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Sarkozy veut faire entrer Albert Camus au Panthéon

Posté par Céline le 20.11.09 à 10:36 | tags : news

On en a déjà beaucoup dit sur la relation passionnée qu'entretient le président Sarkozy avec la littérature. Ses interventions à ce sujet, qui passent rarement inaperçues, tantôt désolent les gardiens de belles lettres, tantôt les font rigoler. La dernière en date, révélée hier dans Le Monde : Sarkozy veut faire entrer Camus au Panthéon.

 

"Ce serait un symbole extraordinaire", a-t-il affirmé à Bruxelles. Mais encore : "j'ai pensé que ce serait un choix particulièrement pertinent". Sans doute parce que, le 4 janvier 2010, cela fera 50 ans que l'auteur de La Peste et de L'Etranger est mort (un accident de voiture). Sans doute parce que Jacques Chirac a bien fait rentrer André Malraux, lui, en 1996. Sans doute par qu'un président peut penser que pour devenir un grand homme, il est tactique de commencer par en glorifier un autre.

 

Après tout, Camus reçut également le prix Nobel de littérature (1957), alors il n'y a pas de raison. Ou plutôt, si. Il y a toujours tout un tas de raisons, et c'est bien d'ailleurs ce qui en inquiètent déjà certains. Olivier Todd, biographe de Camus, a déjà affirmé, ce matin sur France Inter, espérer que la famille de l'écrivain n'autorise pas cette "récupération". Pour Michel Onfray, qui a réagi sur Bibliobs, Camus est "un libertaire irrécupérable". Ne s'approprie pas l'image de l'homme révolté qui veut.




Extradition de Cesare Battisti : Lula doit trancher

Posté par Céline le 19.11.09 à 15:24 | tags : news, société

Dans la série des écrivains les plus recherchés du monde, Cesare Battisti occupe une place tout à fait singulière. Des années que l'Italie réclame l'écrivain, ancien militant de gauche italien, qu'elle a condamné en 1993 à la réclusion à perpétuité pour quatre « homicides aggravés ».

 

En janvier 2009, Battisti a obtenu le statut de réfugié polique au Brésil après que la France, où il vivait depuis des années, a finalement signé un décret d'extradition.
Mais les autorités italiennes, qui voit en lui un terroriste assassin et le symbole des terrifiantes années de plomb, ont finalement obtenu, après de longues délibérations, gain de cause auprès de la Cour suprême du Brésil. Mercredi 18 novembre, celle-ci s'est prononcée en faveur de l'extradition (5 voix pour, 4 voix contre).
C'est toutefois au président Lula qu'il revient de prendre la décision finale : choisira-t-il ou non d'extrader l'écrivain, terroriste pour les uns, persécuté pour les autres ? D'un côté, la pression de Silvio Berlusconi, pour qui une extradition représenterait une « victoire de l'Italie ». Mais aussi, comme le souligne Le Monde, celle de Massimo D'Alema, ex-membre du Parti communiste italien et candidat au poste de haut représentant aux Affaires étrangères de l'UE.


Pour la majorité des Italiens - les proches des victimes du terrorisme les premiers - Battisti doit purger sa peine sur le sol italien. Le frère de l'écrivain, Domenico Battisti, continue lui à proclamer l'innoncence de son frère, qui a commencé une grève de la faim la semaine dernière. Si l'extradition est définitivement prononcé, c'est, selon lui, "un cadavre qui rentrera en Italie".

 

Voir aussi : le diaporama des écrivains les plus recherchés

 

Illus. : Des militants prostestent contre l'extradition de Battisti devant la Cour suprême du Brésil, le 18 novembre 2009. Sur la banderole, en portugais : "Extrader Cesare, c'est moderniser l'inquisition".
© Eraldo Peres/AP/SIPA







Des lettres d'amour autographes de Mesrine aux enchères

Posté par Céline le 19.11.09 à 12:03 | tags : news

Avis aux collectionneurs de lettres autographes. Les 29 et 30 janvier 2010 sera exposé et mis en vente à Drouot Richelieu un ensemble de lettres autographes signées... Jacques Mesrine.

 

Adressées à Jocelyne Deraiche, sa maîtresse canadienne - surnommée Joyce, ces lettres sont signés Bruno, car c'est ainsi que l'appelait cette dernière. De 1973 jusqu'en 1978, Mesrine exprime dans cette correspondance son amour pour Joyce, évoque la parution de son livre (L'Instinct de Mort), ses procès, et, dans ses dernières lettres, la volonté de ne pas finir sa vie en prison. 73 d'entre elles sont agrémentées de dessins en couleur.

 

Lors de cette vente seront également proposés d'autres documents ayant appartenus à Mesrine ou à ses proches : photographies, télégrammes, dossier de presse, livres des photographies (de Mesrine, de Joyce ou de Sabrina, la fille de Mesrine), deux télégrammes que Mesrine envoya à Joyce alors qu'elle était en prison, un dossier de presse consacré à Mesrine et sa bande, livres dédicacés.

Prix de départ de l'ensemble : 60.000/80.000 euros.

Expositions publiques les 28, 29 et 30 janvier à Drouot Richelieu (infos)

 




Le prix Interallié 2009 pour Yannick Haenel

Posté par Céline le 18.11.09 à 14:05 | tags : news, prix, histoire

En 2007, il avait reçu le prix Décembre pour Cercle, roman semi-autobiographique qui mêle philosophie, découverte de la sensualité et réflexion sur la création. Cette année, c'est pour le récit Jan Karski (Gallimard) que Yannick Haenel se voit décerner un autre prix, l'Interallié cette fois.

 

Jan Karski retrace l'histoire d'un résistant polonais, "un juste" chargé d'aller prévenir les Alliés de l'extermination des Juifs en Europe, mais qui ne fut pas entendu et resta hanté toute sa vie par ce message non délivré. "Jan Karski pour moi est un témoin, non pas le témoin direct de la shoah, mais le témoin du fait que les Alliés aurait pu éventuellement faire quelque chose mais ne l'ont pas fait pour diverses raisons qui sont aujourd'hui discutés et discutables", explique Yannick Haenel dans un entretien avec Fluctuat.

Voir l'entretien vidéo avec Yannick Haenel




Edgar Hilsenrath reçoit le prix Mémorable 2009 pour Fuck America

Posté par Céline le 18.11.09 à 11:02 | tags : news, prix, roman

C'est à Edgar Hilsenrath et à son roman Fuck America, que vient d'être décerné le prix Mémorable, créé l'an dernier par le groupement de libraires indépendants Initiales pour valoriser un ouvrage injustement passé inaperçu.

 

Initialement publié en 1980, Fuck America raconte l'histoire de Jakob Bronsky, un émigrant juif arrivé à New York quelques années après la fin de la guerre, qui enchaîne les boulots précaires afin de pouvoir continuer à écrire. Le roman, écrit avec une verve qui évoque celle de Bukowski, a été redécouvert et traduit par les éditions Attila en avril dernier. Nous avions rencontré l'écrivain lors de son passage à Paris :

 

Au moment de sa sortie, Fuck America avait reçu un bon accueil de la part des libraires. C'est donc naturellement qu'il reçoit aujourd'hui le prix Mémorable, pour lequel concouraient également L'Italie à la paresseuse d'Henri Calet - sorte de gonzo des lettres françaises (Le Dilettante), et Au-delà du mal de Shane Stevens (Sonatine).



Numérisation : que propose le nouvel accord Google ?

Posté par Céline le 17.11.09 à 10:42 | tags : web, numérique, news

Présentée le 13 novembre dernier, la nouvelle version de l'accord Google redéfinit (un peu) les conditions de la numérisation de livres par le géant américain.


Un "jumelage".
Désormais, l'accord ne concerne plus que les pays partageant avec les Etats-Unis « un héritage juridique commun et une organisation du marché du livre similaire » : le Canada, le Royaume-Uni, l'Australie. Auteurs et éditeurs de ces trois pays se verront donc représentés auprès de l'organisme chargé de veiller à la bonne application de l'accord.

Et le reste du monde ? Google se dit prêt à travailler avec les ayants droit de tous les autres pays, y compris ceux des pays exclus de l'accord, afin de trouver des accords similaires. En attendant, Google continue de reproduire des extraits de livres numérisés sans autorisation préalable, en accord avec les bibliothèques universitaires américaines. « Nous pensons que le droit nous y autorise » indique Philippe Colombet, responsable de Google Livres pour les pays francophones, invoquant ainsi la notion de fair use au coeur du débat.

La fin du procès collectif. Libre désormais aux éditeurs et auteurs des pays non inclus dans l'accord d'intenter pour leur compte des procès aux Etats-Unis contre Google. Mais pas question cependant pour ces pays de prétendre au dédommagement prévu pour les livres numérisés sans autorisation (de 60 à 300 dollars par ouvrage), puisqu'ils ne sont plus concernés par l'accord qui en imposent les termes.

La gestion des oeuvres orphelines. L'autre proposition de cet accord concerne la gestion des droits des œuvres dont les ayant-droits sont inconnus. Les revenus générés par la commercialisation des œuvres orphelines seront mis sous séquestre pendant dix ans, puis reversés à des associations d'alphabétisation si les propriétaires ne sont pas retrouvés durant ce délai.

Pas d'accord. Mais la nouvelle proposition de Google est loin de remporter davantage d'adhésion que la précédente. L'Open Book Alliance, qui regroupe des rivaux de Google (dont Microsoft, Yahoo et Amazon), a ainsi déclaré dans un communiqué : « Aucune des modifications proposées ne semblent répondre aux défauts fondamentaux mis en avant par le ministère de la Justice et d'autres critiques qui ont un impact pour le public ». Le juge en charge de l'affaire devrait entendre les parties en février 2010. La partie n'est pas finie.




Belles étrangères 2009 : entretien avec Hannah Tinti, l'ensorceleuse (4)

Posté par Céline le 16.11.09 à 16:45 | tags : news, festival, premier roman

Hannah Tinti n'est pas seulement une jolie et mystérieuse écrivain. Elle est surtout une conteuse hors-pair qui, avec son premier roman, Le Bon Larron, marche dignement dans les pas de Dickens, l'un de ses auteurs favoris. A l'occasion du festival des Belles étrangères, nous avons rencontré cette passionnée du XIXe siècle, des grands espaces et des grandes aventures : elle nous raconte son enfance peu ordinaire à Salem, son amour pour les livres, son espoir de voir Johnny Depp incarner l'un de ses personnages à l'écran...

Lire l'entretien avec Hannah Tinti

 

Le Bon Larron en bref. Ren, douze ans, est manchot en plus d'être orphelin. Autant dire que le jour où un étranger qui se prétend son frère vient le demander à son orphelinat, il a vraiment tout à gagner. Peu importe que ce prétendu frère, Benjamin Nab, s'avère être non seulement un menteur, mais aussi un arnaqueur professionnel, qui l'entraîne bientôt dans une terrifiante cour des miracles. Sans préjugé - en raison sans doute de son propre handicap - Ren va apprendre à connaître les plus étranges personnages, et même trouver auprès d'eux l'affection qu'il lui manque... tout en travaillant, avec la bande de Benjamin, à mettre en place un obscur trafic de corps humains.

Extrait. "Ren releva le nez de son livre. Il voyait bien que Benjamin était impatient de tenter quelque chose de nouveau. Au cours de l'hiver, il avait raconté à Ren les différentes arnaques qu'il avait montées : se faire passer pour un capitaine au long cours, un médecin, un homme d'Eglise ; vendre des articles de catalogue qui n'arriveraient jamais ; fabriquer de faux testaments et de faux documents. Tous suivaient un schéma similaire : gagner les bonnes grâces du pigeon, procéder à un rapide transfert de propriété, puis quitter la ville le plus rapidement possible."

Rencontrez-la. Hannah Tinti fait notamment escale à Paris, à Bruxelles, à Aix-en-Provence et à Montpellier : Plus d'infos.




Lyonel Trouillot reçoit le prix Wepler 2009

Posté par Céline le 16.11.09 à 15:01 | tags : news, prix

Le prix Wepler a été décerné aujourd'hui à Lyonel Trouillot, pour son roman Yanvalou pour Charlie.

 

Intellectuel et écrivain haïtien, Lyonel Trouillot dépeint dans son oeuvre la réalité haïtienne, abordant les thèmes de la dépossession et de la difficulté de survivre dans une société happée par la haine et les inégalités. Dans Yanvalou pour Charlie, il retrace l'histoire d'un avocat ambitieux, Mathurin D. Saint-Fort, rattrapé par ses origines le jour où Charlie, un adolescent en cavale natif du même village que lui, vient lui demander son aide.

 

Le jury du Wepler a également décerné une mention spéciale à Hélène Frappat pour son roman Par effraction, publié aux éditions Allia.



Belles étrangères 2009 : focus sur... Jack O'Connell (3)

Posté par Céline le 16.11.09 à 11:50 | tags : news, festival, polar

Dans les romans de Jack O Connell, les mots "déjanté", "gothique", "décapant" trouvent aisément - et intégralement - leur sens. L'écrivain, qui vient de publier Dans les limbes chez Rivages, a signé pas moins de cinq polars, qui tous retracent les aventures de Quinsigamond, vraie ville de fous inspirée de son Worcester natal. Invité au festival des Belles étrangères, O'Connell est donc un auteur que nous recommandons chaudement à tous ceux qui apprécient les fresques à la fois ténébreuses et hautes en couleurs.

 

En bref. Pharmacien dépressif et insomniaque, Sweeney débarque à Quinsigamond afin que son fils Danny, six ans et plongé dans un profond coma, y reçoive des soins spécialisés dans la célèbre clinique du docteur Peck. Mais ce n'est pas dans cette ville aux paysages industriels ruinés que Sweeney trouvera le sommeil et la paix. Entre des neurologues perchés, une infirmière aussi sexy qu'inquiétante, ou une bande de bikers shootés au liquide céphalorachidien des patients de la clinique, sur qui doit-il compter ? La réponse se trouve peut-être dans l'univers de Limbo, une bd sur des monstres qu'il lit et relit inlassablement, posté au chevet de son fils, jusqu'à en perdre la boule... (Lire la chronique de Dans les limbes)

Extrait. "Être un monstre, qu'est-ce que cela signifie ? Pour les monstres du Goldfaden, cela signifia au début, pendant une brève période, qu'ils étaient des stars. Ils avaient été triés sur le volet, assemblés au fil des années et des kilomètres par Tedeo Bluett, forain extraordinaire et héritier du Goldfaden Carnival, le premier - et peut-être le plus illustre - de tous les cirques itinérants de l'ancienne Bohême."

Rencontrez-le. Jack O'Connell fera plusieurs étapes dans le cadre des Belles étrangères (il rencontrera notamment le 16 novembre les détenus de la maison d’arrêt de Fleury Mérogis) : plus d'infos.




Pourquoi les pamphlets ne sont plus à la mode : remise du 4e Prix Anabet

Posté par Myosotis le 16.11.09 à 10:14 | tags : prix, essai, elucubration, news

Consacrant une ligne de leur collection (excellente et recommandable) à ce genre qui, s'il vend des livres en camion en librairie sous une forme abâtardie (le livre d'angle ou de témoignage, le livre de dénonciation à la De Closets), semble être à la fois passé de mode et marqué par sa grande médiocrité générale, les Editions Anabet décerneront le 19 novembre, le 4ème prix du pamphlet.

 

Jadis (on parle ici de la période qui va du XVIème siècle à 1968 en gros) très prisé des Français et des anglosaxons (tout aussi habile en la matière), le pamphlet est devenu avec l'essor du journalisme de masse et la création d'une caste d'intervenants médiatiques shortlistées (ceux qu'on retrouve de plateaux en plateaux), une chose aussi précieuse que rare. Distinct de l'essai par sa dimension polémique et souvent par son angle d'attaque incisif, le pamphlet est bref, violent et a pour fonction de soutenir un point de vue orienté dont l'auteur a la faiblesse de penser qu'il est évident (le point de vue) et paradoxalement partagé par aucun ou trop peu. C'est évidemment ainsi qu'on peut définir la chose : une idée qui saute aux yeux mais dont personne ne veut ou n'a encore voulu. On parle de lui comme d'une des armes de choix de la littérature de combat. C'est pour cette raison sûrement que l'ordre établi envoie ses plus fidèles soldats embouteiller les présentoirs des librairies au rayon Essais pour barrer la route des plus audacieux. Les autres fixent leur attention sur notre MiniRoi Soleil et cela suffit bien à tuer le débat avant même de le lancer.

Au rang des pamphlets, on trouve aujourd'hui plus d'ouvrages d'amuseurs publics et de téléphilosophes que de justes penseurs ou de chevaliers blancs. Patrice Bollon, l'un des principaux artisans du genre encore en droit de publier, nous le rappelait en entretien : tout ceci n'est pas facile. Ce ne sont pas les Tiqqun qui diront le contraire, même s'ils ont pu bénéficier par ricochet avec leur éditeur la Fabrique d'un regain d'exposition appréciable entre L'insurrection qui vient et les mésaventures de l'ami Coupat.

 

Les pamphlétaires de qualité souffrent et les idées étouffent avec eux. L'initiative d'Anabet a le mérite d'exister en plus de récompenser de bons ouvrages, ce qui ne manquera pas cette année compte tenu de la liste des livres figurant dans la sélection du prix. En 2008, Jean-Luc Nancy l'emportait avec Vérité de la Démocratie. En 2007, c'était Pascal Durand qui gagnait avec Les nouveaux mots du pouvoir : abécédaire critique. En 2009, on trouve dans la sous-rubrique "insurrection", les Tiqqun justement avec Contribution à la Guerre en cours ; un ouvrage salutaire de Jacques Rancière intitulé Le Spectateur Emancipé ; un bon boulot d'actualité sur les chiffres et les stats qui s'appelle "Le grand trucage - comment le gouvernement manipule des statistiques". En arts, Gérard Durozoi propose Ras le bol Warhol et Cie ! Contre la pauvreté des images. Et on en passe. Parmi ceux qu'on a lus et pas seulement feuilletés (le Rancière et le Tiqqun) dont on n'a pas parlé ici, petit avantage au Spectateur Emancipé pour son style et la rigueur de sa construction.

 

Pour se rassurer sur l'utilité de cette manifestation, on citera et on renverra à cette analyse de l'imbécile Paul Vermus dans France Soir, lequel explique que les sélectionnés sont tous des types inconnus (aucun Zemmour, Naulleau et autres au programme dit-il, quelle merde), ce qui signifie que le genre ne vaut rien. CQFD. N'oubliez pas de tailler les plumes en pointe avant de les ficher dans les yeux. Saupoudrez de goudron et d'un bon édredon éventré. Plongez dans la Vologne. C'est prêt.




Entretien : Simon Liberati revient sur sa garde à vue avec Beigbeder

Posté par Céline le 13.11.09 à 17:26 | tags : news, prix

Simon Liberati est le lauréat (contesté) du prix de Flore 2009. Rencontré lors de la Foire du livre de Brive, il revient pour Fluctuat sur sa relation avec Frédéric Beigbeder : son premier éditeur, créateur du prix de Flore, et désormais lauréat (contesté) du Renaudot...

 

Beigbeder et Liberati, c'est aussi la coke sur les capots de voiture et cette nuit de garde à vue qui donnera naissance au Roman Français de Beigbeder. "De la pure fiction", précise cependant Liberati au sujet des détails du livre autour de cet épisode, affirmant que tous deux furent cette nuit là des "prévenus absolument exemplaires"...

 

Entretien avec Simon Liberati sur fluctuat.net




Belles étrangères 2009 : entretien avec Colson Whitehead (2)

Posté par Céline le 13.11.09 à 14:10 | tags : news, festival
Passionné par la culture pop, les comics Marvel et Stephen King, Colson Whitehead se définit lui-même comme "un parfait stéréotype de la génération X".
 
Ses quatre romans, (L'Intuitionniste, Ballades pour John Henry, Apex, Sag Harbour), tous traversés par le thème de la discrimination raciale et de l'identité confuse de l'Amérique ont fait de lui l'une des voix importantes de la scène littéraire new-yorkaise.
A l'occasion du festival des Belles étrangères, dont il est l'un des invités, nous avons demandé à l'écrivain de revenir sur la genèse de son oeuvre et sa vision des Etats-Unis.
 
Rencontrez-le. Colson Whitehead sera notamment à Paris les 15 et 16 novembre pour des rencontres organisés dans des librairies, à l'EHESS et à la BPI (Plus d'infos).



Belles étrangères 2009 : focus sur... Andrew Sean Greer (1)

Posté par Céline le 12.11.09 à 11:09 | tags : news, festival, roman

Parmi les auteurs invités pour l'édition 2009 du festival des Belles étrangères, consacré à la littérature américaine, Andrew Sean Greer, auteur de deux romans très remarqués, mérite une attention particulière et fait ainsi l'objet de notre premier focus.

 

Nous en avions parlé au moment de sa sortie : L'histoire d'un mariage a révélé le jeune Andrew Sean Greer comme le virtuose d'un genre particulier : le suspense sentimentale. L'écrivain, qui vit à San Francisco, a choisi d'y installé le décor et les personnages de son roman à clé.

 

En bref. Dans l'Amérique étouffante des années 50, Pearlie et Holland s'efforcent de s'aimer. Mais Holland a un secret, qui s'érige entre eux comme un mur infranchissable. Le jour où survient Charles Drummer, "étranger tout sourire porteur de nouvelles grimaçantes", Pearlie comprend la lourde vérité et se voit proposer un marché indicible. Impossible de prévoir quelle sera la réaction de Pearlie : le principe du roman est que rien ne s'y passe jamais comme prévu (Lire la chronique de L'histoire d'un mariage).

Extrait. "Nous croyons connaître ceux que nous aimons. Nous croyons les aimer. Mais ce que nous aimons se révèle n'être qu'une traduction approximative, notre propre traduction d'une langue mal connue. Nous tentons d'y percevoir l'original, le mari ou la femme véritables, mais nous n'y parvenons jamais. Nous avons tout vu. Mais qu'avons-nous vraiment compris ?"

Rencontrez-le. Andrew Sean Greer sera notamment à Paris le 15 novembre : à 11h à la librairie écarlate, 16h à la librairie Les Cahiers de Colette, 17h à la Fondation Boris Vian... (Plus d'infos).




Gwenaëlle Aubry reçoit le prix Femina 2009

Posté par Céline le 09.11.09 à 13:24 | tags : prix, news

Le prix Femina 2009 a été remis aujourd'hui à Gwenaëlle Aubry, pour son roman Personne.

 

L'écrivain avait notamment publié L'Isolée et L'isolement chez Stock. Dans Personne (Mercure de France), roman construit comme un abécédaire, elle dresse le portrait littéraire de son père psychotique.

 

Le Femina du roman étranger couronne quant à lui l'écrivain allemand Mathias Zschokke, pour Maurice à la poule (éditions Zoé), et le prix de l'essai revient à Michelle Perrot, pour Histoire de chambres (Seuil).




Le prix Virilo 2009 pour Laurent Mauvignier et Valéry Giscard d'Estaing

Posté par Céline le 09.11.09 à 13:10 | tags : news, prix

Si Laurent Mauvignier, notamment sélectionné pour le Goncourt et le prix Décembre, ne s'était pas encore vu remettre de prix "sérieux" pour son très beau roman Des Hommes, il a bien reçu ce matin les honneurs du jury du prix Virilo, prix littéraire à moustaches créé pour rire, et en réaction au prix Femina, remis aujourd'hui également.

 

Le prix Trop Virilo, qui "récompense pour sa part la poussée littéraire de testotérone la plus vivace de l'année" a été remis à Valéry Giscard d'Estaing pour son livre La Princesse et le président.

Lire la chronique de Des Hommes




Le Hezbollah censure des extraits du Journal d'Anne Frank

Posté par Céline le 06.11.09 à 17:02 | tags : news

Les écoliers libanais ne travailleront plus sur le Journal d'Anne Franck. Considérant que cet ouvrage fait la promotion du sionisme, le Hezbollah a en effet lancé une campagne pour en supprimer des extraits, insérés dans un manuel scolaire au Liban.

 

"Ce qui est plus dangereux encore est la manière dramatique et théâtrale dont le journal est relaté, il est chargé d'émotion", a annoncé dans un reportage Al Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah, qui se demande aussi combien de temps le Liban "restera une arène ouverte pour l'invasion sioniste de l'éducation". Suite à cette polémique, l'établissement privé qui utilisait le manuel en question a décidé de l'abandonner, tout en souhaitant rester anonyme.

Le mois dernier, c'est un autre manuel scolaire, également utilisé dans une école privé de Beyrouth, qui avait suscité la colère du parti islamiste chiite : le Hezbollah et le Hamas y étaient qualifiés d'organisations terroristes, conformément au classement de Washington. Au Liban, le chapitre en question est ordinairement coupé par la censure dans ce manuel, mais un élève s'était procuré à l'étranger une version non censurée, soulevant l'indignation et la polémique.

 

Photo : un portrait d'Anne Franck portant un keffieh rouge sur un mur d'Amsterdam (attribué à l'artiste de rue Bansky).




La dernière sélection du prix Interallié 2009

Posté par Céline le 06.11.09 à 13:02 | tags : news, prix

Le prix Interallié, qui sera finalement remis le 18 novembre prochain, clôturant la saison des prix, se joue désormais entre quatre auteurs :


Le Rêve entouré d'eau de Bernard Chapuis (Stock)

Le Club des Incorrigibles Optimistes
de Jean-Michel Guenassia (Albin Michel)

Jan Karski de Yannick Haenel (Gallimard)

Mémoires de Marc-Antoine Muret de Gérard Oberlé (Grasset)




Simon Liberati reçoit le prix de Flore 2009

Posté par Céline le 05.11.09 à 17:36 | tags : prix, prix de flore, news

C'est à Simon Liberati et à son roman L'Hyper-Justine qu'a été décerné aujourd'hui le prix de Flore.

 

Il l'a emporté à 7 voix (contre 3 voix pour Jean-Marc Parisis, 2 pour Michka Assayas). L'écrivain, qui s'était fait remarquer avec Anthologie des apparitions, son premier roman, avait également publié en 2007 Nada exist (lire la chronique).

Il est aussi, accessoirement, l'ami avec lequel Beigbeder (dernier lauréat du Renaudot et président du Flore) s'est fait arrêter pour usage de stupéfiant sur la voie publique - épisode intégralement raconté dans Un Roman Français...

Dans L'Hyper-Justine, son troisième roman, Simon Liberati met en scène la rencontre entre un petit escroc et une jeune Anglaise mêlée à un projet cinématographique, inspiré de Sade, et qui pourrait être dirigé par Sofia Coppola.




Entretien : Jean-Yves Cendrey raconte deux facettes de Berlin

Posté par Céline le 04.11.09 à 14:45 | tags : société, news

Au début des années 90, Jean-Yves Cendrey s'installe à Berlin : il n'en découvre alors qu'une atmosphère brutale et les habitants résignés. Aujourd'hui, bien que la capitale allemande soit redevenue "aimable" à ses yeux, l'écrivain s'avoue tout de même "inquiet" des commémorations qui se préparent pour les 20 ans de la chute du mur. Entretien.

 

On le sait depuis… Principes du cochon, son premier livre. Jean-Yves Cendrey hait les concessions. Le dérèglement des hommes, les dérives du système, la médiocrité contagieuse des petit bourgeois. Tout ça le met hors de lui. Alors, il l'écrit. On pense souvent à deux de ses livres qui ont frappé très fort – là où ça fait mal : Les Jouets Vivants et Corps enseignant. Mais il y a aussi, en 1994, Oublier Berlin, témoignage d’une Allemagne brutale et résignée, où « les vieux démons se sont fait des têtes de skinhead ».(...)

Voir aussi :
Le diaporama Berlin, l'effacement des traces
En images : 20 ans après la chute du mur, Berlin Est la rebelle
En images : Le tour du monde des murs de séparation




Le prix Médicis 2009 pour Dany Laferrière et Dave Eggers

Posté par Céline le 04.11.09 à 14:02 | tags : prix, news

C'est à Dany Laferrière que le jury du Medicis a décerné son prix aujourd'hui.

 

Le roman de l'écrivain haïtien, L'Enigme du retour (Grasset), l'a emporté à quatre voix contre une pour Justine Lévy et Alain Blottière

Le prix Médicis du roman étranger a quant à lui été remis à Dave Eggers pour Le Grand Quoi (lire l'entretien avec Dave Eggers), et le Medicis de l'essai à Alain Ferry pour Mémoire d'un fou d'Emma.




Le prix Décembre 2009 pour Jean-Philippe Toussaint

Posté par Céline le 04.11.09 à 10:05 | tags : prix, news

Décerné mardi 3 novembre à Jean-Philippe Toussaint pour son roman La Vérité sur Marie, le prix Décembre aura peut-être consolé l'écrivain passé lundi à côté du Goncourt.

 

Le jury du prix Décembre, notamment composé de Philippe Sollers, Frédéric Beigbeder, Arnaud Viviant, Patricia Martin, Dominique Noguez ou encore Laure Adler, a choisi le roman de Jean-Philippe Toussaint, auteur phare des éditions de Minuit, à 7 voix contre 3 pour Patrick Besson et 2 pour Simon Liberati.


Voir aussi :

Tous les prix littéraires

La chronique de Fuir 




Claude Lévi-Strauss est mort

Posté par Céline le 03.11.09 à 17:23 | tags : histoire, news

Membre de l'Académie française, professeur honoraire au Collège de france, conservateur d'honneur au Musée du Quai Branly, il était surtout le maître absolu de l'anthropologie et l'un des plus grands penseurs du 20e siècle : Claude Lévi-Strauss est mort dans la nuit du samedi 31 octobre, alors qu'il était âgé de 100 ans.

 

Ce sont les éditions Plon, la direction de l’EHESS et l’Académie Française qui ont annoncé la nouvelle cet après-midi. L'année dernière, le centenaire de l'ethnologue (né le 28 novembre 1908), auteur de Tristes Tropiques, avait été l'occasion de nombreux hommages à son oeuvre. Ultime consécration, la Pléiade avait publié un volume rassemblant une partie de ses oeuvres.

Plus nombreux encore seront les témoignages et honneurs rendus à son travail et sa pensée dans les jours à venir, car plus qu'un chercheur, plus qu'un professeur, plus qu'un voyageur, Claude-Lévi Strauss fut aussi à sa façon un révolutionnaire, dont le mouvement dépassa largement le domaine de l'ethnologie et les cercles de l'université. Au sujet de Tristes Tropiques, Georges Bataille avait ainsi écrit : "La nouveauté du livre s'oppose à un ressassement, elle répond au besoin de valeurs plus larges, plus poétiques, telles que l'horreur et la tendresse à l'échelle de l'histoire et de l'univers, nous arrache à la pauvreté de nos rues et de nos immeubles."




Le Manuel pratique du terroriste d'Al-Qaida publié chez André Versaille

Posté par Céline le 03.11.09 à 12:28 | tags : édition, histoire, news

Dans la série des livres subversifs à planquer en cas de perquisition, je demande... Le manuel pratique du terroriste d'Al-Qaida. Disponible en librairie à partir du 5 novembre, aux éditions André Versaille.

 

Et contrairement à ce que pourrait laissait supposer un titre aussi... explicite, il ne s'agit pas là d'un ouvrage humoristique, comme on en a vu paraître sur Ben Laden. L'éditeur André Versaille, dont la maison est notamment spécialisée en histoire et en politique internationale, prendra d'ailleurs le soin de justifier la publication "sérieuse" de ce document dans une note intitulé "Pourquoi avons-nous décidé de publier ce brûlot ?"
Le texte en question, retrouvé en 2000 par des enquêteurs britanniques au domicile d’un membre présumé d’Al-Qaida, n'est pas « un texte de plus sur Al-Quaida, ni un discours d'Al-Qaida à des fins de propagande » : « j'avais sous les yeux Al-Qaida elle-même dans sa parole la plus secrète », explique André Versaille. Ce sont finalement les avis de plusieurs experts d'Al-Qaida qui l'auraient convaincu de « le mettre à disposition du public ».
 
Cependant, l'éditeur a beau insister sur l'utilité publique de cette publication et la mise en place de nombreuses précautions - comme celle de « supprimer les passages qui expliquent dans le détail comment frapper mortellement un individu, produire des poisons ou fabriquer des explosifs », ou celle d'intégrer une préface de 30 pages d'Arnaud Blin, spécialiste du terrorisme - comment ne pas douter de la dimension pédagogique d'un ouvrage qui décrit « méthodiquement, de manière presque clinique, en dix-huit leçons, comment se fondre dans le paysage d'un pays occidental, échapper aux poursuites, recruter, recueillir de l'information, fabriquer de faux papiers, détruire, commettre des attentats, fabriquer des poisons, assassiner, résister aux interrogatoires, s'évader, libérer des frères capturés, le tout au nom du jihad » ?
 

L'argument d'André Versailles : « on ne se défend efficacement contre un péril que si l'on en comprend la nature ». Par ailleurs, un autre ouvrage d'analyse complémentaire paraît en même temps que le Manuel chez le même éditeur : Le terrorisme au nom du Jihad de Philippe Migaux, autre spécialiste de la question terroriste : « Les deux se complètent : celui-ci analyse la mouvance jihadiste internationale, celui-là en présente les pratiques.» Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait fusionner les deux, ou alors les proposer ensemble dans un pack Ai-Qaida ? Car même si l'appareil critique est bel et bien présent dans le Manuel - "plus d'un quart de l'ouvrage" - la couverture noire et le titre du livre ne le présentent pas comme autre chose que ce qu'il est à l'origine : un manuel. Pour satisfaire votre curiosité, les premières pages de cette version démoniaque de la Bible des Castors juniors sont disponibles sur le site de l'éditeur.




Entretien avec Barry Gifford, l'auteur de Sailor et Lula

Posté par Céline le 30.10.09 à 11:33 | tags : news

Poète, scénariste génial pour David Lynch (Sailor et Lula, Lost Highway), et narrateur de l'Amérique des parias depuis plus de trente ans, l'écrivain Barry Gifford nous délivre quelques uns de ses secrets, à l'occasion de la sortie de son recueil de nouvelles American Falls (éditions 13e note) : ses passions pour Kerouac et le film noir, son attrait pour le clair-obscur et le dialogue à tiroirs, sa mystérieuse boîte à idées... Entretien.

 

Fluctuat : Un journaliste américain (Patrick Beach) a dit de votre littérature, que c'était "comme si John Updike avait eu un jumeau diabolique qui aurait grandit du mauvais côté de la route et écrit bizarrement"... Qu'en pensez vous ?
Barry Gifford : En réalité, John Updike a lui-même été élevé du "mauvais côté de la route" ("wrong side of the tracks"). Sa mère était enseignante et il a grandi assez pauvrement dans une ferme de Pennsylvanie. Certains de mes personnages peuvent être mauvais mais je ne pense pas que je le suis moi-même, et il y a l'humour dans mes romans, bien sûr. Je ne peux pas être responsable de ce que les gens disent de moi : les livres disent ce qu'il y a à dire.

Lire la suite de l'entretien avec Barry Gifford

Photo : Portrait réalisé en septembre 2009 par Jean-Luc Bertini à l'hôtel Lutetia




Pierre Michon reçoit le Grand Prix de l'Académie française

Posté par Céline le 29.10.09 à 17:21 | tags : prix, news

C'est à Pierre Michon, auteur des Vies minuscules, que le jury de l'Académie française a aujourd'hui décerné son grand prix pour son roman Les Onze.

 

Ce ne sera donc ni Renaud Camus (six voix), ni Bruno de Cessole (une voix), mais Pierre Michon, véritable incarnation de la grâce littéraire, sans aucun doute l'un des plus grands écrivains français contemporains. L'écrivain né aux Cards, âgé de 64 ans, marche sur les pas de ses illustres prédécesseurs : les Rimbaud, les Faulkner, les Proust et les Flaubert (auxquels il a sublimement rendu hommage dans Corps du Roi).

Publiée en grande partie aux éditions Verdier (endeuillées par la mort de leur fondateur Gérard Bobillier) son oeuvre peut également entrer en résonnance avec des auteurs comme Macé, Quignard et Bergougnioux.

Oeuvre majuscule de l'auteur, Vies minuscules, publié chez Gallimard en 1984, a révélé Pierre Michon comme l'une des plumes capables de dire, dans un même souffle littéraire, l'attachement à la nature (avec une puissance digne de Giono), la contradiction des hommes et la douleur d'écrire après d'autres. Dans les Onze, son dernier livre, il fait revivre, en se basant sur un célèbre tableau, les onze membres du Comité de Salut public qui, en 1794, instaurèrent la politique de Terreur.






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