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Quand la littérature se distingue : Prix Nobel, Prix Goncourt, Prix Renaudot, Prix Femina, Prix de Flore, Prix medicis, Prix Interallié... Tous les prix littéraires
Saramago perd son éditeur pour avoir critiqué Berlusconi
La maison d'édition Einaudi, qui fait partie de l'empire Mondadori de Berlusconi, édite les versions italiennes des ouvrages de Saramago depuis près de 20 ans. Mais avec El Cuaderno (Le Cahier), un recueil de chroniques initialement publiées sur le blog de l'écrivain, elle décide de rompre ce pacte fidèle. Selon elle, le texte comporte des propos qui lui vaudraient aussitôt condamnation devant un tribunal. Et de quel propos s'agit-il ? « Au pays de la mafia et de Camorra, quelle importance que le premier ministre se révèle être un délinquant ? » a notamment écrit Saramago. Et comment se fait-il qu'un tel homme n'ait pas encore suscité un mouvement de révolte des Italiens ? a-t-il également demandé au cours d'une interview parue dans El Pais.
Après le refus d'Einaudi, l'écrivain portugais a déclaré se « sentir soulagé de ne plus contribuer à l'enrichissement de Berlusconi ». Installé en Espagne en 1991, après avoir été confronté à la censure portugaise, José Saramago, qui s'en prend également dans El Cuaderno à d'autres entités - George Bush, Tony Blair, Le Pape, Israël, Wall Street - n'a eu aucun mal à trouver un autre éditeur italien. L'ouvrage est déjà disponible en portugais et en espagnol. Lire aussi : Participez au Prix Bartleby, le prix du roman inachevé
Si vous nourrissez vous-même quelques velléités d'écriture, si vous avez déjà commencé un ou plusieurs romans sans jamais avoir atteint le point final, si vous n'arrivez pas à aller au-delà de la première page - voire de la première phrase ! - et si vous pensez vous aussi qu'il est des œuvres qui feraient mieux de ne jamais voir le jour, le Prix Bartleby est donc fait pour vous !
Lancé par Frédéric Royer, à qui l'on doit déjà les irrévérencieuses cérémonies des Gérard du cinéma (diffusion le 12 mai sur Paris Première) et de la télévision, le Prix Bartleby est aujourd'hui le premier et l'unique prix littéraire qui interdit aux romans achevés de concourir (et on ne triche pas en tronquant des œuvres achevées, dit le règlement, sous peine d'être éliminé...). Un roman inachevé peut correspondre à 700 pages, 20 pages, un feuillet, voire de l'incipit.
Fluctuat est partenaire du Prix Bartleby, qui sera remis en novembre prochain. Pour participez, il suffit d'envoyer vos manuscrits inachevés par email avant le 30 septembre 2009 (prixbartleby@gmail.com). Pour en savoir plus sur le Prix Bartleby : lire l'entretien avec Frédéric Royer sur Fluctuat, et rendez-vous sur le site du Prix Bartleby.
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Obama contre les vampires et les sorciers... pour un prix littéraire Obama contre les vampires et les sorciers : la compétition pour l'obtention des Galaxy British Book Awards sera rude. Ce prix britannique, qui récompense les meilleurs livres et leurs auteurs, est disputé cette année, entre autres, par Obama, J.K. Rowling et Stephenie Meyer. Les trois concurrents ont pour point commun d'être les auteurs de best-sellers. Rowling, l'auteur d'Harry Potter, concourt avec son dernier livre Les contes de Beedle le barde (The Tales of Beadle the Bard), Meyer avec sa saga Fascination - dont l'adaptation cinématographique, Twilight, fait un carton au box-office - et Obama pour son autobiographie, Les Rêves de Mon Père (Dreams of my Father). Les mémoires politiques du premier président noir des Etats-Unis, L'audace d'espérer (The Audacity of Hope), est également dans la course.
Le (super)marché du livre. Sponsorisés par de grandes enseignes anglaises comme Tesco ou Sainsbury, les Galaxy Awards décernent des prix dans différentes catégories. WH Smith récompensera par exemple le meilleur livre jeunesse, et Booksdirect le polar de l'année. Les lecteurs, eux, peuvent télécharger des extraits des œuvres en compétition via leur téléphone portable et voter pour leurs auteurs préférés. Les paris sont ouverts, en attendant la cérémonie de remise des prix qui se tiendra le 3 avril prochain à Londres.
Jean-Baptiste Del Amo reçoit le Goncourt du premier roman
Né en 1981 à Toulouse, le jeune écrivain avait déjà reçu en 2006 un prix pour l'une de ses nouvelles, intitulée "Ne rien faire". Une éducation libertine avait quant à lui déjà figuré dans la sélection du prix Goncourt à l'automne dernier, mais n'avait pas été primé (le jury lui avait préféré le Syngué Sabour d'Atiq Rahimi). Dans cet ouvrage, Del Amo retrace l'ascension d'un jeune provincial dans le Paris pervers et corrompu du XVIIIe siècle. A mi-chemin entre Flaubert et Sade, le roman avait séduit la critique au lors de sa sortie.
Au même moment, un autre poulain de chez Gallimard, Tristan Garcia, se faisait aussi remarquer avec son roman La Meilleure Part des Hommes. Pour l'anecdote, le vrai nom de Del Amo est Jean-Baptiste Garcia, et c'est la raison pour laquelle il aurait du choisir un pseudo. Les deux écrivains cumulent décidément bien des points communs : nés la même année, ils ont tous les deux écrits un premier roman dans lequel il retrace une époque qu'ils n'ont pas vécue, tout en abordant le thème de l'homosexualité. L'Imagier des gens de Blexbolex est le plus beau livre du monde Le plus beau livre du monde est français, si l'on en croit le jury du Goldene Letter 2009, qui remettra son prix le mois prochain pendant la Foire du livre de Leipzig : c'est en effet L'Imagier des gens de Blexbolex, publié chez Albin Michel Jeunesse, qui a été distingué comme "The best bookdesign from all over the world". Choisi parmi 704 titres en lice, L'Imagier des gens se compose d'une série de portraits de gens représentés en fonction de leur statut ou de leur activité, et non de leur particularité physique. Inspiré par le graphisme des années 50 et 60, l'auteur Blexbolex a également choisi de coupler les portraits, proposant ainsi des associations d'idées. Trois autres éditeurs français ont également été distingués pour l'un de leur beau livre. Galaade pour Israël, les Arabes, la Palestine. Chroniques 1956-2008, de Jean Daniel, et pour Les Laboratoires du temps : Ecrits sur le cinéma et la photographie, d'Alain Fleischer, dont le design est signé Julien Hourcade et Thomas Petitjean ; le Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, pour le catalogue Art is Arp. Dessins, collages, reliefs, sculptures, poésie, conçu par l'agence SP Millot. Et enfin, La Galerie d'architecture, pour Méthodes de Cédric Libert et L'Atelier d'architecture de Pierre Hebbelinck, conçu par Manuela Dechamps-Otamendi.Première sélection pour le Goncourt du premier roman 2009
Paul Andreu, La Maison (Stock) Justine Augier, Son absence (Stock) Jean-Baptiste Del Amo, Une éducation libertine (Gallimard) Tristan Garcia, La Meilleure Part des Hommes (Gallimard) : ce livre a obtenu le prix de Flore 2008 Laurent Nunez, Les récidivistes (Champ Vallon) Marion Ruggieri, Pas ce soir, je dîne avec mon père (Grasset)
Voir aussi : Entretien vidéo avec Tristan Garcia La chronique de La Meilleure part des hommes La chronique d'Une Education libertine Le dossier prix littéraires : tous les lauréats des Goncourt, Renaudot, Fémina, etc. Votez pour le prix Sncf du meilleur polar 2008La sélection automne-hiver pour le prix Sncf du polar est tombée. Trois titres européens et trois titres français se soumettent au vote d'un collège de 1200 lecteurs de la France entière, avant la grande finale qui aura lieu à la fin de l'été, et qui confrontera l'ensemble des ouvrages retenus par les lecteurs.
Sélection meilleur polar français: Signalons la présence de Sébastien Gendron, collaborateur occasionnel de Flu, pour Le tri sélectif des Ordures (Bernard Pascuito). A ses côtés, figurent Chantal Pelletier pour son Montmartre, mont des martyrs (Gallimard) et Stéphane Michaka pour La Fille de Carnegie (Rivages).
En lice pour le prix du meilleur polar européen: Les lecteurs ont à choisir entre London Boulevard de Ken Bruen (Fayard), Le carré de la vengeance de Pieter Aspe (Albin Michel) et Scalpel de Campbell Armstrong (le Masque).
Si vous voulez voter pour votre polar préféré, vous pouvez vous inscrire ici pour rejoindre le collège de lecteurs de votre région.
Emmanuelle Pagano décroche le prix Wepler![]() Le 11e prix Wepler-Fondation La poste, doté de 10.000 euros, a été décerné à Emmanuelle Pagano pour son roman Les Mains gamines (P.O.L). Les mains gamines, troisième roman de Emmanuelle Pagano, 39 ans, l'a emporté devant Une Fille du Feu d'Emmanuelle Bayamack-Tam, également publiée par les éditions P.O.L et Corniche Kennedy (Verticales) de Maylis de Kerangal . Les mains gamines raconte l'histoire d'une très jeune femme, autrefois systématiquement violée par les garçons de sa classe, devenue aujourd'hui l'employée de l'un de ses anciens tortionnaires.
La mention spéciale du jury, dotée de 3.000 euros, est allée à Céline Minard pour son quatrième roman Bastard Battle (Léo Scheer), que nous avions beaucoup apprécié chez Flu (voir la chronique).
Issu de la librairie indépendante, le prix Wepler est attribué par un jury renouvelé chaque année de libraires, critiques et lecteurs. Ses organisateurs viennent de publier un recueil de textes inédits des lauréats des dix années précédentes, sous le titre Seize nouvelles (Thierry Magnier). Serge Bramly remporte le prix Interallié Le dernier prix littéraire de la saison est tombé : Serge Bramly remporte le prix Interallié pour Le premier principe, le second principe publié chez Jean-Claude Lattès (groupe Hachette). Le lauréat n'a été élu qu'après quatorze tours de scrutin. Serge Bramly l'a emporté avec six voix contre quatre à Jean-Paul Enthoven, qui a déjà vu le Médicis lui filer sous le nez.Né en 1949 à Tunis, Serge Bramly est un grand voyageur, spécialiste de la photographie, de la Chine et de l'art. Polar dense qui plante son décor dans les années mittérandiennes, Le premier principe... s'ouvre sur une incursion saisissante dans les dernières pensées de Lady Di lors de son accident sous le pont de l'Alma. Flash back sur son mariage avec le prince Charles en 1981, un des nombreux paparazzi présents se trouve être lié au destin de la princesse, de Pierre Bérégovoy et d'un marchand d'armes suisse. Les recettes littéraires du Wepler disponibles en librairie Pour fêter ses dix ans, en 2007, le prix Wepler-Fondation La Poste avait commandé à plusieurs auteurs contemporains - parmi lesquels ses lauréats - une « recette secrète », qui devait refléter l'ensemble de leur œuvre. Nous vous proposions déjà de retrouver en ligne ces seize nouvelles, signées, entre autres, Eric Chevillard, Pavel Hak, Héléna Marienské, Yves Pagès, Antoine Volodine... Chaque écrivain y livre, avec humour souvent, sa supposée recette d'écriture, même si, comme le souligne François Bon, « Il n'y a pas de recette qui vaille en littérature mais longtemps qu'on le sait ».
Désormais réunis dans un recueil, publié aux éditions Thierry Magnier, les inédits du Wepler offre un beau panorama d'une littérature singulière, représentée par des auteurs à la verve remarquable, qui n'en ont pas fini de faire faire du sport à la langue française.
Seize nouvelles : 1998-2007, 10 ans du prix Wepler-Fondation La Poste, ed. Thierry Magnier, octobre 2008. La dernière sélection du Prix Interallié
Serge Bramly, Le premier principe, le second principe Benoît Duteurtre, Les pieds dans l'eau Atiq Rahimi : les raisons d'un Goncourt surprise
Alors pourquoi lui ?
1. La théorie des dominos
Celle-ci règnerait sur la logique des prix littéraires selon Clara Dupont-Monod de Marianne pour qui "la question n'était pas: qui récompenser mais: qui ne pas récompenser? Exit Olivier Rolin , trop évident. Michel Le Bris, édité chez Grasset, ne pouvait convaincre les jurés "vendus "à Gallimard, éliminé car ayant touché le gros lot avec le Nobel de Jean-Marie le Clézio... Restait Atiq Rahimi et son éditeur POL qui fête opportunément ses 25 ans d'existence... Du gagnant-gagnant donc, selon la journaliste, pour le jury Goncourt qui "prouve" sa modernité et son indépendance, pour Gallimard, distributeur de POL et pour l'auteur dont l'ouvrage tiré à 20 000 exemplaires en août est en rupture de stock et réimprimé à 120 000 exemplaires. Rappelons tout de même que Clara Dupont-Monod a raté de peu le Goncourt 2007 pour son roman La passion selon Juette publié chez...Grasset!
2. L'étranger écrivant en français est furieusement tendance
Membre du jury Goncourt, Bernard Pivot , bien qu'il reconnaisse une petite cuisine interne - "Roblès ayant eu le Médicis, il était normal qu'on se tourne vers Rahimi." - s'est dit "très sensible au fait que ce soit un Afghan qui ait choisi d'écrire cet ouvrage en français". Et à la suite du Nobel, il est de bon ton de se glorifier du rayonnement culturel de la France et du dynamisme de la francophonie. Après Milan Kundera et Jonathan Littell, Rahimi a choisi d'écrire en français, "langue réthorique et de liberté" pour lui. Mais pour Pivot, ce prix est surtout le signe que "le Goncourt renoue avec la tradition qui consiste à parler du monde".
3. Un enthousiasme sincère pour une oeuvre engagée
Car, force est de constater une réelle tendance en faveur de la distinction d'oeuvres sociales, engagées et en contact direct avec des sujets d'actualité forts, à l'instar du film de Laurent Cantet, Entre les murs, récompensé de la palme d'or lors du dernier festival de Cannes. Edmonde Charles-Roux, présidente du jury, justifie ainsi le choix de l'Académie: "c'est un livre qui défend la cause féminine". Et le Goncourt, selon elle, "cherche à récompenser un livre social". Même ligne du côté de la jurée, Françoise Chandernagor pour qui "le livre s'est imposé par son actualité. L'Afghanistan est un pays qui nous intéresse et qu'on cherche à comprendre."
Aussi Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères s'est empressé de féliciter l'auteur afghan engagé, dans la foulée de l'annonce du prix, tant il est "fier d'avoir soutenu cet auteur dans le cadre de son Programme d'aide à la publication et d'avoir contribué à la production de son film Terre et cendres". Tandis que Rahimi s'est déjà illustré en s'opposant publiquement à l'expulsion de 54 Afghans clandestins arrêtés la semaine dernière dans le Pas-de-Calais, demandant à la France de leur accorder l'asile politique dont il a lui-même bénéficié à la fin des années 80. "Les renvoyer dans leur pays, c'est les condamner à un avenir incertain, c'est prendre le risque de les laisser aux mains des fondamentalistes qui détournent le désespoir de cette jeunesse à des fins religieuses extrémistes" a-t-il déclaré aujourd'hui via un communiqué du Réseau éducation sans Frontières (RESF). Le Prix Décembre 2008 pour Mathias Enard
D'abord remarquée pour sa forme - un long monologue ininterrompu, sans point ni majuscule - l'oeuvre d'Enard se distingue surtout par son érudition : dans un style percutant et d'une violence mémorable, l'écrivain revient sur tous les conflits historiques qui ont fondé un siècle d'Histoire, de la Première Guerre mondiale à celle qui a déchiré la Yougoslavie, en passant par la Guerre d'Algérie et la Seconde Guerre Mondiale. Rien que ça.
Agent de la DGSE sur le point de se reconvertir, le narrateur de Zone, Francis Servain Mirković, prend le train de Paris à Rome, où il doit remettre une précieuse mallette remplie d'archives à un représentant du Vatican. Le voyage sur les rails est l'occasion de dérouler le fil de sa conscience, faite de déceptions existentielles, de traumatismes personnels et d'épisodes historiques. Mirković a tout connu : la guerre, les femmes, la déchéance, la mort, la trahison, et livre ainsi une confession qui ressemble davantage à celle d'un agent de l'Humanité que d'un professionnel du renseignement.
Mathias Enard, s'il ne travaille pas, à notre connaissance, pour la DGSE (voir notre entretien vidéo avec l'auteur), rassemble lui aussi pas mal de vécu : spécialiste du monde iranien, il a effectué de longs séjours d'études au Moyen-Orient (Iran, Liban, Egypte...). Remarqué pour son premier roman, La Perfection du tir, il a également publié Remonter l'Orénoque (Actes Sud) et Bréviaire des artificiers (Verticales). Et à Barcelone où il enseigne l'arabe et anime plusieurs revues culturelles, il ne cesse d'écrire. Avec, espérons-le, la même ambition qui lui a permis d'achever l'oeuvre totale que représente Zone.
Photo : Mathias Enard en septembre 2008, © POL EMILE/SIPA Le Prix Renaudot pour Tierno Monénembo
Cette biographie romancée retrace le parcours d'Aimé Victor Olivier, futur Vicomte de Sanderval, appelé Yémé par les Peuls, et qui au XIXe siècle voulut "se tailler un royaume au nez et à la barbe des administrations françaises et anglaises".
Tierno Monénembo a quitté la Guinée en 1969, fuyant la dictature de Sékou Touré. Après des années de voyage (Sénégal, Côte d'Ivoire), il a rejoint la France en 1973 afin de poursuivre ses études. Nommé docteur ès sciences après avoir présenté une thèse en biochimie à l'université de Lyon, il sera par la suite enseignant au Maroc et en Algérie. C'est 1979 qu'il publie son premier roman, Les Crapauds-brousse. Dans ce roman comme dans ceux qui suivront, il s'attache à dénoncer l'impuissance des intellectuels en Afrique, ainsi que les difficultés du peuple africain en exil. Couronné par le prestigieux prix, Le Roi de Kahel pourra désormais faire entendre davantage cette voix singulière de la fiction africaine.
Le Prix Renaudot de l'essai a quant à lui été attribué à Boris Cyrulnik pour Autoportrait d'un épouvantail (éditions Odile Jacob). Le prix Goncourt 2008 attribué à Atiq Rahimi
Dans son premier livre écrit directement en français, Atiq Rahimi donne la parole à une femme afghane au chevet de son mari mourant. Et elle raconte les souffrances et sacrifices d'une guerre absurde qui n'en finit pas et les injustices que son sexe subit au nom dévoyé d'Allah.
Alors que le Parlement français vient de voter l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, le jury Goncourt met en lumière le témoignage singulier de cet auteur en exil, l'une des plus belles surprises de cette rentrée littéraire. Le Goncourt et le Renaudot attribués à...Grasset?
Un seul challenger, en dehors de l'habituel trio Grasset-Gallimard-Seuil, figure sur la dernière liste du Goncourt. Il s'agit des éditions Zulma avec Jean-Marie Blas de Roblès et son Là ou les tigres sont chez eux mais celui-ci, coupable d'avoir reçu la semaine dernière le prix Médicis, pourrait être éliminé d'office de la course.
Du côté du Renaudot, idem, ce sera bien l'une des trois incontournables maisons qui recevra le prix. ( voir la dernière sélection)
Aussi, si l'on regarde de plus près les palmarès, la tentation est grande de parier sur un éditeur, plutôt qu'un auteur, en dehors de toute considération littéraire et en ne se fondant que sur un simple calcul de probabilité.
And the winner should be...Grasset
Le Goncourt 2007 ayant été attribué, une fois n'est pas coutume, au Mercure de France avec Alabama Song de Gilles Leroy, et en 2006 à Gallimard avec Jonathan Littell et ses Bienveillantes, la logique voudrait que le tour de Grasset soit venu et que le prestigieux prix revienne à La beauté du monde de Michel le Bris.
Quant au Renaudot, attribué l'année dernière à Daniel Pennac (Gallimard) et en 2006 à Alain Mabanckou (Seuil), une fois encore la "justice" voudrait que Grasset remporte la mise et là, suspense, deux auteurs de l'écurie s'affrontent avec Olivier Poivre d'Arvor et Elie Wiesel.
Si ces auteurs méritent certainement de voire leur travail salué, nous espérons tout de même que les délibérations des jurys des prix littéraires ne se réduisent pas à de vulgaires tractations de marchands de tapis entre quelques éditeurs jaloux de leur position olipolistique. Réponse dans une heure...
Tristan Garcia reçoit le prix de Flore Tristan Garcia vient de recevoir le prix de Flore pour son roman La Meilleure Part des Hommes. Agé de tout juste 27 ans, Garcia - l'un de nos chouchous de la rentrée littéraire - a réussi l'exploit inédit de remporter l'adhésion du jury du Flore à l'unanimité dès le premier tour. Premier roman du jeune écrivain, La Meilleure part des hommes est une "Chronique des années quatre-vingt, un conte moral désenchanté et une réflexion sur le Sida" (vous pouvez lire la chronique de l'ouvrage). Dans cet entretien vidéo réalisé par Fluctuat, Tristan Garcia nous raconte son parcours, la genèse de son roman, et ses influences qui vont de la littérature classique aux séries américaines. Les quatre finalistes du Prix Goncourt L'étau se resserre avant la remise du prix littéraire français le plus prestigieux, lundi 10 novembre chez Drouant à Paris. Et le jury a dévoilé les quatres finalistes qui se disputeront le prix Goncourt 2008. Il s'agit de :
Jean-Baptiste Del Amo pour Une éducation libertine (Gallimard) Jean-Marie Blas de Roblès pourLà ou les tigres sont chez eux (Zulma) qui vient d'obtenir le prix Médicis du roman 2008. Michel Le Bris pour La beauté du monde (Grasset) Atiq Rahimi pour Syngué Sabour (POL). Blas de Roblès remporte le prix Médicis de justesse L'écrivain Jean-Marie Blas de Roblès a remporté de justesse le prix Médicis du roman pour Là ou les tigres sont chez eux (ed Zulma), face à Jean-Paul Enthoven et son Ce que nous avons eu de meilleur. C'est la double voix de la présidente, Anne Wiazemsky, qui a finalement tranché en faveur de Blas de Roblès.
L'histoire de Là où les tigres sont chez eux nous embarque de l'Europe du XVIIe siècle aux favelas contemporaines, sur les traces d'un jésuite du XVIIe siècle, Anathase Kircher. Le roman de l'écrivain globe-trotter et spécialiste d'archéologie sous-marine est également en lice pour le prix Goncourt, qui sera décerné lundi prochain.
Quant au prix Médicis du roman étranger, il a été attribué à l'écrivain suisse de langue allemande Alain Claude Sulzer pour Un garçon parfait (Jacqueline Chambon), qui a finalement obtenu les faveurs du jury face à l'Arbre de fumée de Denis Johnson. Premier roman de l'auteur a être traduit en français, Un garçon parfait évoque le thème de l'homosexualité à travers l'histoire d'Ernest, employé modèle d'un palace suisse, et le souvenir passionné de Jacob, qui a dû fuire l'Allemagne dans les années 1930. Récompenser un écrivain Suisse, "cela permet de montrer qu'on n'est pas toute le temps dans la confrontation entre littérature française et américaine", a commenté pour sa part Frédéric Mitterrand, nouveau directeur de la Villa Médicis de Rome et membre pour la première fois du jury du prix littéraire.
Enfin, le prix de l'essai a été attribué à Cécile Guilbert pour Warhol Spirit (Grasset), qui invite à suivre les traces de l'artiste-star Andy Warhol. Cyrulnik et Wiesel dans la dernière selection du Renaudot![]() Le célèbre psychanalyste Boris Cyrulnik et son essai, Autobiographie d'un épouvantail, et le prix Nobel de la Paix Elie Wiesel, pour son roman Le cas Sonderberg, rejoignent la dernière liste du prix Renaudot.
Toujours en lice dans la catégorie romans: Salim Bachi, Le silence de Mahomet (Gallimard) Tierno Monénembo, Le roi de Kahel(Le Seuil) Olivier Poivre d'Arvor, Le voyage du fils (Grasset) Olivier Rolin, Un Chasseur de Lions (Le Seuil)
Dans la catégorie essais: Celia Bertin, Portrait d'une femme romanesque. Jean Voilier (De Fallois) Patrice Delbourg, Les Jongleurs de Mots (Ecriture), également ajouté à la liste en dernière sélection. Le Prix Virilo ou "contre-Fémina" couronne trois auteurs![]() On vous avait parlé du Prix Virilo ici, récompense littéraire qui se veut en quelque sorte un "contre-Fémina", et dont la particularité est d'être remis par un jury de... moustachus !
S'il s'agit plutôt de tourner en dérision la solennité avec laquelle se déroule chaque année la saison des prix, les auteurs couronnés, eux, sont bien sérieux : Robert Alexis pour Les figures, Renzo Biason pour S'Agapo, Pierre Bisiou pour Enculée. Jean-Louis Fournier reçoit le prix Fémina Le prix Fémina a été remis hier à Jean-Louis Fournier, pour son roman Où on va papa ? ? (Stock) qui l'a remporté à 8 voix contre 4 face au roman Pour vous de Dominique Mainard (Joëlle Losfeld). L'ouvrage a immédiatement fait l'objet d'un retirage de 70 000 exemplaires, qui sont venus s'ajouter au 125 000 déjà tirés. C'est la première fois depuis 1951 qu'un auteur publié aux éditions Stock n'avait pas reçu le Fémina. Dans le domaine étranger, Sandro Veronesi a été récompensé pour Chaos calme (Grasset), un très gros succès en Italie, qui fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Antonio Luigi Grimaldi, avec notamment Nanni Moretti et Denis Podalydès à l'affiche. Podalydès figure lui aussi justement sur le podium du Fémina, puisqu'il s'est vu remettre le prix du meilleur essai pour Voix off (Mercure de France). Illustration : Jean-Louis Fournier, Lauréat du prix Fémina, 03/11/2008, © GINIES / SIPA Georges-Olivier Châteaureynaud reçoit le Grand Prix de l'Imaginaire![]() Le Grand Prix de l'imaginaire a été remis ce week-end à Nantes pendant les Utopiales, festival international de science-fiction qui a accueilli les plus grands noms du genre : Jeff Noon, Catherine Dufour, Hal Duncan, Norman Spinrad, et surtout, William Gibson en invité d'honneur. Cette année, c'est un écrivain de littérature générale qui reçoit le prix dans la catégorie roman francophone : Georges-Olivier Châteaureynaud pour son roman L'autre rive (Grasset). Venu recevoir le prix en l'absence du lauréat, l'écrivain Francis Berthelot a d'ailleurs souligné avec humour que si le grand prix de science-fiction s'ouvrait aux maisons non spécialisées en littérature de l'imaginaire, les prix généralistes « pourraient penser à rendre la politesse». Le grand prix du roman étranger a été remis à Théodore Roszak pour L'Enfant de cristal (Cherche-Midi, collection NéO). Marc Bressant reçoit le Grand Prix de l'Académie française La saison des prix littéraires est lancée. C'est le Grand Prix de l'Académie Française qui ouvre la valse (des lauréats), en couronnant Marc Bressant pour La Dernière Conférence, publié aux éditions de Fallois. Le roman a obtenu la majorité absolue au deuxième tour de scrutin, et l'a ainsi emporté face à L'Excuse de Julie Wolkenstein. Dans cet ouvrage, l'écrivain décrit dans le monde clos de la dernière conférence internationale avant la chute du mur de Berlin, à travers le journal de Tromelin, chef de la délégation française. Avec un regard d'ethnologue, celui-ci témoigne et raconte : les conflits d'intérêts entre ses collègues des deux blocs, le "ghetto qu'est une conférence diplomatique". Auteur de six récits et romans, Marc Bressant - Patrick Imhaus de son vrai nom - avait reçu en 1993 le prix Jean Giono pour L'anniversaire. Il est lui-même diplomate de profession, et partage le reste de son temps entre l'écriture et la télévision : il a notamment dirigé TV5-Monde de 1990 à 1995. Prix Virilo : un prix à moustache en réaction au Fémina![]() Enfin un peu d'humour et de légèreté dans les prix littéraires. Le dernier-né, le prix Virilo accomplit la performance de prendre le contre-pied du Fémina avec une certaine classe. Créé et présidé par Philippe Butigieg et quelques-uns de ses potes d'HEC, ce qui ressemble fortement à une vaste plaisanterie a le mérite d'apporter au moins un peu de dérision dans l'univers parfois si écrasant de sérieux des prix littéraires. La profession de foi du Prix Virilo procclame son ambition de "rétablir l'équilibre, le continuum espace temps, en apportant l'autre vital au Femina. Alors seulement la littérature cessera d'être pied-bot. Son boitillement stérile, qui prête à rire car les enfants sont cruels, laissera place à une marche victorieuse sur le chemin de la transcendance." Rien que ça! Car, "hélas, si les femmes ont enfin une voix littéraire, les hommes abiment leur jugement dans des jurys sans envergure, car mixtes".
Les membres du jury s'engage donc à porter une moustache pour distribuer trois récompenses le 3 novembre prochain, à 11h30, au Café de l'ambassade, rue Boissy d'Anglas, à Paris. Il s'agit d'abord du prix Virilo qui récompense le coup de coeur littéraire de l'année. Sont nommés: L'inévitable Où on va papa? de Jean-Louis Fournier Emile l'africain de Emile Brami Courir de Jean Echenoz Vue sur la mère de Julien Almendros Un Chasseur de Lions d'Olivier Rolin Polichinelle de Pierric Bailly
Le Jury remettra aussi Ze Virolo Prize, "mauvais jeu de mot en franglais (very low prize), récompense le coup de coeur non francophone". Sont en lice: Le week-end de Bernhard Schlink Chaos calme de Sandro Veronesi S'agapo de Renzo Biasion La ville intemporelle ou Le vampire de Barcelone de Francisco Gonzales Ledesma
Enfin, le prix le plus intéressant et le moins convenu, en terme de séléction, le Prix Trop Virilo qui entend récompenser "le livre témoignant de la plus vivace poussée de testostérone" sera remis à l'une des oeuvres suivantes : ![]() Enculée de Pierre Bisiou La marge molle de Johann Trümmel Trois hommes seuls de Christian Oster Testo junkie de Beatriz Preciado Source: Bibliobs sur Facebook: groupe "Je soutiens le prix Virilo" |
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