouvrages qui laissaient aussi une grande part à l'autobiographie. Il retrace le parcours de Hugo, qui a été confié par sa mère à Mariana, une prostituée qui vit et travaille dans une maison close.

Attention : il faut détromper ceux qui, à lire ce rapide résumé, s'attendraient à un récit accablant de désespoir. L'univers dans lequel Appelfeld fait évoluer Hugo sait être lumineux, émouvant, et n'a pas pour objectif de faire justice de la barbarie des hommes.

"Parmi nous les survivants, les écrivains, Aharon Appelfeld a su trouver un ton unique, irréversible fait de tendresse et de retenue." Primo Levi

Aharon Appelfeld sera donc présent au salon du livre du 14 au 19 mars (gagnez des places avec Fluctuat !), et assistera à plusieurs conférences et séances de décidace (infos Salon du livre).

 

Lire la chronique de La Chambre de Mariana sur Fluctuat

Gagner des places pour le salon du livre avec Fluctuat


Polémique d'enfant gâté au salon du livre ?

Posté par Céline le 11.03.08 à 12:26 | tags : salon du livre 2008, festival, roman, société

A quelques heures de l'ouverture du Salon du livre de Paris, le boycott organisé par les pays arabes et musulmans se poursuit. Au cœur du débat : Israël, invité d'honneur. Une façon de cautionner la politique d'occupation de cet Etat ?

Selon l'AFP, la plupart des écrivains israéliens sont hostiles à la politique de leur pays, mais considèrent que le boycottage de l'événement revient à s'opposer à l'existence même de l'Etat hébreu. C'est l'avis par exemple d'Amos Oz, l'un des invités.

Plusieurs autres personnalités (littéraires ou politiques) sont conviées à s'exprimer sur le sujet car la polémique fait beaucoup de bruit en France. Mais l'affaire du Salon du livre est-elle si urgente que ça, au regard de l'Histoire Israël-Palestine, faite de sang et de larmes, pour un peuple comme pour l'autre ?

 

Dans un entretien paru dans Les Inrocks de cette semaine, Etgar Keret, autre écrivain invité, semble presque sourire de cette discussion qui lui paraît purement médiatique : "C'est vraiment un truc pour les pays qui vont bien. Ici, on a d'autres vrais problèmes que votre liste pour le Salon du livre : les infrastructures laissées l'abandon dans les municipalités arabes, ou la quasi-absence de représentants arabes au gouvernement". Il ajoute ensuite, entre provoc et lucidité : "on arrête pas de voir des journalistes français en ce moment. On parle de vous entre nous. Les écrivains sont un peu comme des putes : on est prêt à mettre une perruque et à faire les chiennes si le client veut. Et les journalistes français, on sait leur faire notre numéro d'écrivains israéliens".
Serions-nous à ce point incapable de nous départir de notre regard d'enfant gâté ? Peut-être bien.

 

Fluctuat vous offre 20 places pour le Salon du Livre de Paris : accéder au concours Salon du Livre

 


Faut-il boycotter la culture ?

Posté par Céline le 28.02.08 à 15:08 | tags : news, salon du livre 2008

 

Il y a des noms de pays, comme ça, qu'on ne peut plus prononcer sans qu'ils ne déclenchent aussitôt une véritable polémique : des pour, des contre, des oui-mais clamés par critiques, écrivains, intellectuels de tous horizons.

A l'occasion du 60e anniversaire de la création de son état, Israël est l'invité d'honneur du prochain Salon du Livre de Paris (du 14 au 19 mars). Seulement, voilà : cet événement qui se fête heureusement pour les uns correspond pour les autres à la Nakba, la "catastrophe". Alors le président de l'Union des écrivains palestiniens appelle au boycott, considérant que le choix de cet état comme invité revient à "légitimer tous ses agissements fascistes". D'autres pays rejoignent rapidement cette position : le Liban, l'Egypte, mais aussi l'Algérie et le Maroc, dont les éditeurs ont décidé qu'ils déserteraient le salon cette année.

La Foire du Livre de Turin, qui se déroulera du 8 au 12 mai, a subi le même boycott pour les mêmes raisons. Les organisateurs français comme les italiens peinent à trouver une solution pour remédier aux stands vides qui risquent quand même de plomber la fête...

Cela a-t-il un sens de boycotter la culture ? Inviter des écrivains d'Israël revient-il vraiment à cautionner la politique de ce pays ?

Voyons rapidement qui pense quoi au sujet de cette épineuse question.

Sans surprise, Tariq Ramadan a déclaré dans la Repubblica qu' "il est clair qu'on ne peut rien approuver de ce qui vient d'Israël". Dans le même journal, l'écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun, moins radical, condamne l'occupation israélienne de la bande de Gaza, mais voit dans la campagne de boycottage la dangereuse assimilation d'écrivains à la politique de leur gouvernement.

Du côté des israëliens, la délégation des écrivains invitée à Paris, qui comprend entre autres Aharon Appelfeld, David Grossman, A.B. Yehoshua, Etgar Keret, compte des absents : le poète Aharon Shabtaï par exemple, refuse de participer à une manifestation qui pour lui "soutient l'occupation".

Côté français, le Ministère des Affaires étrangères défend le choix d'Israël comme invité d'honneur au Salon du Livre. L'écrivain Pierre Assouline, s'étonne, quant à lui, que ce type de boycott ne s'étende pas au "pays du Moyen-Orient, qui pratiquent la peine de mort pour les drogués et les homosexuels, la lapidation en public des femmes adultères".

On sait bien que le débat sur la douloureuse question Israël-Palestine s'étend bien au-delà de l'affaire du Salon du livre. Mais cette dernière illustre bien en tout cas la triste tendance qui ressort de ce débat depuis des années : on n'en sortira pas.

 




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