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Agatha Christie a-t-elle été victime d'Alzheimer ?

Posté par Gwenola le 06.04.09 à 15:03 | tags : best-seller, polar, news
La Reine du crime Agatha Christie aurait-elle été trahie par ses écrits ? Une équipe de chercheurs de l'université de Toronto a mené l'enquête sur l'état de santé mental de l'écrivain en s'appuyant sur une analyse littérale de ses romans policiers. Résultat : l'auteur à succès - la seule à rivaliser avec Shakespeare et la Bible en terme de ventes ! - aurait été victime d'une maladie neurodégénérative vers la fin de sa vie.
 

Une mémoire d'éléphant
Ironie du sort ou prédiction, c'est dans l'un de ses derniers romans, intitulé Une mémoire d'éléphant que les symptômes de démence cognitive apparaissent comme les plus évidents. Le vocabulaire y serait 30% moins riche que dans ses ouvrages précédents. Certains lecteurs se sont d'ailleurs plaints à l'époque du manque d'innovation dans ce roman, et l'intrigue a été jugée relativement conventionnelle par nombre d'entre eux. Bien que l'auteur n'ait jamais été diagnostiquée comme malade d'Alzheimer, un parallèle a été dressé avec le cas d' Iris Murdoch, autre écrivain britannique qui avait subi la même méthode d'investigation par l'écrit, un an avant que ne soit publiquement révélée sa maladie.

Face à un tel constat, certains restent sceptiques. Certes, l'analyse révèle un appauvrissement de l'écriture d'Agatha Christie. Mais le verbe d'une vieille femme de quatre-vingts ans peut-il avoir la même acuité que celui d'une jeune fille de vingt ans ? L'auteur - décédée à l'âge de quatre-vingt six ans - écrivait encore sur son lit de mort, dit-on. Prolifique, Agatha Christie pouvait publier jusqu'à quatre livres par an ! La construction de ses romans repose sur un habile jeu du chat et de la souris avec ses lecteurs, à qui elle demandait de bien vouloir faire fonctionner leurs "petites cellules grises". Pour elle, l'énigme devait être une pure recherche intellectuelle. Difficile donc d'imaginer Hercule poirot et Miss Marple comme le fruit d'un cerveau malade...

 

Rendez-vous avec la mort

Quoiqu'il en soit, l'auteur a décidé de faire mourir ses deux personnages fétiches avant que leurs faiblesses ne deviennent trop visibles. Hercule Poirot décède officiellement en août 1975 dans Hercule Poirot quitte la scène. Le détective aura même droit à une nécrologie dans les pages du New-York Times le lendemain ! Quant à Miss Marple, elle résout sa Dernière Enigme en 1976. La romancière la rejoint dans la tombe le 12 janvier 1976.

Trente ans après sa mort, les romans d'Agatha Christie se vendent toujours par millions. Le crime paie encore ! Alors sénile ou pas, l'auteur du Crime de l'Orient-Express et de Mort sur le Nil n'est pas près de tomber dans l'oubli...




Encore un journaliste rejeté par Salinger

Posté par Céline le 06.04.09 à 11:02 | tags : média, news

On sait à quel point J. D. Salinger tient à son intimité. Certains pourtant n'ont pas renoncé à le rencontrer : exemple avec Tom Leonard, journaliste du magazine Spectator, qui raconte dans un article comment il a été éconduit sur le seuil de l'écrivain mythique.

 

Âgé de 90 ans, l'auteur de L'Attrape-Coeurs fuit les médias, et vit reclus dans une maison de Cornish, dans le New Hampshire, avec sa troisième épouse. En apprenant l'identité du visiteur, il aurait laissé échappé une exclamation : "Oh no !", ou "quelque chose dans le genre". Dans une interview - la dernière - accordée en 1974 au New York Times, Salinger affirmait déjà vouloir écrire pour lui seulement, afin de "se protéger et protéger son travail".
 
Après L'Attrape-cœur, l'écrivain n'a publié que quelques recueils de nouvelles, et aujourd'hui, personne ne saurait dire s'il continue toujours à écrire, ou s'il conserve quelques précieux manuscrits à l'abri des regards du monde. Ce n'est pas Tom Leonard qui en saura davantage. L'épouse de Salinger - "une femme séduisante à la dentition parfaite et portant un carré blond", juge-t-il bon de préciser - lui aurait demandé de partir.

Persévérant, le journaliste s'est alors mis en tête d'interroger les voisins de l'écrivain, n'obtenant d'eux que des informations sans intérêt : Salinger fréquente tel supermarché, commande tel plat à tel café...

L'expédition jusqu'à Cornish n'aura donc servi, comme tant d'autres, qu'à irriter l'auteur tant attaché à son intimité. Et voilà, ce qu'il arrive, quand vous écrivez un chef d'œuvre sur la jeunesse et la rébellion : on ne vous fiche plus la paix.







Gordon Zola contre Moulinsart : Saint Tin, parodie ou plagiat de Tintin ?

Posté par 2goldfish le 03.04.09 à 15:05 | tags : édition, news, bd

Eric Mogis, alias Gordon Zola, est l'auteur d'une série d'album parodiques basés sur l'univers de Tintin : La Lotus Bleu, Le Crado Pince Fort, Le Vol 714 Porcineys et L'Oreille Qui Sait sont les quatre premiers albums parus d'une série qui devrait en compter 23... Si du moins elle n'est pas stoppée net par Moulinsart, la société qui gère le patrimoine d'Hergé et qui vient de porter plainte pour contrefaçon contre Mogis et les Editions du Léopard Démasqué.

 

Tous les exemplaire des romans humoristiques de la série "Les aventures de Saint Tin et de son ami Lou" ont été saisis chez l'imprimeur et, on peut imaginer que les exemplaires restants en librairie vont s'arracher grâce à ce coup de pub inespéré. Gordon Zola, créateur des éditions du Léopard Démasqué, déclare sur son blog être prêt à se battre jusqu'au bout, quitte à se ruiner (Moulinsart demande 185 000 euros de dommages et intérêts, tout de même). Il invoque le droit au pastiche, citant au passage Proust qui le considérait comme "une critique littéraire en action".

 

Sans nullement vouloir nier à monsieur Zola sa liberté d'expression littéraire, on rappellera aussi à celui qui allait bientôt publier "Saint Tin Au Gibet" que Victor Hugo considérait lui que "le calembour est la fiente de l'esprit qui vole". On rappellera aussi que si la jurisprudence reconnait en France le droit à la parodie, elle la différencie de la contrefaçon en considérant que la parodie doit être ponctuelle et non pas l'objet d'une série systématique, comme les aventures de Saint Tin. On souhaite une bonne chance à monsieur Zola.

 

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Les ukrainiens contre la poutinisation de Gogol

Posté par Gwenola le 02.04.09 à 12:05 | tags : news
Il y a (encore) de l'eau dans le gaz entre la Russie et l'Ukraine ! Les deux pays se disputent cette fois la nationalité de l'écrivain Nikolai Gogol, l'auteur de Tarass Boulba, dont le héros est un casaque belliqueux et... ukrainien de son état.
 
Si pour les ukrainiens, le fait que Gogol soit né en Ukraine, ennemi stratégique de la Russie (mais province russe à l'époque, en 1809), suffit à attester de ses racines, les russes ne l'entendent pas de cette oreille. A l'occasion du bicentenaire de la naissance de l'auteur, ces derniers comptent bien célébrer la gloire de ce héros national enterré à Moscou. D'abord, Gogol écrivait en russe à l'époque, arguent-ils. Oui, mais son imaginaire est ukrainien, réplique t-on à Kiev...
 
Face au Kremlin, on doute que l'Ukraine remporte cette bataille qui relève plus de géopolitique que de littérature. Les russes ont déjà marqué un point en adaptant le roman Tarass Boulba sur le petit écran. Ils ont aussi inauguré le premier musée Gogol sur leur territoire. Pendant ce temps là, l'Ukraine qui compte déjà trois musées de l'écrivain, crie à la poutinisation de sa littérature et prépare sur son territoire un festival en hommage au romancier. Cette foire d'empoigne, même Vladimir Poutine n'en peut plus : « Ce remarquable écrivain (...) lisait de manière indissoluble deux peuples frères, le russe et l'ukrainien » a-t-il déclaré.

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Alain Delon est une star au Japon : le teaser

Posté par Myosotis le 01.04.09 à 17:50 | tags : news, roman
Alain Delon est une star au Japon
"- Je ne vous accuse de rien, Monsieur Delon, mais vous tenez entre les mains la raison de votre kidnapping. Etes-vous d'accord pour que je vous rafraîchisse la mémoire ?

- On m'a déjà fait ce coup-là des dizaines de fois figurez-vous, mais allez-y, puisque nous y sommes. Je vais reprendre un peu de vin. Cela me permettra de survivre à ce que vous avez à me raconter.

Il tenait cette phrase du Guépard. Luchino Visconti l'avait placée dans la bouche de Burt Lancaster. Delon s'en était rappelé à propos pour feindre le détachement. Il vida la bouteille de Pomerol dans le verre ballon et se mit en position pour écouter Kaizuo.

Avec cette comédie à suspense, Benjamin Berton fait plus que confirmer ses talents de conteur et son humour fantasque. (sic) Il dresse le portrait tout en nuance du dernier grand acteur français et prouve que seule la fiction pouvait raconter l'homme derrière le mythe Alain Delon. (re-sic)"

 

Cette quatrième de couv ne dit pas grand-chose à mon sens mais il paraît qu'il n'en faut pas trop dire pour que la curiosité du lecteur soit titillée. Alain Delon est une star au Japon n'est, de mon point de vue, pas strictement une "comédie à suspense" mais évidemment un roman ou à la rigueur, une histoire. Cette réaction est sans doute un rien snobinarde mais je trouve un peu dépréciative l'idée qu'un roman puisse être avalé par un genre (une classification) qui relève essentiellement du domaine cinématographique.

 

J'ai en revanche vraiment flashé sur cette couverture et ces deux adolescents japonais en racailles qui trônent au premier plan et qui ressemblent trait pour trait à l'idée que je me faisais de mon duo adolescent. Alain Delon est l'histoire (pour ceux qui ne l'auraient pas compris) de deux jeunes japonais (un couple) qui enlèvent Alain Delon à Paris, l'emmènent dans un endroit isolé (une maison en Creuse), le temps de pratiquer sur lui (et d'obtenir les résultats) un test de paternité. Le garçon, Kaizuo, est en effet convaincu qu'Alain Delon est son père et qu'il est né d'une liaison entre l'acteur et sa propre mère, traductrice étudiante ayant travaillé à l'organisation du Festival de Tokyo à la fin des années 80. Voilà en bref. Pour le reste, ce n'est évidemment pas à moi de parler de cette affaire. J'espère évidemment que le livre tiendra aussi bien la route que son titre (une bonne inspiration) qui en fait saliver pas mal.

 

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Entretien avec Edgar Hilsenrath, auteur de Fuck America

Posté par Céline le 01.04.09 à 15:24 | tags : news

Vous ne connaissez pas encore Edgar Hilsenrath ? Il est temps d'y remédier : Fuck America, le troisième roman de cet écrivain allemand (initialement publié en 1980), paraît ce mois-ci aux éditions Attila, toute jeune maison lancée par Frédéric Martin et Benoît Vinot, et qui entreprend de publier deux autres ouvrages du même auteur.

 

Fuck America révèle une plume incroyable, capable de traiter du thème le plus grave - la shoah - avec une verve évoquant celle d'un Fante ou d'un Bukowski. L'histoire du roman, c'est celle de Jacob Bronsky, le narrateur, un émigrant juif arrivé à New York quelques années après la fin de la guerre, qui enchaîne les boulots précaires afin de pouvoir continuer à écrire. L'histoire du roman, c'est aussi celle d'Edgar Hilsenrath, l'auteur, qui a lui aussi connu, après l'horreur de la guerre, la difficile épreuve de l'émigration dans une société régie par l'argent et le profit.

 

Mais jusqu'à quel point l'écrivain ressemble-t-il à son personnage ? Fluctuat a rencontré Edgar Hilsenrath et lui a posé quelques questions sur son vrai-faux double Jacob Bronsky, et, naturellement, sur ce qui l'a conduit à en faire le héros de Fuck America.

Lire l'entretien avec Edgar Hilsenrath




Robert Crumb a fini de dessiner Dieu !

Posté par Céline le 01.04.09 à 11:24 | tags : news, bd, comics
Robert Crumb et Dieu, c'est une longue histoire. Après quatre années passées à travailler sur l'adaptation de la Genèse en comics, le dessinateur a annoncé sur son site avoir enfin achevé son projet.

Basée sur la Bible du roi James traduite par Robert Alter, cette bd, qui sortira en octobre prochain, est d'ores et déjà présentée par son éditeur comme une "satire scandaleuse" de l'ordre religieux. Dans une interview publiée dans Time Magazine en 2005, Crumb avait expliqué sa difficulté à choisir comment il allait représenter Dieu. Une simple lumière dans le ciel ? Une femme noire ? Finalement, c'est un rêve qui lui révèle l'aspect que devra prendre Dieu dans sa bd : il aura une barbe blanche et ressemblera à son père, avec "un visage très viril".

Robert Crumb nous promet "toutes sortes de délires, et des trucs bizarres qui surprendront vraiment les gens". La Genèse revisitée par le plus subversif des auteurs de comics appellera aussi, selon son éditeur, à "une relecture significative du contenu de la Bible ainsi que de son rôle dans notre culture". On en attend pas moins de Crumb, dont le prochain projet devrait être réalisé en collaboration ave sa femme, l'artiste Aline Kominsky-Crumb.



Encarta, coulé par Wikipédia, ferme définitivement ses pages

Posté par Gwenola le 31.03.09 à 15:23 | tags : web, news

Ca y est, c'est officiel : les pages de l'encyclopédie numérique Encarta vont se refermer définitivement le 31 octobre 2009. Il semble que le projet de Microsoft n'ait pas résisté à la concurrence wikipédienne.

 

Lancée en 1993, Encarta avait pourtant bien démarrée. Déclinable en différents supports - CD, DVD, web - et en différentes langues - français, anglais, allemand, espagnol, italien ou même néerlandais et japonais -, l'entreprise payante avait de quoi séduire les curieux. Mais c'était avant l'arrivée de Wikipédia...


La fin d'un modèle

En 2001, cette nouvelle encyclopédie, gratuite et alimentée par les internautes eux-même - faisait déjà figure de Titan. Face au mode participatif du journalisme citoyen Wiki, lancé par Jimmy Wales, les contenus propriétaires d'Encarta ne font plus le poids. Et ceci malgré les actualisations et l'accès gratuit à des versions très allégées des articles : contrairement à Larousse, la formule encyclopédique de chez Microsoft n'a pas vraiment envisagé de renouveler son modèle.
A l'exception du Japon qui bénéficie d'un délai jusqu'au 31 décembre 2009, Encarta ne sera donc déjà plus qu'un souvenir dans sept mois jour pour jour. Toutes les déclinaisons de l'encyclopédie disparaîtront sans exception. Les abonnées qui avaient souscrit au service "Premium" au-delà du 30 avril 2009 seront remboursés au prorata de la période de disponibilité des contenus.

L'éthique Microsoft ?

Dans un communiqué posté sur le site MSN Encarta annonçant la fermeture de sa gamme, Microsoft reconnaît que les modes de transmission de l'information ont changé. "Nous ne recherchons plus aujourd'hui l'information dont nous avons besoin comme nous le faisions il y a seulement quelques années", peut-on y lire. C'est presque un aveu d'impuissance face aux contenus gratuits en ligne. Jouant la carte de l'éditeur fairplay, la multinationale de l'informatique nous livre un message digne des plus grands humanistes. "Chez Microsoft, nous pensons que chaque être humain sur la Terre doit pouvoir accéder à des ressources éducatives de qualité. C'est notre vision."... Allons, on parle quand même de Micro$oft.




Le festival Concordan(s)e réunit chorégraphes et écrivains

Posté par Céline le 30.03.09 à 15:32 | tags : news, festival, arts et littérature
Créé par Jean François Munnier il y a deux ans, le festival Concordan(s)e ouvre ses portes jusqu'au 11 avril prochain au Colombier de Bagnolet. Le principe ? Six auteurs rencontrent six chorégraphes pour interroger leur démarche de créateurs.
Au cours de cette édition 2009, la chorégraphe Carlotta Sagna rencontrera Olivia Rosenthal, dont le dernier livre, On n'est pas là pour disparaître, avait remporté le prix Wepler en 2007. Nathalie Pernette parlera de sa pièce "Miniatures" avec la poète et dramaturge Gwenaëlle Stubbe. L'écrivain Arnaud Cathrine proposera une analyse de "Morpholab 2", un ensemble de courts-métrages réalisé par Philippe Combes et sa compagnie Cave Canem.

D'autres rencontres sont au programme de ce festival : plus de détails sur le site de Concordan(s)e.

 

Photo © Agnieszka Podgorska




Big Numbers d'Alan Moore : le troisième épisode enfin retrouvé !

Posté par 2goldfish le 30.03.09 à 10:39 | tags : news, bd, vo, web, comics
Au début des années 1990, Alan Moore avait perdu tout l'argent de Watchmen dans une infortunée tentative de publication indépendante. Il se lançait alors dans trois des projets les plus ambitieux de sa carrière, dont l'incroyable From Hell, le décevant Filles Perdues, et enfin Big Numbers, projet maudit dessiné par Bill Sienkiewicz, qui n'a jamais été complété et ne le sera jamais, mais dont le troisième épisode a été retrouvé.
 

Les deux premiers épisodes fascinants de cette bande dessinée décrivaient les effets de la construction d'un centre commercial dans la ville de Northampton sur la vie d'une série de personnages. Toute la construction de l'histoire y était régie par la théorie des fractales de Benoît Mandelbrot. Big Numbers devait être le chef d'oeuvre de Moore, plus abouti même que From Hell, avec sa recherche historique incroyablement poussée, son approche holistique du Londres de 1888 et de l'histoire anglaise en générale, et plus complexe même que Watchmen avec son histoire construite comme une horloge atomique. A vrai dire, Big Numbers était sans doute trop compliqué pour tout le monde sauf pour Alan Moore, puisqu'au cours de la réalisation du troisième numéro (sur douze de prévus) le dessinateur Bill Sienkiewicz a lâché l'éponge, et que son assistant Al Columbia, qui avait repris le flambeau, a perdu les pédales en dessinant le quatrième épisode, brûlant même, selon la rumeur, l'intégralité de ses planches.

 

Deux numéros seulement de Big Numbers ont donc été publiés. Bien qu'achevé, le troisième n'avait jamais vu le jour. Aujourd'hui pourtant, un internaute a mis la main sur des photocopies de ce numéro inédit, et les a uploadées sur son blog, pour qu'enfin l'on puisse tous lire ce troisième et malheureusement dernier numéro de Big Numbers. La lecture des deux premiers numéros (légalement téléchargeables sur les réseaux peer to peer) nous avait déjà permis de comprendre un peu mieux la réaction des dessinateurs, mais de la regretter aussi. Le génie et la monstruosité de ce nouveau numéro ne fait qu'ajouter à notre regret.




Benacquista et Pennac à la rescousse de Lucky Luke!

Posté par Gwenola le 27.03.09 à 14:27 | tags : news, bd
Entendez-vous Benacquista arriver au galop ? L'auteur de Saga s'associe au romancier Daniel Pennac pour le scénario du prochain Lucky Luke.
 
Depuis la mort de Morris en 2001, c'est le tandem Achdé (dessinateur) - Laurent Gerra (scénariste) qui s'est attelé aux aventures du cowboy solitaire.
 

L'humour à l'ouest

Décrié par certains, la plume de Gerra ne fait pas l'unanimité. La nouvelle contribution de deux célèbres plumes de la littérature, devrait donc être plutôt bien accueillie. Les deux équipes travailleront en parallèle. Parions que l'humour piquant de l'auteur de Malavita, le roman noir à succès du scénariste italien Benacquista, sorti en 2004 et salué par la critique, devrait mettre un peu de piment dans les aventures de l'homme qui tire plus vite que son ombre.



Robert Littell dépeint Staline en poète dans son dernier roman

Posté par Céline le 26.03.09 à 11:16 | tags : news, histoire
Spécialiste du roman d'espionnage, Robert Littell (le père de Jonathan) s'intéresse, dans son dernier roman, à l'histoire de la Russie sous Staline, à travers le destin d'Ossip Mandelstam, le seul poète russe qui osa défier le dictateur avec un simple épigramme.
 

L'Hirondelle avant l'orage est né d'une conversation de Robert Littell avec Nadejna Mandelstam, la veuve du poète, qui a consacré sa vie à diffuser la poésie de son mari qu'elle avait entièrement mémorisée. A la fin des années 1970, l'écrivain américain s'est rendu chez Nadejda, pour lui témoigner toute son admiration. Au seuil de sa porte, la vieille femme l'avait alors averti : « ne parlez pas anglais dans le couloir ». Un seul mot étranger pouvant à l'époque vous faire accuser d'espionnage...

Trente ans plus tard, Littell propose un roman historique ultra-documenté, mêlé de fiction, où l'on en apprend autant sur le dictateur russe que sur la poésie : « C'est peu connu aujourd'hui, mais Staline aimait la poésie. Il lisait beaucoup, en autodidacte. Quand il était un jeune gangster dans le Caucase, quand il braquait les banques pour nourrir la révolution de Lénine, il écrivait des poèmes publiés dans le journal, des poèmes romantiques qui avaient de très bonnes critiques d'ailleurs ! », explique Robert Littell.

Lire l'entretien avec Robert Littell sur Fluctuat




Publiez votre livre grâce à Twitter...

Posté par Céline le 25.03.09 à 15:16 | tags : édition, news
My Life in tweetsTwitter, c'est cette plateforme qui vous permet de signaler au monde entier et en quelques mots "ce que vous êtes en train de faire". Qu'il relève de la frime, de l'info ou de l'originalité, Twitter en a rendu addict quelques-uns, comme un dénommé James Bridle, un britannique qui a décidé de réunir, dans un livre autopublié, les 4100 sentences de ses deux dernières années passées sur le réseau.
 

Intitulé "My Life in Tweets", ce livre inédit donnera peut-être des idées à d'autre internautes, et ce, même si son auteur reconnaît qu'une grande partie du livre "n'aura de signification pour personne d'autre que lui". Selon lui, l'objectif de cette expérience est de voir si l'ensemble des sentences de Twitter réunies ici peuvent constituer une sorte de journal. Un deuxième volume devrait suivre le premier.

Comme le statut Facebook - couramment appelé le "is" - le statut twitter peut atteindre des sommets de narcissisme, insoupçonnés chez certains, plus naturels chez d'autres. Clara "is prête à boire du champagne toute la nuit". Jean-Loup "is le sur le point d'avoir des places pour Michael Jackson". Johann "attend que ses oeufs à la coque soient prêts-3 mn pas plus". Vanité des vanités. Mais excellent concept : vous avez déjà votre livre sur le temps qui passe, l'insignifiance de nos actes, l'irrémédiable et terrifiante solitude, le besoin de se sentir être, etc.

 

 




Roberto Saviano accusé de plagiat pour son livre Gomorra

Posté par Céline le 24.03.09 à 17:19 | tags : news, best-seller
Menacé de mort par la mafia napolitaine après le succès de son livre Gomorra, Roberto Saviano n'est pas près de retrouver la paix. Le voilà désormais accusé de plagiat par le journaliste italien Simone Di Meo, nous apprend le quotidien Il Giornale.

Ancien collègue de Saviano au Cronache di Napoli, Di Meo estime que l'auteur de Gomorra a plagié des articles publiés dans ce journal avant la sortie du livre : « Tout ce que j'avais raconté confidentiellement (...) a été légèrement transformé, et dans certains cas, transposé intégralement, sans que la source soit cité, pour donner vie à un livre que beaucoup ont salué comme un travail inédit ».

Après de vaines tentatives de négociations avec Mondadori, l'éditeur italien de Saviano qui nie toute « appropriation indûe » de l'écrivain, Simone Di Meo porte l'affaire au tribunal et réclame 500 000 euros de dommages et intérêt. Roberto Saviano, lui, se défend en déclarant s'être inspiré de « sources publiques ou d'informations directement recueillies. »

Le quotidien Il Giornale, qui relaie l'information, ne prend pas le risque de se prononcer sur l'affaire, dont le procès se déroulera le 7 juillet prochain au tribunal de Naples.

 

Sources : Il Giornale, ActuaLitté, Courrier International




Le petit livre rouge de Mao fait un retour en force auprès des étudiants

Posté par Gwenola le 24.03.09 à 14:47 | tags : news

« Camarades de Mao, unissez-vous ! ». C'est le genre de slogan que l'on pourrait scander à nouveau dans les amphis pékinois. A défaut de trouver du boulot, les étudiants replongent avec nostalgie dans la lecture du Petit Livre rouge, qui se vendrait cinq fois mieux en Chine en cette période de crise...

 

Le rouge à la mode

Il faut dire qu'avec 25 millions de chômeurs en Chine, la jeune génération a des raisons d'être inquiète. Dans un contexte économique et social morose, Mao fait figure de sauveur rétrograde. Certains étudiants surfent sur cette vague maoïste. A Pékin, une librairie situé près de l'Université Bei Da, dont le doux nom d'Utopia résonne déjà comme un manifeste, fait recette en proposant tout un arsenal d'ouvrages communistes. Son patron affirme vendre près de 200 Petits Livres rouges par mois depuis le début de la crise (dans le même esprit, on avait déjà vu comment le contexte économique avait boosté les ventes du Capital de Karl Marx...).

Dans les rayons de la librairie, sous les portraits du fondateur de la république populaire, les étudiants peuvent à loisir faire du gringue ou, plus sérieusement, se replonger dans la biographie d'Hugo Chavez, l'histoire de l'URSS ou les pensées de Mao.. A quand la chorale universitaire sur l'air de Nino Ferrer : "J'ai mon bréviaire de révolutionnaire" ?

 

Via

Voir aussi : le diaporama Mao dans tous ses états 




Dick Cheney, nègre officiel pour le livre de Bush

Posté par Céline le 24.03.09 à 10:43 | tags : news, édition

Le livre de George Bush, déjà que personne n'en voulait. Et maintenant qu'il a trouvé un éditeur - Random House - l'ex-président américain annonce qu'il n'en est pas le véritable auteur...

 

Intitulé Decision Points, ces mémoires doivent retracer les douze plus grandes décisions de sa vie (douze, comme Hercule bien sûr). Vingt-quatre heures à peine après avoir signé avec l'éditeur, Bush a cependant annoncé à des journalistes : « Ma treizième grande décision a été d'engager Dick Cheney pour rédiger les douze autres ». Lui-même éprouverait, en effet, trop de difficultés à écrire, notamment au niveau de l'orthographe.

Ça ressemble à un gag. Mais si ça n'en est pas un, Cheney deviendrait alors le premier vice-président de l'histoire à devenir le nègre officiel de son président... Il n'aurait pourtant été désigné que parce que l'écrivain James Frey a refusé ce travail de rédaction proposé par Bush. Cheney, nègre et bouche-trou donc, devrait achever le livre en 2010, à la date prévue pour sa publication...

Via




Les femmes lisent plus et mieux que les hommes...

Posté par Gwenola le 23.03.09 à 17:36 | tags : news
Les hommes seraient deux fois plus nombreux que les femmes à ne pas être capables de finir un bouquin... C'est en tout cas ce que démontre une étude britannique sur les habitudes de lecture, menée sur différents profils.
 

Sur 2000 personnes sondées, 88% de lectrices sont assimilées à des dévoreuses de livres, contre seulement 26% de gros lecteurs. Plus lent, l'homme lit logiquement moins, et d'une manière générale sa lecture est considérée comme plus décontractée que celle des femmes - qui sont plus appliquées - voire carrément négligente...

Les hommes seraient aussi un peu plus nombreux à gonfler leurs étagères de livres jamais ouverts (20%), bien que cette pratique (courante) se retrouve aussi chez les femmes (17%). Enfin, pour éviter toute accusation de machisme au féminin, mettons tout le monde d'accord : le même nombre d'hommes et de femmes affirme pouvoir lire sans problème deux livres à la fois. Cette façon de lire en papillonnant d'un livre à l'autre concernerait 24% des cas, tous sexes confondus...

Source : The Guardian

 

Lire aussi :

Le Top 10 des livres qui rendent séduisants 

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Le Capital de Marx adapté en comédie musicale 

 




Hitler, lecteur de Shakespeare et Cervantès

Posté par Gwenola le 23.03.09 à 16:32 | tags : histoire, essai, news
Imaginiez-vous Hitler en lecteur de grands classiques ? Un récent ouvrage du journaliste américain Timothy W. Ryback, Dans la bibliothèque privée d'Hitler (Le Cherche-midi), révèle un portrait dérangeant d'Hitler en passionné de littérature.

Si l'on ne s'étonne pas de l'attrait du dictateur pour les traités d'empoisonnement aux gaz, L'Histoire de la marine allemande durant la première guerre mondiale ou les ouvrages de Nietzsche - dont on sait à quel point il a dévoyé la pensée - l'idée que les pièces du grand Shakespeare aient pu côtoyer l'ouvrage antisémite d'Henry Ford, Le Juif international, sur les étagères de la bibliothèque d'Hitler est moins évidente. Hitler possédait également un exemplaire du Don Quichotte de Cervantès ainsi que ... La case de l'oncle Tom.
 

La Führer de lire
La controverse qui accompagne systématiquement la sortie d'ouvrages sur Hitler tient justement à cette représentation du personnage, qu'on préfère imaginer inculte et versant dans la folie que s'émerveillant face à la beauté de la poésie shakespearienne. Cela rappelle la polémique autour de la poupée de cire exposée à Berlin et qui représentait le dictateur dans son bunker, attendant la mort au milieu de ses livres. La sculpture fut décapitée au bout de trois minutes lors de son inauguration, par un visiteur indigné de voir le chef nazi représenté sous des traits humains...

Mais l'étude de Ryback le montre pourtant : Hitler, responsable d'autodafés répétés contre ce qu'il jugeait être une littérature dissidente (auteurs juifs ou pacifistes entre autres), était un grand collectionneur de livres (16 000 titres), fan de Robinson Crusoë et Gulliver. De quoi convaincre définitivement, cette fois, qu'une bibliothèque ne détermine pas exactement son propriétaire.

A noter que ce mois-ci paraît également un livre documentaire d'Antoine Vitkine, sur la réception de la bible nazie dans le monde (Mein Kampf, histoire d'un livre, Flammarion).

 

 




Les plus étonnantes librairies du monde, de Calcutta à San Francisco

Posté par Céline le 20.03.09 à 11:41 | tags : photo, livre, news
Il y a quand même des librairies plus intéressantes que les rayons uniformes et optimales de la Fnac. Pittoresques ou prestigieuses, spacieuses ou bordéliques, certaines librairies ont une véritable identité. Aller y rechercher un titre ou tout simplement y flâner relève alors davantage d'une agréable activité que d'un acte machinal de consommation (culturelle). Quelques-uns d'entre nous ont déjà eu l'occasion d'explorer les surprenants recoins de la librairie anglophone Shakespeare & Co, située dans le 5e arrondissement de Paris. Les plus chanceux ont peut-être même déjà visité celles d'autres pays, Porto, San Francisco, Buenos Aires... Petit tour du monde des librairies, en images.

1. La librairie Selexyz à Maastricht, en Hollande, installée dans une ancienne église dominicaine, ne vend pas que des ouvrages religieux.
 
Librairie Selexyz à Maastricht
 
 
2. La librairie Shakespeare & Co. à Paris, où on peut bouquiner, prendre un café, ou même piquer un somme...
Librairie Shakespeare and Co. à Paris


3. La librairie Lello à Porto, qui a ouvert ses porte en 1906, est sans aucun doute l'une des plus belles du monde. On peut y jouer à Sissi l'Impératrice tout en cherchant l'édition poche d'un classique portugais.
Librairie Lello à Porto



Voir le diaporama des plus étonnantes librairies du monde

Proposez des photos d'étonnantes librairies 





Uderzo contre Uderzo

Posté par 2goldfish le 20.03.09 à 09:50 | tags : bd, news

Dernier épisode en date (mais certainement pas pour très longtemps) de la lutte entre Albert Uderzo et sa fille Sylvie pour le contrôle d'Astérix : les Prud'hommes ont condamné les éditions Albert René à verser 270 000 euros à Sylvie Uderzo pour licenciement abusif. Comment en est-on arrivé là ?

 

En décembre dernier, Albert Uderzo cède ses parts sur les éditions Albert René à Hachette, qui avec le rachat des 20% d'Anne Goscinny, fille de René, devient actionnaire majoritaire de la maison. Sylvie Uderzo, encore détentrice de 40% des parts et directrice générale, se voit mise à la porte pour "faute grave". Elle a toujours été contre cette cession et l'a fait savoir publiquement, s'inquiétant pour l'avenir d'Astérix. Il faut dire qu'en cédant la maison d'édition à Hachette, Uderzo a aussi annoncé qu'il permettait que d'autres auteurs continuent les aventures d'Astérix après sa mort, idée qu'il avait toujours refusée jusque là.

 

Sylvie Uderzo a donc déclaré qu'elle se battrait pour que les choses ne se passent pas comme ça, qu'elle pense que son père est manipulé, que ce n'est pas qu'une histoire de famille. C'est pourtant ce que prétend son père, qui semble surtout mécontent du rôle de son gendre dans l'affaire. Albert Uderzo traîne d'ailleurs lui aussi devant les tribunaux celui qu'il surnomme "Iznogoud", Bernard Boyer de Choisy. Il l'accuse entre autres d'avoir volé des planches originales d'Astérix.

 

L'affaire est assez triste et pathétique et il ne nous appartient pas de donner raison à l'un ou l'autre camp. On peut juste dire que la continuation des aventures d'Astérix, si elle était confiée aux bons auteurs, pourrait être une bonne nouvelle. Après tout, il sera difficile de faire pire que Le Ciel Lui Tombe Sur La Tête, dernier album en date qui ne vaut certainement pas mieux que le film Astérix aux Jeux Olympiques. Après des trucs comme ça, on ne peut pas dire qu'un nouvel auteur soit une mauvaise idée.

 

Source




Tristan Ranx, écrivain digne de Jonathan Littell cherche éditeur

Posté par Céline le 19.03.09 à 12:24 | tags : premier roman, news, édition

Lirez-vous un jour le premier roman de Tristan Ranx, dont le manuscrit avait ravi critiques et éditeurs il y a moins d'un an ? A l'époque, les comparaisons avec Les Bienveillantes de Jonathan Littell étaient autorisées. Que s'est-il passé ? Découvrez l'histoire d'un livre que vous lirez peut-être...

 

Les lecteurs de "La Cinquième saison du monde" étaient peu nombreux, il faut bien l'avouer, mais avertis. Presque tous ont jugé excellent le manuscrit de Tristan Ranx, qui a reçu, entre autres, un prix de Technikart en 2008, les faveurs d'Eric Naulleau, alors président du jury, et des écrivains Patrick Grainville et Mathias Bernardy. Baptiste Liger, journaliste à Lire, Technikart et organisateur du prix ose la comparaison : « J'ai tout de suite vu qu'il s'agissait d'un roman très ambitieux, de quelque chose d'assez rare dans le maelstrom des petits romans français. Un peu à la manière des Bienveillantes... ». Les Bienveillantes, soit le premier et ambitieux roman de Jonathan Littell qui dépassa allègrement les 500 000 ventes.

Que raconte donc le livre de Tristan Ranx pas encore publié ? Quels arguments, idéologiques ou esthétiques, ont motivé les différents refus des éditeurs ?

 




Mexico vue par ses écrivains : histoire d'une ville surréaliste

Posté par Céline le 18.03.09 à 17:58 | tags : conférence, actu du salon du livre, news
Gigantesque, fantastique, absurde, corrompue... Mexico inspire, depuis plusieurs générations, les écrivains qui y ont vécu. Que leur évoque au juste cette ville effervescente et démesurée ? Comment la perçoivent-ils, d'un point de vue esthétique, littéraire ou politique ? Pendant le Salon du livre 2009, une table ronde a réuni quatre auteurs autour de ce sujet.
 
Fascinés ou rebutés par son urbanisme complexe, ses quartiers inquiétants, ses événements magnifiques ou absurdes, écrivains de l'ancienne et de la nouvelle génération témoignent. Enrique Serna, Guadalupe Nettel, Elena Poniatowska et Jean-Claude Carrière expriment leurs sentiments contradictoires, leur attachement à Mexico, et invitent à découvrir, à travers leurs oeuvres, les qualités et les travers d'une ville à laquelle on a associé tant de clichés...



Le Capital de Marx adapté en comédie musicale... à la chinoise

Posté par Gwenola le 18.03.09 à 17:15 | tags : news, philosophie

Rien n'arrête le progrès. La preuve, Le Capital de Karl Marx débarque maintenant... sur les planches. C'était impensable il y a quelques années encore, mais l'adaption de la bible communiste en comédie musicale est en cours au centre des arts dramatiques de Shanghaï.

 

L'intrigue ? Des travailleurs se font exploiter par leur patron. L'injustice entraîne leur division : certains se rebellent tandis que d'autres tentent de négocier. En pleine crise économique, l'idée est (d)étonnante. Inspiré des shows de Las Vegas, le projet a été confié à He Nian, spécialiste du spectacle d'arts martiaux. Un groupe de musique jouera en live sur les chorégraphies et le chant des acteurs.

 

Qu'en penserait le vieux Marx ?

Le directeur affirme vouloir respecter la pensée de Marx. « Les théories de Marx ne peuvent pas être dénaturées », affirme le chef du projet. De plus, afin d'éviter tout dérapage « politiquement incorrect », des experts chinois superviseront la mise en scène... A l'heure où la Chine troque son idéal communiste contre un système de valeurs axées autour du profit et d'une économie galopante, Marx doit se retourner dans sa tombe. D'autant plus si l'argument financier est le moteur de la création...

 

Un autre défi de taille attend les créateurs : rendre accessible et attractif ce pavé de théories politico-économiques daté de 1867. Quand on sait que des tentatives antérieures d'adaptation à la scène se sont soldées par un échec, le résultat ayant été jugé ennuyeux, on ne peut que rester dubitatif sur la fidélité du show au texte original ou sur les intentions réelles de cette adaptation (rappelons que Le Capital a été fait l'objet d'une adaption cinéma). La comédie musicale va-t-elle flatter l'orgueil national ou faire l'apologie du Parti ?

 

On en saura davantage d'ici l'année prochaine. Le spectacle devrait être prêt début 2010 et sera inauguré à Pékin.

 

Sources : cbc, Actualitté.




Un mix électro ressuscite Albert Camus au Salon du livre

Posté par Gwenola le 18.03.09 à 12:32 | tags : actu du salon du livre, news

 

Albert Camus, star du dancefloor ? Presque. En mettant en musique un enregistrement original de l'écrivain, le collectif littéraire ONLIT a donné hier avec son spectacle l'un des moments forts de la nocturne du Salon du livre.

Dans une allée, les premiers mots de L'Etranger résonnent. « Aujourd'hui maman est morte. » Aux platines, un DJ habille le texte d'une nappe sonore. En fond, des images floues, en noir et blanc, sont projetées sur les murs. Le décor est posé, le timbre fantomatique d'Albert Camus hypnotise le public.

L'enregistrement du texte provient d'une copie d'archive sonore datant de 1954, dénichée par hasard chez un disquaire Bruxellois. A présent, il transforme La Place du livre en laboratoire sonore : mélange de mots, de notes et de création visuelle (Video Djying). Parfois, dans un regain de tension, la musique s'arrête, laissant toute la place à la parole de l'écrivain. Sur les murs, une spirale s'enroule indéfiniment sur elle-même. Un sentiment de malaise s'installe. Dans le texte, Meursault arrive sur la plage. Le soleil tape. Le vinyle crépite. Camus reprend : « Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du Malheur. »
 
Inventeurs du "DJ set littéraire", Dj code314 - un ancien libraire - et l'écrivain-batteur Edgar Kosma se sont associés pour faire revivre ce classique de la littérature. L'égarement du narrateur, son indifférence au monde se donnent à voir et à entendre. « Notre musique est cérébrale, elle porte le texte », explique le DJ. Le public semble avoir adhéré à ce concept original. Un nouveau spectacle, articulé cette fois autour de Terre des hommes d'Antoine de Saint-Exupéry est en cours...

 




Terminator sera-t-il l'un des sujets du bac de philo ?

Posté par Céline le 17.03.09 à 11:11 | tags : news, édition, philosophie
Terminator and philosophyPeut-on faire l'usage que l'on veut des grands classiques ? Après la publication d'un roman mettant en scène les personnages de Jane Austen dans un monde de zombie, un éditeur annonce celle d'un ouvrage associant Terminator... à la philosophie.
 

Intitulé Terminator and Philosophy : I'll Be Back, Therefore I am, et prévu pour mai, ce livre paraît dans une collection lancée en 2006, "Blackwell Philosophy and Pop Culture", dont le principe est justement de mêler une culture à vocation de divertissement (films, télé, jeux vidéos, groupes de rock) à des sujets intellectuels et très académiques (Nietzsche, Platon, ou Descartes).

Par exemple, un titre paru en janvier, Watchmen and philosophy, tentait de définir « la nature du Dr. Manhattan » l'un des personnages du comic d'Alan Moore. Un autre titre à paraître proposera une réflexion autour de la saga Twilight de Stephenie Meyer : « Les vampires qui ne tuent que des animaux et pas des humains sont-ils moralement absous ? »

 

Mais si robots, vampires et super-héros semblent particulièrement bien se prêter à la réflexion philosophique, l'éditeur Blackwell précise cependant que « tous les phénomènes pop ne méritent pas leur place dans la collection ». Par exemple, aucune discussion intelligente n'est, à ses yeux, possible autour de l'émission American Idol (l'équivalent de La Nouvelle Star)... Vraiment pas ?

 

Via

 

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