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Tous les écrivains canonisés dans la prestigieuse collection de Gallimard.
Lévi-Strauss entré à la Pléiade Etre publié en Pléiade de son vivant, voilà qui sonne comme la véritable consécration pour les écrivains français. Rien d'étonnant alors à ce que Claude Lévi-Strauss, représentant ultime de la pensée française dans le monde et doyen de l'Académie française, se voit attribuer cet honneur, quelques mois avant son centième anniversaire.Pilier de la pensée structuraliste, Lévi-Strauss a un parcours intellectuel exemplaire (entamé par un cursus en droit et en philosophie), qui l'a mené, entre autres, à fonder l'Ecole libre des hautes études à New-York, à enseigner à l'EPHE et au Collège de France. Ses multiples travaux révèlent son approche interdisciplinaire, où se croise la philosophie, l'anthropologie, l'esthétique. La prestigieuse collection réunit aujourd'hui des textes choisis par l'auteur lui-même : Tristes tropiques (1955), Le totémisme aujourd'hui et La pensée sauvage (1962), La Voie des masques (1975), La Potière jalouse (1985) et Histoire de Lynx (1991), Regarder écouter lire (1993). Le volume (près de 2000 pages) propose comme d'habitude de riches notes et annexes, mais également de nombreuses illustrations (cartes, graphiques, photographies), qui doivent donner, selon l'éditeur, "une forme visuelle à la pensée". "La nouveauté du livre s'oppose à un ressassement, elle répond au besoin de valeurs plus larges, plus poétiques, telles que l'horreur et la tendresse à l'échelle de l'histoire et de l'univers, nous arrache à la pauvreté de nos rues et de nos immeubles". Georges Bataille, au sujet de Tristes Tropiques. Oeuvres Editions Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade" Moby Dick était-il un homme ?![]() Un bref épisode de ma vie : il y a quelques années, un ami britannique (et lettré) s'étonnait devant moi de la traduction française étrange du Moby Dick de Herman Melville qui donnait l'impression que le grand cétacé blanc était une femme. Or il est assez évident que la plus célèbre des baleines de la littérature est un homme. Dick ,soit dit-en passant, est le diminutif de Richard, prénom incontestablement masculin. Pour en finir avec les incursions du monde marin dans ma vie, j'appris également ce soir là que pédé comme un phoque s'écrivait en réalité "foc" -nom de la voile d'un navire qui prend le vent par derrière. Bref, la nouvelle traduction du roman de Herman Melville dans la collection la Pléiade a choisi le terme de cachalot pour pouvoir masculiniser les références au monstre blanc. Son traducteur, Philippe Jaworski, explique dans Livres hebdo que "Ce monstre est à l'évidence un monstre mâle, ce qui est caractéristique de l'univers de Melville et qui renvoie à l'homosexualité, l'un de ses thèmes récurrents Oeuvres complètes Herman Melville La Pléiade Charles F Ramuz en Pléiade![]() La Pléiade : Charles F. Ramuz. Deux tomes. Saint John Perse est un poète moderne Beaucoup tiennent Saint-John Perse pour un poète de salon, pour gens savants, énarques et autres aspirants à des carrières diplomatiques. Langue difficile, afféterie et effets de manche, sont les reproches les plus souvent énoncés. C'est vrai qu'Alexis Léger a réussi à mener de front carrière diplomatique sous la IIIème République et une activité de poète marquée par ses déplacements professionnels. Rappelons que le poète a occupé pendant la période 1933-1940 un poste très en vue (mais peu enviable) de Secrétaire Général au Ministère des Affaires Etrangères. Dans le camp supposé des bellicistes dès 1937, il est mis en disponibilité juste avant la débâcle et refusera de revenir aux affaires malgré une (probable) sollicitation de De Gaulle. Parallèlement, Saint-John Perse écrit et s'impose en poésie avec la revue Anabase.
Sous l'académisme de l'homme - issu d'une famille de juristes et de riches planteurs installés en Guadeloupe-, il y a une poésie très peu orthodoxe, souvent arythmique, aux accents incantatoires et au vocabulaire étrange, notamment lorsqu'elle est hantée par sa vision édénique de la Guadeloupe. On pourrait dire que Saint-John Perse est un poète moderne si ça voulait dire quelque chose. En réalité, c'est un poète sexy qui a de faux airs d'Ezra Pound, de TS Eliot et les couleurs de Gauguin. Toute sa classe repose dans l'espace sensuel laissé entre les mots et les images. Ses oeuvres sont rassemblées pour les riches en Pléiade, pour les pauvres en divers recueils de poésie, plus que suffisants, en NRF Poche Poésie. Pour en savoir plus :
Albert Camus en Pléiade![]() Les deux premiers volumes de l'édition définitive de Camus paraissent dans la prestigieuse collection de Gallimard. Outre les articles publiés dans Combat et les fameux Carnets que le prix Nobel 1957 a tenus de 1935 à sa mort, la Pléiade propose également la mort heureuse, un roman auquel il renoncera mais qui lui inspirera l'Etranger. Au total, cette ambitieuse réédition en quatre volumes devrait compter 6.000 pages. On y trouvera aussi des articles publiés dans Alger Républicain. Cela permettra t-il de reconsidérer un écrivain un peu vite catalogué comme philosophe pour classe terminale ? |
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