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Le Hezbollah censure des extraits du Journal d'Anne Frank
"Ce qui est plus dangereux encore est la manière dramatique et théâtrale dont le journal est relaté, il est chargé d'émotion", a annoncé dans un reportage Al Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah, qui se demande aussi combien de temps le Liban "restera une arène ouverte pour l'invasion sioniste de l'éducation". Suite à cette polémique, l'établissement privé qui utilisait le manuel en question a décidé de l'abandonner, tout en souhaitant rester anonyme. Le mois dernier, c'est un autre manuel scolaire, également utilisé dans une école privé de Beyrouth, qui avait suscité la colère du parti islamiste chiite : le Hezbollah et le Hamas y étaient qualifiés d'organisations terroristes, conformément au classement de Washington. Au Liban, le chapitre en question est ordinairement coupé par la censure dans ce manuel, mais un élève s'était procuré à l'étranger une version non censurée, soulevant l'indignation et la polémique.
Photo : un portrait d'Anne Franck portant un keffieh rouge sur un mur d'Amsterdam (attribué à l'artiste de rue Bansky). La dernière sélection du prix Interallié 2009Le prix Interallié, qui sera finalement remis le 18 novembre prochain, clôturant la saison des prix, se joue désormais entre quatre auteurs :
Simon Liberati reçoit le prix de Flore 2009
Il l'a emporté à 7 voix (contre 3 voix pour Jean-Marc Parisis, 2 pour Michka Assayas). L'écrivain, qui s'était fait remarquer avec Anthologie des apparitions, son premier roman, avait également publié en 2007 Nada exist (lire la chronique). Il est aussi, accessoirement, l'ami avec lequel Beigbeder (dernier lauréat du Renaudot et président du Flore) s'est fait arrêter pour usage de stupéfiant sur la voie publique - épisode intégralement raconté dans Un Roman Français... Dans L'Hyper-Justine, son troisième roman, Simon Liberati met en scène la rencontre entre un petit escroc et une jeune Anglaise mêlée à un projet cinématographique, inspiré de Sade, et qui pourrait être dirigé par Sofia Coppola. Entretien : Jean-Yves Cendrey raconte deux facettes de Berlin![]() Au début des années 90, Jean-Yves Cendrey s'installe à Berlin : il n'en découvre alors qu'une atmosphère brutale et les habitants résignés. Aujourd'hui, bien que la capitale allemande soit redevenue "aimable" à ses yeux, l'écrivain s'avoue tout de même "inquiet" des commémorations qui se préparent pour les 20 ans de la chute du mur. Entretien.
On le sait depuis… Principes du cochon, son premier livre. Jean-Yves Cendrey hait les concessions. Le dérèglement des hommes, les dérives du système, la médiocrité contagieuse des petit bourgeois. Tout ça le met hors de lui. Alors, il l'écrit. On pense souvent à deux de ses livres qui ont frappé très fort – là où ça fait mal : Les Jouets Vivants et Corps enseignant. Mais il y a aussi, en 1994, Oublier Berlin, témoignage d’une Allemagne brutale et résignée, où « les vieux démons se sont fait des têtes de skinhead ».(...) Lire l'entretien : Berlin selon Jean-Yves Cendrey
Voir aussi : Le prix Médicis 2009 pour Dany Laferrière et Dave Eggers
Le roman de l'écrivain haïtien, L'Enigme du retour (Grasset), l'a emporté à quatre voix contre une pour Justine Lévy et Alain Blottière. Le prix Médicis du roman étranger a quant à lui été remis à Dave Eggers pour Le Grand Quoi (lire l'entretien avec Dave Eggers), et le Medicis de l'essai à Alain Ferry pour Mémoire d'un fou d'Emma. Le prix Décembre 2009 pour Jean-Philippe Toussaint![]() Décerné mardi 3 novembre à Jean-Philippe Toussaint pour son roman La Vérité sur Marie, le prix Décembre aura peut-être consolé l'écrivain passé lundi à côté du Goncourt.
Le jury du prix Décembre, notamment composé de Philippe Sollers, Frédéric Beigbeder, Arnaud Viviant, Patricia Martin, Dominique Noguez ou encore Laure Adler, a choisi le roman de Jean-Philippe Toussaint, auteur phare des éditions de Minuit, à 7 voix contre 3 pour Patrick Besson et 2 pour Simon Liberati.
Tous les prix littéraires Claude Lévi-Strauss est mort
Ce sont les éditions Plon, la direction de l’EHESS et l’Académie Française qui ont annoncé la nouvelle cet après-midi. L'année dernière, le centenaire de l'ethnologue (né le 28 novembre 1908), auteur de Tristes Tropiques, avait été l'occasion de nombreux hommages à son oeuvre. Ultime consécration, la Pléiade avait publié un volume rassemblant une partie de ses oeuvres. Plus nombreux encore seront les témoignages et honneurs rendus à son travail et sa pensée dans les jours à venir, car plus qu'un chercheur, plus qu'un professeur, plus qu'un voyageur, Claude-Lévi Strauss fut aussi à sa façon un révolutionnaire, dont le mouvement dépassa largement le domaine de l'ethnologie et les cercles de l'université. Au sujet de Tristes Tropiques, Georges Bataille avait ainsi écrit : "La nouveauté du livre s'oppose à un ressassement, elle répond au besoin de valeurs plus larges, plus poétiques, telles que l'horreur et la tendresse à l'échelle de l'histoire et de l'univers, nous arrache à la pauvreté de nos rues et de nos immeubles." Le Manuel pratique du terroriste d'Al-Qaida publié chez André Versaille
Et contrairement à ce que pourrait laissait supposer un titre aussi... explicite, il ne s'agit pas là d'un ouvrage humoristique, comme on en a vu paraître sur Ben Laden. L'éditeur André Versaille, dont la maison est notamment spécialisée en histoire et en politique internationale, prendra d'ailleurs le soin de justifier la publication "sérieuse" de ce document dans une note intitulé "Pourquoi avons-nous décidé de publier ce brûlot ?" Le texte en question, retrouvé en 2000 par des enquêteurs britanniques au domicile d’un membre présumé d’Al-Qaida, n'est pas « un texte de plus sur Al-Quaida, ni un discours d'Al-Qaida à des fins de propagande » : « j'avais sous les yeux Al-Qaida elle-même dans sa parole la plus secrète », explique André Versaille. Ce sont finalement les avis de plusieurs experts d'Al-Qaida qui l'auraient convaincu de « le mettre à disposition du public ». Cependant, l'éditeur a beau insister sur l'utilité publique de cette publication et la mise en place de nombreuses précautions - comme celle de « supprimer les passages qui expliquent dans le détail comment frapper mortellement un individu, produire des poisons ou fabriquer des explosifs », ou celle d'intégrer une préface de 30 pages d'Arnaud Blin, spécialiste du terrorisme - comment ne pas douter de la dimension pédagogique d'un ouvrage qui décrit « méthodiquement, de manière presque clinique, en dix-huit leçons, comment se fondre dans le paysage d'un pays occidental, échapper aux poursuites, recruter, recueillir de l'information, fabriquer de faux papiers, détruire, commettre des attentats, fabriquer des poisons, assassiner, résister aux interrogatoires, s'évader, libérer des frères capturés, le tout au nom du jihad » ? L'argument d'André Versailles : « on ne se défend efficacement contre un péril que si l'on en comprend la nature ». Par ailleurs, un autre ouvrage d'analyse complémentaire paraît en même temps que le Manuel chez le même éditeur : Le terrorisme au nom du Jihad de Philippe Migaux, autre spécialiste de la question terroriste : « Les deux se complètent : celui-ci analyse la mouvance jihadiste internationale, celui-là en présente les pratiques.» Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait fusionner les deux, ou alors les proposer ensemble dans un pack Ai-Qaida ? Car même si l'appareil critique est bel et bien présent dans le Manuel - "plus d'un quart de l'ouvrage" - la couverture noire et le titre du livre ne le présentent pas comme autre chose que ce qu'il est à l'origine : un manuel. Pour satisfaire votre curiosité, les premières pages de cette version démoniaque de la Bible des Castors juniors sont disponibles sur le site de l'éditeur. Entretien avec Barry Gifford, l'auteur de Sailor et Lula
Fluctuat : Un journaliste américain (Patrick Beach) a dit de votre littérature, que c'était "comme si John Updike avait eu un jumeau diabolique qui aurait grandit du mauvais côté de la route et écrit bizarrement"... Qu'en pensez vous ? Lire la suite de l'entretien avec Barry Gifford Photo : Portrait réalisé en septembre 2009 par Jean-Luc Bertini à l'hôtel Lutetia Pierre Michon reçoit le Grand Prix de l'Académie française![]() C'est à Pierre Michon, auteur des Vies minuscules, que le jury de l'Académie française a aujourd'hui décerné son grand prix pour son roman Les Onze.
Ce ne sera donc ni Renaud Camus (six voix), ni Bruno de Cessole (une voix), mais Pierre Michon, véritable incarnation de la grâce littéraire, sans aucun doute l'un des plus grands écrivains français contemporains. L'écrivain né aux Cards, âgé de 64 ans, marche sur les pas de ses illustres prédécesseurs : les Rimbaud, les Faulkner, les Proust et les Flaubert (auxquels il a sublimement rendu hommage dans Corps du Roi). Publiée en grande partie aux éditions Verdier (endeuillées par la mort de leur fondateur Gérard Bobillier) son oeuvre peut également entrer en résonnance avec des auteurs comme Macé, Quignard et Bergougnioux. Oeuvre majuscule de l'auteur, Vies minuscules, publié chez Gallimard en 1984, a révélé Pierre Michon comme l'une des plumes capables de dire, dans un même souffle littéraire, l'attachement à la nature (avec une puissance digne de Giono), la contradiction des hommes et la douleur d'écrire après d'autres. Dans les Onze, son dernier livre, il fait revivre, en se basant sur un célèbre tableau, les onze membres du Comité de Salut public qui, en 1794, instaurèrent la politique de Terreur. Trois écrivains interpellent Frédéric Mitterrand sur leur statut précaire![]() Afin d'interpeller le Ministère de la culture sur l'injustice et la précarité de leur statut, trois écrivains - Xavier Houssin, Renaud Meyer et Laurence Tardieu - ont signé une lettre ouverte à Frédéric Mitterrand, intégralement publiée sur Livres Hebdo, sous le titre : "De livres et d'eau fraîche ?"
Car les livres, comme l'amour, ne peuvent vous nourrir que jusque un certain point. Ce n'est un secret pour personne : la plupart des écrivains crèvent la dalle. « Les moins bien mal lotis perçoivent une avance sur leurs droits d'auteur qui, la plupart du temps, se situe aux alentours de 1500 euros et touchent de 5 à 15% des ventes une fois cet à-valoir remboursé à l'éditeur », rappellent les signataires de la lettre. Avant de demander : « Considérez-vous, Monsieur le Ministre, qu'écrivain est un métier et qu'il faut que les gens qui l'exercent puissent en vivre ? » (Une question dont la réponse est bien moins évidente qu'il n'y paraît. Pourra-t-on jamais faire la différence entre un écrivain qui travaille à son grand oeuvre et un wannabe en attente perpétuelle d'inspiration ?) « La plupart des acteurs du monde artistique sont représentés par des instances corporatives et bénéficient d'un statut social protecteur (...) un acteur de cinéma touche un salaire, peut percevoir des indemnités de chômage », mais les écrivains, eux, se retrouvent contraints à multiplier les « petits boulots de l'écrit (...) qui diluent l'œuvre dans la grande marmite des occupations économiquement nécessaire ». Autre injustice soulignée par la lettre : le fait que parmi tous les acteurs de la chaîne du livre (diffuseurs, éditeurs, libraires), l'écrivain, pourtant indispensable, reste l'un des seuls à ne pas bénéficier « d'un statut social » et « d'une réelle pérennité financière ». Pour y remédier, les trois écrivains, « convaincus que leurs propositions peuvent contribuer à construire l'avenir », appellent au débat et à la réflexion. Lire la lettre ouverte à Frédéric Mitterrand dans son intégralité. Philip Roth prédit la fin du roman dans une vidéoA l'occasion de la sortie aux Etats-Unis de The Humbling, son dernier roman, Philip Roth a accordé une interview à Tina Brown (The Daily Beast), dans laquelle il prophétise notamment... la disparition très prochaine du roman. Même s'il était « encore optimiste ces 25 dernières années », l'écrivain ne semble plus croire en effet en l'avenir du roman, dont la lecture demande trop de concentration. Et l'époque n'est pas à la concentration. « Le livre ne peut rivaliser ni avec un écran de télé, ni avec un écran d'ordinateur ». Outre ses prédictions pessimistes au sujet du roman, Philip Roth évoque également, face à Tina Brown, la genèse de The Humbling, l'importance du sexe dans son écriture, des années 60, du livre d'Obama... A voir sur The Daily Beast. Lire aussi : Prix Virilo, seconde édition : littérature et testostérone
En marge du "Prix Virilo", qui récompense un coup de coeur littéraire de façon finalement assez classique (remis l'année dernière à Robert Alexis pour La Robe), est également remis le prix Trop Virilo, à un "livre ou essai qui doit sentir l'homme, l'aigre vestiaire de fin de match" (lauréat 2008 : Pierre Bisiou pour Enculée). Le prix Virilo sera remis le 9 novembre au Café de l'Ambassade (une heure avant le Femina). Il est accompagné d'une dotation de 11 euros, soit un euro de plus que le Goncourt.
Sélection pour le prix Virilo (dans laquelle on retrouve, tout de même, quelques habitués des listes de cette automne : Haenel, Ndiaye, Mauvignier...) : Loin des bras, Metin ARDITI (Actes Sud) Nous autres, Stéphane AUDEGUY (Gallimard) Assortiment pour une vie meilleure, Thomas GUNZIG (Au Diable Vauvert) Jan Karski, Yannick HAENEL (Gallimard) (voir notre entretien avec Yannick Haenel) Dans les ombres sylvestres, Jérôme LAFARGUE (Quidam) Des Hommes, Laurent MAUVIGNIER (Minuit) Trois Femmes Puissantes, Marie NDIAYE (Gallimard) La Vérité sur Marie, Jean-Philippe TOUSSAINT (Minuit) Yanvalou pour Charlie, Lyonel TROUILLOT (Actes Sud) Les insomniaques, Camille de VILLENEUVE (Philippe Rey)
Parquet flottant, Samuel CORTO (Denoël) L'Hyper-Justine, Simon LIBERATI (Flammarion) La princesse et le président, Valery GISCARD d'ESTAING (Ed. de Fallois/ X.O) La Confession négative, Richard MILLET (Gallimard) Cadence, Stéphane VELUT (Christian Bourgois) Kata Sutra, la vérité crue sur la sexualité des filles, Nadia DAAM, Emma DEFAUD, Titiou LECOQ, Johana SABROUX, Elisabeth PHILIPPE (Jacob Duvernet) Choses lues, choses vues : une expo d'Alain Fleischer à la Bnf « Finalement, je crois que ce qu'il y a de plus extraordinaire à filmer, ce sont des gens qui lisent », écrivait Godard. Et Alain Fleischer partage sans aucun doute cet avis : Choses lues, choses vues, l'exposition qu'il présente actuellement dans la prestigieuse salle Labrouste du site Richelieu de la BNF, ne parle que de cela. Des livres, de la lecture, de l'expérience unique qu'il faut en tirer.90 vidéos, installés dans les allées de la bibliothèque, montrent des lecteurs d'horizons différents - écrivains, étudiants, comédiens, fonctionnaires, enfants, savants... - en train d'énoncer à haute voix le passage d'un livre. Diffusées en même temps, toutes ces lectures en viennent à former une harmonieuse, douce et réconfortante cacophonie. Il faudra s'approcher de l'un ou l'autre écran pour entendre quelles histoires se murmurent, dans le métro, dans un parc, sur une plage ou dans le lit conjugal : Stendhal, Joan Didion, Blaise Cendrars, Jack Kerouac, Rainer Maria Rilke, et tant d'autres. Autant d'auteurs dont les textes sont réincarnés devant la caméra d'Alain Fleischer.
Tous les éléments de l'exposition tendent évidemment à rendre hommage aux œuvres littéraires et à leurs bienfaits, comme les nombreuses citations d'écrivains qui ponctuent le parcours des vidéos : « La bibliothèque d'un homme est une sorte de harem » (Ralph Waldo Emerson) ; « En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle » (Amadou Hampâté Bâ). Ou comme les précieux manuscrits (Borges, Céline) qui trônent sur certaines allées. Hommage à la lecture, également, les moments où les vidéos s'interrompent et qu'un grand écran, déployé au fond de la salle, projettent alors des morceaux de films autour du thème de la lecture : Fahrenheit 451 de Truffaut, Sollers au paradis de Jean-Paul Gardier, un extrait d'une lecture-performance de William Burroughs, ou un petit documentaire qui retracent l'histoire de la lecture dans les œuvres picturales (à ce sujet, voir notre diaporama des portraits de lecteurs). Alain Fleischer, dont les réalisations sont souvent traversés par la notion d'art total, rend ainsi aux livres tout ce qu'on lui doit. C'est-à-dire des mots, du son, des images, mais bien davantage encore, comme en atteste cette autre citation, de Georges Duhamel : « Dans la lecture solitaire, l'homme qui se cherche lui-même a quelque chances de se rencontrer ». A voir donc sur le site Richelieu de la BNF, jusqu'au 31 janvier 2010. Choses lues, choses vues. Richelieu, salle Labrouste, du 23 octobre 2009 au 31 janvier 2010. Exposition conçue et réalisée par Alain Fleischer.
Yannick Haenel lit Héliogabale ou L'anarchiste couronné d'Antonin Artaud : ![]()
Voir aussi : Le diaporama des portraits de lecteurs Entretien : Alain Fleischer parle de Godard Interview de David Heatley : raciste, obsédé... et génial
Son premier ouvrage, J'ai le cerveau sens dessus dessous, est autobiographique. Il y parle de sexe, de racisme, de hip hop, d'amour, et de la complexité des liens familiaux... De quoi vous retourner le cerveau, dans le meilleur sens du terme. Dans un entretien avec Fluctuat, David Heatley revient sur ses inspirations, sa démarche esthétique, et sur sa condition de "blanc aux Etats-Unis"... Lire l'entretien avec David Heatley On a retrouvé le vrai Harry Potter
Si le vrai Harry Potter était sorcier, peut-être se vengerait-il des moqueries et des canulars qu'il endure chaque jour. Sans parler de son manque de crédibilité : "Personne ne me croit quand je leur dit comment je m'appelle. La première fois, j'ai même du montrer ma carte d'identité, mon passeport et mon permis de conduire à ma copine !". Ou encore de ses problèmes administratifs : il ne peut pas ouvrir un compte sur Facebook, à cause des "droits d'auteurs". Et pourtant, il était là avant... Lui, Harry Potter en chair et en os, et dont le front est marqué d'une cicatrice, exactement comme le magicien le plus rentable de l'histoire.
Photo : Harry Potter, DR Guillaume Musso et Marc Levy bannis du Petit Robert
Un écrivain comme Jonathan Littell, en revanche, n'y trouve pas encore sa place. Explications : "C'est l'auteur d'une seule œuvre. Vous me direz que Proust aussi... On a hésité, mais on ne l'a pas intégré." Pas de Stieg Larsson non plus, ni d'Anna Gavalda, qui est cependant "citée dans Petit Robert", et qui "figure dans les postulantes". Quand aux deux autres monstres de succès que sont Marc Levy et Guillaume Musso, qu'ils n'essaient même pas, eux, de postuler : "Moi vivante, ils n'y seront jamais !" affirme Laurence Laporte, dont on peut alors être sûr que les critères de sélection n'ont rien à voir avec les chiffres de vente. Mais il lui faut quand même se préparer à tout, et même au pire : "si Marc Levy est élu à l'Académie française, son nom figurera dans le dictionnaire à la rubrique Académie, sans pour autant y avoir un article. S'il a le Nobel, là oui, il faudra en faire un..."
Retrouvez aussi : Marc Levy en vietnamien, Gavalda en russe... dans le diaporama des couvertures de best-sellers français à l'étranger. Entretien : Will Self parle de Conrad, de cigarette et de tourisme...![]() Photo © John Foley / Opale En visite à Paris pour la promotion de No Smoking, Will Self nous a accordé un peu plus d'une heure, avant de retraverser la Manche et de retourner à son nouveau roman. On imagine qu'il a laissé son brûleur créatif sur feu doux avant de claquer la porte de son appartement, et qu'il a peur en permanence que le fond attache ou que le soufflé retombe. On a connu des immeubles qui s'enflammaient pour moins que ça. Malgré tout, il est là et cela se voit.
Ses yeux sont aussi grands que sur les photos, mais son visage beaucoup plus doux et apaisé que sur celles qui lui donnent une tête de bagnard ou de fou dangereux. On s'aperçoit assez vite que Will Self réfléchit vite, très vite, que notre anglais est un peu court pour se hisser à sa hauteur lorsqu'il parle sciences sociales par exemple. La pièce est électrisée et comme saturée d'intelligence, malheureusement inéquitablement répartie de chaque côté de la table. Il faut se rendre à l'évidence : on est à la leçon, mais une leçon qu'on reçoit volontiers de la part d'un tel professeur...
Le prix Bartleby du roman inachevé sera remis le 9 novembre
Le choix sera d'autant plus difficile que parmi les oeuvres retenues figurent notamment "un roman de Graham Greene retrouvé aux Etats-Unis par un universitaire français, un fond de tiroir de Philippe Jaenada, quelques lignes solitaires de Jacques Expert". Pour rappel : le prix est "un encouragement à ne pas poursuivre : le lauréat gagnera le droit de ne pas achever son écrit. Son œuvre inaboutie sera publiée en l'état par un éditeur audacieux. Ou pas." Organisateur du prix, Fred Royer annonce également qu'un "Prix spécial du roman ni écrit ni à écrire sera décerné à Florian Zeller". Lire l'entretien avec Fred Royer Plus d'infos sur le prix Bartleby Tous les prix littéraires sur Fluctuat Deleuze piraté, le Kindle en France, Google devient libraire : un nouveau point sur le livre numérique
Combien de titre disponibles illégalement ? Chargé de l'étude, Mathias Daval a analysé quatre mois durant des milliers de fichiers disponibles sur Internet, et a dénombré, au total, 6000 titres proposés en téléchargement illégal (dont 3500 à 4000 sont des bd). Un chiffre qui devrait grossir dans les années à venir en fonction de l'évolution du livre numérique. Car si les lecteurs ebook se vendent de mieux en mieux, y compris en Europe, ils ne semblent pas encore avoir accompli une révolution technologique de la même ampleur que celle qui a frappé le domaine de la musique. Le Kindle d'Amazon, commercialisé à partir d'aujourd'hui en France, reste encore un peu cher : 190 euros en moyenne (compter 7 euros pour un livre, 5 euros s'il est déjà sorti en poche). Pratique ? Une certaine réserve donc vis-à-vis du livre numérique qui se ressent également dans les méthodes de piratage : « environ la moitié des fichiers sont scannés, et il faut compter environ six heures pour mettre un fichier en ligne », révèle l'étude Ebookz. Et encombrant, au final, puisque la taille moyenne d'un fichier fait 29,7 Mo. Spider Woman, le premier comic animé de MarvelC'est sans doute l'aboutissement d'une dizaine d'année d'efforts pour que leurs comics ressemblent toujours plus à des films. Pour relancer le titre Spider Woman, Marvel comics a décidé de lancer un nouveau format, le "Motion Comic" qui cherche à combiner le meilleur des mondes du comic book et de l'animation.
Au vu du premier épisode de Spider Woman, pour l'instant offert gratuitement en streaming (pour la suite, il faut aller sur iTunes et payer), le meilleur de l'animation pour Marvel c'est le son et les acteurs, aussi peu convaincants soient-ils. Et le meilleur du comic book, c'est qu'il est beaucoup moins cher à produire qu'un vrai dessin animé. Le résultat n'est pas aussi cheap qu'on pourrait cependant le craindre, grâce aux dessins réalistes d'Alex Maalev, suffisament vivant pour que l'absence de mouvement nous manque trop. Côté histoire, Marvel et le scénariste Brian Bendis ont fait le curieux choix, au niveau marketing, d'intégrer ce comic book à sa "continuité", l'incroyable histoire sans fin qui lie tous ses personnages. Si donc en tant que nouveau lecteur (ou plutôt devrait-on dire spectateur) vous avez un peu de mal à suivre au début, c'est parce que vous ne savez pas que l'univers Marvel vient de se réveiller et de découvrir que des milliers d'aliens protéiformes ont pris secrètement la place d'humain et de super héros depuis des années. Spider Woman était de ceux qui se sont fait voler leur vie et qui aujourd'hui la retrouvent sans la reconnaître. On va lui offrir l'occasion de prendre sa revanche...
La suite, donc, c'est sur iTunes, mais vous pouvez aussi aller sur Youtube écouter la chanson de Spider Woman et attendre un peu pour le lancement du second motion comic de Marvel : Astonishing X-Men par Joss Whedon et John Cassaday, dont voici la bande annonce :
Entretien vidéo : Jay McInerney a la belle vie...A l'occasion de la sortie de son recueil de nouvelles, Moi tout craché, nous avons rencontré Jay McInerney, écrivain associé au brat pack et à la ville de New York. L'écrivain revient avec nous sur sa carrière, son rapport houleux avec la critique américaine, sa fraternité littéraire avec l'ami Bret Easton Ellis... Sans pudeur, il raconte aussi ce qui a changé à New York depuis le 11 Septembre, son troisième divorce causé par la présence d'un cochon, et annonce la présence de Bernard Madoff dans son prochain roman... A voir dans notre entretien vidéo avec Jay McInerney. Trois titres oubliés de Françoise Sagan réédités chez Stock
Les lecteurs pourront notamment découvrir Toxique, le journal que tint l'écrivain pendant une cure de désintoxication suivie en 1957. Cette année-là, Sagan avait subi un accident de voiture, et dû absorber de la morphine pour calmer les douleurs de ses blessures. Initialement publié chez Julliard en 1964 et dans une certaine confidentialité, ce bref récit de cent pages, accompagné des illustrations de Bernard Buffet, est tiré à 37 000 exemplaires chez Stock. Stock réédite également deux ouvrages parus chez Flammarion au début des années 1970 : Des bleus à l'âme et Des yeux de soie, tirés eux à 5000 exemplaires chacun.
Voir aussi : Le diaporama des écrivains précoces
Herta Müller reçoit le prix Nobel de littérature 2009
Une femme, donc, pour succéder à Jean-Marie Le Clézio. La douzième, après Doris Lessing (2007), Elfriede Jelinek (2004), Toni Morrison (1993), Pearl S. Buck, entre autres. Herta Müller, qui, selon l'Académie, "dépeint les paysages de l'abandon" avec "la concentration de la poésie et l'objectivité de la prose", se verra ainsi remettre le 10 décembre prochain son prix et une enveloppe de 10 millions de couronnes (plus de 973000 euros).
Née le 17 août 1953 à Nitzkydorf, village de la région roumaine de Banat, Herta Müller s'est opposée sans relâche au régime de Ceauscescu, refusant de collaborer avec la police roumaine. Son premier ouvrage, le recueil de nouvelles Niederunger, sera censuré aussitôt après sa publication en 1982. Au total, elle a publié 19 romans et recueils, dont seuls trois ont été traduits en français : L'homme est un grand faisan sur terre (Maren Sell, 1988, réédité par Gallimard en 1990), Le renard était déjà le chasseur (Seuil, 1997) et La Convocation (Métailié, 2001). Une nouvelle fois, les pronostics sur le lauréat du prestigieux prix n'auront pas été pertinents. Toujours pas de poètes ni de grands auteurs comme Philip Roth, Haruki Murakami ou Joyce Carol Oates, pourtant cités depuis des années commes grands favoris. Mort de Gérard Bobillier, fondateur des éditions Verdier Pierre Michon le surnommait Bob. Nous, on saurait surtout reconnaître les fameux ouvrages à couverture jaune, qui ont juste donné à la littérature contemporaine ses noms essentiels. Gérard Bobillier, directeur et fondateur des éditions Verdier, est mort le lundi 5 octobre à Carcassonne, emporté par un cancer à l'âge de 64 ans.
Sur le Tiers Livre, François Bon, qui a rejoint les éditions Verdier avec L'enterrement (1992), rend hommage à l'éditeur qui, après Jérôme Lindon, avait su créé un « partage de sang » entre les écrivains qu'il publiait : Olivier Rolin, Pierre Bergounioux, Pierre Michon, Didier Daeninckx... Né en 1945 à Besançon, Gérard Bobillier s'était engagé à l'époque de 68 dans la cause révolutionnaire, notamment auprès de la Gauche Prolétarienne. En 1979 , c'est dans le pays des Corbières qu'il fonde, en 1979, avec Benny Lévy et quelques amis, les éditions Verdier, comme un prolongement sur le plan de la pensée des combats qu'il a menés.
Trente ans plus tard, le catalogue des éditions Verdier témoigne de l'exigence et de l'humanité d'un parcours : des ouvrages fondateurs, comme les Traités du Talmud ou le Zohar, des grands textes de philosophie (Premiers principes de Damascius) des textes de sciences humaines comme ceux d'Henri Meschonnic, mais aussi des auteurs exceptionnels, comme Michon et Bergounioux bien sûr, mais aussi Volodine, parce que Gérard Bobillier était convaincu que « la littérature est la chair de pensée ». Gérard Bobillier était également à l'origine du « Banquet du livre », manifestation autour du livre et de la pensée, de l'échange et de l'étude, se déroulant chaque année à Lagrasse depuis 1995, et dont François Bon se remémore « l'accueil à la grande table de bois sous les arbres de Verdier, la ferme historique des Corbières. » Photo : Gérard Bobilier © Louis Monier/Verdier |
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