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l'actualité des parutions chez Rivages

Jerry Stahl : Requiem pour un gros

Posté par Maxence le 28.02.08 à 16:50 | tags : polar, rivages

Jerry Stahl nous avait bien fait rire avec A poil en civil, publié chez Rivages en 2005, même si ce roman, le troisième du jeune auteur américain, également scénariste pour Hollywood, ne nous avait pas non plus laissé de souvenirs plus mirobolants qu'une lecture agréable et une bonne tranche de rigolade (ce qui n'est déjà pas si mal en soit, mais cela ne suffit pas).

Moi, Fatty est d'une ambition autre ! A travers la biographie imaginaire de Roscoe Arbuckle, dit "Fatty", célèbre acteur du muet et première personnalité à faire fortune en profitant de l'essor de ce qui allait devenir Hollywood, alors un repère de saltimbanques, de managers rusés et d'escrocs, Stahl s'attaque aussi aux prémisses de l'industrie des médias du divertissement, à la naissance du voyeurisme, à l'inexorable ascension, enfin, de l'incroyable "l'usine à rêve" que nous connaissons aujourd'hui.

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Moi, Fatty

Jerry Stahl
Rivages Thriller


Daniel Woodrell embrasse le roman noir rural

Posté par Maxence le 18.02.08 à 10:44 | tags : roman, polar, rivages

Ceux à qui la nature parle, ceux qui apprécient par exemple les paysages désolés filmés par Ethan et Joel Coen et décrit par Cormac McCarthy, les contrées sauvagesde Jim Harrison et le sud profond de James Lee Burke, ne resteront pas indifférent à la lecture de Faites-nous la bise, dernier roman de l'américain Daniel Woodrell paru en poche chez Rivages/noir ce mois. Après le turbulent La Fille aux cheveux rouge tomate et le grinçant Sous la lumière cruelle, Woodrell part à la rencontre de ses racines campagnardes à travers ce "roman noir rural" truculent et quasi-autobiographique.

A travers l'histoire classique d'une vendetta générationnelle vue par un des membres les mieux lotis du clan, Doyle - l'écrivain de la famille - Faites-nous la bise brosse avec tendresse et ironie la saga d'une famille originaire des Ozark, terre rocailleuse et inhospitalière du sud profond des Etats-Unis.

"Trois petites secousses", c'est ce qui valut aux Redmond de se voir déchue de leurs terres et de perdre ainsi fortune et considération. Trois petites pressions des doigts du grand-père "Panda", sur la gâchette d'un revolver un jour de marché, et ç'en était fait du destin de toute une lignée de Redmond.

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Daniel Woodrell
Faites-nous la bise
Rivages/Noir


Nouvelle charge Ellroyique des editions Rivages

Posté par Maxence le 11.01.08 à 14:35 | tags : news, polar, roman, poche, rivages

Belle initiative des excellentes éditions Rivages qui sortent simultanément une réédition de feu la revue Polar Spécial Ellroy au format de poche et Tijuana Mon amour, un troisième recueil de nouvelles et d'articles de l'écrivain américain, qui clôt (provisoirement) la publication des textes courts et inédit de James Ellroy.

Une façon certainement, pour l'éditeur, de faire patienter les lecteurs avisés qui se demandent peut-être, et à raison, ce que devient le troisième volet de la trilogie Underworld U.S.A, mais passons, c'est toujours un plaisir de retrouver l'écrivain de polar et de série noire le plus talentueux de sa génération.

 

Après Crimes en série et Destination morgue, Tijuana Mon amour réunit donc une série d'inédits initialement parus chez Rivages au printemps 2000 dans le cadre d'une campagne promotionnelle de vente en ligne sur le site d'Alapage. Le livre comprend "Hush-Hush" et l'émouvant "Tijuana Mon amour" deux nouvelles autour du savoureux personnage de Danny Getchell, journaliste véreux et éditeur de l'Indiscret, le journal à sensations d'Hollywood ("Hush-Hush" ou "Chut" en VO). Le reste est une suite d'articles prétexte à analyser de manière critique le fonctionnement de la société américaine au regard des crimes qui passionnent - ou passionnaient - l'Amérique, des années 50 à aujourd'hui, quand il ne s'agit pas de dénoncer (par la bande) sa violence et sa corruption, qu'elle soit policière, politique médiatique ou économique (ou tout ça à la fois), dans la droite ligne de Crime en série et Destination Morgue.

 

Toujours cynique et parfois même brutalement ironique, Ellroy peut parfois sembler un rien détaché de toute cette actualité d'époque et cela fatiguera peut-être le lecteur en mal de récit nerveux dans lequel l'auteur s'impliquerait plus frontalement. Reste le plaisir de lire, et relire, cette plume acérée avec ses partis pris souvent borderline, ses descriptions saisissantes, scabreuses ou tout simplement sanglantes, et sa galerie de personnages mythiques, qui font tout le charme pour le moins vénéneux de l'œuvre et de son auteur.

 

La réédition de la revue Polar Spécial Ellroy quant à elle est passionnante en tout point, surtout pour ceux qui n'ont pas eu la chance (c'est mon cas) de lire l'originale. En plus des articles d'époque (situés entre 1988 et 1992), ce volume se voit augmenté de nombreux inédits qui poursuivent la réflexion sur l'œuvre de l'américain.

L'édition originale de Polar s'arrêtant à White Jazz, dernier roman de la tétralogie de Los Angeles, il était important d'augmenter ce volume de l'actualité que constitue les deux premiers volets d'Underworld U.S.A. (soit American Tabloid et American Death Trip). C'est pourquoi en plus des très bons articles et analyses de Michel Lebrun, Jean-François Guérif, Michel Abescat, Jean-Louis Touchant et Bruno Corty, on découvre deux inédits de Jean-Pierre Deloux ainsi qu'une étude de Natacha Lallemand sur Ellroy et les Femmes. A cela viennent s'ajouter les nouvelles inédites de l'auteur, une bibliographie/filmographie remise à jour, un document éloquent de Stéphane Bourgoin sur les serial killers, un autre de David Goodis sur Le Dahlia Noir et un dialogue délirant de Jean-Bernard Pouy etTonino Benacquista. Rien à jeter donc, pour le fan d'Ellroy, dans ce très bon complément thématique à son œuvre.

 

Tijuana Mon amour
James Ellroy
Polar Spécial Ellroy
Collectif
(Ed. Rivages et Rivages/Noir)


Tim Dorcey : Florida Burlesque

Posté par Maxence le 23.10.06 à 15:23 | tags : polar, elucubration, rivages
La Floride attire décidément bien des vocations littéraires. Que l'on évoques les légendes et , les "dignes héritiers", ("Cap'tain Barjot" pour les intimes) et ou les hagiographes, et Carl Hiaasen, on ne peut ignorer leur "petit frère" turbulent, l'hilarant . Un auteur qui est au polar ce que Tex Avery était au dessin animé "pour enfant".
Depuis Florida Roadkill, ode à tout ce que "l'Etat des fleurs" (ainsi qu'il fut baptisé à l'origine) peu produire d'excès, de déviances et de débauches, l'auteur n'a cessé de nous enchanter avec son bagout et son sens du rythme. Après une parenthèse politique (Orange Crush en 2005), Dorcey ramène à la vie les deux complices de son personnage fétiche : Serge A. Storms, sociopathe à temps-plein et hyperactif "Robin des Bois" de la déjante, grâce à un "twist" temporel opportuniste. Triggerfish Twist, son nouveau roman chez Rivages, se situe donc entre le moment où Serge et son ami abruti, Coleman, rencontrent la sculptural Sharon, et celui où ils tombent presque par hasard sur 5 milles dollars.
Un petit saut en arrière en forme de parenthèse, puisque le deuxième volet de la série, Hammerhead Ranch Motel, voyait Serge évoluer seul, ses mascottes ayant toutes deux subies une fin tragi-comique comme seul Dorcey peut les imaginer.
Hormis les tribulations d'une famille bien sous tout rapport (les Davenport), en but à un voisinage clownesque mais dangereux, soigneusement sélectionné par un agent immobilier véreux qui a décidé d'acheter tout un quartier de Tampa Bay en usant de tous les moyens possibles, le récit de Triggerfish Twist ne possède quasiment pas de trame logique. On ne peut donc pas parler d'intrigue ici. Dorcey passe successivement de la description du fonctionnement aberrant des services bancaires de l'état de Floride, aux échauffourées de voisinages (charge de Pittbull, ronde de nuit des citoyens dans "Crack City", virées nocturnes absurdes, bitures et scène de violence irrationnelles) prenant ainsi le pouls d'une région considéré par le reste du monde comme le paradis mais que ses habitants transforment lentement mais sûrement en "enfer climatisé". Du coup, on ne peut qu'admirer la virtuosité – et surtout le culot – avec lequel l'auteur réunit tous ces facteurs aléatoires en fin de roman, réussissant le "twist" plutôt gonflé annoncé dans le titre.
Triggerfish twist
Tim Dorcey
Rivages

Donald Westlake : les Sentiers du désastre

Posté par Easywriter le 03.05.06 à 14:34 | tags : extrait, rivages, polar
« Andy Kelp faisait confiance aux médecins. Pas tellement sur le plan médical, même si certains d’entre eux étaient également très bon dans ce domaine, mais au niveau des automobiles. (…) Les médecins avaient une parfaite connaissance, par exemple, de la différence entre le bien-être et la souffrance, et ils ne risquaient pas de choisir une voiture avec un siège mal conçu, un volant mal placé ou une pédale d’accélérateur qui vous faisait mal au genou après cent kilomètres. De plus, les médecins ont toujours présentes à l’esprit les conséquences d’un choc à grande vitesse, c’est pourquoi ils choisiront de préférence des produits qui a) éviteront les accidents autant que possible et b) y résisteront en cas de besoin. Voilà pourquoi, quand Andy partait faire ses courses dans les rues et sur les parkings de New York pour trouver un moyen de transport, il cherchait toujours le caducée sur le pare-brise. »

Vous avez reconnu ? Oui, il s'agit bien de Donald Westlake, fringant jeune homme de 73 ans, dont le dernier roman sera chroniqué dans le mag par notre éminent collaborateur, Sébastien D Gendron. Bientôt, on fêtera également les vingt ans des éditions Rivages.
Les sentiers du désastre,
Donald Westlake. (Rivages)

Maj : lire la chronique

David Peace : GB 84

Posté par Easywriter le 02.05.06 à 14:34 | tags : extrait, rivages, polar

« Casque bleus. Visière baissée. Boucliers ronds. Matraques – Coups des deux côtés – Les brigades font le plus grand nombre possible de prisonniers – Les capturent violemment – Par les cheveux – Par la gorge – Par les couilles –Chaos – Putain de bordel de chaos (…) Puis les putains de saloperies de chevaux arrivent. La première fois que je les vois de près. Par groupes de six. Visière baissée. Matraque brandie – Tueraient s'ils pouvaient – Et ils peuvent. »

Les grèves des "gueules noires" de l'Angleterre thatchérienne narrées par David Peace, ça donne  GB 84, un feuilleton politique mené tambour battant dans lequel l'héritier d'Ellroy apparaît au sommet de son art.

Chronique dans le mag.

David Peace, GB 84. Rivages.




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