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Parutions, rééditions, programmations, tout sur le roman d'hier et d'aujourd'hui.
CIVIL : Daniel Foucard fait sa Police Academy
J'avais dit mon extrême scepticisme quant au dernier roman de l'expérimental Daniel Foucard, Cold, paru il y a un an ou deux maintenant. Cela ne m'empêche pas de placer son cinquième ouvrage (Foucard est aussi un homme de revues et un expérimentateur de talent - je vous renvoie à son site personnel pour le détail), le bien nommé CIVIL parmi les excellentes surprises de ce début d'année littéraire. CIVIL se présente comme une séance de cours en quasimonologue professée par un policier instructeur devant une cinquantaine de futures recrues de la police de Madère, cette île portugaise magnifique située au large des côtes atlantiques. Josh Modena, l'instructeur star du roman, est un flic intelligent et un orateur hors pair. Ses dialogues sont au niveau des dialogues de Platon quand il discute, avec l'aplomb et le style(...° Daniel Foucard Léo Scheer - 192 pages Je suis vieille et voudrais n'en faire qu'à ma têteCa pourrait être un titre d'Anna Gavalda mais ça ne concerne que le changement de philosophie de la romancière. Gavalda publiera son nouveau roman, La Consolante, en mars.
Bon ok c'est peut-être juste un coup promotionnel mais ça nous la rend tout de même éminemment sympathique. Alan Moore, romancier gourou
Premier roman d'Alan Moore, le "plus grand scénariste de BD de tous les temps", La voix du feu est sorti, en version originale, dans une présentation aussi ésotérique que son propos, illustrée de photographies de José Villarubia qui en renforçaient le côté inquiétant et sanglant. Un deuxième roman, intitulé Jérusalem, est annoncé, ainsi que, bientôt, un livre-somme sur les arts magiques puis un tryptique de La Ligue des gentlemen extraordinaire (dont le Black Dossier récent et excellent ressemble à un grimoire) qu'on dit sous influence mystique. Moore est passé de l'autre côté du réel, s'il a jamais été des nôtres. Les propos d'un Snake and Ladders ou de Prométhéa ont peu à peu gagné sa conscience créatrice pour l'habiter entière et en faire un espace passionnant où l'ordre des choses ne relève pas du sens commun. Comme Moorcock et le maître du genre Ian Sinclair, Alan Moore est un artisan topographe de génie qui, raconte-t-il dans le dernier récit, a récupéré des montagnes de documentation concernant sa ville natale : des registres, la liste de tous les faits divers recensés depuis des lustres, des meurtres, des grimoires, des mentions dans des chroniques historiques; et dégagé des sortes de "constantes" ou "images récurrentes" qui, en motifs, viennent émailler l'histoire de la bourgade. Parmi celles-ci, on trouve des odeurs, mais aussi des figures : celles d'une fille rousse vénéneuse, celle de têtes décapitées, de feux, qui éradiquent le Mal ou le provoquent, et qui viendront donner sa couleur et son unité à l'ensemble. Côté histoires, Moore ne craint pas d'en rajouter et nous offre des scènes souvent formidablement conçues (l'envoyé de Rome qui découvre que l'Empire n'a plus les moyens de fondre de vraies pièces d'or; le traître du Complot des Foudres lynché à la nuit de Guy Fawkes; le juge à la gorge tranchée par des Furies à poil, le templier converti qui rentre chez lui....) dans un style ultraréaliste au point d'en devenir pompier. Comme les photos de Villarubia, les instantanés de Moore sont saturés de mots, d'odeurs, de chair et finissent parfois par écoeurer. La style est "populaire", presque rabelaisien ou sur le mode des Contes de Canterbury, toujours charnel (les scènes suggérées ou assumées de sexe sont toutes ultra convaincantes et dérangeantes) mais verse parfois dans un excès qui évoque le souci d'authenticité des films de Conan le Barbare. L'histoire d'ouverture contée avec ses propres mots (je vous laisse imaginer) par un demeuré du néolithique, chassé de sa tribu et qui se lie avec la femme du sorcier (l'homme-Hob, figure centrale, barbue et méchamment dominante, du roman), est quelque peu désarmante au delà de la cinquantième page.
Certaines histoires sentent la peau de bête et ont le côté repoussant et trop fort du gibier. Moore a une telle puissance évocatrice que la succession des contes nous accable aussi souvent qu'elle nous enchante. Certains twists sont de toute beauté et la plupart des nouvelles des chefs d'oeuvre de composition dramatique. Le propos pris dans son ensemble suggère l'histoire d'une ville de campagne à l'image de celle des hommes : violente, barbare presque et dominée par l'absence de dieu et de raison. Moore démontre brillamment que les passions dominent le monde et sont capables d'ouvrir sur des dimensions (sanglantes, mystiques, ésotériques) que seul l'art peut mettre en évidence. Sa vision historique est noire et sans échappatoire, ce qui d'une façon ou d'une autre, perturbe l'accueil d'un livre qui ne nous laisse pas grand chose ni grand monde à qui nous raccrocher. Comment aimer ce qu'on nous raconte alors . La Voix du feu est le premier jalon-synthèse d'une obsession dans laquelle on se fait prendre comme dans le filet du rétiaire. On y respire mal, on aime pas ça mais on ne peut pas s'en extirper aussi facilement. Le livre est admirable mais trop radical et monochrome pour être aimable. Le roman, avec toutes ses imperfections (trop d'intensité tue l'intensité....), est suffisamment bien tourné pour nous faire changer notre regard sur le cours des choses. Ce n'est pas un petit effet. Cet homme-là avant d'être un auteur, a tout du gourou : la capacité à nous faire voir le monde par ses propres yeux, sans qu'on s'en aperçoive.
La Voix du Feu - Alan Moore Calmann Levy - janvier 2008 - 330 pages (20 euros)
Johnny Glynn : Et le septième jour, Peter Crumb s'arrêta, ouf !
Les sept jours de Peter Crumb retrace donc le compte à rebours mortel d'un homme banal devenu dangereusement psychopathe et lâché dans un Londres non moins menaçant. Inspiré à son auteur par une "overdose" de récits sanglants déballés sans pudeur en première page des tabloïds anglais, Les sept jours de Peter Crumb se donne pour mission de remuer la boue et de marquer les esprits. A ce sujet Jonny Glynn ne nous épargne rien. Son récit détaillé des exactions de son personnage est écrit avec une minutie et une lucidité sans faille qui fait penser à cette phrase de William Burroughs concernant le Festin Nu : "le Festin Nu, c'est cet instant pétrifié et glacé où tous les convives sont réunis autour d'une table et ou chacun peut voir ce qui est piqué au bout de sa fourchette". Le livre s'impose comme un constat d'échec, celui d'une "civilisation" débordée par sa propre sauvagerie. Décapitation, viol, éventration, brutalités diverses, par delà sa violence assumée de faits divers atroces, Les sept jours de Peter Crumb est aussi la chronique d'un monde qui sombre lentement dans la folie écrite par un fou.
Un livre plombant, dont la morale pourrait être "Qu'importe le meurtre dans un monde en ruine". A ce titre, une des prophéties de Peter Crumb est éloquente : "La planète se meurt, dit il, mais elle est si belle, si belle".
Nouveau Palahniuk : Qui a peur de Buster Casey ?
Rant (ou Peste en français) est l’un des livres les plus aboutis et ambitieux de Chuck Palahniuk mais aussi le plus bordélique et le moins bien tenu…de l’intérieur.
Présenté comme une « biographie orale », genre qui consiste à reconstituer la vie du personnage principal, ici un dénommé Buster Casey, supposément le plus grand serial killer du continent, par une succession de témoignages et d’interviews recueillis auprès d’experts, d’amis, de proches, d’anciennes maîtresses ou d’ennemis, Rant se présente donc comme un texte composé de paroles et récits indépendants (...)
Peste Nouvelle charge Ellroyique des editions Rivages
Une façon certainement, pour l'éditeur, de faire patienter les lecteurs avisés qui se demandent peut-être, et à raison, ce que devient le troisième volet de la trilogie Underworld U.S.A, mais passons, c'est toujours un plaisir de retrouver l'écrivain de polar et de série noire le plus talentueux de sa génération.
Après Crimes en série et Destination morgue, Tijuana Mon amour réunit donc une série d'inédits initialement parus chez Rivages au printemps 2000 dans le cadre d'une campagne promotionnelle de vente en ligne sur le site d'Alapage. Le livre comprend "Hush-Hush" et l'émouvant "Tijuana Mon amour" deux nouvelles autour du savoureux personnage de Danny Getchell, journaliste véreux et éditeur de l'Indiscret, le journal à sensations d'Hollywood ("Hush-Hush" ou "Chut" en VO). Le reste est une suite d'articles prétexte à analyser de manière critique le fonctionnement de la société américaine au regard des crimes qui passionnent - ou passionnaient - l'Amérique, des années 50 à aujourd'hui, quand il ne s'agit pas de dénoncer (par la bande) sa violence et sa corruption, qu'elle soit policière, politique médiatique ou économique (ou tout ça à la fois), dans la droite ligne de Crime en série et Destination Morgue.
Toujours cynique et parfois même brutalement ironique, Ellroy peut parfois sembler un rien détaché de toute cette actualité d'époque et cela fatiguera peut-être le lecteur en mal de récit nerveux dans lequel l'auteur s'impliquerait plus frontalement. Reste le plaisir de lire, et relire, cette plume acérée avec ses partis pris souvent borderline, ses descriptions saisissantes, scabreuses ou tout simplement sanglantes, et sa galerie de personnages mythiques, qui font tout le charme pour le moins vénéneux de l'œuvre et de son auteur.
La réédition de la revue Polar Spécial Ellroy quant à elle est passionnante en tout point, surtout pour ceux qui n'ont pas eu la chance (c'est mon cas) de lire l'originale. En plus des articles d'époque (situés entre 1988 et 1992), ce volume se voit augmenté de nombreux inédits qui poursuivent la réflexion sur l'œuvre de l'américain. L'édition originale de Polar s'arrêtant à White Jazz, dernier roman de la tétralogie de Los Angeles, il était important d'augmenter ce volume de l'actualité que constitue les deux premiers volets d'Underworld U.S.A. (soit American Tabloid et American Death Trip). C'est pourquoi en plus des très bons articles et analyses de Michel Lebrun, Jean-François Guérif, Michel Abescat, Jean-Louis Touchant et Bruno Corty, on découvre deux inédits de Jean-Pierre Deloux ainsi qu'une étude de Natacha Lallemand sur Ellroy et les Femmes. A cela viennent s'ajouter les nouvelles inédites de l'auteur, une bibliographie/filmographie remise à jour, un document éloquent de Stéphane Bourgoin sur les serial killers, un autre de David Goodis sur Le Dahlia Noir et un dialogue délirant de Jean-Bernard Pouy etTonino Benacquista. Rien à jeter donc, pour le fan d'Ellroy, dans ce très bon complément thématique à son œuvre.
Tijuana Mon amour Michal Witkowski et le roman pédé
Lubiewo est le premier roman de Michal Witkowski, jeune trentenaire polonais, gay revendiqué et critique littéraire (nous dit sa courte biographie) dans plusieurs journaux mainstream (j'entends par là, non "communautaires") polonais. Editions de l'Olivier - 358 pages
John Burnside et les petits maîtres du roman
Rentrée littéraire 2008 nous voici et pas mécontents de démarrer en douceur avec cette virée inquiétante dans une Ecosse embrumée. Ces empreintes du diable démarrent ainsi atrocement bien, nous plongeant dans une ambiance un peu trop mystérieuse pour ce que la suite du roman a à dire mais dans laquelle on se complaît dès les premières pages. Bien plus tard, de nos jours, une tranquille mère de famille, sur la corde raide psychologique, prend la légende à la lettre et croît voir en son mari l'hôte du démon. Elle se suicide avec son automobile et zigouille deux de ses trois enfants, laissant son mari (un gros beauf, mais pas plus animé que ça) avec leur premier enfant, une jeune fille de quatorze-quinze ans, belle comme le jour et en pleine floraison. Lire la chronique dans son intégralité Toute la rentrée littéraire 2008 est sur le mag livres. Les Empreintes du diable (the Devil's Footprints) 224 pages - 18 euros - Métailié - sortie le 18 janvier 2008 Gottfried Bürger n'a pas eu 361 ans le 1er janvier 2008
![]() DANS une vallée silencieuse brille une belle petite fleur ; sa vue flatte l'œil et le cœur, comme les feux du soleil couchant ; elle a bien plus de prix que l'or, que les perles et les diamants, et c'est à juste titre qu'on l'appelle la merveille des fleurs./ Il faudrait chanter bien long-temps pour célébrer toute la vertu de ma petite fleur et les miracles qu'elle opère sur le corps et sur l'esprit ; car il n'est pas d'élixir qui puisse égaler les effets qu'elle produit, et rien qu'à la voir on ne le croirait pas./ Celui qui porte cette merveille dans son cœur devient aussi beau que les anges ; c'est ce que j'ai remarqué avec une profonde émotion dans les hommes comme dans les femmes, aux vieux et aux jeunes, elle attire les hommages des plus belles âmes , telle qu'un talisman irrésistible./ Non, il n'est rien de beau dans une tête orgueilleuse, fixe sur un cou tendu, qui croit dominer tout ce qui l'entoure ; si l'orgueil du rang ou de l'or t'a raidi le cou, ma fleur merveilleuse te le rendra flexible, et te contraindra à baisser la tête./ Elle répandra sur ton visage l'aimable couleur de la rose, elle adoucira le feu de tes yeux en abaissant leurs paupières ; si ta voix est rude et criarde, elle lui donnera le doux son de la flûte, si ta marche est lourde et arrogante, elle la rendra légère comme le zéphyr./ Le cœur de l'homme est comme un luth fait pour le chant et l'harmonie, mais souvent le plaisir et la peine en tirent des sons aigus et discordants : la peine, quand les honneurs, le pouvoir et la richesse échappent à ses vœux ; le plaisir, lorsque ornés de couronnes victorieuses, ils viennent se mettre à ces ordres./ Oh ! comme la fleur merveilleuse remplit alors les cœurs d'une ravissante harmonie ! comme elle entoure d'un prestige enchanteur la gravité et la plaisanterie ! Rien dans les actions alors, rien dans les paroles qui puisse blesser personne au monde ; point d'orgueil, point d'arrogance, point de prétentions !/ Oh! que la vie est alors douce et paisible ! Quel bienfaisant sommeil plane autour du lit où l'on repose ! La merveilleuse fleur préserve de toute morsure, de tout poison ; le serpent aurait beau vouloir te piquer, il ne le pourrait pas !/ Mais, croyez-moi, ce que je chante n'est pas une fiction, quelque peine qu'on puisse avoir à supposer de tels prodiges. Mes chants ne sont qu'un reflet de cette grâce céleste, que la merveille des fleurs répand sur les actions et la vie des petits et des grands./ Oh! si vous aviez connu celle qui fit jadis toute ma joie : la mort l'arracha de mes bras sur l'autel même de l'hymen ; vous auriez aisément compris ce que peut la divine fleur, et la vérité vous serait apparue, comme dans le jour le plus pur./ Que de fois je lui dus la conservation de cette merveille ! elle la remettait doucement sur mon sein, quand je l'avais perdue ; maintenant un esprit d'impatience l'en arrache souvent, et toutes les fois que le sort m'en punit, je regrette amèrement ma perte.//Ô toutes les perfections que la fleur avait répandues sur le corps et dans l'esprit de mon épouse chérie , les chants les plus longs ne pourraient les énumérer : et comme elle ajoute plus de charmes à la beauté, que la soie, les perles et l'or, je la nomme la merveille des fleurs, d'autres l'appellent la modestie. Jonathan Franzen vous souhaite la bienvenue dans sa zone d'inconfort
Jugez plutôt : le jeune Jonathan a été élevé dans le Missouri et parle peu des névrosés de la côte Est (ou Ouest), a fréquenté avec enthousiasme des clubs de scouts chrétiens, étudié l'allemand et nourrit une passion particulièrement diserte et vraiment passionnante pour l'ornithologie (si, si). Le pitch ? Alors qu'il visite une dernière fois la maison familiale promise à la vente, Franzen déroule ses souvenirs adolescents, premières émois sexuels, cavalcades débiles avec les potes, expérience de la honte familiale, etc... Rien de bien original dans son propos, et pourtant, en six chapitres qui se lisent comme autant de brèves nouvelles, l'auteur des Corrections offre un livre particulièrement émouvant conçu comme un "pré-roman" : thèmes personnages et événements sont au rendez-vous sans que l'écrivain n'ait encore trouvé le liant qui en ferait une bonne grosse fiction agencée et rassurante. Et c'est précisément cet aspect inabouti qui lui permet de sublimer la commune chronique des jours perdus en une réflexion autrement troublante sur l'intimité dévoilée. Sur ce qu'implique le fait de se dire et de ne pas y arriver. Franzen y est maladroit jusque dans la description de sa maladresse, de sa gaucherie.
Car l'auteur ne manque ni d'inventivité ni de puissance d'évocation et a justement les défauts de ses qualités : érudit et ambitieux, il est régulièrement beaucoup trop bavard et Les Corrections pâtissait de ce que voulant à tout prix maîtriser totalement son ouvrage, il allait jusqu'à sacrifier inutilement certains personnages sur l'autel de ses pesantes démonstrations. On croyait lire un chirurgien méticuleux et on subissait finalement 700 pages de la prose d'un artificier surdoué. Cette fois Franzen laisse intact ce qui résiste. Conscient qu'il y a ce que disent les mots et ce qu'ils cachent. Que la littérature a autant à voir avec le fait de dire que celui de taire. Dans la zone d'inconfort il n'y a pas de place pour le show. On veut donc croire que l'auteur a moins échoué dans une entreprise autobiographique que réussi à créer une forme fidèle à ce qu'est toute histoire personnelle racontée : la quête nécessaire et forcément ratée du sens à travers la reconstitution hasardeuse de sa vie.
Jonathan Franzen Editions de l'Olivier
Le dernier homme : Margaret Atwood et l'apocalypse Oryx and Crake, ou Le dernier homme en français, est l'oeuvre la plus récente de Margaret Atwood, l'un des écrivains (Canadienne) d'anticipation les plus justement remarqués, auteur notamment de l'excellent La servante écarlate, dont on avait parlé il y a quelques mois (ou années).Le dernier homme est dans la même lignée dystopique que cet ouvrage de référence, mais évolue dans un contexte de proximité avec notre monde qui en renforce l'impact. On entend par dystopie, une sorte d'utopie à l'envers (les spécialistes ont une théorie qui dit à peu près le contraire, mais elle serait trop compliquée à résumer ici), c'est-à-dire l'invention d'un monde proche du nôtre (à partir d'hypothèses crédibles donc), où tout aurait mal tourné au lieu de s'agencer en paradis. La dystopie est ainsi en littérature l'occasion d'exacerber des phénomènes qu'on peut aujourd'hui identifier comme "potentiellement dangereux" ou inquiétants et de regarder ce qu'ils donneraient, si, par mégarde, ils prenaient le contrôle du monde. Le Dernier Homme, comme son titre l'indique, renvoie ainsi à la mythologie évoquée il y a quelques jours à l'occasion de la sortie de Je suis une légende : celle d'un monde où l'homme tel qu'on le connaît aujourd'hui aurait disparu à l'exception d'un... unique représentant. Ecrit en 2003, Le Dernier Homme se focalise sur le récit d'un dénommé Snowman - Jimmy dans l'ancien monde, ami du principal responsable de tout ça. La narration se déploie entre l'évocation de la vie actuelle de Snowman et le récit de ce qui s'est passé. Snowman survit et évolue sur une Terre peuplée de créatures hostiles (des louchiens véroces, anciens canidés dopés au gène de pitbulls), débarrassée de tout souvenir de l'ancienne civilisation. Les seules créatures amicales sont les fils et filles d'Oryx et de Crake, homo sapiens modifiés, gentils comme des coeurs (débiles) et nés sur les cendres de l'humanité. Les fils et filles sont niais, privés d'émotions véritables et figurent une race humaine améliorée qui n'a plus besoin réellement de se nourrir (ses fonctions digestives ont été remplacées par une sorte de matrication bovine), de s'aimer ou de lutter pour se reproduire. Les Nouvelles Femmes ont des chaleurs, le cul bleu quand il est mûr, et ont des vulves artificielles qui leur permettent de se faire saillir sans échauffement jusqu'à ce qu'elles tombent enceinte (de partenaires multiples). Parallèlement à cette description savoureuse, Snowman nous révèle l'histoire de la Terre à rebours depuis sa rencontre adolescent avec Crake, le futur génie monstre de la génétique, jusqu'à la chute de la maison mère.Le dernier homme Margaret Atwood 10/18
Classe affaires : Une héroïne comme on ne les aime pas !![]() Nb : la notule ci-dessous a été rédigée par Montsé, lectrice assidue de Mille-feuilles. Toi aussi, propose tes lectures, chroniques, élucubrations via l'espace client. Je ne devrais pas le dire, mais ce qui m’a encouragé à lire le roman de Benjamin Berton, Classe Affaires, est avant tout l’admiration que je porte à notre très estimé critique littéraire de Fluctuat (je n'en fais pas trop Myosotis ?!) Connaissant son style mordant, je m’attendais à tout. Et pourtant, dès les premières pages, je suis tombé sur le cul, expression tout à fait dans le ton ! Oui, j’avoue, son roman m’a cloué. Comment avouer que les yeux me sortaient des orbites au fur et à mesure que je découvrais nos petits désagréments de femme étalés en premières pages. Benjamin Berton, l’affreux, ose, avec humour et sans détours, raconter le combat incessant que nous menons entre autre contre la pilosité… Voyez plutôt : Les hommes ne comprennent rien aux poils. Bien qu’ils en soient eux-mêmes tapissés, ils se montrent d’une intolérance brutale quand ils découvrent du crin sous une aisselle ou deux poils au nombril. Ils aiment les peaux lisses et déposer des baisers sur la ligne de friche du pubis. Mais il faut que cette ligne ait de la rigueur et ressemble à la frontière est-allemande avant la chute du mur, avec les barbelés pour délimiter les territoires… Nanou, comme un général d’armée, passe en revue les dégâts sur le champ de bataille encore chaud de la veille. Il paraît difficile de s’aventurer à l’air libre avec des poils et des idées noires. Sans cesse il faut développer des stratégies et intervenir avec des moyens nouveaux. Plus on coupe, rase, cire-ôte les poils et plus ils s’étendentClasse Affaires Benjamin Berton Gallimard John C.Wright : L'âge d'or et la fin de l'histoire
Dans L'Oecumène d'Or (The Golden Age en VO) sous-titré Une geste de l'avenir lointain, l'auteur nous présente une société entièrement gérée par des intelligences artificielles, nommées "sophotechs", qui s'occupent principalement de l'aspect juridique, énergétique, stratégique et économique des affaires humaines tout en pourvoyant à leur plaisir dans des univers virtuelles ultra-sophistiqués. Le genre humain s'est donc asservi volontairement pour son plus grand bien. Les planètes de notre système solaire sont toutes colonisées, ou servent de matière première à la Terre. Mieux, dans cette société véritablement post-humaine, la mort a disparu depuis longtemps. Les humains ne se reproduisent plus de manière "naturelle", ou presque, mais effectuent des copies, des doubles, des artefacts les représentants à divers endroit de l'univers. Ils vivent de toute façon plus généralement dans d'immenses simulations informatiques.
Christian Bourgois éditeur : une maison d'édition orpheline L'éditeur français Christian Bourgois est décédé jeudi à Paris des suites d'un cancer.Fondateur de la maison d'édition qui porte son nom, il aura contribué à faire découvrir au public francophone de grands écrivains étrangers, dont Alexandre Soljenitsyne, Gabriel Garcia Marquez, William Burroughs, Antonio Lobo Antunes. Issu de la bourgeoisie d'Antibes, il souhaite intégrer Normale Sup. Ses projets sont contrariés par son père qui préfère le soustraire à l'influence de ses camarades de khâgne, vivier notoire de gauchistes. Elève brillant du Lycée Louis-Le-Grand, il sera diplômé de l'IEP de Paris, second d'une promotion dans laquelle se trouve également un certain Jacques Chirac. Après un an à l'ENA, il démissionne, car son ambition le porte vers un autre milieu. Passionné de lecture et amoureux des livres, il rejoint la maison Julliard (1959). En 1966, il fonde au sein du groupe Les Presses de la Cité (qui a précedemment racheté les éditions Julliard) sa propre maison d'édition. Christian Bourgois éditeur devient le reflet de ses goûts en matière de littérature, qui se définissent essentiellement par l'éclectisme et la qualité. Le Seigneur des Anneaux, tout comme Les Versets sataniques font partis de son catalogue. Disparu à l'âge 74 ans, Christian Bourgois laisse derrière lui une maison d'édition qui aura été tout au long de ses années au service de la littérature. Brad-Pitt Deuchfalh : et si c'était...
Brad-Pitt Deuchfalh refusant obstinément tout entretien (exception faite de quelques échanges par mail), difficile de se faire une juste idée de qui il est vraiment. Sur Flu, nous avons donc émis des hypothèses. Du "déjà envisagé et dementi" (Nothomb ?), du "pourquoi pas c'est bien son genre" (Beigbeder ?), de l'incongru (Despentes ? Delarue ?). Bref, rien de bien probant... Comme plusieurs avis valent mieux qu'un, nous avons décidé d'inviter deux confrères à se pencher sur le phénomène Brad-Pitt D. Pensent-ils vraiment qu'un adolescent puisse être l'auteur de ce blog ? Et si une personnalité se cachait derrière ce pseudo, qui envisageraient-ils ?
Christophe Greuet, Journaliste culturel au Midi Libre, blogueur sur Culture Café J'ai entendu parler de ce blog et du livre qui en a été tiré, bien sûr. J'ai même été lire plusieurs billets sur le blog, mais je dois vous avouer que mon intérêt pour lui n'a pas dépassé le raz des pâquerettes (et je reste poli). Je comprends assez mal d'ailleurs la frénésie médiatique autour d'un tel nano-phénomène. En l'occurence, bien sûr qu'un adolescent, ou très jeune adulte, peut être l'auteur d'un tel blog. Je pense même que la plupart des adolescents pourrait faire mieux que cela. Quant à savoir si c'est un écrivain professionnel, c'est effectivement une éventualité, car je pense qu'un adolescent aurait plus besoin de reconnaissance sous son vrai nom qu'un tel souhait d'anonymat. Quant à l'identité de celui qui se cacherait derrière, je n'en sais rien. Mais ce doit être un auteur en quête de publicité, ce qui correspond à 99 % de la profession ! Alexandra, Journaliste et co-créatrice du blog Buzz littéraire Je pense qu'un adolescent peut tout à fait écrire avec talent et sensibilité. Je me souviens d'un véritable choc littéraire en lisant les textes d'une blogueuse de 17 ans à l'époque (Satinella). En ce qui concerne Brad-Pitt Deuchfalh, je n'ai pas été particulièrement touchée par son style ni son univers, tout en lui reconnaissant un véritable ton. Pour autant, il y a quelques indices qui peuvent faire douter quant à son âge véritable. Un ado ne ressent en général pas le besoin de préciser que ses textes sont l'oeuvre d'un "vrai" garçon de 15 ans (comme s'il redoutait déjà qu'on le soupçonne). De plus, ses textes sonnent un peu cliché parfois (comme celui sur les règles). Enfin l'indice le plus flagrant est le fait qu'il a refusé de se montrer aux différents éditeurs qui l'ont contacté (sauf M6Editions avec qui il a signé). Toutefois j'ai le sentiment qu'il s'agit de quelqu'un de jeune, même s'il n'est peut-être pas collégien (je le vois difficilement avoir plus de 30 ans). C'est quelqu'un qui maîtrise Internet et l'informatique (logiciels de retouche) sur le bout des doigts. Quelqu'un qui travaille peut-être au contact de jeunes (pion, prof ?). En tout cas quelqu'un qui lit Citato (un magazine qui est uniquement distribué dans les lycées, il faut connaître...). Dans tous les cas, quelque soit son âge, le plus important en tant qu'auteur, c'est qu'il ait rencontré son lectorat qui lui est fidèle. Honnêtement, je ne pense pas qu'une célébrité se cache derrière ce blogueur... Mais si l'on devait inventer, je dirai Titeuf pour l'humour un peu gras et potache qu'il partage tous les deux. Retrouvez Brad-Pitt Deuchfalh en entretien sur ados.fr La vie rocambolesque et insignifiante de Brad-Pitt Deuchfalh Brad-Pitt Deuchfalh M6Editions
Inversion de Brian Evenson : Roman (Mormon) de l'année 2007 J'ai repéré ce roman un peu tardivement pour qu'il puisse prétendre (sous mon influence sournoise auprès de mes camarades) à une place dans notre top 5 des meilleurs romans de l'année. Je m'en mords les doigts.Brian Evenson qui est un jeune auteur américain (41 ans), de religion mormone (il s'est fait exclure de sa communauté dès qu'il est "entré en littérature") nous livre avec Inversion un roman remarquable et glaçant de talent. L'auteur qui compte plusieurs romans à son actif n'a bénéficié que d'une traduction en 2006, chez LOT49 la collection de Claro (dont il assure, une fois n'est pas coutume, les traductions en anglais), pour un ouvrage (pas lu) regroupant des nouvelles et baptisé Contagion. En attendant de pouvoir en lire plus, Inversion suffit à notre bonheur. L'histoire démarre sur un schéma de connaissance dans l'Amérique des classes moyennes. Le jeune Rudd, adolescent timide de 19 ans, complexé et cancre (sauf en anglais), vit avec sa mère, après la mort violente de son père (suicide ?), dans le culte mormon. L'ambiance est stricte et pas folichonne. Rudd est plutôt solitaire, n'aime pas sa mère, mais ni plus ni moins que les enfants de cet âge. En farfouillant à la cave, il découvre dans les papiers de son père un courrier qui lui révèle l'existence possible d'un demi-frère, nommé Lael, qui habiterait, avec sa mère, à portée de scooter. Rudd part à la recherche de Lael, le retrouve et en fait son ami fidèle, celui notamment auquel il demande de l'aider pour un exposé scolaire sur son "héros mormon historique".Inversion Brian Evenson Le Cherche Midi
Les meilleures ventes![]() Semaine du 3 au 9 décembre 2007 : Il est parfois difficile de commenter le classement hebdomadaire des meilleures ventes. Car, comment se renouveler ? Une nouvelle fois, on retrouve le prix Renaudot 2007, mais sans le Goncourt sur ses talons. En effet, quid d'Alabama Song de Gilles Leroy, tandis que Chagrin d'école de Daniel Pennac caracole en tête. Suivi au loin par un autre roman, celui de J.K. Rowling (Ce n'est pas possible. Il y a forcément un lobby pro-Harry Potter qui s'est constitué et qui achète chaque semaine par milliers le tome 7 !?) Dans la catégorie Biographie, Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? de Michel Drucker passe devant Une vie de Simone Veil. Et fait son entrée avec un essai politique sur les dernières élections présidentielles Ségolène Royal (Ma plus belle histoire, c'est vous). Enfin, au rayon Bd, toujours XIII Tome 19 ainsi que XIII Tome 18. Sans oublier le tome 33 de Naruto réalisé par Masashi Kishimoto, qui vient de sortir.
L'Ange à la fenêtre d'Occident : le meilleur du fantastique pragois Pas facile de revenir au XXIe siècle ces dernières semaines, j'en suis conscient. Les griffes du XIXe siècle sont particulièrement puissantes et ne lâchent pas leur petite proie journalistique quand elles l'ont agrippée. Celles du début du XXe ne font pas de cadeaux non plus, quand le XXIe siècle aiguise encore ses "griffes de lait". Certains s'impatientent et réclament de la nouveauté. Hé bien, la nouveauté, qu'on se le dise, n'appartient pas plus au présent qu'au futur : la nouveauté (malheureusement) est souvent plutôt derrière que devant, à l'image de cet ultramoderne Ange à la fenêtre d'Occident de l'austro-tchèque Gustav Meyrink, qu'on avait laissé la dernière fois avec son célébrissime Le Golem.Cette fois, Meyrink a quelques années de plus (12 pour être précis, puisqu'on est désormais en 1927) et s'achemine tranquillement vers sa fin (il lui reste 5 ans au compteur et aucun autre livre...). Le succès s'est éloigné ; on le conspue un peu partout et il s'est absorbé corps et âme dans l'ésotérisme : expérience à la poudre de perlimpinpin, invocations de satans à nichons pointus... La réputation de Meyrink est celle d'un excentrique, tendance menaçante pour la population qui voit les coups dans les murs, les explosions et la visite de succubes comme un danger bien réel, au point qu'on lui a lapidé sa maison quelques années plus tôt et qu'il a dû quitter Prague. Au lieu de se racheter une conduite et d'écrire L'élégance du hérisson, Meyrink se démène pour livrer le roman d'alchimiste ultime, le plus tordu, fantastique, inquiétant, sensuel, sombre et gothique que la Terre ait porté depuis les Proverbes infernaux de William Blake et le Moine de Matthew Lewis : l'Ange à la fenêtre d'Occident. Le livre devrait plaire un maximum à ceux qui sont fans de Lynch et ont apprécié le dernier Coppola, L'Homme sans âge, ceux qui pensent que le temps n'est pas si linéaire qu'on croit et peut faire d'étranges mouvements sur lui-même, voire aller jusqu'à soutenir de sa matière molle des entreprises aussi foireuses que la réincarnation à distance ou la transmutation des âmes. Les meilleures ventes : La fiction, une valeur sûre
![]() En novembre, le roman a su gagner les faveurs du public, celui-ci choisissant de s'intéresser aux lauréats 2007 des prix Renaudot et Goncourt. Seule la biographie de Simone Veil, Une vie, parvient à rivaliser vraiment avec le genre. Il semble que le Renaudot se vende mieux que le Goncourt, et surtout que les autres prix ne font pas beaucoup d'émules... Et tandis que Muriel Barbéry continue d'écouler son stock de hérisson, les Adam et Eve d'Amélie Nothomb sont déjà repartis pour un paradis lointain et oublié.
Walden, Thoreau et la vie qu'on mène...![]()
Lucius Shepard : Le bayou des derniers jours
Ecrivain américain, reporter de guerre, infatigable voyageur et baroudeur émérite, Lucius Shepard fait parti de la génération des Philip K. Dick, Norman Spinrad & Co., autant dire la frange rock'n'roll, exubérante et engagée de la SF des 70's. Mais Shepard est aussi un écrivain au style fluide, proche des grands auteurs anglo-saxons, comme Ernest Hemingway ou Joseph Conrad. C'est également le spécialiste d'une littérature fantastique teintée de modernité qui mélange aussi bien, rites vaudous, légendes urbaines et futur proche. Les personnages de Shepard, sont un peu comme les personnages de La Plage d'Alex Garland, des occidentaux paumés, aux prises avec des forces et des coutumes qui les dépassent. C'est le cas de Jack Mustain, le héros de Louisiana Breakdown, dernier roman de l'Américain traduit aux éditions du Bélial.
Raconté comme un compte à rebours vers le désastre et la perdition, Louisiana Breakdown se déroule en un peu moins de 48 heures dans la moiteur des marais de la Louisiane profonde : Immobilisé malgré lui dans la ville de Graal, Jack Mustain va faire connaissance avec sa population haute en couleur, saturée de chaleur et de secrets. Une bourgade du sud profond qui semble condamnée d'avance et sombre lentement dans la démence sous l'ombre omniprésente du cyclone Katrina. Un lieu où il ne fait pas bon tomber amoureux, un endroit enfin, ou charmes anciens et maléfices sont plus que jamais vivant dans le cœur de ceux qui y vivent. Pourquoi on meurt plus sur les pages impaires...![]() Ma curiosité continue, année après année, et heureusement pour moi, de s'appliquer spontanément à d'étranges objets d'étude.
William Gibson : Le cyberpunk à travers les mailles du réseauAlors que les éditions J'ai Lu réédite, Neuromancien, Comte zéro et Mona lisa s'eclate, les trois premiers romans de William Gibson (dits, de la Sprawl Trilogy) accompagnés de son recueil de nouvelles, Gravé sur chrome, sous la forme d'un Omnibus titré Neuromancien et autres dérives du réseau, impossible de faire l'impasse sur ce qui fut certainement l'un des plus intéressants mouvements littéraires issu de la science-fiction du 20ième siècle : le cyberpunk, un mouvement littéraire né au début des années 1980 est largement influencé par la new wave anglo-saxonne des années 1970, représentée par des auteurs comme J.G. Ballard, Michael Moorcock, Harlan Ellison ou Samuel Delany. Cet univers, on le doit à de nombreux auteurs, mais avant tout à William Gibson Ford, l'inventeur de ce qui restera dans les annales de l'histoire comme "le cyberespace". Une "réalité virtuelle", un paysage de données, qu'il définit comme une représentation 3D des ordinateurs reliés en réseau de part le monde. (On notera que pour Gibson, cette "hallucination consensuelle" comme il l'a nommée, concerne en premier lieu les transactions de capitaux internationaux.) Un espace qui ressemble fort à notre Internet, à une différence près, et non des moindres, les visiteurs, pirates, hackers et police des corporations, y naviguent réellement pour s'y livrer une bataille sans merci. Mais cet espace virtuel abrite aussi des entités mystérieuses, parfois discrètes, parfois omnipotentes et omniprésentes, les IA, ou Intelligences Artificielles. Ça vous rappelle encore quelque chose ? Bravo, dans Matrix les frères Wachowski lui ont tout piqués ! Les meilleures ventes : XIII
Irvine Welsch de retour en librairie...et dans la hotte de Flu![]() A peine sorti de la rentrée littéraire 2007, on voit déjà se profiler celle de janvier 2008 ! Bien que je m'étais promis de ne plus participer à cette foire d'empoigne épuisante, il est difficile de passer à côté du grand retour d'Irvine Welsh, l'auteur culte de toute une génération avec l'acclamé Trainspotting, un roman adapté en 1996 par Danny Boyle. Cette fois, ce sont les éditions Au diable Vauvert qui s'y colle avec, non pas une, mais deux traductions de l'écrivain écossais.
Deux livres très différents donc, qui permettent de faire le point sur l'évolution du talent d'Irvine Welsh. On en reparle très bientôt sur Flu', le mag, avec une longue interview de l'auteur.En outre, Fluctuat et Au Diable Vauvert vous proposent de gagner cinq lots de deux livres dont l'un est contenu dans la superbe hotte de Flu. |
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