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Quand la littérature se distingue : Prix Nobel, Prix Goncourt, Prix Renaudot, Prix Femina, Prix de Flore, Prix medicis, Prix Interallié... Tous les prix littéraires
Umberto Eco, couronné duc
L'essayiste et romancier italien s'est vu décerné, la semaine dernière, le Prix du Royaume de Redonda, qui récompense chaque année depuis 2001, un auteur ou un cinéaste non hispanique pour l'ensemble de son oeuvre. Le jury a voulu couronner Umberto Eco (par le titre de duc et un chèque de 6000 euros) pour "la finesse de ses travaux, son érudition si vaste et son infatigable curiosité". Le royaume de Redonda est une république idéale des lettres, gouverné par l'écrivain espagnol Javier Marias (Fondateur du Prix), et dont le nom fait référence à une île inhabitée des Petites Antilles. Umberto Eco, à qui l'on doit une révolutionnaire théorie de la réception en littérature, rejoint donc la pléiade d'écrivains et de réalisateurs qui "siège" à Redonda. Pedro Almodovar y est le Duc de Trémula, Francis Ford Coppola le Duc de Megalopolis, Antonio Lobo Antunes le Duc des Crocodiles, Pierre Bourdieu y a été le Duc du déracinement. Parmi les lauréats de ces derniers années, on peut citer J. M. Coetzee, Eric Rohmer, Ray Bradbury, tous devenus ducs et jurés à leur tour. Le fonctionnement du royaume de Redonda a quelque chose d'assez ésotérique, tout comme le sont par ailleurs les oeuvres des deux premiers rois de Redonda, Matthew Phipps Shiel (Felipe I) et John Gawsworth (Juan I). Ce qui plaira sans doute à Umberto Eco, auteur du Pendule de Foucault et de Kant et l'ornithorynque, pour le côté initié, et plus récemment, d'une Histoire de la laideur.
Le site officiel du Royaume de Redonda
Bob Dylan, le lauréat
Bob Dylan est bien plus qu'un chanteur. Un poète qui met ses mots en musique, s'approprie le monde en image et mélodie, multipliant ainsi à l'infini la puissance d'évocation de ses textes.Le jury du Prix Pulitzer, qui récompense traditionnellement des travaux journalistiques, a décerné lundi une mention spéciale au chanteur, comme cela était déjà arrivé pour d'autres grands musiciens, comme John Coltrane ou Thelonious Monk. Le jury explique qu'il salue cet artiste "pour son profond impact sur la musique pop et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétiques extraordinaire." Dylan avait déjà été nommé au Prix Nobel de littérature en 1997 : c'est dire comme son talent littéraire est désormais reconnu par toutes les instances.
Les influences du chanteur font plus qu'apparaître sous forme d'allusions ou de citations dans son oeuvre, elles font partie de lui. Allen Ginsberg, Dylan Thomas, Arthur Rimbaud, pour rappeler les plus évidentes. Dylan a encore ceci de poétique qu'il a toujours su rester Dylan, cela même lorsqu'il explorait jusqu'à l'extrême le principe de l'altérité. Le "Je est un autre" écrit par Rimbaud, Dylan ne l'a pas seulement chanté. Gamin au chapeau de cow-boy, provocateur en détresse, tombeur de femmes, chrétien à la foi exacerbée : autant de figures saisies par Todd Haynes dans son film consacré au chanteur, I'm Not There (dont vous pouvez lire la critique sur Flu). Le nom choisi par les fans de Bob Dylan pour sa nouvelle tournée, Never Ending Tour, consacre aussi à sa manière le poète qu'il est. Poète celui qui, par la diversité de son œuvre (rock, folk, country, blues, jazz), par les multiples conversions qui ont jalonné son existence, apprend que l'on peut se renouveler en restant définitivement soi-même.
Un Extrait de "My Back Pages", de l'album Another Side Of Bob Dylan (1964). (Ce morceau a été largement repris, et a notamment été interprété, pour l'anniversaire des 30 ans de carrière du chanteur, par Roger McGuinn, Tom Petty, Neil Young, Eric Clapton, George Harrison et Dylan lui-même.)
Crimson flames tied through my ears
Half-wracked prejudice leaped forth
(Des préjugés à demi-ruinés me poussaient vers l'avant
Prix de vil prix
Christophe Donner ( Un roi sans lendemain) était bien parti pour obtenir le prix Renaudot cette année, mais lui fut finalement préféré Chagrin d'école de Daniel Pennac... qui n'était théoriquement plus en course. Dans la foulée, le prix de Flore, qui récompense des jeunes écrivains à l'avenir prometteur, a été attribué à... Amélie Nothomb , fraîche romancière qui porte tous les espoirs en effet de la littérature de demain. Les Echos relèvent que sur un marché déprimant (c'est nous qui ajoutons le qualificatif) la maison Gallimard est une valeur en hausse avec déjà un Renaudot et un Goncourt dans la besace. Bref... Tout ça pour dire qu'on publiera demain un entretien avec Marie-Rose Guarnieri, créatrice du Prix Wepler, à notre sens dernière récompense digne de ce nom dans la République des Lettres. Le dixième prix Wepler-Fondation La Poste sera remis demain soir, nous y reviendrons également. Pourquoi j'ai lu Pierre
Tout ça ne justifie cependant pas un "prix du public". Cette popularité inhabituelle pour une oeuvre qui sort du domaine des Titeuf et autres Thorgal tient sans nul doute à son sujet. Que ce soit Maus ("j'ai survécu à l'holocauste"), Persépolis ("j'ai du fuir mon pays") et dans une certaines mesure Fun Home ("Je suis lesbienne et mon père s'est suicidé parce que lui aussi"), toutes les BD "différentes" qui parviennent à attirer un large public (qui souvent ne lit pas de BD par ailleurs) traitent d'un sujet important, du genre qui justifierait bien un épisode de "Ca se discute - jour après jour". Sans vous gâcher le suspense, Pourquoi j'ai tué Pierre commence avec un enfant qui se lie d'amitié avec un prêtre. Malheureusement, au delà de sa simple qualité de témoignage, l'album ne va nulle part. Il ne tire ni réfléxion, ni poésie de ce matériau brut. Il ne produit aucun sens et relève plus du groupe de parole que de la littérature. Bien sûr, si c'est tout ce que l'on attend d'un livre, il n'y a aucun mal à ça, et la popularité de celui ci n'est sans doute pas usurpée. Si vous voulez un peu plus de vos BD, il y a tout le reste de l'impeccable palmarès d'Angoulême, à commencer par NonNonBâ. Nicolas Fargues obtient le prix de la Saint-Valentin
Elles sont pas trop Grasset les frites ?![]() Une élucubration côté fourneaux et du meilleur goût, signée Arte Radio. Prix Femina : femmes au bord de la crise de nerfsPosté par Easywriter le 30.10.06 à 19:15 | tags : prix
Huston qui rit, Chapsal qui pleure. La première a obtenu aujourd'hui le prix Femina pour son roman Lignes de faille paru chez Actes Sud. Soit un demi-siècle d'histoire vu à travers le regard de quatre enfants de six ans, issus de générations successives d'une même famille (vous l'avez compris nous ne l'avons pas lu).La deuxième en revanche vient d'être exclue du jury à la suite de propos diffamatoires qu'elle aurait tenus dans son livre journal d'hier et d'aujourd'hui, où elle s'en prend notamment à la manière dont se déroulent les délibérations du Femina. Le renvoi de Chapsal ne fait pas l'unanimité et l'écrivain Régine Desforges a claqué la porte du jury par solidarité. "Certes, c'est prendre un risque que se dévoiler ainsi, sans mise en scène, sans maquillage pourrait-on dire ! Mais tout écrivain ne doit-il pas vivre dans le risque ? " a écrit Madeleine Chapsal à propos de son journal.. Lignes de faille Nancy Huston Actes Sud Les Bienveillantes, prix de l'Académie française Jonathan Littell vient -il d'entamer sa course aux prix ? Ou à l'inverse le grand prix de l'Académie française qui vient de lui être attribué pour Les Bienveillantes signifie que le Goncourt vient de lui échapper ? Auquel cas qui l'aura ? Et le Femina alors, c'est du poulet ?Quel suspense je vous jure je vais m'évanouir. Et le Goncourt alors !![]() Voici les quatre sprinters retenus pour la dernière course. Verdict le 6 novembre. Alain Fleischer : "L'Amant en culottes courtes" (Seuil) Jonathan Littell : "Les Bienveillantes" (Gallimard) Michel Schneider : "Marilyn, dernières séances" (Grasset) François Vallejo : "Ouest" (Vivianne Hamy) Goncourt : Faites vos jeux ! Sur le forum livres de Flu (illus.) Prix de Flore : les six candidats retenus Plus le prix Goncourt essaie d'être dans le coup, plus le Flore est commun. Allez zou, la liste des nominés :
Rendez-vous de Christine Angot (Flammarion) Supplément au roman national de Jean-Eric Boulin (Stock) Grande Jonction de Maurice G. Dantec (Albin Michel) L'heure et l'ombre de Pierre Jourde (Esprit des péninsules) Les bienveillantes de Jonathan Littell (Gallimard) Une fille dans la ville de Flore Vasseur, (Ed. des Equateurs) Verdict le 09 novembre. Orhan Pamuk décroche le Nobel Telex : comme un de nos indicateurs nous l'avait assuré, c'est donc l'écrivain turc Orhan Pamuk qui a remporté le prix Nobel de littérature. Symbole à plus d'un titre au moment où la France adopte un projet de loi spécifique sur la reconnaissance du génocide arménien par les Turcs. Pamuk fit en effet l'objet de sérieuses menaces dans son pays en reconnaissant haut et fort le le génocide arménien et le massacre de 30 000 Kurdes . A ce stade de ma puissante intervention j'aimerais vous parler plus avant de l'oeuvre du bonhomme mais je ne l'ai jamais lu. Et vous ?Encore un prix : Le K1ze minutes plus tardPosté par Easywriter le 02.10.06 à 11:19 | tags : prix
On a reçu ça : "Un prix de plus, ouais, bon. Celui-là a le mérite de penser, gentiment, aux journalistes qui s'ennuient. Le prix "K1ze minutes plus tard", initié par la revue Décapage, sera remis au K1ze, en face de chez Drouant, 15 minutes après l'annonce du Goncourt, et donc 15 minutes avant l'arrivée triomphale et maladroite du lauréat – pendant, donc, que tous les journalistes poireautent rue Gaillon." Super, non ? Ouais bon, signalons quand même que David Foenkinos Philippe Jaenada et Sege Joncour font partie du jury. Voici la première liste des ouvrages nominés : Itinéraire Spiritueux, Gérard Oberlé, Grasset/ Chaos de famille, Franz Bartelt, Gallimard, La Noire/Rhésus,Héléna Marienské, P.O.L./Impasse, d’Antoine Choplin, La fosse aux ours/Le Patrimoine de l’Humanité/ Nicolas Beaujon, Le Dilettante/ La Vie est un miracle, Laurent Marty, Le cherche Midi/Ce qui est perdu, Vincent Delecroix, Gallimard/Contour du jour qui vient, Leonora Miano, Plon/Dans la foule, Laurent Mauvignier, Minuit/ Marge brute,Laurent Quintreau, Denoël/ Le cri, Laurent Graff, Le Dilettante/ Les îles éparses, Jean-Louis Magnan, Verticales/Ars Grammatica, David Bessis, Allia/Trans, Pavel Hak, Le Seuil. NB Easy : d'autres propositions de lecteurs sont en attente, nous les publierons dans les jours à venir. Vos idées et messages cliquez ici Prix Nobel, faites vos jeuxPosté par Easywriter le 29.09.06 à 12:22 | tags : prix
![]() A quelques jours du Prix -dont personne ne connaît pour l'heure la date exacte- la rédaction livres de Flu active tous ses réseaux internationaux pour obtenir des infos exclusives sur la prestigieuse récompense (la classe mondiale et 1 millions d'euros tout de même). Une de nos principales sources, que nous nommerons par le sigle AFP pour préserver son anonymat, nous indique que les cercles littéraires citent régulièrement l'Américain , l'Israélien , le Syrien ou le Péruvien . Un de nos contacts à Las Vegas confirme la bonne côte du Syrien mais nous conseille de placer quelques billets sur le turc Orhan Pamuk déjà à 3/1. Un jounaliste de nos amis pariera lui sur Bob Dylan mais son penchant pour l'alcool nous a déjà joué des tours. (Illus : nos trois stagiaires enquêtent d'arrache pied) Prix de Flore, première sélectionLe Prix de Flore a été créé en 1994 pour récompenser la vraie littérature face aux choix moisis des jurés Goncourt. Douze ans plus tard, je ne suis pas sur qu'au blind-test je ferais vraiment la différence entre le Flore et Le Renaudot. Allez, la liste :
Christine Angot, Rendez-vous (Flammarion)/ Jean-Eric Boulin, Supplément au roman national (Stock)/ Truman Capote, La traversée de l’été (Grasset)/ Maurice G. Dantec Grande jonction (Albin Michel)/ Jean-Hubert Gaillot, Bambi Frankenstein (L’Olivier)/ François Jonquet, Et me voici vivant (Sabine Wespieser)/ Pierre Jourde, L’heure et l’ombre (L’Esprit des péninsules)/ Jonathan Litell, Les Bienveillantes (Gallimard) / Laurent Mauvignier, Dans la foule (Minuit)/ Laurent Quintreau, Marge brute (Denoël) / Flore Vasseur, Une fille dans la ville (éditions des Equateurs)/ Marc Weitzman, Fraternité (Denoël). Prochain wagon le 18 octobre. Au menu du Renaudot![]() Allez, la liste des nominés : (il arrive que certains soient également sur la liste du Goncourt, moyennant quoi ils n'obtiennent généralement ni l'un ni l'autre). Christine Angot : "Rendez-vous", Pierre Charras : "Bonne nuit, doux prince", Philippe Dagen : "Arthur Cravan n'est pas mort noyé", Agnès Desarthe : "Mangez-moi", Alice Ferney : "Les autres", Charles Ficat : "La colère d'Achille", Alain Fleischer : "L'amant en culottes courtes", Vénus Khoury-Ghata : "La maison aux orties", Gilles Lapouge : "Le bois des amoureux", Jonathan Littell : "Les Bienveillantes", Alain Mabanckou : "Mémoires de porc-épic", Gabriel Matzneff : "Voici venir le fiancé", Richard Millet : "Dévorations", Olivier et Patrick Poivre d'Arvor : "Disparaître", Michel Schneider : "Marilyn dernières séances" , Morgan Sportès : "Maos", François Vallejo : "Ouest". Prix Goncourt : première sélection Les jurés de la "prestigieuse" récompense ont publié une première liste de candidats.Stéphane Audeguy : "Fils unique" (Gallimard) Antoine Audouard : "Un pont d'oiseaux" (Gallimard) Christophe Bataille : "Quartier général du bruit" (Grasset) Jean-Eric Boulin : "Supplément au roman national" (Stock) Alain Fleischer : "L'Amant en culottes courtes" (Seuil) Nancy Huston : "Lignes de faille" (Actes Sud) Gilles Lapouge : "Le Bois des amoureux" (Albin Michel) Camille Laurens : "Ni toi ni moi" (P.O.L.) Jonathan Littell les Bienveillantes" (Gallimard) Léonora Miano : "Contour du jour qui vient" (Plon) Amélie Nothomb : "Journal d'hirondelle" (Albin Michel) Olivier et Patrick Poivre d'Arvor : "Disparaître" (Gallimard) Michel Schneider : "Marilyn dernières séances" (Grasset) François Vallejo : "Ouest" (Vivianne Hamy) Bon. A part le Littel dont on vous parlait il y a peu et l'éviction ( ou oubli, deux autres listes sont à venir) de Laurent Mauvignier, les autres livres ne nous disent pas grand-chose si ce n'est le supplément au roman national de Jean-Eric Boulin dont on reparlera bientôt. Laurent Mauvignier émerge de la foule En amont de la course au prix littéraires, deuxième étape d'une rentrée avec laquelle c'est promis on va arrêter de vous bassiner, le prix Fnac privé généralement l'auteur de toute autre récompense possible. Dommage pour Laurent Mauvignier , qui , avec Dans la foule, revient sur une des grandes tragédies du siècle écoulé : le drame du stade du Heysel, dans lequel trente personnes périrent piétinés suite à une bousculade créée par des hooligans. Quelques libraires de nos amis ne tarissent pas d'éloge à l'égard d'un roman qui semblait bien parti pour le Goncourt. A suivre quand même.Fred Vargas lauréate de la Crime's writers association
Son dernier opus, dans les bois éternels, édité par Viviane Hamy caracole en tête des ventes depuis des semaines et se serait vendu à plus de 300 000 exemplaires. Jean Teulé et Angie David, biographes récompensés![]() ![]() Le jury du prix du récit biographique est d'accord avec Mille Feuilles à propos du livre Je, François Villon de Jean Teulé. L'auteur vient en effet de recevoir l'honorable disctinction attribuée par une assemblée de représentants de la presse écrite et de la télévision. A noter qu'Angie David a reçu le prix spécial pour sa biographie de Dominique Aury, l'auteur du cultissime Histoire d'O. Un palmarès sans faute, donc. Beloved, de Toni Morrison, élu meilleur roman US![]() On vous parlait récemment du palmarès britannique des lecteurs de Book magazine qui avaient élu JK Rowling meilleur écrivain vivant. Traversons cette-fois l'Atlantique pour découvrir un classement qui nous sied mieux : celui du New-York Times dont le supplément littéraire vient de consacrer Beloved de Toni Morrison , meilleur roman de ces vingt-cinq dernières années. Ce ne sont pas les lecteurs mais quelque 200 critiques et écrivains qui ont donné leur avis au prestigieux magazine. Après Morrison, les esprits éclairés ont placé Underworld de Don De Lillo, Méridien de sang de Cormac Mac Carthy , Coeur de lièvre de John Updike et Pastorale américaine de Philip Roth. Un classement très smart où les femmes sont certes peu nombreuses mais toujours plus que les écrivains gay complètement absents. On cherchera aussi en vain des auteurs aux tempes non grisées. Zadie Smith reçoit l'Orange Prize
Manu Larcenet primé à Haarlem Le festival international de la bande dessinée de Haarlem a décidément bon goût. Après avoir primé Lewis Tronheim et Joe Sacco, le jury batave a récompensé cette année Manu Larcenet. L'auteur du combat ordinaire a obtenu le grand prix VRPO du meilleur artiste international alors qu'il était en concurrence avec la non moins excellente Marjane Satrapi. Larcenet récupère 2000 € et sera surtout l'invité d'honneur de l'édition 2007 qui lui consacrera une grande exposition. Peter Handke privé de prix Heinrich Heine La présence de Peter Handke à l'enterrement de Milosevic continue de créer la polémique. Après le retrait de sa pièce le voyage au pays sonore ou l'art de la question du répertoire de la Comédie française qui avait enflammé le gotha et les forums de Flu, la ville de Düsseldorf refuse de lui attribuer le prix Heinrich Heine. Et cela malgré la décision du jury prise le 25 mai dernier. La Ville - où Heine est né - ratifie ordinairement le choix des représentants du monde culturel qui composent ce jury. Le prix Heinrich Heine, doté de 50 000 euros, est une des plus prestigieuses récompenses littéraires Outre-Rhin. Il a déjà récompensé WG Sebald et Elfriede Jelinek. Cette dernière a d'ailleurs lancé un appel vigoureux à soutenir Handke. D'autres récipiendaires menacent de rendre leurs prix si la décision était confirmée. A titre personnel, je comprends qu'on ne veuille ni fréquenter, ni programmer, ni récompenser un auteur qui soutient un homme jugé pour crimes contre l'humanité. Le mieux eut été pourtant de ne jamais penser à lui attribuer ce prix et ne pas attendre l'enterrement de l'ancien leader serbe pour feindre de découvrir la position de Handke. Le Prix du Livre Inter attribué à Jean-Baptiste Harang Le Prix du Livre Inter, présidé cette année par Jean Echenoz, a été décerné à Jean-Baptiste Harang pour La chambre de Stella. Le journaliste de Libération signe un roman familial qui se déroule à Dun-le-Pastel en Creuse. Derrière ce pitch de roman régional, Harang réussit à évoquer les troubles identitaires générés par une filiation trouble : son père n'a jamais dit à ses enfants que Harang était un nom d'emprunt. Tout en sensibilité retenue, l'auteur réussit à éviter l'emphase et la sensiblerie, un travers fréquent dans ce genre d'exercice.La chambre de Stella, Jean-Baptiste Harang. Editions Grasset. Luc Ferry peut t'apprendre à vivre Avant de faire un passage éclair à l'Education Nationale, Luc Ferry a été un de ces penseurs qui comptent entre l'Eglise St Germain et la station Invalides. Dans son essai Apprendre à vivre (Plon) il raconte une histoire de la philosophie à l'usage du plus grand nombre. Selon son éditeur, le propos du livre est de "faire comprendre en quoi consiste la philosophie, comment elle éclaire de façon irremplaçable les multiples interrogations qui portent sur la façon dont nous pourrions ou devrions conduire nos existences". Une bien modeste ambition tout naturellement récompensée par le Prix Aujourd'hui, qu'il a reçu hier. Un prix créé en 1962 par des journalistes et qui récompense chaque année "un ouvrage politique ou historique portant sur la période contemporaine écrit par un auteur français ou étranger, mais publié en français et en France". Le jury était présidé par Jean Ferniot, autour de Christine Clerc, Catherine Nay, Jean-Marie Colombani, Albert du Roy, Claude Imbert, Jacques Julliard et Franz-Olivier Giesbert. Des voisins, en somme... |
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