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Tristan Ranx, écrivain digne de Jonathan Littell cherche éditeur
Les lecteurs de "La Cinquième saison du monde" étaient peu nombreux, il faut bien l'avouer, mais avertis. Presque tous ont jugé excellent le manuscrit de Tristan Ranx, qui a reçu, entre autres, un prix de Technikart en 2008, les faveurs d'Eric Naulleau, alors président du jury, et des écrivains Patrick Grainville et Mathias Bernardy. Baptiste Liger, journaliste à Lire, Technikart et organisateur du prix ose la comparaison : « J'ai tout de suite vu qu'il s'agissait d'un roman très ambitieux, de quelque chose d'assez rare dans le maelstrom des petits romans français. Un peu à la manière des Bienveillantes... ». Les Bienveillantes, soit le premier et ambitieux roman de Jonathan Littell qui dépassa allègrement les 500 000 ventes. Que raconte donc le livre de Tristan Ranx pas encore publié ? Quels arguments, idéologiques ou esthétiques, ont motivé les différents refus des éditeurs ?
Mexico vue par ses écrivains : histoire d'une ville surréaliste Gigantesque, fantastique, absurde, corrompue... Mexico inspire, depuis plusieurs générations, les écrivains qui y ont vécu. Que leur évoque au juste cette ville effervescente et démesurée ? Comment la perçoivent-ils, d'un point de vue esthétique, littéraire ou politique ? Pendant le Salon du livre 2009, une table ronde a réuni quatre auteurs autour de ce sujet.Fascinés ou rebutés par son urbanisme complexe, ses quartiers inquiétants, ses événements magnifiques ou absurdes, écrivains de l'ancienne et de la nouvelle génération témoignent. Enrique Serna, Guadalupe Nettel, Elena Poniatowska et Jean-Claude Carrière expriment leurs sentiments contradictoires, leur attachement à Mexico, et invitent à découvrir, à travers leurs oeuvres, les qualités et les travers d'une ville à laquelle on a associé tant de clichés... Le Capital de Marx adapté en comédie musicale... à la chinoise
L'intrigue ? Des travailleurs se font exploiter par leur patron. L'injustice entraîne leur division : certains se rebellent tandis que d'autres tentent de négocier. En pleine crise économique, l'idée est (d)étonnante. Inspiré des shows de Las Vegas, le projet a été confié à He Nian, spécialiste du spectacle d'arts martiaux. Un groupe de musique jouera en live sur les chorégraphies et le chant des acteurs.
Qu'en penserait le vieux Marx ? Le directeur affirme vouloir respecter la pensée de Marx. « Les théories de Marx ne peuvent pas être dénaturées », affirme le chef du projet. De plus, afin d'éviter tout dérapage « politiquement incorrect », des experts chinois superviseront la mise en scène... A l'heure où la Chine troque son idéal communiste contre un système de valeurs axées autour du profit et d'une économie galopante, Marx doit se retourner dans sa tombe. D'autant plus si l'argument financier est le moteur de la création...
Un autre défi de taille attend les créateurs : rendre accessible et attractif ce pavé de théories politico-économiques daté de 1867. Quand on sait que des tentatives antérieures d'adaptation à la scène se sont soldées par un échec, le résultat ayant été jugé ennuyeux, on ne peut que rester dubitatif sur la fidélité du show au texte original ou sur les intentions réelles de cette adaptation (rappelons que Le Capital a été fait l'objet d'une adaption cinéma). La comédie musicale va-t-elle flatter l'orgueil national ou faire l'apologie du Parti ?
On en saura davantage d'ici l'année prochaine. Le spectacle devrait être prêt début 2010 et sera inauguré à Pékin.
Sources : cbc, Actualitté. Un mix électro ressuscite Albert Camus au Salon du livre
![]() Albert Camus, star du dancefloor ? Presque. En mettant en musique un enregistrement original de l'écrivain, le collectif littéraire ONLIT a donné hier avec son spectacle l'un des moments forts de la nocturne du Salon du livre. Dans une allée, les premiers mots de L'Etranger résonnent. « Aujourd'hui maman est morte. » Aux platines, un DJ habille le texte d'une nappe sonore. En fond, des images floues, en noir et blanc, sont projetées sur les murs. Le décor est posé, le timbre fantomatique d'Albert Camus hypnotise le public. L'enregistrement du texte provient d'une copie d'archive sonore datant de 1954, dénichée par hasard chez un disquaire Bruxellois. A présent, il transforme La Place du livre en laboratoire sonore : mélange de mots, de notes et de création visuelle (Video Djying). Parfois, dans un regain de tension, la musique s'arrête, laissant toute la place à la parole de l'écrivain. Sur les murs, une spirale s'enroule indéfiniment sur elle-même. Un sentiment de malaise s'installe. Dans le texte, Meursault arrive sur la plage. Le soleil tape. Le vinyle crépite. Camus reprend : « Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du Malheur. » Inventeurs du "DJ set littéraire", Dj code314 - un ancien libraire - et l'écrivain-batteur Edgar Kosma se sont associés pour faire revivre ce classique de la littérature. L'égarement du narrateur, son indifférence au monde se donnent à voir et à entendre. « Notre musique est cérébrale, elle porte le texte », explique le DJ. Le public semble avoir adhéré à ce concept original. Un nouveau spectacle, articulé cette fois autour de Terre des hommes d'Antoine de Saint-Exupéry est en cours...
Terminator sera-t-il l'un des sujets du bac de philo ? Peut-on faire l'usage que l'on veut des grands classiques ? Après la publication d'un roman mettant en scène les personnages de Jane Austen dans un monde de zombie, un éditeur annonce celle d'un ouvrage associant Terminator... à la philosophie.Intitulé Terminator and Philosophy : I'll Be Back, Therefore I am, et prévu pour mai, ce livre paraît dans une collection lancée en 2006, "Blackwell Philosophy and Pop Culture", dont le principe est justement de mêler une culture à vocation de divertissement (films, télé, jeux vidéos, groupes de rock) à des sujets intellectuels et très académiques (Nietzsche, Platon, ou Descartes). Par exemple, un titre paru en janvier, Watchmen and philosophy, tentait de définir « la nature du Dr. Manhattan » l'un des personnages du comic d'Alan Moore. Un autre titre à paraître proposera une réflexion autour de la saga Twilight de Stephenie Meyer : « Les vampires qui ne tuent que des animaux et pas des humains sont-ils moralement absous ? »
Mais si robots, vampires et super-héros semblent particulièrement bien se prêter à la réflexion philosophique, l'éditeur Blackwell précise cependant que « tous les phénomènes pop ne méritent pas leur place dans la collection ». Par exemple, aucune discussion intelligente n'est, à ses yeux, possible autour de l'émission American Idol (l'équivalent de La Nouvelle Star)... Vraiment pas ?
Lire aussi : Les ancêtres des Monty Python sont romains... Un logiciel peut-il remplacer Shakespeare ou Tolstoï ? Les ancêtres des Monty Python sont Romains...
« "Docteur", demande un patient, "à chaque fois que je me réveille je me sens tout drôle pendant une demi-heure". Réponse du médecin :"Eh bien, vous n'avez qu'à vous lever une demi-heure plus tard !" » Cette blague figure parmi les préférées de Mary Beard, professeur de lettres classiques à l'Université de Cambridge, à l'origine de la découverte du recueil. L'ouvrage, intitulé Philologos ou celui qui aime rire, date du deuxième ou troisième siècle après Jésus Christ, et contient quelques 260 histoires drôles du même acabit.
Un autre exemple avec celle-ci, sur le vacillement de l'identité, à la pointe de l'absurde : « Un barbier, un professeur étourdi et un chauve voyagent ensemble. La nuit, ils montent la garde à tour de rôle. Comme le barbier s'ennuie durant sa veillée, il décide de raser la tête du professeur pour se distraire. Celui-ci se réveille, passe la main sur son crâne et s'exclame : "Quelle andouille, ce barbier ! Il a réveillé le chauve à ma place." » Ce qui frappe, c'est la modernité de l'humour romain, très proche du nôtre. Dans un autre épisode encore, un marchand d'esclave répond à un acheteur mécontent de la mort prématurée de son domestique, « mais il était tout à fait vivant avec moi ». Cet esprit de dérision préfigure les Monty Python et leur sketch sur le perroquet mort qui refuse obstinément de se réveiller.
Quelques figures se distinguent, parmi lesquelles le professeur fou, l'astrologue charlatan et l'eunuque. Stéréotype oblige, les romains aimaient aussi rire de leurs voisins. Les habitants des alentours de Thrace faisaient notamment l'objet de plaisanteries qui n'ont rien à envier à nos blagues sur les belges...
Sources : The Guardian Salon du livre : un premier bilan positif Le premier bilan sur le Salon du livre, qui s'est ouvert vendredi dernier (jusqu'au 18 mars) et qui met cette année la littérature mexicaine à l'honneur, est plutôt réjouissant.Pour les éditeurs d'abord, dont certains (Albin Michel, Actes Sud, Gallimard...) ont enregistré une hausse de leurs chiffres de ventes par rapport à l'année dernière. Pour les organisateurs ensuite, car si l'année dernière, le choix d'Israël comme invité d'honneur avait provoqué la polémique, pas de tensions en vue pour cette 29e édition. Carlos Fuentes a créé l'événement, en donnant dimanche une conférence au cours de laquelle il a évoqué le rôle de l'écrivain en Amérique latine, dont "la moitié de la population vit encore dans divers degrés de pauvreté". Comme Jorge Volpi, et bien d'autres écrivains mexicains, il a souligné la diversité de la littérature mexicaine actuelle : "Les écrivains mexicains qui sont invités à Paris touchent à tous les sujets. Il n'y a plus la détermination que nous avions à faire la critique de l'histoire du Mexique". L'autre grande tendance du Salon cette année, c'est le désormais légendaire e-book. De nombreux débats lui sont consacrés, à l'heure où le groupe La Martinière et les Editions Gallimard déclarent vouloir s'associer pour déployer une plate-forme commune de distribution de livres numériques. Pour ceux qui n'ont pas encore testé le e-book, rendez-vous au stand Sony, dont le reader serait enfin « abouti technologiquement grâce à une capacité de stockage équivalente à 160 livres et à une bonne autonomie », comme le précise Philippe Citroën, directeur général de Sony France... Photo © Emmanuel NGuyen Lire aussi : Un logiciel peut-il remplacer Shakespeare ou Tolstoï ? Un ordinateur capable de rédiger poèmes et romans : hantise des écrivains ou fantasme d'informaticiens ? Quoiqu'il en soit, cette idée, qui ne date pas d'hier, fait l'objet de plusieurs expérimentations. En voici quelques exemples.En 1952, afin de tester les capacités de l'ordinateur "Mark One Baby", le scientifique Christopher Strachey avait déjà conçu un logiciel capable de composer des textes, à partir d'un lexique de mots romantiques préalablement intégrés. Intitulé « Loveletters », ce programme correspondrait donc au premier générateur informatique de poésie amoureuse... Aujourd'hui l'informaticien allemand David March, qui s'est récemment intéresser à logiciel, en propose sa propre version sur son site.
L'année dernière, un article du Courrier International nous apprenait également le projet d'une maison d'édition de Saint-Pétersbourg : publier un roman généré par un logiciel baptisé PC Writer 2008. Il n'aura fallu que trois jours à la machine pour pondre le premier jet d'un roman inspiré en grande partie d'Anna Karénine, mais également de treize autres ouvrages russes et étrangers...
On signalera, enfin, l'idée développée par un certain David Nygren et mentionnée sur le site Teleread : rédiger un roman à partir d'un fichier Excel. Le principe : "Colonne A=actions, colonne B=dialogues, colonne C=pensées des personnages". Bon, ce n'est encore pas très clair, mais il y a de l'idée.
Lire aussi : Et si le livre numérique était né en 1968 ? Une liste de course de Burroughs vendue 400 dollars sur ebay Ouverture du Salon du livre 2009 : au programme aujourd'hui
L'un des débats très attendus du jour, c'est celui qu'animera Hubert Artus de Rue89 : "Les Amériques à l'heure d'Obama" (14h-15h, place des livres). Les écrivains présents - Zoé Valdès, Jorge Volpi, Martin Solares et François Gaudry, donneront leur point de vue sur les changements que pourrait impliquer l'élection de Barack Obama. De 17h30 à 19h, on parlera littérature, et rien que littérature en présence des auteurs mexicains José Agustin, Hector Manjarrez, Ignacio Padilla, Guadalupe Nettel : "Continuités et ruptures dans le roman" (Espace 2000). Le débat sera animé par Claude Fell, professeur et traducteur hispanophone, qui dans un entretien avec Fluctuat, nous éclairait sur l'état actuel de la littérature mexicaine. On pourra également découvrir des auteurs mexicains en particulier, en passant une heure avec : - Alvaro Uribe, auteur du Dossier de l'attentat (Verdier), un roman en forme de puzzle qui mêle histoire, fiction et documents : de 15h à 16h, Salle André Malraux. - Guillermo Fadanelli, dont le roman Boue vient de paraître aux éditions Christian Bourgois : de 17h30 à 18h30, Pavillon Mexique. - Jorge Volpi, l'un des fondateurs du mouvement du crack, qui parlera, entre autres, de son dernier roman, Le Jardin dévasté (Seuil) : de 18h à 19h, Salle André Malraux.
Lire aussi : Le Salon du livre 2009 révèle la diversité de la littérature mexicaine Alors qu'il fêtera en 2010 le bicentenaire de son indépendance, le Mexique est l'invité d'honneur du Salon du livre 2009, qui s'ouvrira demain et jusqu'au 18 mars à Paris. Si pendant longtemps, la littérature mexicaine a été associée au seul courant du "réalisme magique", dont relevaient notamment les premières œuvres de Carlos Fuentes, les auteurs invités cette année par le salon montrent qu'elle est aujourd'hui davantage caractérisée par sa diversité. Dans un entretien avec Fluctuat, l'écrivain Jorge Volpi, qui fut à l'initiative du mouvement du crack - créé justement en réaction à l'idée d'un exotisme obligatoire pour les écrivains d'Amérique latine - explique ainsi : « Avec le crack, je crois qu'on a réussi en général à montrer que la littérature latino-américaine ne se résume pas au réalisme magique. C'est la première fois, dans l'histoire de la littérature mexicaine, qu'il n'y a pas une déontologie critique, une obligation critique d'appartenir à une école, un mouvement, une tendance... ». Et il est vrai que du pilier Carlos Fuentes au jeune Martin Solares, en passant par le maître du polar Paco Ignacio Taibo II, la militante Elena Poniatowska, le rockeur Jose Agustin, ou le très pessimiste Guillermo Fadanelli (voir l'entretien), la liste des auteurs invités est attrayante. Elle donne envie, en tout cas, d'aller à la rencontre d'une littérature qui peut tantôt se plonger dans la réalité mexicaine, tantôt s'en détacher, rendre hommage aux classiques ou les détourner, proposer des fresques grandioses comme la poésie la plus épurée. « La surprise, remarque également Volpi, c'est que maintenant la mexicanité peut ne se trouver que dans le regard de l'écrivain, et pas dans les sujets qu'il aborde. » Illustration : détail de la couverture du Llano en flammes de Juan Rulfo, édition Folio-Gallimard. Obama contre les vampires et les sorciers... pour un prix littéraire Obama contre les vampires et les sorciers : la compétition pour l'obtention des Galaxy British Book Awards sera rude. Ce prix britannique, qui récompense les meilleurs livres et leurs auteurs, est disputé cette année, entre autres, par Obama, J.K. Rowling et Stephenie Meyer. Les trois concurrents ont pour point commun d'être les auteurs de best-sellers. Rowling, l'auteur d'Harry Potter, concourt avec son dernier livre Les contes de Beedle le barde (The Tales of Beadle the Bard), Meyer avec sa saga Fascination - dont l'adaptation cinématographique, Twilight, fait un carton au box-office - et Obama pour son autobiographie, Les Rêves de Mon Père (Dreams of my Father). Les mémoires politiques du premier président noir des Etats-Unis, L'audace d'espérer (The Audacity of Hope), est également dans la course.
Le (super)marché du livre. Sponsorisés par de grandes enseignes anglaises comme Tesco ou Sainsbury, les Galaxy Awards décernent des prix dans différentes catégories. WH Smith récompensera par exemple le meilleur livre jeunesse, et Booksdirect le polar de l'année. Les lecteurs, eux, peuvent télécharger des extraits des œuvres en compétition via leur téléphone portable et voter pour leurs auteurs préférés. Les paris sont ouverts, en attendant la cérémonie de remise des prix qui se tiendra le 3 avril prochain à Londres.
Les Bienveillantes de Littell : trop long et trop cher pour les Anglo-saxons ? Grotesque. Pervers. Répugnant. Le verdict d'une majorité de critiques anglo-saxons sur Les Bienveillantes de Jonathan Littell, paru ce mois-ci aux Etats-Unis, est sans appel. Le roman, récompensé en 2006 par le prix de l'Académie française et le Goncourt, ne suscite pas beaucoup d'enthousiasme outre-Atlantique. Mais que reproche-t-on donc à The Kindly Ones, version US des Bienveillantes ?
On trouve, dans différents titres de la presse anglo-saxonne, plusieurs types d'arguments anti-Littell, pas vraiment bienveillants... Tour d'horizon.
Trop cher... Le prix de The Kindly Ones - 29,99 $ ! - publié par l'éditeur HarperCollins, en indigne quelques-uns. Dans une tribune du Wall Street Journal, la critique Sara Neslon pointe du doigt le but commercial du livre - un pavé de 1000 pages - et déclare ouvertement qu'elle n'en finira pas la lecture.
Trop racoleur... Plus fort, la même journaliste va jusqu'à comparer Littell à Britney Spears, affirmant que les deux personnalité partagent la même "tendance à la lubricité" recherchée par les éditeurs... Michiko Kakutani, chroniqueuse star du New York Times, considère, elle, que sous le titre The Kindly Ones se cache un roman « volontairement sensationnaliste et délibérément répugnant ».
Trop ambitieux... Il n'en fallait pas plus pour que Donald Morrison, l'auteur de l'article controversé sur « La mort de la culture française » s'empare de l'affaire. Il assène le coup de grâce dans un article du Financial Times : d'après lui, Les Bienveillantes « tente de poser les grandes questions. Et échoue magnifiquement »!
Trop cliché... Pour Peter Kemp du Sunday Times, le récit s'apparente carrément à une diarrhée verbale, à un « monologue pachydermique » agrémenté de références douteuses sur le nazisme. Malsain, lourd, cliché. Sur le net aussi, les critiques acides des internautes pleuvent.
Source : ActuaLitté, Le Monde La correspondance inédite de Beckett en 4 volumes "Chaque mot est comme une tache inutile sur le silence et le néant", a écrit Samuel Beckett. L'écrivain, réputé pour l'épure de ses oeuvres, a cependant signé une volumineuse correspondance - 15 000 lettres - dont une partie est publiée par Cambridge University Press.Selon le NY Times, le premier volume de la correspondance (sur les quatre prévus) présente un Beckett tantôt "spirituel et mordant, scatologique", tantôt "affectueux et dévoué". Postées depuis différentes villes (Paris, Dublin, Londres ou Dresdre) les lettres sont rédigés dans trois langues différentes - l'anglais, le français, l'allemand - et truffées de néologismes et de jeux de mots : de quoi compliquer sérieusement la tâche des éditeurs. Quatre ans avant sa mort, l'écrivain aurait autorisé la publication des lettres, exigeant toutefois qu'elles ne soient pas commentées. Si Beckett était un homme solitaire, il comptait cependant un certain nombre d'amis, parmi lesquels James Joyce, le peintre Jack Butler Yeats, frère du poète William, les héritières Nancy Cunard et Peggy Guggenheim. Et qu'écrivait-il donc à ses nombreux correspondants ? Des réflexions très satiriques parfois, comme, en 1937 : "T. Eliot is toilet spelt backwards" (« T.Eliot c'est le mot toilet épelé à l'envers »). En plus de mettre en lumière, par la présence de nombreuses considérations esthétiques, les autres œuvres de Beckett, les lettres apprennent aussi quelques détails biographiques de l'écrivain : ses problèmes de santé, ses aspirations à d'autres carrières que celle d'écrivain, son aide à la publication du Finnegans wake de Joyce, la solitude et la dépression. A l'âge de 32 ans, il se compare dans l'une de ses lettres à un "amphibien retenu de force sur un terrain aride, très, très aride." Mais Beckett finira par aller de l'avant. La preuve avec les trois autres volumes de correspondance à paraître. Source : NY Times Une expo et un inédit pour les 50 ans du Petit Nicolas
Né de l'imagination de l'écrivain René Goscinny et de l'illustrateur Sempé, Le Petit Nicolas voit le jour en 1959. Drôle, timide, naïf, il est devenu l'emblème de l'écolier des années cinquante. A l'occasion de son cinquantième anniversaire, de nombreux événements célèbrent le jeune héros à la cravate rouge. Recueil, film, expo... on replonge avec bonheur (ou pas) dans nos souvenirs d'école :
- En visitant l'expo gratuite qui se tient jusqu'au 7 mai dans le Hall de l'Hôtel de ville. 150 dessins originaux de Sempé et des manuscrits inédits de René Goscinny provenant des archives personnelles des auteurs y sont présentées. - En retournant s'asseoir sur les bancs de l'école au Salon du Livre. La classe du Petit Nicolas y sera soigneusement reconstituée. Ah, cette odeur de craie ! - En se procurant le dernier recueil d'histoires inédites, Le Petit Nicolas : Le ballon et autres histoires inédites, de Goscinny et Sempé, aux éditions IMAV. Petite nouveauté : les dessins en noir et blanc sont peints à l'aquarelle.
Et comme Le Petit Nicolas (celui de la fiction) ignore la crise, un film en préparation avec Valérie Lemercier et Kad Merad dans le rôle des parents sortira en salle en septembre prochain. Un portrait inédit de Shakespeare dévoilé à Londres On imagine plus ou moins bien quelle tête avait le grand William Shakespeare. Et bientôt, on pourra peut-être imaginer encore mieux : une toile, identifiée comme l'unique portrait du dramaturge ayant été réalisé de son vivant, doit être dévoilée aujourd'hui à Londres. Détenu par la famille Cobbe depuis le XVIIIe siècle, le tableau avait d'abord porté à confusion : qui représentait-il vraiment ? Alex Cobbe, son actuel propriétaire, avait d'abord pensé à l'écrivain et aventurier Sir Walter Raleigh... Jusqu'à ce qu'un expert de l'université de Birmingham reconnaisse finalement Shakespeare, représenté six ans avant sa mort, à l'âge de 46 ans (en 1610). La toile, qui va donc sur ses 400 ans, est l'œuvre de Cornelis Janssen, un peintre flamand qui travaillait en Angleterre au début du XVIIe siècle pour une grande famille. Le milieu de l'art attend maintenant de savoir si elle a vraiment la valeur que lui accordent les premiers jugements d'expert...
Photo : Le portrait de William Shakespeare, présenté comme l'unique représentation du dramaturge anglais réalisée de son vivant.
Lire aussi : Un inédit de David Foster Wallace prévu pour 2010 Une liste de courses de Burroughs vendue 400 dollars sur e-bay Un inédit de David Foster Wallace prévu pour 2010 La disparition de David Foster Wallace en septembre dernier avait suscité une vive émotion auprès de ses lecteurs. Aujourd'hui, six mois après sa mort, et quatorze ans après la parution d'Infinite Jest, sa plus grande œuvre, l'éditeur Little, Brown & Compagny prévoit de publier l'un de ses romans.Intitulé The Pale King, le manuscrit inachevé de ce roman a été retrouvé par la femme de Wallace, deux mois après la mort de celui-ci. Selon Michael Pietsch, éditeur chez Little, Brown - qui affirme avoir passé un accord provisoire avec l'agent de Wallace pour publier le roman en 2010 - on retrouve dans The Pale King le style "incroyable, léger, audacieux" de l'écrivain. Des extraits sont disponibles sur le site du New Yorker. L'article de présentation qui accompagne ces extraits évoque un véritable tournant dans l'oeuvre de Wallace : "(il) espérait que faire une pause dans la drogue pourrait l'aider à se sortir de l'impasse créative dans laquelle il se trouvait, et lui permettre de finir The Pale King dans un "état d'esprit clean" ". Une liste de course de Burroughs vendu 400 dollars sur ebay Tous les internautes le savent : on trouve de tout sur ebay. Mais vraiment de tout. Par exemple, une liste de courses de l'écrivain William Burroughs, qui a été mise en vente avec un prix d'achat immédiat de 495 dollars.Quel type d'articles trouve-t-on inscrit dans cette liste ? Rien de sensationnel : des gaufres, du thé, de l'eau, de la vodka, entre autres, ainsi que de la nourriture pour chat - qui a l'avantage de rappeler la passion de l'écrivain pour les félins. En revanche, pas de munitions, de solution anti-cafards ou de dose de morphine. D'autres articles sont inscrits sur le recto de l'une des pages (il y en a trois en tout), mais ils ne sont apparemment pas écrits de la main de Burroughs. Burroughs (que vous pouvez retrouver dans un entretien posthume inédit publié sur Fluctuat) avait donc lui aussi besoin d'aller faire ses courses comme les autres... Mais l'homme est devenu légende, ce qui explique que la liste ait été vendue 400 dollars.
Frédéric Beigbeder choisit de vivre et quitte Facebook Frédéric Beigbeder n'aime pas (ou plus) les relations virtuelles : l'écrivain a annoncé vouloir fermer sa page Facebook, en prenant soin d'expliquer cette décision dans sa chronique pour le magazine Voici, qu'il a rejoint le mois dernier après quatre ans d'absence.
En fin (?) sociologue, Beigbeder analyse les dérives du virtuel, qui est « l'empire des fakes et des frustrés, ou simplement des losers tristes et seuls, timides et respectables auxquels on offre un mensonge, en échange d'une surveillance orwellienne de leurs habitudes de consommation. » Le réseau Facebook « drogue au narcissisme » ses jeunes utilisateurs, qui, on le sait, aiment y afficher maints détails de leur vie privée, au point que l'auteur de 99 francs considère qu'à côté de ceux-ci, les photos de Voici sont « pudiques »... Beigbeder, qui se demande également si nous avons « vraiment besoin de retrouver les gens que nous avons volontairement perdus de vue » (sa réponse est évidemment non), conclut sa diatribe sur une comparaison assez radicale : « Il y a la même différence entre le réel et le virtuel qu'entre la vie et la mort. Or moi je viens de prendre une grave décision : vivre. » Mais tant d'autres utilisateurs, tous condamnés.
Source : Buzz littéraire
Lire aussi : Iggy Pop s'est inspiré de Houellebecq pour son nouvel album Chomsky expliqué aux enfants par le coloriage Lire au bureau c'est possible avec Readatwork
Iggy Pop s’est inspiré de Houellebecq pour son nouvel album
Dans une vidéo publiée sur son site officiel, Iggy pop affirme avoir d'abord été contacté par un réalisateur néerlandais pour composer la musique d'un documentaire intitulé Last Words, retraçant les difficultés de l'écrivain français à devenir réalisateur (une conversion qui ne s'était pas très bien passé). C'est à ce moment qu'il aurait commencé à travailler sur les textes de La Possibilité d'une île.
Musicalement inspiré par des légendes du jazz comme Louis Armstrong et Jelly Roll Morton, ce nouvel album se veut une sorte de réponse à tous les « mauvais groupes de rock » qu'Iggy Pop dit ne plus supporter. Il comprendra notamment une reprise de la chanson Les feuilles mortes, écrite par Jacques Prévert, et qui a été interprétée, entre autres, par Yves Montand. Une dédicace spéciale à ses fans français...
Source : NME
Lire aussi : Chomsky expliqué aux enfants par le coloriage Lire au bureau c'est possible avec Readatwork Harlequin recrute des adolescentes pour sa nouvelle collection
Jean-Baptiste Del Amo reçoit le Goncourt du premier roman
Né en 1981 à Toulouse, le jeune écrivain avait déjà reçu en 2006 un prix pour l'une de ses nouvelles, intitulée "Ne rien faire". Une éducation libertine avait quant à lui déjà figuré dans la sélection du prix Goncourt à l'automne dernier, mais n'avait pas été primé (le jury lui avait préféré le Syngué Sabour d'Atiq Rahimi). Dans cet ouvrage, Del Amo retrace l'ascension d'un jeune provincial dans le Paris pervers et corrompu du XVIIIe siècle. A mi-chemin entre Flaubert et Sade, le roman avait séduit la critique au lors de sa sortie.
Au même moment, un autre poulain de chez Gallimard, Tristan Garcia, se faisait aussi remarquer avec son roman La Meilleure Part des Hommes. Pour l'anecdote, le vrai nom de Del Amo est Jean-Baptiste Garcia, et c'est la raison pour laquelle il aurait du choisir un pseudo. Les deux écrivains cumulent décidément bien des points communs : nés la même année, ils ont tous les deux écrits un premier roman dans lequel il retrace une époque qu'ils n'ont pas vécue, tout en abordant le thème de l'homosexualité. Le printemps des poètes rend hommage à Jean Tardieu
Tardieu est un type insondable, aux poèmes parfois aussi légers que du Prévert ou du Eluard, mais aussi foncièrement angoissé et sombre, sur ses meilleures strophes. Il se raconte que le jeune Tardieu comprit très vite qu'il serait écrivain et poète et qu'il reçut pour toute récompense une conscience névrotique et une nature angoissée qui le menèrent assez souvent au bord du déséquilibre, tout au long de sa vie. Cette part d'ombre qu'il interroge dans ses meilleurs ouvrages le rend hautement fréquentable, lui qui traduisait d'autres immenses « torturés de l'âme et des sentiments » comme Goethe et Hölderlin.
Dans ce poème bien tourné, c'est presque le Tardieu grand public qu'on vient chercher. Celui qui s'amuse à rapprocher le poète-écrivain de l'artisan, à faire de la poésie un travail manuel (le recueil Poèmes pour la main droite fait écho aux Concertos pour la main gauche). On appréciera la légèreté et la malléabilité du vers libre, les effets comptés ainsi que la chute un rien angoissante du poème : ce gars qui dépose les armes et sort du cadre est aussi terrifiant que VGE, un soir d'élection, qui se lève de sa chaise et dit bonsoir.
Outils posés sur une table
in Formeries, 1976.
Chomsky expliqué aux enfants par le coloriage
Pour la modique somme de 5 dollars, le projet réalise le pari d'associer coloriage et militantisme. Les traits du père de la grammaire générative, qui se définit lui-même comme un anarchiste socialiste, servent donc de base de coloriage pour les jeunes artistes en herbes. Mais ce n'est pas tout : l'idée étant d'instruire par le jeu, l'auteur de l'album a décidé d'y associer des extraits de textes tirés des grands ouvrages de Chomsky. Entrecoupé d'une citation, d'un texte court, le dessin favoriserait la réflexion des touts-petits...
On pourrait voir là un « cours d'autodéfense intellectuelle », préconisé par Chomsky, adapté au public des moins de dix ans. Ou un bon argument de vente misant sur les affinités politiques des parents militants, pressés de transmettre leurs idéaux à leurs rejetons. Et pourquoi pas une BD Bourdieu, ou un pictionnary Bernard Stiegler ?
Source: AP
Lire aussi : Harlequin recrute des adolescentes pour sa nouvelle collection Un designer propose la version adulte des couvertures d'Harry Potter La solution pour ne plus perdre la page où l'on suspend sa lecture![]() Si vous faîtes partie de ceux qui s'endorment la bouche ouverte sur leur livre, sans avoir la force ni d'y glisser un marque-page, ni de le poser soigneusement sur le chevet, la lampe marque-page est faite pour vous. Conçue par un designer d'objet astucieux (et peut-être grand lecteur), cette lampe est équipée d'une sorte de petite barre sur laquelle on pourra suspendre son livre ouvert sur la dernière page lue. Finis donc les pages cornées, les tickets de métro, de cinéma, les vieux post-it qui ne collent même plus, les cartes postales du collègue, les trombones, les billets doux, les bouts de ficelle que l'on avait tendance à recycler comme marque-page. Fini surtout le coup de vouloir retenir le numéro de la page à laquelle on a interrompu sa lecture, et qui ne marche jamais.
Source : La Feuille Harlequin recrute des adolescentes pour sa nouvelle collection Pourquoi seules les "ménagères de moins de 50 ans" pourraient-elles profiter des histoires passionnées de la collection Harlequin ? Grâce à Harlequin Teen, une collection destinée aux adolescentes, qui sera lancée en avril, les filles vont pouvoir s'y mettre bien plus jeunes.Mais comment adapter des romans sentimentaux (et sensuels, dira-t-on) afin qu'ils plaisent aux adolescentes ? Il suffit de demander l'avis des premières concernées. Harlequin recrute donc des adolescentes, qui recevront gratuitement des livres sur lesquels elles donneront leurs avis. Ainsi l'éditeur pourra-t-il répondre au mieux à la demande de jeunes lectrices friandes d'intrigues amoureuses - type j'ai le cœur qui bat quand il s'approche... Un site est déjà mis en place. Dédié au 13-17 ans, il est animé par la supposée "Quin", la fille de Harle, donc. Mais que deviendront à 50 ans les femmes nourries à l'Harlequin depuis l'âge de 13 ans ?
Source : ActuaLitté Philip Roth publiera bientôt deux romans Une nouvelle pour les fans de Philip Roth : l'éditeur Houghton Mifflin Harcourt a annoncé la parution prochaine des 30e et 31e ouvrages de l'écrivain, hautement respecté dans le milieu des lettres.Près de cinquante ans ont passé depuis la sortie de Goodbye, Columbus, premier roman et premier succès de Philip Roth. Par la suite, plusieurs de ses livres ont été acclamés comme des chefs d'œuvre littéraires, comme Portnoy et son complexe, Pastorale américaine et La Tache. Prévu pour cet automne, The Humbling retracera l'histoire d'un comédien vieillissant, dont l'existence morne est chamboulée par une affaire de "désir érotique et original". En 2010, le même éditeur devrait également publier Nemesis, roman se déroulant en 1944 et traitant d'une épidémie de polio et de ses conséquences sur une communauté de Newark. Auteur très prolifique, Philip Roth - qui fêtera le mois prochain ses 76 ans - publie en moyenne un livre par an. Le dernier de ses romans traduits en français est Un homme, publié chez Gallimard en 2007. |
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