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Découvrez Firmin, le rat qui lit Steinbeck et Dostoïevski
Réponse : ni le dernier héros de Disney, ni un double de Ratatouille reconverti en libraire, Firmin est le personnage principal du roman éponyme de Sam Savage. Un rat né dans les sous-sols d'une librairie, et qui se nourrit - dans tous les sens du terme - des plus gros morceaux de la littérature - en vrac : Dickens, Fitzgerald, Dostoïevski, Steinbeck, Stendhal, Faulkner... Mais à qui il ne faut surtout pas parler des autres titres consacrés à ses comparses : « La seule littérature que je hais de toute mon âme est la littérature consacrée aux rats, souris comprises. (...) Je pisse à la raie de Mickey Mouse et Stuart Little. Si affables, si mignons avec leurs petites pattes, ils me restent en travers de la gorge comme de grosses arêtes de poisson. » Un rat sur lequel les éditions Actes Sud misent gros aussi, à en juger par la campagne consacrée au livre de Savage, qui connaît un succès mondial depuis sa publication initiale. Affichage dans les stations de métro, dans les gares... et spot au cinéma. Firmin est en fait déjà vendu comme un film - qu'il deviendra peut-être ? Cet été, il aura en tout cas l'avantage de vous faire réviser vos grands classiques. Les amoureux du livre à la sauce borgésienne s'y retrouveront, mais ceux qui préfèrent lire les grandes oeuvres au lieu d'en entendre parler risque d'en sortir un peu frustré.
Lire des extraits de Firmin sur Fluctuat En images : des trésors de la BD à la Maison RougeAvec l’ouverture récente du Musée de la bd à Angoulême, c’est l’un des événements incontournables de l’été consacrés au 9e art : l’expo Vraoum ! à la Maison Rouge réunit de véritables trésors graphiques, qu’il s’agisse de planches originales (Trondheim, Eisner, Crumb) ou d’œuvres d’artistes inspirés par la bande-dessinée (Basquiat, Warhol, Erro…).
Grands classiques (Tintin, Peanuts) ou superslips, science-fiction ou érotisme, figures hype ou populaires… : l’exposition de la Maison Rouge, orchestrée par David Rosenberg et Pierre Sterckx rend compte de la riche diversité de la bd. La preuve en images, avec le DIAPORAMA DE L'EXPO VRAOUM !, qui relève le pari de réunir Bédé et art contemporain. Vraoum ! Trésors de la bande dessinée et art contemporain A la Maison Rouge jusqu’au 27 septembre 2009.
Lire aussi : Persepolis 2.0 dénonce le régime iranien Gainsbourg par Joann Sfar, après le film, la bd La Genèse de Crumb dans Télérama Toute l'actu des expos sur le blog arts Pourquoi Michael Jackson est un Peter Pan manqué
Le Roi de la pop ne s'est pas contenté de nommer sa propriété d'après l'île créée par James Matthew Barrie. Certains traits de sa troublante personnalité le rapprochent aussi de son héros. Alors que M.J. est au goût du jour, tâchons de rappeler qui est vraiment Peter Pan, à l'aune de la figure du chanteur. Avant de s'ajouter à la longue liste des héros Disney, Peter Pan est né de l'imagination de J.M. Barrie, écrivain écossais de la fin du 19e siècle. Pour amuser ses jeunes amis, cet homme un peu marginal, pas très à l'aise dans son costume d'adulte, invente Peter, petit garçon qui s'est envolé loin de Londres pour ne plus grandir. Il a rejoint l'île de Neverland, pays rêvé des enfants où le cauchemar n'est jamais loin. La suite, on la connaît : il y a Wendy, mi-maman, mi-amoureuse de Peter, les Garçons Perdus, bande de joyeux orphelins, et bien sûr le Capitaine Crochet, l'ennemi juré de Peter Pan.
Deux enfances (en)volées. Peter a quitté le monde réel pour « ne jamais devenir un homme, et toujours s'amuser ». Même quand Wendy tente de lui vendre un foyer accueillant et aimant, il refuse de rejoindre la grisaille londonienne. Il veut bien jouer au mari, tant que ça reste pour du faux. Michael Jackson a construit un paradis pour les enfants, alors que lui fut privé d'enfance : répétitions acharnées avec les Jackson Five dès ses six ans, un père violent, etc. Deux hérauts du transgenre ? D'un côté on trouve Peter, être asexué (sans scrupules, il brise les élans passionnés de Wendy), lancé dans une lutte jusqu'à la mort contre le Capitaine Crochet, symbole d'une virilité toute-puissante et fascinante (Wendy ne sait parfois plus où donner de la tête). De l'autre, Michael Jackson, déshumanisé par ses transformations physiques successives : rhinoplasties, dépigmentation de la peau... Son visage aux traits figés rappelle une sorte de Barbie sans les UV. Le temps passe, mais pas pour eux. Les rides, c'est bon pour les autres... Peter n'a aucune notion du temps qui passe. Lorsqu'il débarque chez Wendy après un an d'absence, c'est comme s'ils s'étaient vus la veille, alors que la pauvre s'est languie des nuits durant. En apparence, le corps de Michael Jackson non plus n'est pas éprouvé par la vieillesse. Il aurait eu 50 ans cet été. On lui en aurait donné 20 de moins. Ou de plus.
Neverland, très loin de la Californie. La pop star aura réussi à ressembler, autant que possible, à son héros. Pourtant, le gigantesque ranch qu'il a fait construire n'a pas grand-chose à voir avec l'île imaginée par J.M. Barrie. Alors que Michael Jackson a voulu concevoir un petit paradis pour les enfants, le Neverland du livre donne la part belle à la violence et à la mort. Peter et les Garçons Perdus y massacrent des pirates en toute insouciance, tandis que ceux-ci ont la bonne idée de cuisiner un gâteau empoisonné pour la joyeuse marmaille. Wendy et ses frères sont mi-exaltés, mi-effrayés par cet endroit où la loi de la jungle l'emporte.
L'histoire est sans fin. « La mort doit être une aventure extraordinaire ! » s'écrit Peter le crâneur, à deux doigts de périr noyé. Il peut se le permettre, lui qui ne passera jamais de l'autre côté. Gageons que Michael Jackson aura su, à sa manière, atteindre une forme d'immortalité.
Michael Jackson, De l'autre côté du miroir, d'Yves Gautier, chez Publibook. Une biographie de la star par le regard d'un sociologue, passionné par l'analyse de l'image.
Voir aussi : Le portrait de Michael JacksonLe diaporama Michael Jackson and friends Le diaporama vidéo des meilleurs clips de Michael Jackson Le diaporama de Neverland. Toutes les vidéos de Michael Jackson Le dossier Michael Jackson, roi déchu de la Pop Philip Roth remixé : la nouvelle sensation électro ?![]() C'est peut-être la sonnerie pour mobile branchée de cet été, ou alors, juste une bonne blague : le mix d'un cri et d'un rire de Philip Roth est désormais disponible en téléchargement !
C'est au journaliste James Marcus que l'on doit cette petite création. Au cours d'un entretien avec Philip Roth en septembre dernier pour le Los Angeles Times, Marcus lui avait demandé son avis sur l'adaptation ciné de son roman Portnoy et son complexe. L'écrivain avait répondu qu'il trouvait le film « indescriptible ». « C'est un film basé un hurlement. Un hurlement Juif », explique-t-il avait d'en donner un « bref et comique exemple ». Cette performance frappe alors le journaliste, qui y voit « un morceau d'anthologie de l'histoire littéraire, au même titre que Thoreau expliquant comment retirer l'écorce d'un bouleau ». Le mix réalisé par Marcus a ensuite été mis en ligne par l'éditeur indépendant Melville House, qui est, selon lui, toujours à la recherche « d'objets littéraire » qui secouent un peu. Sur son blog, le journaliste promet également d'élaborer, si son petit mix rencontre du succès, une version longue de 15 minutes, qui comprendra notamment les cris des écrivains Bernard Malamud et Isaac Bashevis Singer. Le détour vaut le coup, estime le Guardian, ne serait-ce que pour vérifier si « le rêve de voir des clubbers new yorkais agiter leur derrière pour le cri d'un romancier de 76 ans peut être réalisé ».
Pour écouter le mix :
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Photo : © DOUGLAS HEALEY/AP/SIPA Persepolis 2.0 : une nouvelle version de la bd dénonce le régime iranien![]() « 2.000 personnes ont été arrêtées et sont actuellement en détention » en Iran, a déclaré Karim Lahidji, président de la Ligue iranienne de défense des droits de l'Homme, à l'AFP. Comment en est-on arrivé là ? Une version réactualisée de Persepolis, la célèbre bd de Marjane Satrapi, entreprend de retracer très clairement les événements qui agitent le pays depuis la réélection supposée truquée d'Ahmadinejad.
Nous ne sommes plus en 1979 mais trente ans plus tard, en juin 2009. Ce n'est plus de la chute du Chah qu'il s'agit, mais de la réélection d'Ahmadinejad contre Moussavi. La résistance s'organise désormais sur Twitter. Les images restent mais le texte change. L'histoire est-elle destinée à se répéter inlassablement, les opposants à se taire ? C'est ce que semble dire ce Persepolis 2.0, édité par Payman & Sina, et qui invite tous leurs lecteurs à diffuser leur bd.
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On a retrouvé Dashiell Hammett![]() Né cinquante ans plus tard, Dashiell Hammett aurait pu être guéri de ce qui a miné sa vie : la tuberculose. Tissu de contradictions hautement explosives, il était communiste américain et patriote, écrivain phénoménologiste et critique d'un univers déliquescent, parti deux fois en guerre et victime de la tyrannie maccarthyste des années cinquante.
Pour fêter les 80 ans de la parution de son premier roman, La Moisson rouge, Gallimard en offre, cet été 2009, une nouvelle traduction intégrale et nettoyée de son argot des années cinquante. D'après Raymond Chandler, son principal disciple et admirateur, autre génie du lieu, Hammett a « sorti le crime de son vase vénitien et l'a remis à sa place, dans le caniveau ». Propagateur de la fiction hard boiled, le roman de "dur à cuire", et du roman noir (un vrai roman, mais du crime et sans justification), Hammett a posé les contradictions de la société américaine du temps du capitalisme sauvage (...) Des ados lisent des livres contre... une canette de Coca De quoi un adolescent est-il capable pour obtenir gratuitement une canette de Coca ? D'aller très loin, paraît-il, et même : de lire des livres...C'est ce que croit, en tout cas, l'équipe pédagogique d'un établissement de Wellington, Nouvelle-Zélande, qui a décidé de mettre en place un nouveau système pour inciter ses jeunes élèves à la lecture. Le barème est le suivant : pour deux livres lus, l'ado se voit offrir une canette de coca. Pour cinq livres lus : un bon de transport. 10 livres valent une place de ciné, et enfin, jackpot : un bon pour un téléphone mobile récompensera le petit champion qui saura prouver qu'il a lu 10 livres. Selon le lycée Rongotai, le nombre de livres empruntés à la bibliothèque aurait doublé depuis le lancement de cet étrange concept. Un carnet de notes de lectures et les témoignages des parents doivent ensuite attester de la lecture effective des ouvrages empruntés... Autant le programme qui proposait à des prisonniers de s'engager à lire des livres contre remise en liberté apparaissait comme une belle initiative, autant celui-ci laisse plus perplexe. « Je suis la première personne à reconnaître que c'est du soudoiement, avoue Kit Norman, en charge du programme, mais les résultats parlent d'eux-mêmes ». Certains d'entre nous se souviennent s'être forcés à lire du Stendhal ou un Maupassant dans le cadre d'un exercice scolaire. Forcé. Pour avoir une bonne note. Et déjà que la moitié des mots nous filaient entre les doigts. Alors vous pensez bien, pour une canette de Coca... Lire aussi : Gainsbourg par Joann Sfar : après le film, la bd (ou presque)
Il faut dire qu'après Persepolis ou Les Beaux gosses les producteurs français doivent penser que les auteurs de BD indépendante sont bankables. De notre côté on constate surtout que la bande dessinée française est un petit microcosme amusant, où ce qui tient lieu "d'alternative" et de "BD d'auteur" dans les librairies fait au box office jeu égal avec le mainstream (le film Largo Winch, par exemple). Sfar, en tout cas, est le premier à qui l'on confie un film qui n'a rien à voir avec son oeuvre BD mais il n'oublie tout de même pas d'où il vient, et pour assurer la promo du film qui devrait sortir l'an prochain, il a demandé à son ami Mathieu Sapin (auteur du Journal de la Jungle et de Supermurge) de tenir un journal en BD du tournage. Les premières pages sont déjà lisibles sur le site du film et le résultat, avec ses traits d'encre noir griffonnés et ses lavis de couleurs approximatifs fait beaucoup penser à... du Sfar. Que le maître ait été trop occupé importe peu, c'est presque du Sfar et c'est sur Sfar, ça devrait suffir aux fans.
Lire aussi : La Genèse de Crumb dans Télérama Twitterature : Dante, Shakespeare ou Harry Potter en 20 lignes Twitter, ou comment se faire remarquer avec... rien du tout. Deux étudiants de Chicago, qui ont eu l'idée de publier des morceaux de grands classiques via cet outil, verront ainsi leurs travaux d'ultra-synthèse publiés par Penguin à l'automne prochain.Emmett Rensin et Alex Aciman, 19 ans, racontent avoir développé leur idée "de génie" après avoir identifié la littérature, d'un côté, et Twitter de l'autre, comme les deux grandes caractéristiques de leur époque. On mixe le tout et on obtient : la twitterature, qui a pour but de « réunir une bonne fois pour toute les deux grands piliers de notre génération »... Hum... Pas si naïfs cependant, les deux compères affichent clairement les ambitions liées à leur initiative : tous deux rêvent de devenir écrivain, riche et célèbre.
Le journaliste du Guardian qui rapporte l'affaire, reste, lui, assez critique à l'égard de la dite Twitterature. Rappelant le rôle politique qu'a joué par exemple le réseau dans les événements iraniens, il estime que l'on a pu voir, en une semaine, deux facettes de l'outil Twitter : l'une, sublime, l'autre, ridicule.
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Lire aussi : Avec la revue Bifrost, Richard Canal est parmi nous ! Honte sur moi, j'ai failli laisser passer le numéro 54 de Bifrost, consacré à Richard Canal ! Cet écrivain français de science-fiction pas banal(e) mérite pourtant qu'on se penche sur son cas comme le fait l'équipe du magazine d'Olivier Girard dans ce nouveau et copieux numéro.
Ecrivain baroudeur, de la veine de Lucius Shepard, Richard Canal peut affirmer sans rougir qu'il a eu une existence hors-normes. Titulaire d'un doctorat en informatique, il a trainé ses guêtres au Maroc, puis en Afrique (Cameroun, Sénégal) puis enfin en Asie du Sud-Est (Vietnam, Laos, etc.). De fait, et malgré des chef d'oeuvres de science-fiction humaniste comme sa trilogie cyberpunk "africaine", composé de Swap-Swap, Ombre Blanche et enfin Aube Noire (de Babylon à Zion), Canal n'a jamais vécu de sa plume. Il est pourtant l'auteur d'une quinzaine de romans et l'un des piliers de la défunte (et mythique) revue Fiction, d'Alain Dorémieux. Cela n'empêche pas l'auteur de s'être vu récompenser par de nombreux prix, dont le fameux "Rosny-Aîné", Solaris (pour "C.H.O.I.X", une nouvelle ) et en 1988 le Grand Prix de la Science-Fiction Française pour la nouvelle, "Etoile". Il n'était donc que justice de voir Bifrost, la revue des mondes imaginaires, offrir un forum à cet auteur très (trop ?) discret dans un entretien fleuve dont seul ce magazine a le secret. A son habitude, ce volume 54 propose également une longue nouvelle de l'auteur qui donnera une bonne idée du talent du bonhomme aux néophytes et rappelera de bons souvenirs aux autres (avec peut-être, à la clé, l'envie de le relire). On pourra enfin y lire "Une niche", magnifique nouvelle de Peter Watts, auteur de l'éblouissant Vision aveugle ! En dehors de ses chroniques qui datent toujours un peu (le magazine étant bimensuel, on l'excusera), ce numéro est as usual un incontournable pour tous les fans de SF intelligente et sensible. Lire aussi : Lectures écolo : suivez le guide !Après le raz-de-marée écolo des dernières élections européennes, et après la propagande lancée autour du film Home de Yann Arthus-Bertrand, on se dit qu'il est peut-être temps de se mettre à lire vert, et devenir ainsi un bon "greenreader".
Pour cela, on pourra soit se replonger dans des ouvrages passionants - essai ou fiction - abordant directement ou en filigrane les thèmes de la nature et de l'écologie, soit se tourner vers le nature writing, mouvement littéraire encore peu connu en France, qui se veut en harmonie avec les grands espaces. Suivez donc notre guide de la littérature écolo, et faîtes votre choix en consultant : - notre diaporama des meilleurs livres écolo - notre présentation du Nature Writing, et notre entretien avec Olivier Gallmeister, fondateur des éditions du même nom et spécialiste du Nature Writing.
Voir aussi : Le diaporama des livres pour voyager sans bouger Une étude révèle les inégalités des franciliens face à l'accès au livre![]() Est-il plus difficile de trouver en librairie le dernier Marc Levy en Seine-Saint-Denis qu'en Seine-et-Marne ou à Paris ? Une étude publiée hier par le MOTif - l'observatoire du livre et de l'écrit en Ile-de-France - qui révèle de nombreuses inégalités face à l'accès aux livres, tend à montrer que oui. Exemple : à Paris, on compte au total 739 points de vente et 1 librairie pour environ 4000 habitants. Dans le 93 : 64 points de vente, soit 1 librairie pour environ 46 000 habitants... Des chiffres qui n'ont rien d'étonnants : les entrepreneurs fuient évidemment les espaces les plus éloignés de Paris, défavorisés ou ruraux. A Sevran (93), à Cergy (95), ou sur tout un axe de Sarcelles à La Courneuve, on ne trouve tout simplement aucune librairie. La raison ? « C'est là où le revenu moyen est le plus bas d'Ile-de-France », explique Vincent Monadé, le directeur du MOTif. Comment procéder alors pour réintroduire la librairie dans les secteurs les plus délaissés ? A Aubervilliers en 2005, la mairie a pris une initiative originale, en rachetant la librairie-papeterie de propriétaires qui partaient à la retraite, et en la confiant à un libraire afin « d'éviter que cet emplacement ne se transforme en kebab », précise le maire PS Jacques Salvator (!). Si la remarque n'est pas forcément du meilleur goût, toutes les pistes sont aujourd'hui bonnes à explorer pour relancer le commerce du livre là où il n'y en a plus... L'étude complète du MOTif sera intégralement publié sur son site cette semaine. Lire aussi : Marc Levy : fini de se payer sa tête...A force de se payer la tête de Marc Levy, le lobby "Fluctuat aime Marc Levy" a enfin réussi à faire plier l'auteur des bestsellers sentimentaux les plus abyssaux de la décennie : cette fois-ci, c'est sûr, la grande réconciliation s'annonce et prendra corps jeudi (le 25 juin) dans un roman d'AVENTURES, en deux volumes, baptisé Le Premier Jour. Soutenue par d'alléchantes vidéos, la sortie du Premier Jour nous rassure : Marc Levy a enfin pris du champ, de l'ambition et de l'ampleur. L'histoire du Premier Jour (dépêchons, Le huitième jour, il y a Pascal Duquenne qui débarque) nous emmène d'Afrique en Europe, aux basques de 2 personnages qui pourraient bien "tomber en amour" l'un de l'autre (hum...). Il y a des éléphants, des tremblements de terre, des tempêtes, un volcan, des passages secrets, des souterrains, une archéologue, un astrophysicien. La nana veut découvrir le premier homme, lui la première étoile : ils vont faire quête commune en parcourant la planète poursuivis par des espions qui n'acceptent pas facilement la liberté. On dit qu'Indiana Jones a déclaré que "c'est le meilleur roman que j'ai lu depuis au moins 20 ans", qu'Hemingway a envoyé un SMS d'outre-tombe à Levy pour le féliciter, qu'Ushuyaya, le déo des fauves, a préempté les droits pour une adaptation publicitaire... Plus sérieusement, c'est une vraie victoire du grand roman d'aventures d'avoir su rallier à sa cause un mastodonte tel que Marc Levy, qui, à l'exception de ses Enfants de la liberté, ne s'était pas aventuré très loin dans le romanesque. Certes, Levy a toutes les chances de n'être ni Conrad, ni London, mais gageons qu'il saura donner à coups de chromo jungle et d'aventures safari, le goût de lire autre chose que les comédies sentimentales à ses centaines de milliers de lecteurs. Interrogé par TF1 dimanche soir (la consécration en matière d'exposition médiatique), Marc Levy a fait preuve de beaucoup de retenue sur son art, gratifiant le journaliste d'un surprenant constat sur sa soi-disant fortune : "il ne faut pas croire ce que l'on raconte. Le milieu de l'écriture n'enrichit personne. Certes, je vends des livres mais je touche peau de zob sur les poches et sur les grands formats, je prends quoi ? deux euros à tout casser. Je ne suis pas riche..." Bon, allez Marc, 2 euros x 10 x 400 000, ça fait... hum... 8 millions d'euros, hors cession de droits et publication étrangères : on nous aurait menti ? Ce n'est pas encore assez pour aller se taper Paris Hilton en boîte mais cela permet de voir venir. En dehors de cette petite hypocrisie judéo-chrétienne, Marc a été parfait et défendu le roman d'aventures comme l'avenir de la littérature. Cela suffit à notre bonheur. Il faut le voir sur son site jouer avec ces Action Men girafe, petit navion, sur fond de savane au clair de soleil pour le croire : Marc est des nôtres, il a écrit son grand roman comme les autres ! Rendez-vous est pris pour une chronique en bonne et due forme dès qu'on aura réussi à mettre la main (gratuitement) sur le livre. Clin d'oeil à Jeanne qui me demandait dans un mail récent :"Où puis-je me procurer les livres de Marc Lévy ? J'en ai entendu beaucoup de bien..." - Euh... les bouquinistes, Jeanne, essaye les bouquinistes. On ne peut vraiment rien faire pour toi. Lire aussi : Les livres de J.G. Ballard ont la cote au cinéma
J.G. Ballard nous a quitté en avril de cette année mais il reste bien vivant dans nos coeurs et se rappellera même bientôt à nos bons souvenirs en passant faire un tour sur les écrans à l'occasion des adaptations du roman High Rise (I.G.H., ou "Immeuble à Grande Hauteur" en VF), ainsi que de la novela glaçante Running Wild - Le Massacre de Pangbourne en VF.
Le film I.G.H., qui conte l'histoire du retour à l'état sauvage et des guerres tribales entre les habitants d'un immeuble ultra-moderne, dans une sorte de "lutte des classes" version Ballard, est signée de l'italien Vincenzo Natali (Cube) et se présente comme un projet au long cours, que le réalisateur caressait depuis de nombreuses années. Running Wild sera lui dirigé par le jeune réalisateur Kevin Kerslake, et montrera Samuel L. Jackson (!) dans le rôle du psychiatre chargé d'aider les enquêteurs cherchant à résoudre le mystère de la disparition (et même l'assassinat de masse) des parents d'une cité modèle. La qualité des interprétations de l'acteur dans ses derniers films ne donne que peu d'espoir en ce qui concerne la pertinence du projet, tout comme l'intervention d'un réal débutant. Mais qui sait, on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise.
A propos d'acteur justement, un bruit court sur le net depuis le mois de mai dernier : Christian Bale (American Psycho, Terminator Renaissance) qui faisait déjà parti du casting de L'Empire du soleil, annonce qu'il souhaiterait adapter un autre livre de Ballard, décidément coté ces derniers temps. Il s'agirait cette fois de Concrete Island (L'Ile de béton, en VF), dont l'acteur américain partagerait les droits avec le réalisateur Brad Anderson (The Machinist). Le tournage est loin d'être concrétisé pour l'instant, tout cela n'étant encore qu'un projet. A suivre donc... Après Crash, adapté de manière glacé (et toujours controversée) par David Cronenberg, et L'Empire du soleil de Steven Spielberg, ce sont donc là les troisième et quatrième adaptations du romancier au cinéma. Et comme Philip K Dick avec Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques, le romancier ne sera pas là pour les voir (et c'est peut-être une bonne chose finalement...)
Lire aussi : J. G. Ballard, visionnaire ultime La Genèse de Crumb dans Télérama : premières impressions Le premier extrait de la Genèse selon Robert Crumb a été publié dans Télérama et on peut enfin se faire un début d'avis sur l'objet de tant de spéculations.
La première chose qu'on apprend, c'est que les quelques pages publiées par Télérama à chaque numéro ne seront que des morceaux choisis : l'album qui paraîtra en octobre (Denoël Graphic) comptera 202 pages et Télérama ne commence même pas au début, avec la création de la Création, mais avec l'un des épisodes les plus vendeurs, celui d'Adam, d'Eve et du fruit défendu.Crumb le précise lui même dans l'une des citations qui émaillent le portrait qui accompagne la BD pour l'occasion, il était parti pour dessiner une version satirique d'Adam et Eve jusqu'à ce qu'il réalise à la lecture de la Genèse que celle ci résistait à la parodie. Trop bizarre, mystérieuse et puissante : Crumb s'est alors embarqué dans ce qu'il désigne comme un simple travail d'illustration. A la lecture des premières pages, c'est bien tout ce qu'il en ressort et on se demande bien où est l'auteur dans cette illustration sans personnalité du Texte.
Puis vient le Serpent, créature semi-humaine dont la séduction et la symbolique deviennent plus qu'évidentes à travers le dessin de Crumb. Puis Dieu se met en colère, ses malédictions sont bizarres et misogynes, ses traits de patriarche Charlton-Hestonesques sont déformés dans une expression mesquine et terrible. Finalement, cette lecture de la bible est toute crumbienne mais bien plus subtile que ce à quoi l'auteur des BD joyeusement misogynes et racistes des 60's nous avait habitué. Lire aussi :
Le livre à caresser de Dave EggersPosté par Céline le 18.06.09 à 15:23 | tags : news, illustration, vo, jeunesse, le livre ou le film ?
Adapté du livre pour enfant Where the Wild Things Are de Maurice Sendak, ainsi que du scénario que Dave Eggers a co-écrit avec le réalisateur Spike Jonze, The Wild Things affiche une couverture des plus originales. Que chacun jugera, en fonction de ses névroses et de ses souvenirs d'enfance, affectueuse ou effrayante. The Wild Things raconte l'histoire de Max, un petit garçon à la vie compliquée, qui développe peu à peu un comportement de plus en plus animal. Après avoir pris la fuite, il se retrouve sur une île, « The Island of Wild Things », dont il devient bientôt le roi... L'histoire de ce garçon-loup revu par Dave Eggers, qui paraîtra le 1er octobre aux éditions McSweeney's, sortira donc également sur les écrans (Max et les maximonstres : voir la bande-annonce). C'est également à la rentrée que l'on découvrira la version française du roman What is the what (Le Grand Quoi, Gallimard). Voir aussi sur Fluctuat : Tout le monde veut Debord à son bord Afin d'aider l'Etat à réunir les fonds nécessaires pour acquérir et conserver les archives de Guy Debord, le président de la BNF Bruno Racine a organisé, lundi dernier, un dîner de gala auquel il a convié de potentiels donateurs : 500 euros par couvert, et plus si affinités...Tout a commencé en janvier dernier, au moment où Christine Albanel déclare "trésor national" les archives de Debord. Le fonds précieux, qui regroupe tous les manuscrits de l'écrivain, dont celui de La Société du spectacle, devait rejoindre le centre de recherche sur l'avant-garde de l'Université de Yale. Pas moyen. La France veut garder ses agitateurs aussi. Mais pour cela, il faut payer. Plusieurs centaines de milliers d'euros, et dans moins de trente mois, sans quoi les archives fileraient direct à l'autre bout du monde. D'où l'idée de faire appel à des mécènes. La veille du dîner, Alain Beuve-Méry cite dans un article du Monde d'éventuels participants : Total, Veolia ou Roeder ont réservé des tables, tout comme Sotheby's, les galeries d'art Ropac ou Templon. De nombreux autres donateurs habitués de la BNF devraient également être de la partie : Nahed Ojjeh, la veuve du marchand d'armes Akram Ojjeh, Pierre Bergé, cofondateur de la maison de couture Yves Saint Laurent, Pierre Leroy, collectionneur et cogérant du groupe Lagardère. Alors, tous ces gens-là seraient des admirateurs de Debord ? Alain Beuve-Méry glisse une remarque qui pourraient expliquer l'intérêt de certains des convives : « pour les entreprises qui font des bénéfices, l'opération est intéressante, car les dons sont fiscalement déductibles à hauteur de 90 % ; pour les particuliers, le seuil est fixé à 60 %. » Le très radical site du Jura Libertaire s'insurge et dénonce « une extravagante récupération étatique », reprenant les termes employés par l'écrivain lui-même au sujet de l'usage, en 1986, d'une photo de Lautréamont sur les billets de loterie nationale. Debord espérait alors voir les « invités du Comte de Lautréamont » venir troubler « les grandes satisfactions » des responsables de l'opération, faisant référence au saccage organisée par les surréalistes dans une boîte de nuit ouverte en 1930, et trop hâtivement appelée le Maldoror. "Nous sommes les invités du comte de Lautréamont" avait clamé la bande à Breton en faisant littéralement péter le champagne et fuir les invités en tenue de soirée. Pour l'auteur de l'article, les similitudes sont évidentes entre le souper mondain du Maldoror et le dîner organisé par Bruno Racine, qui « réunira autour de la princesse Alice Debord au pays des merveilles spectaculaires et marchandes, quelques marchands de canons, quelques trafiquants d'art (à moins que ce ne soit le contraire), et la représentante d'un gouvernement dont le chef a pour programme explicite la liquidation de mai 68 ». Les "invités de Debord" sont-ils alors, comme promis, venus troubler la tranquillité de cette petite société du spectacle ? MAJ : Libération propose un compte-rendu du dîner, qui selon le Jura libertaire aurait rapporté 180.000 euros, "soit moins du dixième de la somme que la France doit réunir dans les deux ans et demi qui viennent." Le Festin nu de Burroughs fête ses 50 ans à Paris
Un livre d'essais, "Naked Lunch@50 Anniversary Essays" sera lancé à cette occasion en même temps que se tiendront divers événéments littéraires, cinématographiques (diffusion notamment du film d'horreur Au Coeur de La Nuit qui influença l'écriture du livre), musicaux (le duo electropop Underwires conclura la manifestation) et universitaires. On parlera évidemment des grands thèmes qui traversent l'oeuvre de l'Américain : la drogue, la damnation, la manipulation, le sexe, la Beat Generation, Paris etc. La manifestation sera aussi l'occasion pour les fans de Burroughs d'assister à la dépose d'une plaque commémorative au 9 rue Gît le Coeur, emplacement du mythique Beat Hotel, où Burroughs passa pas mal de temps. Parmi les temps forts de ce festival colloque, des exposés, des tables rondes réunissant quelques uns des plus grands spécialistes de William Burroughs, des comparaisons thématiques et des analyses littéraires (Burroughs et Michaux, le cut-up,...), ainsi que, pour les Français, des interventions d'écrivains amateurs de Burroughs comme Mathias Enard, auteur de Zone, Jean-Jacques Schuhl, l'incontournable Philippe Sollers (à confirmer) et moi-même (pour un exposé sur la Figure du Garçon Sauvage chez Burroughs).
Premier travail de Burroughs, Le Festin nu est un livre dont l'histoire est elle-même une aventure. Démarré et écrit à Tanger au Maroc, le manuscrit originel, composé de notes éparses, est repris à Paris par Gingsberg et Kerouac qui le nettoient, le retravaillent avec l'auteur et le rendent présentable. En 1959, le livre sort chez Olympia Press et retraverse l'Atlantique trois ans plus tard dans sa langue natale où il déclenche un scandale immense. Interdit pendant une dizaine d'années pour obscénité et tout ce qui s'en suit (drogue, homosexualité, amoralisme...), le roman faillit passer à la trappe de l'histoire de la littérature américaine avant d'être ré-autorisé, ce qui marqua, d'une certaine façon, une victoire éclatante de la liberté d'expression contre la censure. En 1992, le roman est de façon assez controversée (et qui fera l'objet d'une analyse lors de la manifestation) adapté par David Cronenberg au cinéma. Il inspire des musiciens, d'autres écrivains... jusqu'à aujourd'hui où il vit toujours.
Le programme intégral de la manifestation. Passe 3 jours : 10 euros. On notera dans l'actualité Burroughs que Bourgois a réédité ces derniers jours Entre chats et Interzone. Les Editions de l'Herne ont, quant à elles, réédité les Lettres du Yagé, correspondance Burroughs-Gingsberg ainsi qu'un cahier beat passionnant Kerouac-Burroughs-Gingsberg, épuisé depuis des siècles. La lecture ou la prison ? ou comment résoudre la délinquance par les livres Imaginez : des taulards remis en liberté, à la seule condition qu'ils acceptent... de lire des bouquins et d'en discuter ! Et ça marche... C'est une bien belle histoire vraie que nous raconte Philippe Boulet-Gercourt dans un article paru dans le dernier numéro du Nouvel Obs. Massachusetts, 1991. Un juge et son copain prof de littérature discutent. Le premier confie au second être frustré par le système judiciaire qui lui renvoie sans cesse les mêmes récidivistes. Le prof, Robert Waxler, propose alors d'essayer quelque chose avec les livres. Bientôt, huit cobayes à la peau dure (qui totalisent ensemble 142 condamnations) se voient réunir sur le campus de Dartmouth pour des sessions-lectures. Des sessions, qui, 18 ans plus tard, continuent à fonctionner.
Le principe du programme : « en acceptant de lire six livres en douze semaines, et d'en discuter, le prévenu échappe à la prison ferme ou sort de prison avant terme. » Mais attention, le juge Michael Leahy précise : « Certains, pour ne pas avoir lu un livre, ont été renvoyés en prison. » Ce programme n'est donc pas un programme pour rire. Les participants eux-mêmes ne déconnent pas. Ils se prennent des claques en lisant Steinbeck et Jack London. Le juge n'oubliera jamais Larry Bird, un héroïnomane pendant longtemps incarcéré, qui passa les dernières années de sa vie à dévorer un stock de livres achetés aux puces... Les résultats de ce programme aurait dû en faire un véritable modèle : deux fois moins de récidivistes parmi les participants, et plus économique que l'incarcération systématique. Mais alors, pourquoi seules quelques villes s'en sont inspiré ? Car bien sûr, Le « tout-répressif » est « tellement plus simple », rappelle le journaliste à la fin de son article. Finalement, pas tout à fait un conte de fées...
Source : Bibliobs
Voir aussi : Les 10 livres à planquer en cas de perquisition Entretien avec Michel Faber, l'anti Dan Brown On avait laissé Michel Faber sur le recueil de nouvelles Moins que parfait, avec sa belle brochette d'écorchés vifs épinglée avec un humour ravageur. En douceur, l'écrivain hollandais passe du format court au « moyen-métrage » : il revient avec un roman de moins de 200 pages, Le Cinquième évangile. Un titre à la Dan Brown, ça...Mais justement, non, car l'auteur de La Rose pourpre et le Lys entend se moquer ici du genre en vogue qu'est le glorieux « roman esotérico-religieux ». Pas d'enquête tarabiscotée ici, ni de vérité ancestrale révélée en grande pompe et au premier degré. Faber fait voler en éclat (de rire) le sérieux du Da Vinci Code, pour raconter le destin incroyable de Theo Griepenkerl. Envoyé en Irak par sa fac, cet archéologue canadien a un gros coup de pot : sous les décombres d'un musée local, il met la main sur les mémoires de Malchus, témoin des derniers jours du Christ... Le grand œuvre de William Vollmann en septembre chez Tristram![]() Un an après la parution de Pourquoi êtes-vous pauvres ? l'année dernière chez Actes Sud, on retrouvera William Vollmann dans nos rayons à la rentrée prochaine, avec l'un des projets les plus ambitieux de toute sa carrière, intitulé Le Livre de violences, qui paraîtra aux éditions Tristram le 10 septembre. « Le Livre de violences est une critique de l'activité terroriste, défensive, militaire et policière, combinée avec certaines pensées d'ordre plus général, sur les moments où la violence pourrait être appropriée », explique Vollmann. L'écrivain, qui ne craint de pas d'explorer les sujets les plus vastes et les plus complexes, avait silloné il y a quelques années la planète pour aller interroger ses habitants sur leur pauvreté (Poor People, 2007). Il avait ensuite pris le train pendant trois mois avec des cloches pour raconter l'aventure des hobos (Riding Toward Everywhere, 2008). Le livre des violences, paru pour la première fois en 2003 chez McSweeney's (5000 pages, 7 volumes, avec notes et annexes), s'appuie lui aussi sur une enquête de terrain, menée par Vollmann au cours de ses reportages dans les zones de conflit du monde. C'est une édition réduite - par l'auteur lui-même (960 pages) - et accompagnée de photographies, que publieront les éditions Tristram (auxquelles nous devons la redécouverte des écrits les plus expérimentaux du maître Ballard). « Nous n'excluons pas de compléter cette version en publiant ultérieurement d'autres parties du corpus original », précisent les éditeurs. Parce qu'il cherche le plus souvent à explorer les phénomènes de nos sociétés, parce qu'il ne se départit jamais, dans l'observation de ses pairs, d'un regard profondément humain, William Vollmann apparaît comme l'exemple modèle des écrivains qui se soucient avant tout de rester en prise avec le monde contemporain. Alors son grand livre sur la violence, il ne fait aucun doute que nous vous en reparlerons. Le journal Pilote revient pour un numéro sexy![]() Le magazine de bande-dessinée Pilote, également appelé depuis 2003 « le journal qui s'amuse à revenir » en raison de l'irrégularité de sa parution (3 numéro en 5 ans), change de surnom pour son prochain numéro et devient : « Pilote, le magazine qui va et qui vient »... Non, votre concupiscence ne vous joue pas des tours : la référence est bien sexuelle, puisque ce nouveau numéro - parution le 25 juin - fête les 40 ans de 1969 en jouant la carte de l'érotisme. De nombreux auteurs de bd se sont donc amusés avec le sujet : Alex Varenne (qui a signé la couverture), Moebius, Milo Manara, Blutch, Manu Larcenet, Claire Bretécher, Bastien Vivès, pour n'en citer que quelques-uns... Source : Bodoï La Bible satirique de Robert Crumb dans Télérama
Le New Yorker a récemment révélé les premières pages de la BD qui permettent de se faire une assez bonne idée du bouquin : il s'agit d'une adaptation fidèle du texte original, pleine de citations directes, qui devrait pourtant fournir de quoi se fâcher aux juifs, chrétiens et musulmans. Le dessin de Crumb apporte en effet une dimension satirique féroce au texte original, révélant une vision de Dieu assez semblable aux personnages les plus déjantés de Crumb comme Mr Natural ou Crumb lui même. Le Créateur y apparaît comme un personnage colérique, vindicatif, manipulateur... Robert Crumb aurait découvert dans les premiers épisodes de la Bible un équivalent à son imaginaire bizarre et sombre, de quoi nous faire peur sur les fondements de nos sociétés. L'écrivain Dave Eggers vous réconforte sur l'avenir du papier Êtes-vous : pessimiste pour l'avenir du livre ? Inquiet face au déclin de la lecture ? Si c'est le cas, l'écrivain et super héros Dave Eggers, à qui l'on doit notamment les éditions McSweeney's, est là pour vous réconforter.
Au cours d'une conférence donnée le mois dernier à New York, l'auteur d'Une oeuvre déchirante d'un génie renversant a promis de remonter personnellement le moral de tous ceux qui se sentent abattus ou désespérés en raison de la mort (supposée) du support papier. « Si avez le moindre doute, écrivez-moi (...) je vous prouverai que vous avez tort » a-t-il déclaré en prenant soin de préciser : deggers@826national.org. Eggers dit ne pas s'être douté que sa promesse (et son adresse mail) ferait aussitôt le tour du web. Inondé des messages de nombreuses personnes en quête de réconfort, il opte finalement pour une réponse collective, dont voici un extrait : « Les rapports selon lesquels plus personne - notamment les jeunes - ne lit aujourd'hui sont énormément exagéré, et manquent, presque toujours, de faits sur lesquels s'appuyer. En réalité, les ventes de livres pour jeunes adultes sont en progression. Les enfants apprennent autant des livres qu'ils le faisaient autrefois.(...) » Confiant, Dave Eggers annonce également que le prochain numéro de la revue McSweeney's sera publié dans le format d'un journal : une façon de montrer que les publications papier peuvent l'emporter si elles renouvellent leur modèle et propose « une expérience différente» de celle du net. « C'est le moment de rugir de nouveau, de réaffirmer et de célébrer la beauté de la page imprimée ». L'écrivain conclura finalement son message en rappelant que son compte mail, créé pour une raison bien précise, ne sera pas consulté régulièrement. Et en s'excusant, aussi, auprès de tous ceux qui lui ont demandé du réconfort sur d'autres sujets - comme le réchauffement de la planète ou la récession... Pour ces questions-là, on attend donc qu'un nouvel écrivain se dévoue pour remonter le moral des foules. Lire aussi : Paris en toutes lettres : un nouveau festival pour la littérature
Conçu par Olivier Chaudenson, le festival proposera des dizaines d'événements gratuits sur plusieurs sites : le théâtre des Bouffes du Nord, le 104, le couvent des Récollets, ou la Mairie de Paris. Le centre de "Paris en toutes lettres" se tiendra, lui, place Stalingrad, sous le chapiteau "Magic Mirror" où l'écrivain Jacques Jouet écrira en direct un roman-feuilleton pendant quatre jours. Plusieurs écrivains seront présents pour des débats et des lectures : Jacques Roubaud, Olivier Rolin, Olivier Adam, Régis Jauffret, Atiq Rahimi, Alain Mabanckou, Pierre Michon, Mathias Enard, Emmanuel Carrère, Gao Xingjian, entre autres.
Une soirée sera consacrée à Patrick Modiano, qui a si souvent fait évoluer ses fantômes et ses rêveurs dans les rues parisiennes (samedi 6). Sur le Ponts des Arts, la Comédie-française lira des textes de Louise Labé, Victor Hugo, ou Balzac... Au Pavillon de l'Arsenal, Olivia Rosenthal poursuit sa série de reportages-fictions sur la maison d’arrêt La Santé. Au CENTQUATRE, Philippe Djian et Stephan Eicher se réunissent pour un concert littéraire. Partout dans la ville, du quartier de la Goutte d'or à celui de l'Académie française, du Point Ephémère au Théâtre du Châtelet, écrivains et lecteurs pourront se réunir... pour le seul plaisir du texte. Une sorte de "Nuit Blanche" pour la littérature, en somme, qui s'annonce assez sympathique.
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