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Babar élu frenchy préféré du New Yorker

Posté par Mélanie le 24.12.08 à 15:42 | tags : exposition, news, bd

La restrospective 2008 des articles les plus populaires du New Yorker met à l'honneur la star française préférée des lecteurs du très chic hebdomadaire : ni Carla Bruni ni Marion Cotillard... mais Babar !

Le sympathique pachyderme crée par Jean de Brunhoff en 1931 a séduit Adam Gopnik, auteur de l'article paru en septembre dans le New Yorker et intitulé Freeing the Elephants: what Babar brought. Et il n'est pas le seul : une expo à la BNF "Babar, Harry Potter & cie" glorifient ces héros d'enfance d'hier et d'aujourd'hui et Le Morgan library & Museum de New York expose les premiers dessins de l'éléphant par les Brunhoff père et fils (Laurent de Brunhoff, le fils, a repris le pinceau depuis les Etats-unis au lendemain de la guerre).

Pour Adam Gopnik, francophile accompli - il a vécu à Paris pendant cinq ans - Babar est une figure faisant partie intégrante de l'inconscient collectif, tant sa lecture dans l'enfance est inoubliable. Au-delà de la virtuosité du dessin de Jean Brunhoff initié à la peinture par l'impressionniste James Tissot, Gopnik loue l'histoire allégorique de l'éléphant. A la question "faut-il brûler Babar?" - comme on a fait le procès en racisme et colonialisme de Tintin - l'auteur répond évidemment non. Bien que l'analyse de l'auteur chilien Ariel Dorfman de Babar au service d'une propagande impérialiste de la France ne manque pas de fond. Les "bons" éléphants civilisés - et habillés - sont renvoyés en mission civilisatrice dans leur terre originelle où l'animal qui résiste, le rhinocéros, reste nu et sera vaincu.

 
Une certaine idée de la France

Mais pour Gopnik, cette lecture de Babar passe à côté du vrai message de Brunhoff qui est justement une satire pleine d'autodérision de l'imaginaire colonial des Français, au moment où le modèle de colonisation à la française met l'accent sur sa mission civilisatrice.

Enfin, Babar a surtout pour objectif d'être drôle. Et le simple fait qu'un éléphant adopte des comportements humains tend à parodier l'absurdité de ces comportements. Comme le nationalisme français et la marche à la guerre sont tournés en ridicule dans Le roi Babar (1933). En fait, Babar, c'est une parodie affectueuse de l'identité française telle qu'elle était et est toujours idéalisée. "A certain idea of France", finalement...

 

Source: the New Yorker




Un miracle de Noël : Europeana marche enfin

Posté par Mélanie le 24.12.08 à 10:18 | tags : news, numérique

La bibliothèque multimédia européenne en ligne, Europeana, a finalement réouvert ses portes mardi 23 décembre. Suite à son paralysant succès, lors de son lancement en novembre, des problèmes de puissance des serveurs avaient contraint le site à fermer pour réparation.

 

La réouverture du site, d'abord annoncée en décembre, puis repoussée à janvier, arrive pile poil pour Noël, à la surprise générale.

Ainsi, la capacité des serveurs du site a été quadruplée mais le système informatique est toujours en phase de test afin de permettre d'ajouter de la puissance en cas d'afflux soudain des demandes. Un message d'avertissement figure donc sur la page d'accueil du site indiquant que "le nombre d'utilisateurs reste limité aux heures de pointe" et que "l'utilisation peut ne pas être optimale".

 
Europeana permet d'accéder aux versions numérisées de plus de deux millions de livres et contrairement à son concurrent Google Books à celles de manuscrits, peintures, cartes, photos et documents audiovisuels...

L'objectif de la bibliothèque européenne est d'atteindre au moins 10 millions d'oeuvres en 2010.







Charles Dickens, l'inventeur de l'esprit de Noël

Posté par Céline le 23.12.08 à 17:09 | tags : elucubration, news
On sait que l'on doit à Coca-Cola la représentation du Père Noël bedonnant, barbu, et vêtu d'un costume rouge. Mais d'où viennent donc toutes les autres images que nous associons à Noël - repas copieux en famille, bienveillance et générosité, messe et autres embrassades ? De l'écrivain Charles Dickens, si l'on en croit les nombreux articles sur ce sujet qui florissent en ce moment dans la presse anglo-saxonne.
 
"L'homme qui a inventé Noël"
 
The Washington Post attire par exemple l'attention sur un ouvrage de Les Standiford, The man who invented Christmas (éditions Crown), qui montre l'influence que le célèbre conte de Dickens, Un Chant de Noël (A Christmas Carol), a exercé non seulement sur la carrière de l'écrivain, mais également sur la façon dont les occidentaux perçoivent désormais cette fête. Un seul extrait du conte et on comprendra de quoi il s'agit : « Mais c'est Noël ! Un jour de fête, de charité, de joie. Allumons la flambée, sortons les dindes, le gibier. La charcuterie, les châtaignes grillées, les juteuses oranges... mangeons, dansons, rions ! Une fois n'est pas coutume ! »
Ecrite en six semaines en 1943, alors que la carrière de Dickens commençait à battre de l'aile, l'histoire de Scrooge deviendra le conte de Noël le plus populaire au Royaume Unis et aux Etats-Unis. Vieillard avare et acariâtre, Scrooge reçoit dans la nuit précédent Noël la visite de quatre fantômes, qui lui font prendre conscience qu'il ne trouvera la paix qu'en se consacrant aux autres... En plus d'avoir inspiré au dessinateur Carl Barks le personnage d'oncle Picsou, le plus rat des canards, Scrooge a également fait l'objet de plusieurs adaptation au cinéma : on peut citer la meilleure, datant de 1951, avec Alastair Sim dans le rôle de Scrooge, ou la plus drôle, de 1988, avec Bill Murray.
 
Splendeur et décadence du réveillon
 
De l'époque où elle était une fête païenne à aujourd'hui, où elle correspond à deux semaines de ruées commerciales, Noël a connu une histoire complexe. Au début du XIXe siècle, la fête a connu un certain déclin avec la révolution industrielle : l'heure n'était alors ni aux vacances ni aux orgies alimentaires. Avec l'avènement de l'ère victorienne en 1837, elle a connu un certain regain. En 1840, le Prince Albert introduit en Angleterre la coutume qui consiste à décorer le sapin, et qu'il tient de ses ancêtres allemands. Deux ans plus tard, les premières cartes de vœux font leur apparition, et les chants de Noël, délaissés jusqu'alors, retentissent de nouveau dans les rues.
 

L'oeuvre de Dickens se situe au coeur même de cette renaissance, contribuant largement à associer à l'époque de Noël une effervescence faîte de vœux, de festins, de messes, de danses, d'embrassades et de gestes généreux. Fou de Noël, Dickens a publié, en dehors d'Un Chant de Noël, plusieurs autres romans sur les fêtes de fin d'année (comme Les papiers posthumes du Pickwick club, ou son dernier livre inachevé, Le Mystère d'Edwin Drood). Pour l'écrivain, Noël renvoie le plus souvent à une représentation idéale des êtres humains, dans laquelle le foyer familial est un lieu chaleureux et jovial par excellence, tandis que tout ce qui y est extérieur n'est que misère et désespoir. Certains critiques ont relié cette vision dualiste à la biographie de Dickens, qui, après une enfance heureuse au sein d'une famille unie, connut le travail au noir, et fut traumatisé par l'emprisonnement de son père puis la dissolution de sa famille.

 

Quoiqu'il en soit, qui dit "Christmas" dit "Carol" dit Dickens, et à quelques heures des fêtes, on ne compte plus les articles qui remettent à l'honneur le bon vieux Scrooge, à qui l'on doit donc en grande partie ce fameux et toujours actuel « esprit de Noël ». Ce qui inclut, sans doute, le massacre massif des dindes et des oies, mais peut-être pas les excellents chiffres d'affaires des grands magasins.

 

Source : The Washington Post, The Independent.




Y a-t-il un éditeur pour publier les mémoires de George W. Bush ?

Posté par Mélanie le 23.12.08 à 15:17 | tags : web, édition, news

George Bush jalouserait-il le nouveau président des Etats-unis, Barack Obama, véritable révélation 2008 de l'édition ? Va-t-il, lui aussi, écrire ses mémoires ? Mais alors, quel éditeur oserait le publier ? Un avenir proche donnera ou non raison à Frank Santopadre qui, dans un exercice de journalisme d'anticipation-fiction, imagine pour Vanity Fair les lettres adressées au futur ex-président des Etats-unis par quatre éditeurs américains.

Il en ressort une image désastreuse d'un Bush complètement inculte, voire idiot et surtout, terriblement incompétent.

L'idiot du village

Etonnamment, Perseus Books group, qui publie en ce moment l'ouvrage critique Big Boy Rules America's Mercenaries Fighting in Iraq de Steve Fainaru, sur les sociétés privées de sécurité engagées en Irak, décline poliment mais fermement la généreuse offre de Bush : le président propose en effet à l'éditeur de lui pardonner la publication le "paquet de mensonges de Scott McClellan". Pour rappel, McClellan a été chargé des relations avec la presse durant la campagne Bush-Cheney de 2004 et à la Maison Blanche de 2003 à 2006, et a publié en mai 2008 le très à charge What Happened: Inside the Bush White House and Washington's Culture of Deception .

L'éditeur avoue cependant avoir été intrigué par le titre proposé par le président, "Hope and Audacity" (Espoir et Audace) et le pitch qu'il en a fait, qui a "quelque chose à la Marley & Me" (comédie romantique mettant en scène Jennifer Aniston et un chien, sortie française prévue en mars 2009) mais avec Barney (le nom du chien de Bush)." Enfin l'éditeur lui conseille de vérifier l'orthographe de "mémoires", "Guantanamo", "Condoleezza" et "FEMA" (Federal Emergency Managment Agency) !

L'incompétence faite président

L'éditeur Penguin regrette de ne pouvoir donner suite à la proposition du président, qui ne correspond pas à leurs besoins du moment, mais apprécie le papier artisanal fait à partir d'une carte d'état major, ainsi que la transformation du sud de Kaboul en un parcours de golf de 54 trous. Même refus de la maison Farrar, Straus and Giroux, qui publie A World of Trouble: The White House and the Middle East from the Cold War to the War on Terror de Patrick Tyler. Ce journaliste, correspondant au Moyen Orient pour le New York Times et le Washington Post, y évoque "la catastrophe Bush en Irak". L'éditeur, lui, avoue sa perplexité quant au titre proposé par le président : "Mes premiers deux mandats", tout en se disant flatté que "Dieu lui-même" lui ai soufflé le nom de la maison d'édition pour ce projet de mémoires et son idée de "fan fiction" à la West Wing.

Enfin Random House, qui édite le best seller d'Obama, Les Rêves de Mon Père, remercie Bush de l'effusion de compliments adressée à l'égard de leur série de bd Garfield, mais ne peut accepter de publier les mémoires du président. L'éditeur n'est pas "convaincu que le recueil de ses blagues préferées sur les pets" ait sa place "dans des mémoires présidentielles", et ne trouve pas du meilleur goût sa vision "optimiste" de la tragédie de Katrina - nom de l'ouragan qui a quasiment noyé la ville de la Nouvelle-Orléans sous le regard indifférent de la Maison Blanche - dans laquelle il évoque la ville submergée comme "un verre à moitié plein". Enfin, Random House ne pense pas que le titre "Guerre et Paix" soit "tellement vieux que les gens ne feront pas le rapprochement" avec l'oeuvre de Léon Tolstoï.Source: Vanity Fair

 




Le Top des livres les plus déprimants de 2008

Posté par Mélanie le 22.12.08 à 16:25 | tags : news, short-list

Tandis que le recueil cathartique et jubilatoire Vie de merde de Maxime Valette cartonne en librairie, un recensement des livres les plus déprimants de 2008 s'impose. Essais sur le mode "on est foutu" et "le monde va mal", récits de vies tragiques ou romans sordides, cette année a livré une belle brochette de bouquins à lire sous Lexomil...

 

Petit palmarès de la déprime à lire en cinq thèmes :

 

1) Crise économique : sauve qui peut

C'est flippant, apocalyptique et encore, attendez de voir 2009...

- Globalisation, le pire est à venir de Patrick Artus et Marie-Paule Virard (ed. La Découverte) décrit la machine inégalitaire qui emballe la consommation des ressources rares, dégrade la planète, inonde le monde de liquidités, nourrit un casino financier producteur de risques et écartèle l'Europe qu'elle menace de dislocation.

- La guerre des capitalismes aura lieu de Jean-Hervé Lorenzi (Perrin) : L'intrusion des fonds souverains dans le capital des grandes banques est un signe qui ne trompe pas : Russes, Chinois, Saoudiens sont lancés à l'assaut des places fortes américaines, anglaises et bientôt européennes tout entières. Au lieu du capitalisme mondial pacifié que l'on nous promettait après la chute du mur de Berlin et de l'URSS, la guerre des capitalismes est notre horizon de court terme.

 

2) Environnement : on est tous foutus

Vous n'êtes pas un écolo convaincu et continuez à ne pas couper l'eau en vous brossant les dents ? Quelques lectures pour vous repentir:

- Points de rupture : Comment la nature nous fera payer un jour le changement climatique de Fred Pearce (Calmann-Lévy) nous alerte sur les modifications de l'écosystème dues à l'activité humaine (incendies de forêt monstrueux, déforestation, fonte des glaces, fonte du permafrost) pouvant déclencher à tout moment, par un effet de bascule, des scénarios de fin du monde qui se joueraient non pas sur des millénaires ni des siècles, mais sur des années. Toutes les conditions de rupture de l'équilibre naturel et terrestre sont actuellement réunies, et la bête s'apprête à mordre. Que deviendra l'homme lorsque la nature lui fera payer ses frasques ?

- Pollution de l'air, 63 millions de contaminés de Franck Laval (éditions du Rocher). Faut-il s'arrêter de respirer pour éviter de mourir ? La pollution de l'air provoque cancers et maladies cardio-vasculaires, décuple les crises d'asthme chez l'enfant et chez l'adulte, provoque des milliers de cas de bronchiolite. Responsable des problèmes de fertilité masculine et de stérilité féminine, la pollution de l'air pourrait même être responsable de la fin de l'humanité !

 

3) Injustices : toujours les mêmes qui trinquent

Il ya décidemment quelque chose de pourri dans ce vaste monde... Vous croyez encore au progrés et à une espèce humaine foncièrement bonne ? Lisez ça et on en reparle :

- Syngué Sabour d'Atiq Rahimi (P.O.L) ou le dialogue de sourds entre une afghane humiliée toute sa vie et son mari djihadiste dans le coma.

- Pourquoi êtes-vous pauvres ?de William Vollmann. Voyage à la rencontre des miséreux du monde et constat d'immobilisme social. Quand la pauvreté se transmet de génération en génération.

- Les Damnés du Bitume de Karim Madani nous entraîne dans l'enfer des gangs du quartien mexicain de L.A entre crack et violence.

 

4) Drames personnels : ce qui ne nous tue pas nous rend plus tristes

La vie est une chienne et ne fait pas de cadeaux. Deuil, maladie, solitude... ou comment avoir le moral à zéro en trois titres :

- Lacrimosa de Régis Jauffret. Les lettres poignantes d'un homme à sa compagne suicidée.

- Qui Touche a Mon Corps Je le Tue de Valentine Goby ou les destins croisés d'une faiseuse d'anges condamnée à mort, de son bourreau et d'une jeune femme prête à risque sa vie pour avorter.

- Ailleurs de Julia Leigh ou l'incursion dans une famille psychotique aux côtés d'une femme battue réfugiée chez sa mère glaciale, où elle retrouve son frère et son épouse qui ne veulent pas se séparer du cadavre de leur nourrisson mort-né. Un tragique vaudeville devant des enfants spectateurs mal barrés dans la vie.

 

5) J'ai mal au nombril : tout pour être heureux ... mais non.

- Jour de souffrance de Catherine Millet ou les affres d'une élite intello germanopratine libertine qui se fait du mal par ennui.

- L'Open Space m'a tuer d'Alexandre des Isnards et Thomas Zuber ou comment des cadres supérieurs arrivent à nous faire croire que bosser dans la pub ou en SSII c'est pire qu'à l'usine.

 

Vous reprendrez bien un peu de Prozac avec la bûche ?




Manoel de Oliveira se lance dans la littérature à 100 ans

Posté par Mélanie le 22.12.08 à 14:23 | tags : news
Le réalisateur portugais Manoel de Oliveira, tout jeune centenaire publie pour la première fois un livre intitulé 100 ans, 100 livres et qui ne sera vendu qu'à cent exemplaires.

Alors qu'il achève de tourner à Lisbonne son 46ème long métrage, Manoel de Oliveira a présenté à Porto ce week end ses textes mêlant philosophie, poésie, souvenirs d'enfance et de cinéma ainsi qu'un poème tiré du scénario d'un film qu'il n'a jamais tourné.

Le doyen des cinéastes est le seul réalisateur à avoir commencé sa carrière à l'époque du cinéma muet. D'inspiration infinimment littéraire, le cinéma de Oliveira a revisité avec génie des classiques comme Les Cannibales, inspiré d'un conte portugais ou Le Val Abraham, d'après Madame Bovary. Celui qui a reçu sa première palme d'or lors de l'édition 2008 du Festival de Cannes pour l'ensemble de sa carrière déclare à l'envi : "cesser de travailler, c'est mourir. Si on m'enlève le cinéma, je meurs."




La suite des Misérables de François Cérésa est-elle légale ?

Posté par Mélanie le 19.12.08 à 16:52 | tags : news, édition

La cour d'appel de Paris a rendu aujourd'hui sa décision concernant la suite des Misérables imaginée et écrite par François Cérésa, clôturant près de sept ans d'une procédure qui opposait l'écrivain Cérésa aux descendants de Victor Hugo.

 

Rappel des faits

En 2001, l'éditeur et patron de Plon, Olivier Orban a la riche idée de publier une suite au chef d'oeuvre de Victor Hugo pour fêter, l'année suivante, le bicentenaire de celui-ci. C'est François Cérésa qui remporte le privilège de s'attaquer au monument et écrit une suite en deux parties Cosette ou le temps des illusions et Marius ou le Fugitif. Dans lesquels Cosette, orpheline de Jean Valjean, devient une desperate housewife délaissée par son époux Marius et finit par se venger de Thénardier. Et où, comble de l'audace de l'imagination, l'inspecteur Javert et ennemi de Jean Valjean résuscite et devient gentil !

 

Sacrilège pour Pierre Hugo, descendant du grand écrivain, furieux de ne pas avoir été consulté sur ce projet qui dénaturerait complètement l'oeuvre originelle. Il réclame donc 4,5 millions de francs (690 000 euros) de dommages et intérêts pour atteinte au droit moral de l'oeuvre.

 

Le premier jugement rendu par le tribunal de Paris le 12 septembre 2001 juge la plainte irrecevable, l'oeuvre d'Hugo étant libre de droits patrimoniaux (ceux-ci courent 70 ans après la mort de l'auteur). Un appel gagné par le clan Hugo plus tard, la cour de cassation finit par renvoyer l'affaire devant la cour d'appel "autrement composée".

 

Interprétation juridique et littéraire

A court d'argument face à à une affaire épineuse qui relève de l'interprétation d'un droit moral aux contours flous, les débats qui se sont tenus le 6 novembre dernier devant la cour d'appel de Paris 6 novembre ont plus porté sur les écrits de Victor Hugo lui-même, sur le thème de "qu'en aurait-il pensé?". Or l'oeuvre prolifique de l'écrivain recèle des arguments allant dans le sens des deux camps ! Côté "Hugo", une note de 1832, rédigée par Victor Hugo dans la foulée de Notre-Dame de Paris évoque l'intégrité de l'oeuvre terminée : "Une fois la chose faite, ne vous ravisez pas, n'y touchez pas. Votre livre est-il manqué ? Tant pis. Votre drame est né boiteux ? Croyez-moi, ne lui mettez pas de jambe de bois".

 

La team "Plon" riposte avec un écrit datant de 1860 intitulé les Choses vues, dans lequel Hugo affirme : "Quand je serai mort, la propriété de mes œuvres appartiendra à mes enfants. Qu'ils en usent librement (...) Je donne mes œuvres à la France. Que le domaine public les donne au peuple (...) Mes œuvres, c'est mon âme, et mon âme appartient à mon pays." Et un discours prononcé par Victor Hugo le 21 juin 1878 au Congrès littéraire international confirme : "avant la publication, l'auteur a un droit incontestable et illimité" mais "dès que l'œuvre est publiée, l'auteur n'en est plus le maître. C'est alors l'autre personnage qui s'en empare, appelez-le du nom que vous voudrez : esprit humain, domaine public, société." . "L'héritier du sang est l'héritier du sang. L'écrivain, en tant qu'écrivain, n'a qu'un héritier, c'est l'héritier de l'esprit, c'est l'esprit humain, c'est le domaine public. Voilà la vérité absolue." Avantage Plon?

 

Il s'avère que oui, puisque la cour d'appel a rendu aujourd'hui son avis définitif, après avoir examiné les deux ouvrages en question. Les héritiers de Victor Hugo ont été déboutés : aux yeux de la loi, François Cérésa n'a pas porté atteinte à l'oeuvre de Victor Hugo. Il est donc devenu légal de publier la suite imaginée d'autres classiques tombés dans le domaine public. Un projet serait-il dans l'air pour une suite de Madame Bovary ? Avant un Le Rouge et le Noir 2, le retour de la vengeance, un Le Comte de Monte-Cristo 2, il revient et il est pas content ou un Germinal 2, retour au charbon ?

 

Source: Le Figaro

Photo : Victor Hugo, pas le seul à se prendre la tête.




Le Capital de Marx adapté en film par un cinéaste allemand

Posté par Céline le 19.12.08 à 13:13 | tags : news, le livre ou le film ?
Si vous n'aviez rien prévu pour les prochaines soirées à venir, peut-être serez-vous bien aise d'apprendre que Le Capital de Karl Marx est désormais disponible... en DVD. Réalisé par le cinéaste allemand Alexander Kluge, cette adaptation se veut une reprise de celle qu'avait imaginée Eisenstein (le réalisateur du Cuirassé Potemkine) en 1927 sans pouvoir y donner de suite.
 
Résultat : un film de 10 heures en 3 DVD, intitulé Nachrichten aus der ideologischen Antike. Marx, Eisenstein, Das Kapital, édité par la maison Suhrkamp. Très bien accueilli par la presse de tous horizons - comme le journal de gauche Die Tagezeitung, ou le très conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung - le film de Kluge s'est aussi très bien vendu. L'éditeur prépare donc un second tirage, qu'il annonce modeste cependant, partant du principe que le public de ce genre d'œuvre reste quand même minoritaire.
 
Alexander Kluge est un cinéaste reconnu en Allemagne : il a notamment réalisé L'Allemagne en octobre, un film sur la Fraction Armée Rouge (RAF), organisation terroriste d'extrême-gauche allemande des années 70 et 80. Dans Le Capital, Kluge se livre, en 570 minutes, à une sorte de « marathon marxiste » : son projet inclut des interventions du philosophe Peter Sloterdijk, du réalisateur Tom Tykwer ou encore d'Oksana Bilgakova, la biographe d'Eisenstein. On y trouvera aussi quelques éléments humoristiques (10 heures de film, il faut bien), comme la présence du chanteur de cabaret Helge Schneider, ou d'un groupe d'hommes de Néanderthal lisant Marx...

Dans une interview parue dans le quotidien Neue Zürchner Zeitung, le réalisateur allemand déclare cependant qu'il « ne cherche pas à rescussiter Marx ». En revanche, le contexte de la crise, lui, semble s'en être chargé : le Capital ne n'est jamais aussi bien vendu que ces derniers mois, à l'heure où le modèle capitaliste ne peut plus dissimuler ses failles. L'éditeur Suhrkamp aura donc lancé au bon moment ce DVD consacré à l'ouvrage de Marx. Car celui-ci pourrait bien servir de catapulte à la collection qu'il inaugure, et qui proposera bientôt d'autres « essais filmiques »  portant sur de grandes figures comme Bertolt Brecht, Samuel Beckett ou Thomas Bernhard.
 



Kafka version Bollywood : la campagne pour la lecture de la librairie Filigranes

Posté par Céline le 19.12.08 à 10:18 | tags : news
En s'opposant à l'ouverture de la librairie Taschen à Bruxelles, la grande librairie indépendante belge Filigranes a fait parler d'elle il y a quelques jours. En cette fin d'année, la fameuse librairie dirigée par Marc Filipson a également lancé une campagne publicitaire inédite visant à revaloriser le plaisir de la lecture.
 

Partant du principe que l' « océan audiovisuel où le 21ème siècle nous plonge » a tendance à nous faire oublier les bienfaits du livre sur notre imagination, la campagne se base sur le concept suivant : "Faites votre propre film : lisez un livre". Explication : chaque fois que nous lisons un livre, nous élaborons une mise en scène intérieure de ce livre. Un même livre peut donc donner lieu à un nombre infini de films différents...

 

Réalisé par l'agence Air, la campagne illustre ce concept avec une célèbre œuvre de Kafka : La Métamorphose. Elle propose ainsi des images où le célèbre cafard géant est décliné dans quatre univers différents : Las Vegas, Manga, Cinéma muet, Bollywood. Et la démonstration est tellement réussie, que l'on se surprend aussitôt à se remémorer notre propre représentation de l'insecte kafkaïen. La campagne devrait d'ailleurs se prolonger par un concours qui appellera les lecteurs à mettre en image leur propre représentation d'un roman de leur choix, et qui permettra au gagnant de réaliser un court-métrage. Qu'on ne doute plus des bienfaits du livre...

 

 

 




Les groupes de rock trouvent leurs noms... dans les livres

Posté par Mélanie le 18.12.08 à 16:07 | tags : news

Le journaliste Ben Myers a puisé dans son experience de pigiste pour la presse musicale pour livrer au Guardian ses observations sur un phénomène intriguant : l'inspiration littéraire plus ou moins évidente des noms des groupes de rock. Par exemple : le groupe Titus Andronicus, ainsi nommé d'après une des premières tragédies de Shakespeare ou le duo électro Empire of the Sun d'après le titre du roman de James Graham Ballard.

Il y a aussi The Fall (La Chute d'Albert Camus), The Doors (en référence aux Doors of perception d'Aldous Huxley) et The Velvet underground d'après l'essai éponyme du journaliste Michael Leigh sur les déviances sexuelles aux Etats-unis dans les années 60.

Autres exemples pointus : The Divine Comedy (La Divine Comédie de Dante), ou Joy Division, qui tire son nom d'une nouvelle datant de 1965, The House of Dolls, de l'ancien déporté Yehiel De-Nur. "Joy division", selon l'expression nazie, désigne l'esclavage sexuel de jeunes femmes juives déportées et enrôlées de force dans l'armée allemande.

Echanges d'inspiration

L'article du Guardian interroge la réelle valeur ajoutée qu'apporte à un groupe un nom d'origine littéraire, surtout si la référence n'est pas claire pour tout le monde. Manière de se donner l'air intelligent, un bon nom ultraréférencé ne peut pas faire de mal, surtout si le talent musical et littéraire est au rendez-vous. Ainsi de nombreux groupes, comme Moloko, se réfèrent au cultissime A clockwork orange (Orange Mécanique) d'Anthony Burgess et à sa langue inventée qui mélange russe et anglais. Moloko, (mot russe pour "lait"), est dans le roman de Burgess la mixture de drogue que le héros et ses amis s'enfilent allègrement.

Signes évident d'un constant va et vient référentiel de l'inspiration entre littérature et musique, les exemples sont innombrables. En vrac : Douglas Coupland pique le titre Girlfriend in a coma à une chanson des Smiths, David Bowie chante "1984" en référence au roman de George Orwell et Kate Bush "Wuthering Heighs" à celui d'Emily Brontë.

Pareil en France : Virginie Despentes siffle son titre Teen Spirit à Nirvana, Zazie s'appelle ainsi à cause du roman de Raymond Queneau, Zazie dans le métro et Gainsbourg chante "La chanson de Prévert".

Outil marketing?

Dernièrement, Amanda Sthers se glisse dans la peau de Keith Richard dans son roman Keith Me et le groupe Second sex rend hommage au Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. Où il est permis de douter que les bébés rockeurs aient vraiment lu les milles pages et quelques de l'ouvrage fondateur du féminisme français...

Source: The Guardian

Photos : Le duo Empire of the sun - A Clockwork Orange, couverture de l'édition Penguin.




Roberto Saviano lance un site contre la mafia

Posté par Mélanie le 18.12.08 à 14:17 | tags : news, web

Le journaliste italien Roberto Saviano, auteur de l'enquête choc sur la mafia napolitaine, Gomorra, tient bon malgré les menaces qui pèsent sur lui et vient de lancer oltregomorra.com, un site internet réunissant des informations sur la mafia et le crime organisé. Outil de veille sur le sujet, le site est décliné sur Facebook où le groupe Oltregomorra compte déjà 945 membres tandis que la page Myspace du même nom compte 1501 "amis".

 

L'attention sur l'affaire Saviano est toujours soutenue, notamment grâce à internet et son coefficient multiplicateur. Aussi oltregomorra.com, inauguré le 10 décembre, présente déjà des articles de spécialistes, des dossiers complets sur le procès Spartacus et la saisie des biens de la mafia, un glossaire du vocabulaire mafieux, un annuaire " Italia che resiste" (l'Italie qui résiste) du réseau associatif anti-mafia et toutes les manifestations culturelles et artistiques s'engageant contre la "pieuvre".

 

Par ailleurs, le collectif "Io sono Saviano" (Je suis Saviano) organise le 20 décembre une manifestation contre la mafia et la corruption qui se tiendra simultanément dans six grandes villes d'Italie (Rome, Milan, Palerme, Messine, Cagliari et surtout Naples).

 

 

 




Les best-sellers sur grand écran en 2009

Posté par Céline le 17.12.08 à 15:37 | tags : best-seller, news, le livre ou le film ?
Un film peut-il égaler un livre ? Même si quelques lecteurs sont catégoriques - non, c'est non - les nombreuses adaptations cinématographiques de romans prévues pour 2009 donneront l'occasion de reposer la question. Au programme : du best-seller, des stars, et du best-seller. Voici quelques exemples de couples - écrivain / réalisateur - qui pourraient s'avérer gagnants en 2009.

Vikas Swarup / Danny Boyle. Avec Slumdog Milliardaire (14 janvier), Danny Boyle propose une version sur grand écran des Fabuleuses aventures d'un indien malchanceux, premier roman de Vikas Swarup, qui avait fait un carton en Inde. Le film a déjà été salué par le public des festivals.

Guillaume Musso / Gilles Bourdos. Première adaptation d'un roman de Guillaume Musso réalisé par Gilles Burdos, Et après (14 janvier) repose, lui, sur un casting imposant : Romain Duris, John Malkovich... Cela sera-t-il suffisant ?

Francis Scott Fitzgerald / David Fincher. Le réalisateur de Seven a relevé un défi en adaptant L'étrange histoire de Benjamin Button (4 février), une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald réputée inadaptable. Le film, dans lequel Brad Pitt tient l'un des rôles principaux, aura du attendre 14 ans avant de sortir en salle.

Anna Gavalda / Zabou Breitman. Deux ans après l'adaptation d'Ensemble, c'est tout, les fans d'Anna Gavalda pourront voir Je l'aimais en film, avec Daniel Auteuil dans l'un des rôles principaux.

Sempé & Goscinny / Laurent Tirard. En portant sur grand écran les aventures du Le Petit Nicolas, Laurent Tirard porte une lourde responsabilité. Inventé par Sempé et Goscinny, Le Petit Nicolas est un véritable monument de la littérature jeunesse. Valérie Lemercier et Kad Merad joueront le rôle des parents du garçon dans le film prévu pour septembre.

Muriel Barbery / Mona Achache. Annoncée depuis quelques temps déjà, l'adaptation de L'élégance du hérisson sortira le 30 septembre. Avec Josiane Balasko dans le rôle de la concierge, elle comblera ou décevra les très nombreux adeptes du livre.

Christian Gailly / Alain Resnais. Toujours du côté cinéma français, Alain Resnais donnera une adaptation de L'incident de Christian Gailly, avec ses comédiens fétiches André Dussollier et Sabine Azéma avec Les Herbes folles (21 octobre).

Les cinémas proposeront au cours de l'année bien d'autres films tirés de romans. Citons, dans le domaine français : L'Autre (4 février), de Patrick Mario Bernard et avec Dominique Blanc, adapté de L'Occupation d'Annie Ernaux ; Villa Amalia, de Benoît Jacquot et avec Isabelle Huppert, adapté du livre éponyme de Pascal Quignard ; Coco avant Chanel d'Anne Fontaine et avec Audrey Tautou, tiré de L'irrégulière d'Edmonde Charles-roux.

Passons sur les phénomènes Dan Brown, Harry Potter et Millenium, qu'on retrouvera également sur grand écran en 2009, mais dont on entendra assez parler en temps voulu, pour signaler également : Une histoire de Noël (25 octobre), un film d'animation 3D de Robert Zemeckis (à qui l'on doit la trilogie Retour vers le futur) avec Jim Carrey, tiré du classique Un Chant de Noël de Charles Dickens, ainsi qu'une nouvelle adapatation de Sherlock Holmes, avec Robert Downey Jr et Jude Law dans les rôles des célèbres détectives.

Source : Livres Hebdo du 12 décembre 2008




Scott Heim revient 13 ans après Mysterious skin

Posté par Mélanie le 17.12.08 à 11:53 | tags : news, littérature en vidéo

Scott Heim, l'enfant chéri de la littérature gay, fait un retour gagnant avec son troisième roman Nous Disparaissons, qui sortira en France le 8 janvier au Diable Vauvert.

 

En 1995, Scott Heim avait fait une entrée fracassante sur la scène littéraire américaine avec son premier roman, Mysterious Skin, un livre troublant sur l'enfance abusée et la mémoire refoulée. L'Amérique puis l'Europe a trouvé le symbole d'une littérature dite gay, naissante et prometteuse. Un deuxième roman mal accueilli en 97 (In Awe) ne le fait pas sombrer dans l'oubli puisqu'il participe pleinement à l'excellente adaptation cinématographique de Mysterious Skin que réalise Gregg Araki en 2003.

 

Blocage "post-premier-succès"

 

Mais la drogue, le syndrome de la feuille blanche et les désillusions face à un monde de l'édition en mutation ont failli pousser Scott Heim à abandonner l'écriture. Heureusement on ne se débarasse pas du besoin d'écrire si facilement et Heim renaît de ses cendres avec le très beau Nous Disparaissons, roman personnel et tendre sur la mort de sa mère et sa toxicomanie sur fond d'enquête obsessionnelle sur les enfants disparus.

Adepte de son et d'image, l'écrivain a réalisé un petit film au fin fond de son Kansas natal pour accompagner la sortie de son livre. Visionnable sur Youtube, ce trailer - exercice promotionel de plus en plus utilisé surtout par les auteurs anglo-saxons comme Chuck Palahniuk - retranscrit parfaitement l'ambiance sombre et froide de son roman.

 

 

- Lire notre entretien avec Scott Heim

- Lire la chronique de Nous disparaissons sur Fluctuat




Le poème "people" fait son retour dans le New Yorker

Posté par Mélanie le 16.12.08 à 17:04 | tags : vo, média, news

Le New Yorker accueille de nouveau dans ses pages le traditionnel poème de voeux en forme de name-droping des personnalités ayant marqué l'année. On y trouve les inévitables Paris Hilton (accolée à Colin Powell, tout de même !), Miley Cyrus, Beyonce, J.K. Rowling, les Pussycat Dolls et bien d'autres...

Roger Angell, entré au New Yorker en 1956, reprend la plume pour se soumettre à ce petit exercice annuel savoureux auquel il a officié entre pendant plus de 20 ans jusqu'à sa suppression en 1998.

Le poème de voeux "people", inventé par Frank Sullivan en 1932, était une véritable institution, attendue par les lecteurs du New Yorker comme l'un de ces marqueurs immanquables de l'entrée dans la période des fêtes de fin d'année. Mais après 1998, Angell est sec et laisse tomber le poème, si difficile à renouveler année après année. Mais heureusement, certaines traditions ne se font pas oublier si facilement et l'année 2008 fournit au vieil auteur foison d'inspiration et l'institution fait son comeback.

 

"Carla Bruni, comment ça va?"

 

Alors qui trouve-t-on cité dans ce bijou en vers d'associations parfois grinçantes de près de 70 personnalités? Cocorico : une seule française et pas n'importe laquelle. Carla Bruni, notre first lady herself qui a marqué les esprits lors de son petit tour de promo dans la grosse pomme pendant que son président de mari sauvait le monde au G20.

Viennent ensuite en vrac des politiques : "welcome pres.elect Obama", le congressman de l'Ohio, Dennis J. Kucinich, double candidat malheureux à la primaire démocrate dans une rime pauvre avec "spinach". Angell avoue avoir eu besoin de l'aide de ses jeunes collègues, plus au fait de la pop culture. Aussi trouve-ton les inévitables Paris Hilton (accolée à Colin Powell, tout de même !), Miley Cyrus, Beyonce, J.K. Rowling, les Pussycat Dolls, autant de people un peu cheap, de "filles de" (Suri Cruise, Bristol Palin, Chelsea Clinton) mis au même niveau que les nouvelles stars de la crise (Fannie Mae, Freddie Mac entre autres), les sportifs qui ont marqué 2008, année olympique (Michael Phelps, Usain Bolt) ou des écrivains, cinéastes ou universitaires dits "sérieux" (l'auteure Susan Choi, la première présidente de Harvard, Drew Gilpin Faust ou l'architecte Zaha Hadid).

Le tout assaisonné de jeux de mots et de blagues bienvenues sur la crise. Un peu de légèreté et d'ironie dont les américains (et le monde entier) ont bien besoin en ces temps déprimants.




Un Octobre Noir pour le marché du livre

Posté par Mélanie le 16.12.08 à 12:59 | tags : news, édition

On annonçait fièrement une encourageante résistance du livre à la crise en septembre. Mais hélas, face à une conjoncture de plus en plus dégradée, les ventes de livres ont brutalement chuté en octobre.

Avec une baisse de 5,5% en euros courants (-7% en volume) par rapport à octobre 2007, le livre ne fait pas exception et subit aussi de plein fouet les conséquences de la crise financière. Ce chiffre alarmant est cependant à relativiser : octobre 2007 avait été particulièrement favorable (+ 9%) avec la sortie du dernier épisode d'Harry Potter. Or cette année, la dernière fournée de J.K. Rowling, Les contes de Beedle le barde, n'est sortie qu'au mois de novembre. Aussi, ce retournement de conjoncture était prévisible dans la mesure où tous les postes de consommation - à l'exception de l'alimentaire - sont orientés à la baisse. Aucun circuit de distribution n'échappe au plongeon d'octobre, même pas la vente à distance, jusqu'ici en plein boom, qui affiche un recul de 5%.

 

Idem aux Etats-unis, foyer de la crise. Le marché du livre américain est également à la peine. Après une baisse des ventes de 2% en septembre, les ventes ont chuté de 5,6% en octobre (par rapport à 2007). Et tous les genres sont dans le rouge, malgré la progression des livres numériques qui se maintient à 57,7% en octobre 2008 contre 73% en 2007. Cependant, les e-books ne représentent même pas 1% du marché total du livre.

Boost de Noël et "réactivité"


Mais le tableau n'est pas forcément si noir. Et le livre, cadeau idéal s'il en est, peut tout à fait profiter du climat de crise. Avec une pandémie d'oursins dans les poches qui s'abat sur le monde en proie à l'angoisse, les bouquins-offerts-à-Noël vont sans aucun doute fleurir les bibliothèques. Et pas la peine d'espérer refourguer la chose sur eBay car avec le prix unique du livre, sauf une très belle édition originale, pas de plus-value à attendre.

Autre phénomène qui profite à l'industrie : la réactivité. C'est-à-dire la capacité de l'édition à surfer sur la vague et profiter du besoin du public en information économique. Actuel grand champion de la crise: George Soros. Non content d'avoir vendu ses titres à temps et de s'être même enrichi avec le krach, l'économiste prodigue ses bons conseils de Madame Irma plutôt éclairée dans La vérité sur la crise financière (Denoël) qui totalise depuis sa sortie en septembre 35 000 exemplaires vendus en France.

Une dizaine de titres ont déjà été publiés depuis mi-novembre et 25 titres sont annoncés en janvier et février. Dont la "vista" de Jean-Marie Messier, Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête (Seuil) et Wall Street : dans les coulisses du Krach de 1929 (Nouveau Monde éd.) de Gordon Thomas.


Sources: Publishers Weekly et Livres Hebdo




Le Canard (enchaîné) se gave avant les fêtes

Posté par Mélanie le 15.12.08 à 14:58 | tags : média, édition, news
En cette veille de Noël, le Canard est partout. Avant que son foie engraissé n'atterisse dans vos assiettes, il pourrait bien figurer en bonne place sous votre sapin.

La sortie du Vrai Canard, livre enquête à charge de Karl Laske et Laurent Valdiguié sur les dessous honteux du célèbre journal satirique, le Canard enchaîné, n'est pas passée inaperçue. Suscitant une de ces polémiques dont les médias raffolent, Le Vrai Canard figurait à la date du 7 décembre dans le top 20 des ventes de Livres Hebdo/Ipsos pour la deuxième semaine consécutive tandis que l'anthologie de caricatures Le Canard Enchaîné : La Vème République en 2 000 Dessins a été tirée à 70 000 exemplaires et est en rupture de stock.

Alors pourquoi une telle passion pour le sympathique palmipède ? Il semblerait que deux écoles s'affrontent : les déçus et les fidèles.

Les déçus comme les fans sont servis

Ceux qui voyaient dans le Canard enchaîné le quasi seul journal vraiment indépendant financièrement et libre ont vu leurs illusions brisées par les révélations du Vrai Canard. Un fonctionnement interne limite dictatorial, des revenus obscurs et une collusion avec les politiques, principales sources d'information de la fameuse rubrique "la Mare aux canards", donneraient un journal obligé de renvois d'ascenseur, tels que le passage à l'as pendant la campagne présidentielle d'un sujet sur les revenus de Maître Sarkozy, avocat d'affaire...

Et les autres ? Ceux qui ne veulent pas croire aux complot sont convaincus par la ligne de défense du journal. Les auteurs du Vrai Canard seraient des aigris recalés de la rédaction la plus riche de France et leur enquête n'aurait aucune valeur. Avec pour ultime preuve, les dénégations mollassonnes des politiques cités comme indics. Ces fans irréductibles se seront rués sur le dernier opus de la collection d'anthologies de dessins publiés par le Canard, comme pour prouver une intacte insolence.

Sans doute quelques uns auront droit aux deux ouvrages pour Noël. Gavés. Avant même de passer à table...

Source: La République des Livres




Faut-il empêcher les criminels de publier leurs mémoires ?

Posté par Céline le 12.12.08 à 15:27 | tags : édition, news

Après l'annonce de l'interdiction des happy hours, des consos gratuites pour les filles, et des verres XXL dans les bars, une nouvelle proposition du gouvernement Brown fait des remous chez les Britanniques. Ce ne sont plus les fêtards, mais les éditeurs qui se sentent cette fois menacés : une loi pourrait désormais interdire la publication de mémoires de criminels notoires.

Même si elle se base sur un argument recevable - il est immoral de laisser des truands s'enrichir grâce au récit de leurs crimes...- la loi en question peut en effet être perçue comme une véritable menace de liberté, et fait même office, si l'on va plus loin, d'une seconde condamnation pour le criminel. L'éditeur John Blake, qui a publié, entre autres, les mémoires de Charlie Bronson, « preneur d'otages en série », et Mad Dog, les souvenirs du leader paramilitaire Johnny Adair, s'indigne contre une telle interdiction, qui serait d'autant plus dommageable que "nombre de criminels ont pu se réhabiliter justement par le biais de l'écriture". Il rappelle également la responsabilité des éditeurs, qui refuseraient, selon lui, de publier le texte signé d'un psychopathe et faisant l'apologie de la violence.

Simon Juden, directeur de la Publishers Association, précise quant à lui que les mémoires de criminels peuvent s'avérer très utiles mieux comprendre la criminalité et sa psychologie. D'autre part, les textes les plus outrageants ne venant pas forcément des condamnés, l'interdiction conduirait à censurer les mauvaises personnes : Nelson Mandela, reconnu coupable et emprisonné, ne pourrait pas être publié, quand O.J Simpson, acquitté, ne rencontrerait aucun obstacle...

Une enquête menée autour de ce projet de loi a conclu que si imposer aux éditeurs une interdiction radicale reviendrait à « une inacceptable restriction de la liberté d'expression », il faut cependant envisager un moyen d'empêcher les criminels de tirer profit de ce genre de publication.

Source : The Guardian

 




Le Top 10 des livres qui rendent séduisant

Posté par Mélanie le 12.12.08 à 11:56 | tags : news, short-list

Les hommes mentent deux fois plus que les femmes sur leurs lectures pour impressionner celles-ci. What a surprise...

L'organisation National Year of reading, chargée de promouvoir la lecture au Royaume-uni, a réalisé une enquête sur 1 543 personnes révèlant le top 10 des livres à mentionner pour séduire le sexe opposé. Si l'habit ne fait pas le moine, hommes et femmes continuent à se juger mutuellement sur la couverture de leur livre de chevet...

Pour la séduire : lire sensible

En tête arrive l'autobiographie de Nelson Mandela, Long Walk to Freedom. Le héros de la résistance contre l'Apartheid et symbole de la paix impressionne les femmes. Aussi, messieurs, lisez ce livre pour récupérer à votre profit un petit bout d'aura du grand homme, plutôt que la bio de Richard Virenque ou de Patrick Sébastien.

Médaille d'argent: William Shakespeare. Pour nos amis britanniques, l'auteur incontournable. Placer, l'air de rien, qu'on a lu Othello ou Songe d'une nuit d'été dénote une sensibilité appréciable à la poésie et à l'histoire. Le préferer à Sacha Guitry, dramaturge misogyne par excellence.

En troisième position : les livres de cuisine. Et oui, la parité grignote du terrain et vous devez montrer à madame que vous êtes bon à marier. Effet séduction largement supérieur à celui de livres de mécanique ou de geeks genre Il était une fois Linux de Linus Torvalds.

Viennent ensuite la poésie (pas Les brèves de comptoir), les paroles de chanson (Jeff Buckley pas Richard Gotainer), les sites d'info, les SMS (pitié, pas en langage texto), les mails (saus fautes et sans liens débiles vers Youtube), le Financial Times et Facebook.

Pour le charmer : paraître informée

Eh oui mesdames, merci le féminisme, le mâle moderne n'est plus intéressé par les ravissantes idiotes. Et pour débattre avec lui de l'éfficacité du énième plan de relance ou de la situation au Proche Orient, il faut être connectée. En tête, donc : les sites d'info générales (et pas de mode ou people).

En deuz : l'ami William (Shakespeare), décidemment inévitable. Idem que ci-dessus : patrimoine, poésie : le b.a-ba de la littérature anglaise.

On retrouve ensuite les paroles de chanson (pas de Lorie), les livres de cuisine (féministe d'accord, mais monsieur entend être nourri correctement), la poésie, Nelson Mandela, l'auteure féminine par excellence Jane Austen , Facebook et Myspace, des textes religieux (mais peut-être pas Soeur Emmanuelle) et le Financial Times (il voudra parler de la crise, on vous dit).

Source: The Guardian

 




Faut-il un plan de sauvetage pour les écrivains en ces temps de crise ?

Posté par Mélanie le 11.12.08 à 15:53 | tags : édition, news

Des losers, les écrivains ? Rares sont ceux qui vivent correctement de leur plume et ce constat - qui sent le vécu - a amené l'écrivain et journaliste Paul Greenberg à réfléchir pour le New York Times à un plan de sauvetage censé renflouer les écrivains.

Comment procéder ? Mener plutôt une politique de grands travaux à la Roosevelt ou un contrôle de la surproduction comme dans l'agriculture ? Avec une bonne dose d'humour et d'autodérision, Greenberg singe une approche qui se voudrait pragmatique des problèmes économiques d'une caste en crise.

Le New Deal des écrivains

Lors de la grande dépression des années 30, le président américain Franklin Delano Roosevelt a lancé le Federal Writer's Project qui a employé quelque 6 000 auteurs au chômage sur des projets de longue haleine de recherche et d'écriture de guides, d'ouvrages d'histoire orale, d'éthnographies pour "décrire l'Amérique aux Américains". Le programme a non seulement maintenu en vie les écrivains mais les a aussi encouragé à se multiplier. Aujourd'hui, 185 000 américains déclarent des revenus provenant principalement de l'écriture (hors journalisme).

Pour Greenberg, l'approche keynésienne de Roosevelt a ses effets pervers, notamment celui d'un appel d'air provoquant une crise de surproduction. Il faudrait donc se tourner vers le modèle de la politique agricole d'ajustement des productions. Selon le principe économique de base que trop d'offre pour une demande stable fait baisser les prix, Greenberg conlut qu'il faut éliminer le surplus d'écrivains.

Surproduction littéraire

Le journaliste cite l'exemple d'Ann Beattie, l'un de ces auteurs au best seller unique qui, dans un essai publié en 2002, se plaignait de ce monde dans lequel les gens sont plus intéressé par l'idée d'être un écrivain que par l'écriture elle-même: "Nous sommes trop nombreux et les diplômés de MFA (Master of Fine Arts) sont plus nombreux chaque année. A l'arrivée, les éditeurs sont submergés de manuscrits et tout le monde est perdu."

Sur les 275 000 nouveaux titres sont publiés aux Etats-unis chaque année, Greenberg propose d'en éliminer la moitié. Partant du principe qu'il faut une moyenne de deux ans pour écrire un livre, l'Etat pourrait offrir aux "éliminés" deux ans de salaire moyen d'un écrivain - soit 38 000 dollars par an. Soit un plan de 10,5 milliards de dollars - une broutille - pour réduire une offre surabondante.

Au-delà de l'ironie et de la grande autodérision dont il fait preuve, Greenberg pointe plusieurs dérives de l'industrie littéraire. L'écrivain subventionné à l'unique best-seller - il a publié en 2002 Leaving Katya qui lui a valu d'être comparé à Henry James et a bénéficié du mécénat de la Bogliasco Foundation à Gênes - montre le danger de regarder le livre comme n'importe quel autre marché. En ces temps de crise et de remise à plat des dépenses publiques, grande est la tentation de redéfinir les priorités, au risque de couper les vivres aux activités culturelles. Aussi, s'il existe bel et bien une industrie du livre, soumise à des impératifs économiques comme toute autre industrie, peut-on quantifier nos besoins en écrivains comme en produits agricoles et est-il bon de vouloir " fonctionnariser " le travail d'écrivain ?

Source: the New York Times




Les leçons de drague d'un garçon de neuf ans... en librairie et au cinéma

Posté par Céline le 11.12.08 à 11:32 | tags : édition, news
Pas besoin d'être vieux, ni même d'avoir atteint l'âge de la puberté, pour savoir parler des relations entre filles et garçons. La preuve - vivante - avec Alec Greven, petit écolier du Colorado qui, du haut de ses neuf ans, vous fait la leçon dans un manuel intitulé How To Talk to girls (Comment parler aux filles), publié le mois dernier par HarperCollins.
 
A l'origine de tout ça, un simple exercice scolaire. Le professeur demande aux élèves d'écrire un texte sur "quelque chose qu'ils ont pu observer dans la vie de tous les jours". Alec, alors âgé de huit ans, choisit d'analyser les obstacles rencontrés par les garçons qui cherchent à attirer l'attention des filles dans la cour de récré. "Je voulais aider les garçons à approcher les filles sur lesquelles ils ont flashé", explique plus tard le spécialiste de la drague en culotte courte. Alec conseille, par exemple, de penser à se peigner les cheveux, ou encore de se méfier des jolies filles, qui sont les premières à vous rembarrer. Les jolies filles se repèrent facilement : elles portent de "grandes boucles d'oreilles, des robes branchées et tout un tas de bijoux", et fonctionnent "comme des voitures qui ont besoin de beaucoup d'essence".
 
Les profs, amusés par le texte d'Alec, lui propose d'en faire des petits livrets artisanaux, qui seront vendus 3 dollars pièce à la foire aux livres de l'école. Le phénomène prend vite de l'ampleur : Alec est invité sur un plateau télé, l'éditeur HarperCollins lui propose un contrat. Le livre de 46 pages est désormais en vente aux Etats-Unis. Et cette semaine, la Fox annonce avoir acquis, pour un montant à six chiffres, les droits d'adaptation ciné du livre.
 
Pas question bien sûr, ni pour le studio ni pour l'éditeur (tous deux appartiennent à Newcorps), de passer à côté de ce qui semble être un bon filon : des conseils mignons tout pleins, lucides qui plus est (encore une fois : la vérité sort de la bouche des enfants). Très soucieux du bien-être de ses camarades, Alec donne en effet des bons tuyaux : ne pas se montrer trop passionné, car "les filles n'aiment pas les garçons désespérés". Compris, les mecs ?



Le livre numérique progresse, Europeana piétine

Posté par Mélanie le 10.12.08 à 16:45 | tags : news, numérique
Les supports de lecture de livres numérisés se multiplient et les catalogues s'allongent. Nous sommes résolument entrés dans l'ère du livre numérique...du moins aux Etats-Unis et au Japon ! Car sur le vieux continent, les éditeurs continuent de faire de la résistance et Europeana, le projet de bibliothèque virtuelle, est toujours en panne... L'Europe va-t-elle encore perdre une guerre mondiale, sur le terrain du numérique ?

Le carton des personal readers

Le Wall Street Journal l'annonce : Sony rafle la mise avec son Sony Reader vendu à 300 000 exemplaires depuis sa mise sur le marché américain, en octobre 2006. Avec près de 3 millions d'e-books téléchargés pour 57 000 titres disponibles sur le portail maison, Sony espère proposer 100 000 ouvrages d'ici à la fin de l'année.

Idem du côté de l'iPhone qui s'enrichit d'une nouvelle application conçue par l'éditeur Penguin. Cet outil permettra aux utilisateurs l'accès à des versions électroniques enrichies de certains classiques du catalogue de l'éditeur sans toutefois qu'ils puissent accéder à l'ensemble du catalogue. En parallèle, Random House, autre éditeur majeur transatlantique, s'associe à Stanza, l'application de lecture de e-books la plus répandue sur iPhone, pour offrir de télécharger gratuitement l'intégralité de certains titres. Et la maison d'édition Houghton Mifflin lance ScrollMotion, une autre application de lecture numérique.

Malins, les éditeurs américains ont compris que la révolution numérique est inévitable et qu'ils doivent trouver le moyen d'en profiter. En prenant l'initiative, ils contrôlent l'intégrité de leurs titres et peuvent utiliser le e-book comme un outil promotionnel. Bref, en donner un peu pour finalement gagner beaucoup.

L'Europe à la traîne

Ce que ne semblent pas comprendre les éditeurs européens. Outre le fiasco d'Europeana, qui prolonge son chômage technique jusqu'en janvier, la résistance purement idéologique au niveau de l'offre risque d'être pénalisée par une demande inéluctable... qui ira voir ailleurs!

De leur côté, la Fédération des éditeurs européens (FEE) a fini par se positionner vis à vis de l'accord que Google a négocié avec les éditeurs américains. Le dit-accord ne concernant pas uniquement les Américains, mais aussi les ayants droit européens des ouvrages présents dans les bibliothèques américaines et numérisés par Google, la FEE a rappelé que "si les ayants droit ne demandent pas à sortir de l'accord, ils abandonnent toute possibilité de poursuivre Google pour ses activités de numérisation, même en Europe." La FEE fustige ainsi l'introduction du principe de "l'opt-out" dans l'accord, qui "affaiblit significativement les régimes existants de droits d'auteur et contraste fortement avec les solutions européennes, particulièrement le projet Europeana", que la FEE soutient ardemment !

Des initiatives existent cependant, notamment en France, avec l'accord Sony-Hachette-la Fnac et le projet autonome de Gallimard de numériser son catalogue et de le rendre accessible sur son site de librairie en ligne.


 


 

 




La Déclaration universelle des droits de l'homme voyage dans l'espace pour ses 60 ans

Posté par Mélanie le 10.12.08 à 12:58 | tags : news

A l'occasion du soixantième anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) par l'Assemblée générale des Nations Unies réunie à Paris le 10 décembre 1948, un exemplaire du fameux texte va être envoyé dans l'espace et un nouveau prix littéraire va voir le jour./p> Imprimée sur un mini-livre de trois grammes par les éditions Biotop, le premier exemplaire de cette mini-réédition (2x3 cm) sera envoyé dans l'espace pour y effectuer chaque jour 16 révolutions autour de la Terre pendant de nombreuses années.

De son côté, la Fondation Albert Cohen - du nom de l'auteur de Belle du Seigneur - a également annoncé la création d'un prix "Mémoire Albert Cohen", qui sera remis chaque 10 décembre. Basée à Genève, la Fondation Albert Cohen oeuvre en faveur de la reconnaissance des droits des étrangers en France et en Suisse. Le jury, présidé par l'écrivain Jorge Semprun, entend récompenser une oeuvre littéraire "interrogeant la figure de l'étranger et lui apportant un nouvel éclairage". Le lauréat se verra attribuer une somme de 50 000 Francs suisses (environ 32 000 euros) qu'il devra partager avec une association de son choix oeuvrant pour le droit des étrangers en France ou en Suisse.

 

"Considérant... "

Les 30 articles de la DUDH, largement inspirés de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, n'ont de valeur juridique que celle d'une proclamation de droits. C'est l'ex-première dame américaine, Eleanor Roosevelt, féministe et militante acharnée pour les droits civiques qui s'est battue sans relâche pour que l'ONU puis la DUDH voient le jour. Le texte a été rédigé en français dans sa version originale par le juriste et diplomate français René Cassin, ancien Résistant et prix Nobel de la Paix en 1968.
 

Et malgré un contexte géopolitique tendu (décolonisation, création de l'Etat d'Israël, début de la Guerre Froide), seuls huit Etats sur les 58 participant à l'Assemblée générale de l'ONU de 1948 refusèrent d'adopter cette charte universelle. Parmi eux, l'Afrique du Sud de l'apartheid qui refusait l'affirmation au droit à l'égalité sans distinction de race, l'Arabie saoudite, contre l'égalité homme-femme et les pays du bloc soviétique, en désaccord avec la définition du principe d'universalité.

Aujourd'hui la DUDH est le document le plus traduit au monde (plus de 330 traductions) et est implicitement reconnue par la totalité des 192 Etats membres des Nations Unies ayant ratifié au moins un des nombreux traités internationaux relatifs aux droits de l'homme.

 

Photos : Albert Cohen, et Eleanor Roosevelt tenant la Déclaration universelle des droits de l'homme.




Un nouveau Spinrad en mars 2009 chez Fayard

Posté par Céline le 09.12.08 à 17:11 | tags : science-fiction, édition, news

Même si son nom est souvent associé au genre de l'anticipation, Norman Spinrad est bien plus qu'un auteur de science-fiction. Son prochain roman, Il est parmi nous (He Walked among us), paraîtra d'ailleurs chez Fayard en mars prochain hors collection SF. Va-t-on enfin pouvoir faire connaître à un plus large public des écrivains de génie jusqu'alors relégués à des genres dits mineurs ?

 

Dix ans après Bleue comme une orange, roman qui posait la question du réchauffement climatique, Spinrad propose, dans ce nouvel ouvrage, une projection vers le futur à travers le personnage d'un comique médiatique qui semble issu d'une autre époque. Fayard, qui a obtenu les droits mondiaux de ses deux prochains romans, évoque à propos d'Il est parmi nous un « humour si ravageur qu'aucun éditeur anglo-saxon n'a osé le publier ».

Style subversif, spéculations dérangeantes, les œuvres de Norman Spinrad ont quelques fois connu les affres de la censure. Ainsi en fut-il de Rêve de fer (1972), uchronie politique qui mettait en scène Adolf Hitler en écrivain de SF renommé : l'ouvrage fut interdit en Allemagne et en Angleterre.

 

En choisissant de le faire figurer dans son catalogue "généraliste", Fayard permettra sans doute d'élargir le lectorat de Norman Spinrad. Après Il est parmi nous, l'éditeur devrait publier en 2010 "Osama the gun" - où il sera question de Ben Laden. Les plus impatients peuvent d'ores et déjà découvrir le premier tiers de ce roman, disponible gratuitement en ligne (en anglais).




Une lettre d'Oscar Wilde à son amant Bosie retrouvée après 50 ans

Posté par Mélanie le 09.12.08 à 11:05 | tags : news

Oubliés depuis plus d'un demi-siècle, neuf manuscrits et quatre lettres du grand écrivain et dramaturge irlandais Oscar Wilde ont été retrouvés et confiés à la bibliothèque Morgan de New York. Parmi ces précieux écrits, une lettre datant de 1892 et adressée à son amant, Lord Alfred Douglas, est la plus ancienne page signée de la main de Wilde, auto-proclamé "Seigneur de la langue".

 

Cette lettre est la seule survivance de la liaison marquante que Wilde entretint avec Alfred Douglas, qu'il surnommait "Bosie". Celui-ci avait détruit la majeure partie de leur correspondance pour protéger l'écrivain de la rage de son père, Lord Douglas, neuvième marquis de Queensberry, qui finit cependant par humilier publiquement Wilde, le faisant condamner à deux ans de travaux forcés pour "indécence grossière". Wilde en sortit brisé et mourut peu après.

C'est le fils de "Bosie" Douglas, Lord Douglas, onzième du nom, qui a précieusement conservé les vestiges épistolaires de la relation qu'entretenait son père avec Wilde. Les manuscrits sont d'ailleurs reliés et porte en couverture les armes du marquis de Queensberry. L'ouvrage, issu de la collection privée d'un banquier brésilien a été gracieusement offert par Lucia Moreira Salles, veuve de ce dernier.

 




"Animaus, biciclette, filosofie" : faut-il réformer l'orthographe ?

Posté par Céline le 08.12.08 à 16:51 | tags : média, édition, news

L'orthographe va mal, nous apprend un article du Monde daté du 5 décembre. A en juger par les dissertations truffées de fautes, l'incapacité des jeunes cadres à rédiger un rapport propre, ou encore la généralisation de l'écriture « texto », le niveau en langue française des étudiants a enregistré une baisse inquiétante au cours de ces vingt dernières années. Que faire contre ces lacunes qui concernent de plus en plus de monde, de la primaire à l'université ?

 

Ancien enseignant devenu chercheur à l'Institut national de recherche pédagogique, André Chervel, qui a récemment publié L'orthographe en crise à l'école. Et si l'histoire montrait le chemin ? (éditions Retz), appelle à une réforme drastique de l'orthographe. Le seul moyen, selon lui, d'éviter que l'orthographe ne devienne « une pratique d'élite », qui produirait de la discrimination « auprès de ceux qui ne la maîtrisent pas ».

 

« S'il fallait réellement enseigner à tous l'orthographe actuelle, cela aurait un coût énorme, en efforts et en temps », explique le grammairien, interviewé par Le Monde. Avant de l'enseigner, il faut la réformer - la simplifier - comme cela a d'ailleurs été fait à plus d'une reprise au cours de l'histoire. Exit alors toutes les règles de grammaire qui font le sel des exercices de primaire. Par exemple, toutes les doubles consonnes inutiles pour la prononciation serait supprimées : on écrirait donc "colège", "dificile", "inocent"... Une réforme qui est aussi censée rapprocher la France de ses voisins européens : « On écrirait une "ipotèse" (ipotesi en italien), une "bibliotèque" (biblioteca en espagnol, italien, portugais, roumain), une "biciclette", une "cronique", un "daufin"...

 

Et quand on lui demande si écrire "des animaus" ou "filosofie" ne serait pas finalement « faire violence à tous ceux qui aiment la langue française », André Chervel répond avec assurance : « Ce n'est pas en figeant l'orthographe qu'on maintient la tradition.(...) On ne peut pas accepter la fracture orthographique de la société et laisser un nombre croissant de jeunes Français en situation d'infériorité ou d'échec face à l'écriture de la langue nationale. » Les vœux d'André Chervel sont beaux parce qu'égalitaires. Bon, on pourra quand même trouver sa proposition un peu... radicale, sans être réac ou élitiste pour autant.






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