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Les livres de photographies qui nous ont ému, agacé, emballé.
Dans leur chambreThe Guardian dont on ne dira jamais assez de bien publie des photos de chambre d'écrivain, de bons écrivains même. Jonathan Safran Foer se la pète évidemment et Will Self (illus) a un coin sympa. ![]()
Mademoiselle Rose dans la bibliothèque![]() Belle idée du magazine Vice que de publier un shooting de mode de bibliothécaires suédoises, délicieusement bourgeoises et sexys. Ceux qui comme moi ont des fantasmes assez primaires d'infirmières nues sous leur tenue, de femmes de notaires abonnées à la salle de gym et à la nymphomanie, ou justement, de bibliothécaires moins puritaines, je vous conseille ceci. Via Gatsu Gatsu Livrons-nous à nos fantasmes...![]() Arrêtons là l'introspection pour vous proposer cette galerie Babes with books du (presque) meilleur goût. Et qui redonnera espoir à tous les livrophages qui désespèrent de séduire grâce à leur passion. (Via Gatsu gatsu, merci Alex!) Dieux du stade, mon cul ! Je ne sais pas si l'on doit considérer le calendrier des Dieux du Stade comme un livre, un objet à caractère sportif, marketing, un truc sexuel, un magazine, une Bonne Action ou, pendant qu'on y est, une oeuvre d'art. Ce qui est certain, et pour la première fois cette année (je pense), c'est qu'on y voit de la bite, ou plus précisément des bouts de bites, souvent par demie car découpés longitudinalement ou horizontalement par des slips, des ombres ou des bouts de torses projetés dans le champ. Ce qui frappe dans ce calendrier et son succès, plus que la réflexion sur la gay attitude des rugbymen (on s'en tamponne), c'est la fusion renouvelée mais originale (après le porno chic des années 90-2000 et l'esthétique Helmut Newton des années 80) entre image-sport-éropornographie, soit 3 des plus gros vecteurs marketing de notre époque. Le calendrier (illustré par les photo de l'italien Mariano Vivanco, auteur de la campagne Dolce Gabana avec les footeux italiens) devient ainsi le symbole d'une double démonstration :
1. l'addition de 3 courants porteurs est, au XXIème siècle, triplement porteur
Une certaine histoire du rockPosté par Easywriter le 15.09.06 à 13:00 | tags : photo
![]() Si on le feuillète négligemment, on est d'abord surpris par la sécheresse des clichés. Cadrages parfois négligés, retouches cracras (voir illus.)sous exposition systématique, si l'on s'en tient aux canons ordinaires de l'esthétique , les photos de Muriel Delepont sont moches. Sauf que pour le trentenaire nostalgique - dont nous sommes - l'art pauvre de Delepont devient au fil des pages un bel hommage expressioniste à une certaine vision du rock post-punk, brut et sombre. " J'ai tellement aimé Bauhaus", lui fait dire Philippe Manoeuvre dans la préface à Organic Vision of sound. Gothiques les clichés de Delepont le sont, même quand elle shoote les clowns de The Prodigy dont la puissance noire est révélée ici avec honnêteté . Photographiés (presque) souriants, on les confondrait aisément avec un duo new-wave. Avant, on a vu Blixa Bargel de Einsturzende Neubauten, en contre-plongée sur un pavé défraichi. Muriel Delepont a démarré au début des années 80 en mitraillant Front 242. Plus tard, elle s'installe à Bruxelles et croise les Young Gods, shoote Noir Désir. Le combo bordelais - qui avait livré un live video de haute tenue mais assez rêche à la fin des années 90 - doit se reconnaître dans cette esthétique de la pudeur. Divine Comedy (et oui), Elysian Fields, Iggy Pop, Tom Waits, Perry Farrel, Juliette Grecoo...Muriel Delepont brasse large et fonctionne uniquement au plaisir, témoignant moins d'une époque que d'une posture, comme le dit son éditeur. Dont l'erreur majeure aura été de commander un texte inutile à Patrick Eudeline pour légender les clichés. Illustrations : à gaucheTreponem Pal,à droite Marilyn Mansion. Organic Vision of sound Muriel Delepont Editions Trouble-fête Lire aussi notre petite Histoire du rock sur le mag Musique Bonus du dimanche : L'Ultime Cité (extrait)
Ils se mirent tous deux en route dans la voiture d'Halloway et roulèrent pendant plus d'une heure en direction des zones industrielles du nord-ouest de la ville. Là, au milieu des centrales électriques et des entrepôts ferroviaires, des fonderies et des dépôts de charbon, Buckmaster essaye de montrer à Halloway comment le XXème siècle avait succombé à une mort issue de ses propres oeuvres. Il le conduisit sur les rives de lagons artificiels remplis de déchets chimiques, le long des canaux argentés par une écume métallique, au milieu de paysages entièrement recouverts par des milliers de tonnes d'ordures non traitées, dans des champs où s'empilaient boîtes de conserve, morceaux de verre et machines abandonnées. Les pages 94, 95 de l'Ultime Cité sont à se damner. Faut-il vraiment partir en vacances après tant de beauté? Déserter la Méditerrannée pour Roubaix,Charleroi, Leipzig, Liverpool, Givors ? JK Rowling meilleure que Salman RushdiePosté par Easywriter le 08.06.06 à 10:48 | tags : news, best-seller, jk rowling, photo, bush, politique
C'est en substance ce que nous assure le palmarès de Book magazine. Le journal littéraire britannique a sondé ses lecteurs sur une question simple : quel est le meilleur écrivain britannique vivant ? Le lecteur type de Flu aurait répondu Jonathan Coe (10e), Nick Hornby (8e) Martin Amis (17e), Ishiguro (5e) ou Rushdie (4e). Et bien non, Harry Potter a même devancé Harold Pinter (7e), malgré le prix Nobel que celui-ci a obtenu l'an dernier. Et réunit deux fois plus de suffrages que son suivant Terry Pratchett. Assez logique puisque JK Rowling a vendu pas moins de 300 millions d'exemplaires de sa saga. Journalisme sang pour sang gonzo
Qui suis-je ?Pour doper l'audience du site, voici un jeu avec un super-lot à la clé. Un truc qui vous sera envoyé par la Poste tout bêtement, à condition que vous acceptiez de laisser votre nom et votre adresse. Le cadeau n'a que peu de valeur marchande. Pour gagner, il vous suffit de trouver le nom de la personne ci-dessus. Le premier qui poste la bonne réponse emporte le prix. Dans 48 heures, une notule apportera éventuellement un indice. Dans l'hypothèse (très probable) où personne ne trouve, le visage de cet homme restera sans identité.
Pasolini souverain
J'ai pris sur mon temps de déjeuner pour aller faire un tour à la mairie du Xe arrondissement à Paris (72, rue du Faubourg Saint-Martin) où se donne actuellement une expo photo consacrée à Pier Paolo Pasolini. Je ne suis pas objectif avec Pasolini et j'ai probablement tort de le considérer comme le plus bel écrivain du XXe siècle mais ces photos sont aussi sublimes que ce qu'il écrivait à l'époque : le roman inachevé Pétrole. D'après la plaquette publicitaire de l'exposition, le photographe, Dino Pedriali, est un spécialiste du "corps masculin". Il a photographié des gens comme Rudolf Noureev ou Andy Warhol, ce qui vous marque un homme. C'est plus ou moins Pasolini qui lui a mis le pied à l'étrier (et probablement pas que le pied) en l'introduisant dans sa maison de Chia, pour lui faire prendre les clichés qui sont exposés ici pour la première fois. Pedriali avait pressé PPP de poser pour lui quelques mois avant puis c'était l'écrivain qui l'avait relancé et proposé ce "shooting" chez lui. Les photos devaient servir à illustrer Pétrole, qui aurait été le premier matériel multimédia populaire si l'auteur n'était mort peu après. L'originalité de l'exposition, c'est qu'elle concerne uniquement Pasolini l'écrivain et pas le peintre ou le cinéaste. Et Pasolini l'écrivain est ce qu'il y a de plus beau à voir. Il n'a pas ce côté ridicule et sérieux du réalisateur, ce côté bohème du peintre. L'écrivain est parfait dans ses expressions, on sent l'inspiration qui lui coule dessus comme une lumière, qui lui entre par les oreilles et ruisselle jusque dans ses poignets. Il y a bien quelques photos débiles où il lit un livre la bite à l'air mais globalement c'est très bien. Je vais y retourner une fois par semaine comme au temple. C'est gratos. (et http://www.pasolini.net est toujours un chouette site). Le Photographe : le retour Demain, sort le troisième tome du Photographe de Emmanuel Guibert et Didier Lefèvre. Entre photoreportage et bande dessinée, la série raconte l'histoire vraie de Didier Lefèvre, photographe évoluant aux côtés de Médecins sans frontières aux frontières du Pakistan et de l'Afghanistan, en 1986 alors que la région est occupée par l'URSS. La série propose de suivre son parcours à la façon d'un carnet de voyage, riche en dessins, photos, anecdotes et paroles d'habitants qui "tentent de réparer ce que d'autres détruisent". Le troisième tome poursuit le récit alors que Didier Lefèvre décide de rentrer seul en France, sans protection, lui qui ne baragouine que quelques mots d'afghan.Le Monde présente un aperçu de ce troisième tome. Et si vous souhaitez en savoir plus sur Didier Lefèvre, vous pouvez à parcourir les pages de son site perso. ![]() Le bar Floréal : photographie militante
Le bar Floréal fête ses vingt ans. Pour l'occasion, l'association de photographes publie un beau livre, aux éditions Créaphis, qui résume vingt ans de production d'images. Mais pas seulement. Le collectif s'est fondé autour d'un concept partagé : la photographie n'est pas une fin en soi, mais une démarche militante, un acte d'empathie, un témoignage. Depuis sa fondation, le bar Floréal a signé un grand nombre de reportages et d'"actions photographiques", collectives ou individuelles, au coin de la rue ou aux quatre coins du monde, qui témoignent toujours d'un projet : "réfléchir, révéler la poésie au coeur de la Cité, inventer un monde". Outre une iconographie très riche, c'est cette démarche qui est rendue sensible et intelligible dans l'ouvrage Le bar Floréal. Photographie. C'est beau, tout simplement.
(illus. photo tirée de l'exposition Nord-Sud, de Bernard Baudin et André Lejarre) Martin Chambi tombé de la hotte Trouvé au pied du sapin dimanche matin, et avec quel bonheur : ce "photo poche" (désolé, pas trouvé mieux comme lien) consacré à l'oeuvre de Martin Chambi Jimenez (1891-1973), pionnier de la photographie au Pérou. Né dans un petit village andin, Chambi découvre très tôt la photo à Arequipa et vient installer son studio à Cuzco, l'ancienne capitale Inca, dès l'âge de 17 ans. L'indianité de Chambi et son insistance à documenter les débuts d'une nation jeune (l'indépendance du Pérou date du début des années 1820) le placent sans conteste dans la lignée des photographes qui ont contribué à forger l'identité d'un pays grâce à l'image. Mais au-delà de l'aspect documentaire, c'est sa science de la lumière qui est littéralement époustouflante. Soit qu'elle lui serve à composer les formes dans un cadre avec plus de subtilité encore qu'en utilisant la couleur. Soit qu'elle lui permette de bouleverser les dimensions de son image en lui ajoutant une incroyable profondeur (illus.). A découvrir d'urgence (si ce n'est encore fait).Martin Chambi Introduction de Andres Garay-Albujar éd. Delpire, coll. "Photo poche", 2003 Le Bazar de Payram![]() ![]() - Bazar c'est un livre/objet recélant une série de photographies (soixante), prises dans le bazar de métaux de Damas, en Syrie, par le photographe Payram. - Et cela signifie quoi "livre/objet" ? - Cela signifie que le fond et la forme ont été pensés pour qu'il y ait dialogue entre les deux. - En somme, l'harmonie du contenu et du contenant ? - Exactement. - Donc, le contenu c'est la série de photographies. Mais le contenant ? - Et bien le contenant il est l'oeuvre des Editions In Libris. - Les lilliputiennes Editions In Libris ? - Oui. On dit "lilliputiennes" parce qu'elle est composée de deux holibrii mais ce qu'il faut ajouter c'est que les deux compères, Julien Martial à la Haute-Couture, à savoir la reliure, et Victor Ede pour l'édition, ont un certain talent. - Et concrètement, il se présente comment ce "livre/objet" ? - Concrètement,...Ttt. T'en as de bonnes toi. Quelle idée d'employer ce vocabulaire à propos d'un livre qui invite à la poésie, à l'errance. - Rien que ça. - Oh si ce n'était que cela. Mais, Bazar, avec ses séries proches d'un montage cinéma, donne même à entendre le martèlement des outils frappant le métal. - C'est un portrait en fait ? - Exactement, un portrait du bazar de métaux de Damas. Bazar 500 exemplaires, 60 photographies en offset, sortie en novembre 2005. 75 Euros. Vernissage Exposition photographique de la série Bazar ce mardi à partir de 18h et jusqu'à 22h, chez Picto Bastille, 53 bis rue de la Roquette (Paris 11e). Exposition chez Picto Bastille jusqu'au 15 décembre. Pierre Verger, l'antipornographe
Dans un entretien publié récemment sur Flu, le cinéaste Jean-Pierre Gorin regrettait le développement de la pornographie à la télévision et ses conséquences sur les régimes d'images aujourd'hui. Par pornographie, il entendait non pas une débauche explicite de sexe, mais un tournage qui va "au plus centré, tout de suite". "On perd quelque chose d'essentiel, là", ajoutait-il, espérant que l'ordinateur et la multiplication des couches d'expérience qu'il induit - les diverses fenêtres logiciel ou web ouvertes sur l'écran - allaient permettre de recréer une profondeur de champ.Pierre Verger, a contrario, c'est un peu l'antipornographe. Alors que le photographe-ethnologue mort en 1997 fait l'objet d'une expo au Jeu de Paume-site Sully, il est urgent de rouvrir son Dieux d'Afrique paru en 1995 aux éditions Revue Noire. L'ouvrage rend compte des continuités du culte yoruba en Afrique occidentale et au Brésil, textes et photos à l'appui. Mais là où on attendrait que la photo "documente" l'image, elle donne au contraire à voir bien davantage que le seul objet ethnographique dont il est question. Toutes prises en format 6x6, les images carré sont constamment décentrées, laissant apparaître derrière les danseurs, tambours et autres objets de culte, une riche matière graphique (sable, mur, pierre...) qui donne de la profondeur à l'image et fait toute la densité du cliché noir et blanc. Par comparaison, les textes, descriptifs, semblent un peu plats. On se dit alors que le Jeu de Paume a bien fait de ne présenter que les photos de Pierre Verger, puisque ce sont essentiellement elles qui produisent le sentiment de connaissance et de rencontre avec la société visitée. Dieux d'Afrique peut être considéré comme un catalogue de substitution de l'exposition, qui se termine dans quelques jours et qui, hélas, n'en dispose pas. Dieux d'Afrique Pierre Fatumbi Verger éd. Revue Noire, 1995 (p.s. : une discussion comparable sur le centré-décentré en photo sur ce fil : c'est la même question, même si ce n'est pas le même sujet...) Retour de Montreuil (3) : collection vérité
Troisième et dernier épilogue consacré au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil achevé dimanche soir dernier. Sur le mode de la surprise, parce que rien à voir avec la forme désormais classique de l'édition jeunesse qui fait mouche auprès des grands, à base de textes courts et d'illustrations tendance et drôles. Là, c'est à la fois plus simple, plus franchement pédago mais aussi plus inattendu. Juste un texte bref, réduit à sa forme la plus épurée d'un récit à la première personne, sous forme d'interview. Un livret cartonné d'une dizaine de pages à déplier, et quelques mots du texte en plus fort, en plus gras. Et une série de photos de différents formats, le tout rendant compte d'une expérience personnelle et faisant replonger dans un lieu, dans une époque, mieux que tout autre objet. Plusieurs petits livres remarquables dans cette collection "la vérité" des éditions Fremok : celui sur les "castors" (ouvriers construisant leurs propres maisons dans les années cinquante), celui sur Léon Zyguel, survivant de la Shoah, et surtout le magnifique ouvrage de Kamel Khélif (illus.) sur les bidonvilles de Marseille : Cité Bassens, traverse de mazout (1997). Très ancré à gauche, très rouge dans sa culture, mais très subtil dans son écriture et surtout très beau.Nus blancs, nus noirs : la promesse d'une étreinte Deux ouvrages de Patrice Bouvier (l'homme à la caméra), annotés par Pierre Bourgeade (l'homme à la plume), paraissent cette semaine aux Editions Attitude(s) et dépoussièrent sérieusement le genre du livre d'images pour adultes. Fruit de deux séries de photographies prises à une douzaine d'années d'intervalles, ces Nus blancs et Nus noirs sont autant d'invitations à l'érotisme où les corps tiennent toute leur sensualité de l'originalité d'un cadre, de la qualité d'une lumière, de l'anamorphose d'un vêtement. Apposés à la main, les textes donnent une touche d'onirisme charnel qui évoque de façon tout sauf mièvre la promesse d'une étreinte. Une mise en désir est disponible ici et là, grâce au subtil travail sonore de l'ami Sébastien. Une signature est prévue ce mardi 8 novembre à partir de 18h, à la librairie Le Comptoir des mots (239 rue des Pyrénées, Paris 20e). Et une expo de photos se tient non loin de là, à visiter nocturnement pour éprouver peut-être une "fin de nuit où s'étire / l'Aube que l'on respire / le jour va revenir / et nos mains se tenir". |
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